Quinze nouvelles épreuves aux Jeux de Tokyo en 2020

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Un programme de plus en plus confus

Après avoir décidé en 2016 de l’introduction (à titre provisoire) de cinq nouveaux sports (karaté, surf, escalade, skateboard, baseball-softball) aux Jeux de Tokyo en 2020, le Comité international olympique (C.I.O.) a inscrit, en juin 2017, quinze nouvelles épreuves au programme de ces Jeux de Tokyo. Les ajouts correspondent à trois critères: parité, mixité, disciplines susceptibles d’attirer un jeune public. Figurent ainsi au programme, par exemple, le relais 4 fois 400 mètres mixte (athlétisme), le basket-ball 3 contre 3, le B.M.X. freestyle (cyclisme), l’américaine (cyclisme), le double mixte en tennis de table, une épreuve par équipes mixte en judo, le relais par équipes mixte en triathlon. Lire la suite

Paris 2024, c’est déjà dans la poche ?

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Tous vainqueurs…

Ce n’est qu’une rumeur, mais elle enfle. Le 9 juin 2017, le rapport du groupe de travail du Comité international olympique (C.I.O.) sur la double attribution des Jeux de 2024 et 2028 devrait la confirmer. Le scénario semble favorable à Paris pour 2024, car les conversations informelles entre Thomas Bach (président du C.I.O.), Eric Garcetti (maire de Los Angeles) et Larry Probst (président du Comité olympique américain) indiquent que Los Angeles ne serait plus complètement hostile au report de quatre ans de la tenue des Jeux chez elle. Deux conditions sont nécessaires: que l’attribution des Jeux à Los Angeles en 2028 soit présentée comme une victoire, et que la ville soit «dédommagée» (le C.I.O. est tout disposé à verser 500 millions de dollars). En outre, pour Thomas Bach, «il faut qu’il y ait trois gagnants. Les deux villes et le C.I.O.». De plus, cette formule «sans perdant» pourrait mettre fin à la pénurie de candidatures.

Rappelons qu’il ne s’agirait pas d’une première puisque, le 21 juin 1921, à l’issue de multiples tractations, les Jeux de 1924 furent attribués à Paris, ceux de 1928 à Amsterdam, alors que Los Angeles fut quasi désignée pour 1932.

©Pierre LAGRUE



Deux médailles d’or de Jesse Owens vendues aux enchères

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De nouveaux records inattendus

En août 2017, deux des quatre médailles d’or remportées aux Jeux de Berlin en 1936 par Jesse Owens vont être vendues aux enchères. Ces médailles ont une histoire, qui dit bien le peu de considération dont bénéficia le sprinter noir américain dans son pays. En effet, dans les années 1950, Jesse Owens donna ces deux médailles à un hôtelier de Pittsburg pour payer son séjour, car le champion n’avait plus un sou. Puis l’hôtelier céda ces médailles à un artisan pour rembourser un prêt. Les héritiers de l’artisan vont donc mettre ces médailles en vente.

En mai 2017, la société Heritage Auction annonce donc la future vente aux enchères de ces précieux trophées. Jesse Owens pourrait ainsi battre un nouveau record. En effet, en 2013, une de ces quatre médailles d’or, offerte jadis par Owens à l’acteur Bill Robinson, fut adjugée pour 1,4 million de dollars, ce qui constituait un record pour un souvenir olympique (le précédant concernait la coupe en argent que Spyridon Louis reçut pour sa victoire dans le marathon des Jeux Olympiques d’Athènes en 1896, 544000 euros). Cette fois, la cote devrait encore grimper. L’Amérique a fait de Jesse Owens le héros olympique, bravant Hitler, mais à titre très rétrospectif, car, durant sa vie, Jesse Owens connut toutes les difficultés d’un Noir américain pour subsister.

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Les Jeux de 2024 et 2028 seront sans doute attribués en même temps

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Pour qu’il n’y ait pas de perdants…

Le 15 mars 2017, un membre influent du Comité international olympique (C.I.O.) a indiqué que le C.I.O. va «plancher sur des propositions de réforme lors d’une session extraordinaire en juillet». Il apparaît clairement que, lors de la session ordinaire de Lima, en septembre 2017, le C.I.O. désignera sans doute en même temps les villes d’accueil des Jeux d’été de 2024 et 2028, puisque seules deux villes (Los Angeles et Paris) restent dans la course, après les désistements de Hambourg, Rome et Budapest. Déjà, Thomas Bach, président du C.I.O., avait regretté qu’il y ait «trop de perdants». En outre, les villes candidates sont de moins en moins nombreuses (pour les Jeux d’hiver de 2022, après plusieurs désistements, seules Pékin et Almaty restaient en course). En outre, au regard des incertitudes qui règnent dans le monde, le C.I.O. sécuriserait les Jeux Olympiques pour une décennie. Enfin, recaler Los Angeles paraît impensable au regard des millions de dollars que les États-Unis font entrer dans les caisses du C.I.O., et recaler une nouvelle fois Paris semble difficile au regard de l’histoire du mouvement olympique. Rappelons encore que ce ne serait pas une première, puisque en 1921, le C.I.O. attribua trois éditions des Jeux le même jour.

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Quelques précisions sur le credo olympique

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La pensée de Coubertin mal interprétée

Le début des compétitions d’athlétisme des Jeux de Rio, en 2016, voit des concurrents venus de pays exotiques réaliser des performances très méritoires pour eux-mêmes, mais plus que médiocres dans l’absolu. Certains commentateurs rendent un juste hommage à Eitmoni Timuani, de Tuvalu, qui court le 100 mètres en 11,81 s, ou à la Somalienne Maryan Muse, qui réalise 1 min 10,14 s sur 400 mètres. À chaque fois, ils citent la phrase prétendument de Coubertin, le credo olympique: «L’important c’est de participer.»

Quelques précisions s’imposent. Déjà, le credo olympique n’a pas été inventé par Coubertin, mais par Mgr Talbot, évêque anglican de Pennsylvanie, à l’occasion des Jeux de Londres en 1908. Lors de ces Jeux, la rivalité entre Américains et Britanniques conduisait à de nombreux dérapages, et il voulut ramener tout le monde à la raison. Coubertin reprit une partie de ce sermon pour en faire le credo olympique. En revanche, pour Coubertin, ce credo ne signifiait pas que le commun des mortels pouvait prendre part aux Jeux. En effet, Coubertin ne fut jamais partisan d’ouvrir les Jeux à des champions de second rang: pour lui, seuls les athlètes qu’il qualifiait de «première classe» avaient leur place aux Jeux. Il adopta le credo pour tenter de lutter contre les nationalismes et le chauvinisme ainsi que pour glorifier le chevaleresque combat sportif: «Belle est la victoire, plus belle est la noble lutte» est une maxime qui résume mieux la pensée du baron que le credo olympique.

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Soupçons de corruption sur l’attribution des Jeux de 2016 à Rio

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L’histoire se répète…

Le 3 mars 2017, la presse révèle que Rio de Janeiro aurait obtenu les Jeux Olympiques de 2016 à la suite d’actes de corruption. Le Monde indique qu’une société liée à un richissime homme d’affaires brésilien a versé, le 29 septembre 2009, trois jours avant l’élection de la ville hôte, 1,5 million de dollars au fils de Lamine Diack, alors président de la Fédération internationale d’athlétisme, la plus importante fédération olympique, et membre du Comité international olympique (C.I.O.). Il ajoute que la justice française «dispose d’éléments concrets mettant en cause l’intégrité du processus d’attribution» des Jeux et que «les magistrats soupçonnent des manœuvres destinées à acheter les votes du membre du C.I.O. lors de la désignation». Rappelons que la corruption a bien souvent gangréné le processus de désignation des villes d’accueil des Jeux, l’épisode le plus célèbre restant l’achat des Jeux d’hiver de 2002 par Salt Lake City.

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Olga Korbut, ruinée, revend ses médailles olympiques

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Ce n’est pas une première

La gymnaste soviétique Olga Korbut, ruinée au début de 2017, a décidé de vendre aux enchères une partie de ses médailles olympiques. L’« Oiseau de Minsk », comme l’avait surnommée la presse, fut une des vedettes des Jeux Olympiques de Munich, en 1972, où elle récolta trois médailles d’or et émerveilla le monde par ses prouesses acrobatiques, inaugurant l’ère des «poupées-gymnastes». Vivant désormais aux États-Unis, quasi sans ressources, elle a vendu chez société Heritage Auctions trois de ses médailles, pour une somme de plus de 200 000 euros.

Cette revente de médailles ne constitue pas une première. On sait que le patineur de vitesse américain Irving Jaffee, qui remporta deux médailles d’or aux Jeux Olympiques de Lake Placid, en 1932, dut vendre ses médailles olympiques pour survivre alors que la Grande Dépression secouait l’Amérique.

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2024 : Budapest hors Jeux ?

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Des renoncements en série…

La candidature de Budapest à l’organisation des Jeux Olympiques d’été de 2024 est pour l’instant suspendue. En effet, le mouvement Momentum Mozgalom, qui mène une campagne NOlimpia, a réuni dès la mi-février 2017 le nombre de signatures nécessaires pour qu’un référendum se tienne sur la question. Un référendum dont l’issue ne fait guère de doute. Après Boston, Hambourg et Rome, Budapest devrait à son tour jeter l’éponge. À chaque fois, les raisons étaient politiques et/ou économiques: référendum municipal pour Hambourg (novembre 2015); refus du maire pour Boston (juillet 2015) et pour Rome (octobre 2016). Une décision qui s’inscrit dans un processus lourd de renoncement aux Jeux, puisque, pour les Jeux d’hiver de 2022, quatre villes avaient renoncé en cours de route (Oslo, Stockholm, Lviv, Cracovie). Les coût exorbitants (30 milliards d’euros pour Sotchi en 2014), le manque d’héritage (le Parc olympique de Rio 2016 est déjà en ruine) expliquent cette frilosité. Ainsi, pour 2024 comme pour 2022, seules deux villes vont sans doute rester en compétition, une situation qui inquiète le Comité international olympique (C.I.O.).

Pourtant, il ne s’agit pas d’une première. Rappelons notamment que, pour les Jeux d’hiver de 1976, Denver, ville désignée, avait renoncé aux Jeux à la suite d’un référendum ou que, pour les Jeux d’été de 1984, seule Los Angeles était en course.

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L’olympisme au cœur de l’éducation

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Les héritiers de Coubertin…

Le 16 mars 2017 (17h30, au Comité national olympique et sportif français, Maison de sport français, 1 avenue Pierre-de-Coubertin, 75013 Paris), l’Académie nationale olympique française organise une soirée-débat sur le thème «L’olympisme au cœur de l’éducation». Rappelons que l’Académie nationale olympique française a pour mission de promouvoir les valeurs du sport et de l’olympisme. Son activité est ainsi organisée autour de deux axes : le patrimoine et l’éducation. L’année scolaire 2016-2017 ayant été déclarée «Année de l’olympisme de l’école à l’université», dans un contexte où Paris s’est portée candidate à l’organisation des Jeux Olympiques de 2024, cette soirée se tient dans ce cadre. Une belle initiative, qui aurait plu à Pierre de Coubertin, qui était, ne l’oublions pas, avant tout un pédagogue.

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Les installations sportives des Jeux de Rio 2016 à l’abandon !

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Loin d’être une première…

Rio a dépensé 10 milliards d’euros pour les Jeux Olympiques de 2016. Quelques mois après que les lampions de la fête se sont éteints, les sites qui ont accueilli les Jeux sont en ruines pour la plupart. Le Parc olympique de Barra da Tijuca est fermé: des vigiles en interdisent l’entrée, car les visiteurs découvriraient des portes rouillées, des hautes herbes, bref la désolation. Le site de Deodoro (canoë, V.T.T…) est fermé également. Le Maracanã, dont la gestion est engluée dans un imbroglio administratif, est devenu un repaire de chats errants, une «poubelle géante». Entre corruption et surfacturation, les finances publiques sont mises à mal: les fonctionnaires ne sont plus totalement payés. Les 70 000 habitants expropriés pour laisser la place aux Jeux sont très amers. L’exemple de ceux de Vila Autodromo est emblématique: ils ont lutté jusqu’au bout, en vain, pour conserver leur logement; or le parking qui a été construit à la place de leurs habitations est en ruines…

Tout ce gâchis est loin d’être une première, et les Jeux ont bien souvent laissé des ruines en héritage. Le cas le plus célèbre est celui d’Athènes, en 2004: le coût les Jeux a creusé le déficit public, avec les conséquence dramatiques en termes économiques que l’on connaît, lesquelles ont failli conduire au Grecxit dans les années 2010; or aucune des installations construites en périphérie d’Athènes n’a été utilisée par la suite. Mais les exemples seraient multiples. Pour la France, rappelons que les Jeux d’hiver de Grenoble, en 1968, que le général de Gaulle voulait grandioses, ont conduit à la construction de multiples équipements sportifs (piste de bobsleigh de L’Alpe-d’Huez, tremplin de saut à skis de Saint-Nizier, etc.) laissés rapidement à l’abandon; les contribuables grenoblois mettront plus de 20 ans à rembourser le déficit des Jeux par l’augmentation de leurs impôts locaux.

©Pierre LAGRUE