Freddie Mercury interprète l’hymne olympique post mortem

Immortel

MERCURY (2)À l’occasion de la sortie au cinéma, en novembre 2018, du biopic consacré à Freddie Mercury, Bohemian Rhapsodie, de nombreux médias rappelèrent que le chanteur du groupe Queen avait interprété l’hymne olympique des Jeux de Barcelone, en 1992… sans plus de précision ! Comme quoi le temps fait son œuvre et la vérification de l’information devient de plus en plus aléatoire. En effet, Freddie Mercury demeure dans la mémoire collective comme l’interprète de cet hymne olympique, avec la cantatrice espagnole Montserrat Caballé, lors de la cérémonie d’ouverture de ces Jeux. Mais le chanteur était mort le 24 novembre 1991, à quarante-cinq ans, et n’a donc pas participé à la cérémonie ! Rappelons que, en 1987, Barcelone avait contacté Freddie Mercury pour qu’il écrive la chanson officielle de ces Jeux ; Freddie Mercury sollicita à son tour Montserrat Caballé, qu’il avait admirée en 1983 dans Un Ballo In Maschera au Royal Opera House de Londres : peu après naquit la chanson Barcelona, qui deviendra un album en 1988. La chanson phare fut alors définitivement choisie pour la cérémonie d’ouverture des Jeux de Barcelone. Le décès du chanteur ne changea pas la décision et, le 25 juillet 1992, les organisateurs proposèrent sur écran géant l’enregistrement de Barcelona, en 1987, et ce sont ces images de Freddie Mercury et Montserrat Caballé qui furent diffusées par les télévisions du monde entier. Notons que Freddie Mercury sera de nouveau « présent » aux Jeux, à Londres en 2012, via des images extraites d’un de ses concerts à Wembley diffusée lors de la cérémonie de clôture.

©Pierre LAGRUE



Ester Ledecka conserve son masque durant la conférence de presse

Fille de pub !

LEDEKA (2)Le succès de la Tchèque Ester Ledecka dans le super-géant alpin aux Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang constitua une des plus grandes surprises de l’histoire des Jeux Olympiques. En effet, Ester Ledecka est avant tout une championne de snowboard, et elle ne participait à des épreuves de ski alpin qu’en dilettante. Quand elle prit le départ du super-géant, avec son dossard numéro 26, équipée de skis Atomic que lui avait prêtés l’Américaine Mikaela Shiffrin, chacun félicitait déjà l’Autrichienne Anna Veith pour sa médaille d’or. La surprise fut donc totale quand s’afficha le temps d’Ester Ledecka, qui améliorait la performance de l’Autrichienne d’un centième de seconde ; durant de longues secondes, les bras ballants, la jeune Tchèque fixa le tableau d’affichage, incrédule, pensant à une erreur de chronométrage. Bien sûr, sa victoire fut confirmée… mais elle aurait pu être remise en cause durant la conférence de presse. Ester Ledecka se présenta en effet devant les journalistes sans ôter son masque de ski : « Je ne l’enlève pas, car c’est mon sponsor », déclara-t-elle. Mais elle se rendit vite compte de son erreur, car le règlement olympique interdit d’afficher ainsi son sponsor personnel. Ester Ledecka rectifia le tir, ajoutant, tout sourire : « Non, en fait, je ne pensais pas être à la conférence de presse, et comme je ne suis pas maquillée, je garde mon masque… » On n’est pas obligé de la croire… Quelques jours plus tard, elle remporta une seconde médaille d’or, dans le slalom géant de snowboard, une épreuve dont elle était la favorite. Une nouvelle fois, elle se présenta devant la presse en portant son masque de ski. Et elle évoqua encore son maquillage : « Il fallait déjà que je me lève tôt. Alors me lever encore plus tôt pour me maquiller, ça n’aurait pas eu de sens », a-t-elle expliqué.

©Pierre LAGRUE



Kim Boutin en pleurs sur le podium à PyeongChang !

Pourquoi tant de haine ?

BOUTIN-2-boostLe chauvinisme est universel, et il provoque toujours les pires débordements. Ainsi, aux Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang en 2018, le 500 mètres de short-track se termina dans la polémique. L’Italienne Arianna Fontana devança l’idole du pays du Matin calme, Choi Min-jeong, ce qui constituait déjà une déception pour les Sud-Coréens. Pis ! Après examen de la vidéo, le jury disqualifia Choi Min-jeong, qui avait bousculé la Canadienne Kim Boutin. Le jugement était certes discutable, mais pas plus que d’autres décisions. Kim Boutin, initialement quatrième, récolta la médaille de bronze. Une médaille qui allait lui procurer bien des tourments : devant l’accumulation de messages agressifs et haineux, Kim Boutin dut fermer ses comptes sur les réseaux sociaux. Plus grave, elle reçut des menaces de mort, et les autorités durent lui assurer une protection policière. Le Comité international olympique (C.I.O.) « invita fermement » le public à célébrer Kim Boutin comme il se doit lors de la cérémonie de remises des médailles. Obéissant, le public a applaudi la Canadienne, qui a fondu en larmes sur le podium.

©Pierre LAGRUE



Des Jeux sans la Russie, mais avec les Russes !

RUSSIE2018OK

Rêvons de Jeux sans hymnes et sans drapeaux

Le 6 décembre 2017, le Comité international olympique (C.I.O.) a suspendu le Comité olympique russe en raison du dopage à grande échelle organisé par le pays de Vladimir Poutine aux Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en 2014. Néanmoins, certains sportifs russes seront autorisés à participer aux Jeux d’hiver de Pyeongchang (9-26 février 2018), sous la bannière « Athlète olympique de Russie ». Inutile de revenir longuement sur cette affaire qui a déjà fait perdre à la Russie un tiers de ses médailles obtenues en 2014 à Sotchi (onze médaillés russes ont été disqualifiés pour dopage) ou sur les stratagèmes mis en œuvre par le F.S.B., dignes des heures sombres de l’espionnage du temps de la guerre froide (remplacement d’échantillons urinaires de dopés par des échantillons « propres » au travers d’une trappe à souris, etc.). En fait, en termes d’images, le C.I.O. n’avait d’autre choix que de sanctionner, au moins partiellement, la Russie.
Parlons maintenant d’utopie. Et tentons de positiver « grâce » à cette affaire : pourquoi, un jour, ne verrions-nous pas des Jeux Olympiques sans hymnes et sans drapeaux ? De tous temps, les États se sont glorifiés des succès de leur sportifs, montés en épingle par le pouvoir, la R.D.A. fournissant l’exemple le plus flagrant de cette dérive. Mais les États-Unis ne furent jamais en reste pour faire vibrer la fibre nationale. Naguère, lord Killanin, président du C.I.O. de 1972 à 1980, au plus fort de la crise olympique marquée par les boycottages successifs, disait rêver de Jeux « sans hymnes et sans drapeaux ». Pour les Jeux d’hiver de 2018, La Russie est exclue, mais pas les Russes. Allons plus loin : espérons que, bientôt, tout sportif concoure sous la dénomination « Athlète olympique de [tel ou tel pays] ». Si cela ne modifierait guère la donne pour les sportifs et leurs supporters, les États et les pouvoirs auraient plus de difficultés à présenter ces succès olympiques comme des victoires militaires.

©Pierre LAGRUE



Usain Bolt est-il le plus grand champion de l’histoire ?

BOLT (2)

Le plus grand sprinter, sans discussion…

Usain Bolt a terminé sa trajectoire sportive le 13 août 2017, battu et blessé. Héros au sens de la mythologie grecque, il est redevenu en un instant un simple mortel. En fait, cette fin ne renforcerait-elle pas sa légende? Sans les exploits de Bolt, accompagnés de sa fraîcheur et de sa disponibilité, l’athlétisme aurait vécu depuis dix ans au rythme des affaires de dopage, des victoires frelatés, des triomphes sans âme. La fin de la carrière de Bolt va donc laisser un immense vide pour l’athlétisme, et ce sport va devoir trouver un moyen pour le combler, afin d’éviter de connaître un relatif anonymat médiatique hors des rendez-vous olympiques.

Aux Jeux Olympiques, Usain Bolt a remporté les 100 mètres, 200 mètres et relais 4 fois 100 mètres en 2008 à Pékin, en 2012 à Londres, en 2016 à Rio. Une performance unique et qui restera inégalée. Aux Championnats du monde, il s’est adjugé onze médailles d’or. La question de savoir si Bolt est le plus grand sportif de l’histoire se pose. Pour ce qui est du sprint, pas de doute, il est le plus grand. Certes, on ne sait pas quel aurait été le palmarès des Américains Bob Hayes et Jim Hines si le contexte du sport amateur des années 1960 ne les avait pas contraints à quitter les pistes pour monnayer leur talent dans des équipes de football américain. Certes, on ne sait pas quelle aurait été la destinée sportive de l’Américain Tommie Smith s’il n’avait pas sacrifié sa carrière pour défendre la cause des Noirs américains en levant un poing ganté de noir sur le podium du 200 mètres des Jeux Olympiques en 1968 à Mexico. En revanche, on sait que, dans le contexte de l’athlétisme professionnel, seuls les Américains Carl Lewis et Michael Johnson (recordman du monde des 200 et 400 mètres) peuvent lui être comparés. Mais, sans aucun doute, «Lightning Bolt» a surpassé tous leurs exploits.

Pour le reste…

Déterminer quel est le plus grand champion de l’histoire relève bien sûr du débat subjectif. En plus des performances pures, le charisme et la trace laissée dans son sport sont des éléments importants de l’auto-discussion. Michael Phelps a bien sûr remporté 23 médailles d’or olympiques, mais la natation est propice à ce type d’exploits par la multiplication des épreuves. Jesse Owens est loin de posséder un palmarès approchant celui de Bolt; mais ses triomphes aux Jeux de Berlin en 1936 ont constitué un camouflet pour Hitler et les nazis. Pelé a révolutionné le football. Muhammad Ali a régné sur la boxe, et il est aussi devenu un emblème du courage, n’hésitant pas à mettre en jeu sa carrière et sa liberté pour défendre de justes causes politiques.

Alors, Bolt, Owens, Pelé, Ali, un autre?

©Pierre LAGRUE



Paris 2024, c’est gagné !

2024PARIS2

Los Angeles adoube Paris

C’était dans l’air… Cette fois, c’est fait. Après cent ans d’attente, Paris organisera les Jeux Olympiques en 2024. Eric Garcetti, maire de Los Angeles, a en effet annoncé la candidature de la Cité des Anges pour l’organisation des Jeux Olympiques en 2028. Paris demeure donc seule en lice. Los Angeles trouve néanmoins son compte dans cette décision. Ainsi, Los Angeles sera officiellement «choisie» pour les Jeux de 2028 en septembre 2017. La ville californienne pourra donc exploiter tous les symboles olympiques durant onze ans au lieu de sept. En outre, la manne promise à Los Angeles par le Comité international olympique est conséquente: 1,8 milliard de dollars. Pour Paris, le rêve a un coût (le budget se monte à 6,6 milliards d’euros). Néanmoins, les économistes prévoient que les retombées indirectes liées aux Jeux se situeront entre 5,3 et 10,7 milliards d’euros. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 devraient se tenir du 2 au 18 août. Un long sprint porteur d’espoir commence.

Depuis près d’un an déjà, l’olympisme inattendu vous informait de l’évolution des choses :

©Pierre LAGRUE



Les Jeux de 2024 et 2028 seront attribués en même temps

2024-2028

Pour qu’il n’y ait pas de perdants…

Le 11 juillet 2017, le Comité international olympique (C.I.O.) a confirmé que les Jeux Olympiques de 2024 et 2028 seront attribués en même temps. D’ici au 13 septembre 2017, Paris et Los Angeles sont invitées à négocier afin de trouver un accord, et la session du C.I.O. n’aura plus qu’à entériner le choix. L’idée était dans l’air depuis longtemps, et elle se concrétise.

En effet, le 15 mars 2017, un membre influent du C.I.O. avait indiqué que le Comité allait «plancher sur des propositions de réforme lors d’une session extraordinaire en juillet». Il apparaissait clairement que, lors de la session ordinaire de Lima, en septembre 2017, le C.I.O. désignerait en même temps les villes d’accueil des Jeux d’été de 2024 et 2028, puisque seules deux villes (Los Angeles et Paris) restaient dans la course, après les désistements de Hambourg, Rome et Budapest. Déjà, Thomas Bach, président du C.I.O., avait regretté qu’il y ait «trop de perdants». En outre, les villes candidates sont de moins en moins nombreuses (pour les Jeux d’hiver de 2022, après plusieurs désistements, seules Pékin et Almaty restaient en course). En outre, au regard des incertitudes qui règnent dans le monde, le C.I.O. sécuriserait les Jeux Olympiques pour une décennie. Enfin, recaler Los Angeles paraît impensable au regard des millions de dollars que les États-Unis font entrer dans les caisses du C.I.O., et recaler une nouvelle fois Paris semble difficile au regard de l’histoire du mouvement olympique.

Paris fait figure de favori pour 2024, d’autant plus que Los Angeles trouverait un intérêt financier à attendre quatre ans, grâce à l’augmentation dans la durée du merchandising olympique et en raison de la renégociation à la hausse de nombreux contrats dans l’optique de 2028.

Rappelons encore que ce ne serait pas une première, puisque en 1921, le C.I.O. attribua trois éditions des Jeux le même jour.

©Pierre LAGRUE



Quinze nouvelles épreuves aux Jeux de Tokyo en 2020

2020-EPREUVES2

Un programme de plus en plus confus

Après avoir décidé en 2016 de l’introduction (à titre provisoire) de cinq nouveaux sports (karaté, surf, escalade, skateboard, baseball-softball) aux Jeux de Tokyo en 2020, le Comité international olympique (C.I.O.) a inscrit, en juin 2017, quinze nouvelles épreuves au programme de ces Jeux de Tokyo. Les ajouts correspondent à trois critères: parité, mixité, disciplines susceptibles d’attirer un jeune public. Figurent ainsi au programme, par exemple, le relais 4 fois 400 mètres mixte (athlétisme), le basket-ball 3 contre 3, le B.M.X. freestyle (cyclisme), l’américaine (cyclisme), le double mixte en tennis de table, une épreuve par équipes mixte en judo, le relais par équipes mixte en triathlon. Lire la suite

Paris 2024, c’est déjà dans la poche ?

2024PARIS

Tous vainqueurs…

Ce n’est qu’une rumeur, mais elle enfle. Le 9 juin 2017, le rapport du groupe de travail du Comité international olympique (C.I.O.) sur la double attribution des Jeux de 2024 et 2028 devrait la confirmer. Le scénario semble favorable à Paris pour 2024, car les conversations informelles entre Thomas Bach (président du C.I.O.), Eric Garcetti (maire de Los Angeles) et Larry Probst (président du Comité olympique américain) indiquent que Los Angeles ne serait plus complètement hostile au report de quatre ans de la tenue des Jeux chez elle. Deux conditions sont nécessaires: que l’attribution des Jeux à Los Angeles en 2028 soit présentée comme une victoire, et que la ville soit «dédommagée» (le C.I.O. est tout disposé à verser 500 millions de dollars). En outre, pour Thomas Bach, «il faut qu’il y ait trois gagnants. Les deux villes et le C.I.O.». De plus, cette formule «sans perdant» pourrait mettre fin à la pénurie de candidatures.

Rappelons qu’il ne s’agirait pas d’une première puisque, le 21 juin 1921, à l’issue de multiples tractations, les Jeux de 1924 furent attribués à Paris, ceux de 1928 à Amsterdam, alors que Los Angeles fut quasi désignée pour 1932.

©Pierre LAGRUE



Deux médailles d’or de Jesse Owens vendues aux enchères

Owens-Médailles

De nouveaux records inattendus

En août 2017, deux des quatre médailles d’or remportées aux Jeux de Berlin en 1936 par Jesse Owens vont être vendues aux enchères. Ces médailles ont une histoire, qui dit bien le peu de considération dont bénéficia le sprinter noir américain dans son pays. En effet, dans les années 1950, Jesse Owens donna ces deux médailles à un hôtelier de Pittsburg pour payer son séjour, car le champion n’avait plus un sou. Puis l’hôtelier céda ces médailles à un artisan pour rembourser un prêt. Les héritiers de l’artisan vont donc mettre ces médailles en vente.

En mai 2017, la société Heritage Auction annonce donc la future vente aux enchères de ces précieux trophées. Jesse Owens pourrait ainsi battre un nouveau record. En effet, en 2013, une de ces quatre médailles d’or, offerte jadis par Owens à l’acteur Bill Robinson, fut adjugée pour 1,4 million de dollars, ce qui constituait un record pour un souvenir olympique (le précédant concernait la coupe en argent que Spyridon Louis reçut pour sa victoire dans le marathon des Jeux Olympiques d’Athènes en 1896, 544000 euros). Cette fois, la cote devrait encore grimper. L’Amérique a fait de Jesse Owens le héros olympique, bravant Hitler, mais à titre très rétrospectif, car, durant sa vie, Jesse Owens connut toutes les difficultés d’un Noir américain pour subsister.

©Pierre LAGRUE