1936-Jeux Olympiques d’été de Berlin

1936Berlin

26 avril 1931

  • À l’issue de la vingt-neuvième session du Comité international olympique (C.I.O.), tenue à Barcelone, on constate que seuls 19 des 67 membres sont présents. Conformément aux statuts, il est décidé que l’élection de la ville d’accueil des Jeux de 1936 se fera par un vote par correspondance.

13 mai 1931

  • Berlin est préférée à Barcelone pour organiser les Jeux de 1936, par 43 voix contre 16 et 8 abstentions. Les membres du C.I.O. semblent s’être inquiétés de l’instabilité politique en Espagne (le roi Alphonse XIII vient de s’exiler et la seconde République espagnole a été proclamée). La République de Weimar du maréchal Paul von Hindenburg, pourtant ébranlée par la crise économique, leur paraît plus sûre…

24 janvier 1933

  • Le Comité olympique allemand constitue un comité d’organisation des Jeux de Berlin.

30 janvier 1933

  • Hitler est nommé chancelier du Reich. Dans un premier temps, le führer se déclare opposé à la tenue des Jeux Olympiques à Berlin en 1936.

16 mars 1933

  • Après une entrevue avec Theodor Lewald, président du Comité d’organisation des Jeux de Berlin, et Carl Diem, secrétaire général de ce Comité, Hitler est convaincu de l’intérêt des Jeux pour le Reich nazi. Le führer fait donc savoir au C.I.O. qu’il honorera les engagements pris par la République de Weimar.

Mai 1933

  • Henri de Baillet-Latour, président du C.I.O., écrit à tous les membres de l’institution et leur confie ses inquiétudes concernant les Jeux de Berlin. Il invite néanmoins les membres du C.I.O., qui doit tenir session au début du mois de juin 1933 à Vienne, à conforter le choix de Berlin tout en rappelant au chancelier du Reich la lettre de la Charte olympique.

Été de 1934

  • Alors que des appels au boycottage des Jeux de Berlin se multiplient aux États-Unis, Avery Brundage, président du Comité olympique américain, se rend à Berlin pour examiner la situation et en rendre compte. À son retour, sa position est tranchée: «Il faut participer aux Jeux.»

26 septembre 1934

  • Avery Brundage confirme la présence américaine aux Jeux de Berlin.

Août 1935

  • Début, dans la presse et à la radio allemandes, de la campagne de propagande Pax olympica, destinée à appeler aux «Jeux de la paix», dans une «Allemagne national-socialiste pacifique». La vaste entreprise de duperie de l’opinion mondiale est en marche…

15 septembre 1935

  • Promulgation des lois racistes de Nuremberg. Consigne est donnée de ne pas les appliquer avec trop de rigueur en ce qui concerne les sportifs. «Un règlement général du sport juif interviendra à la fin de l’olympiade», indique la direction de la SS.

Novembre 1935

  • Ernest Lee Jahncke, membre américain du C.I.O., lance un ultime appel au boycottage des Jeux de Berlin. Il sera exclu du C.I.O. et remplacé par Avery Brundage.

1er août 1936

Cérémonie d’ouverture

  • Cent mille spectateurs disciplinés prennent place dans le stade olympique pour assister à la gigantesque cérémonie d’ouverture. Les Jeunesses hitlériennes défilent au pas cadencé sur la piste, puis Adolf Hitler fait son entrée. Tout le public se lève et, bras tendu, salue le führer. La Marche d’hommage de Richard Wagner retentit, Hitler prend place dans la loge présidentielle, accompagné de Henri de Baillet-Latour et des dignitaires du régime nazi. Le Deutschland über alles puis le Horst Wessel Lied, l’hymne nazi, sont repris en chœur par cent mille voix. Les drapeaux des pays participants sont hissés aux mâts. Une courte intervention enregistrée de Pierre de Coubertin est diffusée. Adolf Hitler proclame l’ouverture des Jeux, puis des milliers de pigeons sont lâchés dans le ciel. L’Hymne olympique, composé par Richard Strauss, est interprété par dix mille choristes accompagnés par l’Orchestre philharmonique de Berlin dirigé par Strauss lui-même. Pour la première fois, sur une idée de Carl Diem retenue par Joseph Goebbels, la flamme olympique a été allumée à Olympie. Au terme d’un relais de 3000 kilomètres, Fritz Schilgen, champion d’Allemagne du 1500 mètres, pénètre dans le stade, parcourt un demi-tour de piste et embrase la vasque. Lire la suite