Le père de Jean Boiteux plonge tout habillé dans le piscine

Au risque de faire disqualifier son fils

BOITEUX-2-retroEn 1952, aux Jeux Olympiques d’Helsinki, le Français Jean Boiteux remporta le 400 mètres nage libre devant l’Américain Ford Konno. L’exploit était immense car – si on excepte la victoire de Charles Devendeville dans un curieux 60 mètres sous l’eau aux Jeux de Paris en 1900 – jamais un Français n’avait été couronné champion olympique en natation. Cette victoire sera la plus médiatisée de ces Jeux, non pas pour l’exploit en lui-même, mais pour une incroyable scène à l’arrivée : Gaston Boiteux, le père du champion, fou de bonheur, plonge tout habillé dans la piscine, béret vissé sur la tête ! Or tous les concurrents n’avaient pas terminé la course, et ce plongeon paternel aurait pu entraîner la disqualification de Jean Boiteux. La photographie de cette scène fait la une de la plupart des quotidiens le lendemain ; plus tard, Coca-Cola demandera à utiliser cette photo pour un de ses spots publicitaires. En fait, ce plongeon ne fut pas totalement spontané : Gaston Boiteux avait parié avec un photographe qu’il se jetterait tout habillé dans la piscine si son fils devenait champion olympique. Toujours est-il que ce cliché fera le tour du monde et que la photo sera présentée dans toutes les grandes expositions consacrées aux Jeux Olympiques ; ainsi, à titre d’exemple, le Musée olympique présentera un cliché de cette scène durant l’exposition Cent Photos pour un siècle de sport, tenue en 2000.

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Shizo Kanakuri met 54 ans pour terminer le marathon !

Le disparu de Stockholm

KANAKURI-2-concentrateLe marathon des Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, fut un des plus difficiles de l’histoire : les concurrents s’élancèrent sous un soleil de plomb ; plus de la moitié d’entre eux abandonnèrent. L’épreuve fut même le théâtre d’un drame, puisque le jeune Portugais Francisco Lázaro, victime d’une insolation, décéda à l’hôpital. Quant au Japonais Shizo Kanakuri, il a pris le départ mais n’a pas franchi la ligne d’arrivée. Pourtant, il ne figurait pas parmi les trente-deux marathoniens que les organisateurs avaient ramassés sur le parcours et qui avaient donc abandonné. On avait perdu sa trace ! La police partit à sa recherche, sans succès. Shizo Kanakuri devint rapidement le « disparu de Stockholm ». Les rumeurs se multiplièrent. Certains l’auraient aperçu titubant dans les rues de Stockholm, cherchant l’entrée du Stade olympique, d’autres l’auraient vu boire un verre en compagnie de deux beautés locales. En fait, aucune piste n’était sérieuse. Le temps passant, les recherches s’arrêtèrent, puis on l’oublia. En fait, épuisé, Shizo Kanakuri avait demandé à un spectateur de lui donner à boire. Ce spectateur compatissant lui offrit donc un verre d’eau. Mieux, devant sa souffrance et son état d’épuisement, il lui proposa un lit pour se reposer. Shizo Kanakuri accepta de s’allonger un moment, mais il dormit profondément et ne se réveilla que le lendemain matin. Quand il se quitta les bras de Morphée, honteux, Shizo Kanakuri songea à ne pas rentrer dans son pays. Finalement, dans la plus grande discrétion, il embarqua sur un navire mouillant en Suède et en partance pour le Japon. Toutefois, cette mésaventure de 1912 l’avait profondément meurtri. Ainsi, en 1967, alors âgé de 76 ans, il revint à Stockholm à l’occasion de l’inauguration d’un grand magasin et… termina le marathon : conduit au Stade olympique, il trottina devant un public surpris, puis franchit la ligne d’arrivée, 54 ans, 8 mois, 6 jours, 8 heures, 32 minutes et 20 secondes après avoir pris le départ.

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La skieuse de fond se trompe de piste à PyeongChang !

C’est trop injuste…

Fondeuse-boostLa dernière épreuve des Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang, en 2018, le 30 kilomètres de ski de fond style classique féminin se termina en beauté, puisqu’il vit le triomphe de la Norvégienne Marit Bjoergen, qui s’adjugeait sa quinzième médaille olympique, ce qui constituait le record absolu pour les Jeux d’hiver. Mais il s’acheva aussi par la déconfiture de l’Autrichienne Teresa Stadlober. À vingt-cinq ans, cette dernière s’apprêtait à réaliser l’exploit de sa vie : en effet, alors qu’elle n’avait jamais réussi de grande performance aux Jeux Olympiques ou aux Championnats du monde, elle luttait avec la Finlandaise Krista Pärmäkoski pour conquérir la médaille d’argent ; à 10 kilomètres de l’arrivée, elle accéléra… et se trompa de piste. Quand elle s’aperçut de sa bévue, elle fit bien sûr demi-tour, mais elle avait parcouru de ce fait un demi-kilomètre de plus que ses rivales. De retour sur la bonne piste, elle termina l’épreuve à la neuvième place !

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Quand un sportif compose une ode en grec ancien…

À défaut de médaille…

1896-RobertsonAthlète et tennisman, George Stuart Robertson se classa quatrième du concours de lancer du disque aux Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896, et, associé à l’Australien Edwin Flack, il fut battu en demi-finale de la compétition de tennis en double, par la paire grecque constituée de Dionysios Kasdaglis et Dimitrios Petrokokkinos. Mais, pour se faire remarquer, George Stuart Robertson avait une autre corde à son arc : lors de la cérémonie de clôture officielle de ces Jeux, on joua l’hymne national grec, puis on donna une ode composée en grec ancien par George Stuart Robertson lui-même. Les paroles du sportif touchèrent le roi le roi Georges Ier de Grèce qui le récompensa immédiatement d’une couronne de laurier. À défaut de médaille, George Stuart Robertson reçut une couronne.

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Svendsen décontenancé à Sotchi en 2014

Étourdi…

2014SVENDSENAux Jeux Olympiques de Sotchi, en 2014, le relais 4 fois 7,5 kilomètres de biathlon masculin se termina par un incroyable scénario. Dernier relayeur norvégien, le double champion olympique Emil Svendsen se présenta en tête pour le dernier tir, mais il oublia d’ouvrir le dioptre de sa carabine et garda donc le viseur obstrué. Déstabilisé, il rata 4 cibles, et laissa filer ses 3 rivaux et les médailles.

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Le « grab » qui tue de Lindsey Jacobellis en 2006

Suffisance…

2006JACOBELLISLa compétition féminine de snowboardcross des Jeux Olympiques d’hiver de Turin, en 2006, se termina par un coup de théâtre. L’Américaine Lindsey Jacobellis, largement en tête, décida de «faire le show» (le snowboard est un sport fun, ne l’oublions pas). Pour ajouter de l’éclat à son triomphe, elle pimenta son dernier saut d’un grab, figure consistant à saisir sa planche d’une main… et elle chuta, laissant la médaille d’or à la Suissesse Tanja Frieden, toute surprise de ce dénouement.

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Mimoun et les symboles en 1956

Superstition ?

1956MIMOUNLe Français Alain Mimoun disputa son premier marathon lors des Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956. La veille de l’épreuve, il apprit par télégramme la naissance de sa fille, qu’il prénommera bien sûr Olympe. Il portait le numéro 13. Cette conjonction d’indices favorables lui donna-t-elle d’insoupçonnées ressources? Toujours est-il que, à 35 ans, ce débutant sur la redoutable course de 42,195 km va tout simplement la remporter.

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L’appendicite d’Abebe Bikila en 1964

Un prompt rétablissement

L’Éthiopien Abebe Bikila, va1964BIKILAinqueur du marathon aux Jeux Olympiques de Rome, en 1960, faillit ne pas prendre le départ de la même épreuve à Tokyo, en 1964. Cinq semaines avant le début des Jeux, il fut opéré de l’appendicite. Pour les dirigeants de l’athlétisme éthiopien, il semblait impossible que Bikila puisse participer à l’épreuve, et ils sélectionnèrent Mamo Wolde pour le remplacer. Mais, au dernier moment, Bikila les persuada qu’il avait retrouvé sa meilleure forme et qu’il était apte à défendre ses chances. Choix judicieux, puisque Bikila s’adjugea de nouveau la médaille d’or.

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L’erreur de James Ball en 1928

Toiser n’est pas gagner…

1928BALL (2)L’athlète canadien James Ball fait partie des fanfarons et des étourdis de l’histoire olympique. Aux Jeux d’Amsterdam, en 1928, dans le 400 mètres, James Ball, qui se trouvait en première position, tourna la tête pour toiser ses concurrents… Résultat, Ray Barbuti (États-Unis) le déborda et s’imposa…

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