Les cinq continents pour allumer la flamme à Munich en 1972

Comme les cinq doigts de la main

1972FLAMMEL’olympisme veut véhiculer des valeurs de paix. Ce fut encore plus vrai en 1972, car les organisateurs des Jeux Olympiques de Munich voulaient faire oublier les sinistres Jeux de Berlin de 1936, et adresser un message de fraternité au monde, et ce dès la cérémonie d’ouverture. Traditionnellement, un sportif emblématique du pays est choisi comme dernier relayeur de la flamme olympique. Mais à Munich, les organisateurs innovèrent. Ce n’est pas un sportif qui pénétra dans le stade, mais cinq, chacun représentant un continent: l’Allemand Günter Zahn, l’Australien Derek Clayton, le Japonais Kenji Kimihara, l’Américain Jim Ryun et le Kenyan Kipchoge Keino.

©Pierre LAGRUE



La naissance des médailles d’or, d’argent et de bronze en 1904

Or, argent et bronze… depuis 1904 seulement

1904MedaillesOKLes trois premiers des épreuves olympiques sont récompensés, respectivement, par des médailles d’or, d’argent et de bronze. On pense que ce fut toujours le cas. Or il n’en est rien. En effet, en 1896 aux Jeux Olympiques d’Athènes, chaque vainqueur recevait une médaille d’argent, créée par Jules-Clément Chaplain, un rameau d’olivier et un diplôme; le deuxième recevait une médaille en cuivre, une branche de laurier et un diplôme; le troisième avait… la satisfaction d’avoir participé, ce qui est l’essentiel. En 1900, à Paris, toujours pas d’or, d’argent et de bronze. C’est aux Jeux de Saint Louis, en 1904, que des médailles d’or, d’argent et de bronze récompenseront les lauréats. Le design de ces médailles fut créé par Dieges and Clust, une entreprise de joaillerie de New York fondée en 1898. Ce design s’inspirait des médailles d’argent décernées à Athènes en 1896, avec Zeus et une Victoire ailée surmontant le globe sur le revers. Ce fut le début d’une longue tradition.

©Pierre LAGRUE



La langue française supprimée du programme olympique ?

Une tradition issue de Coubertin et désormais surannée ?

COUBERTIN2Regarder les compétitions d’escrime des Jeux Olympiques de Rio, en 2016, sur place ou à la télévision, pouvait étonner: les annonces arbitrales se faisaient en français. Le français est la langue officielle de l’escrime, tout comme elle est celle de l’olympisme, du moins dans les textes… En effet, la Charte olympique précise, à son article 23, que «les langues officielles du C.I.O. sont le français et l’anglais». Pourtant, aux Jeux de Rio, le français fut très peu utilisé, sauf pour les cérémonies officielles, où les annonces étaient faites, comme le veut la coutume, en français, en anglais et dans la langue du pays hôte, en l’occurrence le portugais. En revanche, tous les verdicts arbitraux destinés aux concurrents et aux spectateurs se faisaient en anglais et en portugais. Dans le village olympique, hormis la cafétéria, tous les panneaux indicateurs étaient rédigés en anglais et en portugais. Bien sûr, pour les télévisions, les sous-titrages étaient inscrits en anglais. Lire la suite

Le bilan des nations n’a jamais existé aux Jeux Olympiques

Une invention des États et des médias

0000LOGOAux Jeux Olympiques, un classement par nations n’a jamais existé. Cependant, tel ou tel État utilisa souvent la confrontation sportive pour affirmer sa puissance ou, au contraire, pour constater un déclin et y porter remède. Les chroniqueurs, quant à eux, décortiquent ce «bilan des nations» au fil des éditions, et le «tableau des médailles» se voit, au terme de chaque célébration olympique, largement commenté dans la presse. Traditionnellement, pour établir ce classement des nations, on prend d’abord en compte les médailles d’or, puis, en cas d’égalité, le nombre total de médailles obtenues; si l’égalité persiste, le nombre de médailles d’argent se voit privilégié par rapport au total de médailles de bronze.

©Pierre LAGRUE



Le relais de la flamme olympique n’existait pas dans l’Antiquité

Une tradition moderne

OlympieLe relais de la flamme olympique constitue un des moments forts de l’olympisme, mais de l’olympisme moderne et non pas antique. Ce relais fut instauré, ne l’oublions jamais, par les nazis en 1936. Carl Diem en eut l’idée, reprise par Goebbels. Ils évoquèrent alors l’Antiquité pour justifier le relais, mais en réinterprétant l’histoire. Lire la suite