L’incroyable «record» d’Otomar Bures

18 000 points de pénalité

DurandLe cross du concours complet équestre des Jeux Olympiques de Berlin, en 1936, fut particulièrement difficile : l’épreuve comptait cinq phases, pour un total de 36 kilomètres, avec 47 obstacles. Résultat : 27 des 50 concurrents abandonnèrent, notamment en raison d’obstacles dangereux à franchir, plus particulièrement la rivière – il semble que les Allemands connaissaient à l’avance ces difficultés. Quant au Tchécoslovaque Otomar Bures, il mit 2 heures et 36 minutes pour boucler les 8 kilomètres de l’avant dernière phase : il accumula plus de 18 000 points de pénalité, ce qui constitue un « record » !

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Le départ du 200 mètres retardé en raison des huées du public

Le chauvinisme est universel

CRAWFORDQuand les athlètes se présentent au départ d’une épreuve de sprint, un silence quasi religieux se fait dans les gradins, les spectateurs respectant la concentration extrême des concurrents. Mais il y a des exceptions. Ainsi, le 26 août 2004, dans le stade olympique d’Athènes, alors que se présentaient les finalistes du 200 mètres, le public les conspua longuement, et le départ de la course fut différé de plusieurs minutes. La raison : juste avant le début des Jeux, le champion olympique de 2000, le Grec Konstantinos Kentéris, avait été exclu des Jeux pour ne pas s’être présenté à un contrôle antidopage. Les nombreux spectateurs manifestèrent ainsi leur réprobation contre cette décision. Une preuve que le chauvinisme est universel. Ce contre-temps n’empêchera pas les Américains de prendre les trois premières places de l’épreuve.

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Mike Marsh oublie de battre le record du monde du 200 mètres

Étourdi…

MARCH (2)Mike Marsh, avant tout spécialiste du 100 mètres, n’était pas parvenu à se qualifier, lors des sélections américaines, sur sa distance fétiche pour les Jeux Olympiques de Barcelone, en 1992. En revanche, il gagna sa place sur 200 mètres. Le grand favori était son compatriote Michael Johnson, mais ce dernier malade, fut éliminé en quart de finale. Mike Marsh devint un des prétendants à la médaille d’or. En demi-finale, largement en tête, il coupa son effort à quelques mètres de la ligne d’arrivée pour ne pas puiser dans ses réserves : or, sur le panneau lumineux, s’afficha son « chrono » : 19,73 s. Pour 1 centième de seconde, le record du monde établi en 1979 par l’Italien Pietro Mennea (19,72 s) lui échappait. Mike Marsh s’imposera en finale, mais dans un temps bien moins bon : 20,01 s. En fait, il avait « oublié » de battre le record du monde. De plus, il ne réalisera plus de grandes performances sur 200 mètres par la suite.

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Le vainqueur du marathon évacué sur une civière

Au bout de lui-même

HWANGAux Jeux de Barcelone, en 1992, le 9 août, les marathoniens s’élancèrent à 18 h 30, par une forte chaleur malgré la nuit tombante. Deux hommes, le jeune Sud-Coréen inconnu Hwang Young-cho (22 ans) et le Japonais Koichi Morishita, un champion confirmé de vingt-cinq ans, se présentèrent en tête au pied de la colline de Montjuic. Hwang Young-cho produisit une violente accélération, qui lui permit de décrocher Morishita et de remporter l’épreuve, avec 22 secondes d’avance sur le Japonais. Mais, victime d’une grave défaillance après l’arrivée, il dut être évacué sur une civière. Hwang Young-cho ne se remit jamais totalement de cette défaillance, ; il remporta néanmoins le marathon des Jeux asiatiques en 1994, mais il ne prit part qu’à de rares marathons et annonça sa retraite sportive en 1996, à vingt-six ans, après avoir échoué à se qualifier pour les Jeux d’Atlanta.

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Lindy Remigino félicite Herb McKenley par erreur

Félicitations trop rapides

REMINGINO2 (2)Le 100 mètres des Jeux Olympiques d’Helsinki, en 1952, se termina par la victoire surprise de l’Américain Lindy Remigino. En effet, celui-ci n’avait dû sa sélection qu’au forfait de Jim Golliday, star américaine du sprint de l’époque. Néanmoins, il parvint à se qualifier pour la finale, contrairement à son compatriote Art Bragg, le vainqueur des sélections américaines, qui s’était blessé en demi-finale. Lors de la finale du 100 mètres, courue sous une pluie fine, Lindy Remigino prit le meilleur départ ; mais le Jamaïquain Herb McKenley, à la foulée ample, le remonta et sembla le dépasser. Lindy Remigino, heureux de cette médaille d’argent, s’empressa de congratuler Herb McKenley, avant même que la photo-finish fût développée. Or, après l’examen de cette photo-finish, il s’avéra que Lindy Remigino s’était imposé, d’un souffle devant Herb McKenley. Lindy Remigino apprit avec surprise qu’il était déclaré vainqueur. L’histoire ne dit pas si Herb McKenley le congratula à son tour…

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Le concours complet se transforme en jeux de massacre

Orage mexicain

GUYON (2)Aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, le parcours de cross du concours complet était particulièrement difficile. La chaleur et l’altitude augmentaient les risques ; en outre, durant l’épreuve, un violent orage se déclencha, les rivières se transformèrent en torrents. De fait, dix concurrents abandonnèrent ; la monture de l’Italien Mauro Checcoli, médaillé d’or en 1964, refusa deux fois un obstacle, provoquant la disqualification du cavalier ; au jeu des pénalités et bonifications, seuls neuf des quarante-huit concurrents présentèrent un résultat positif (l’Argentin Carlos Moratorio, médaillé d’argent par équipes en 1964, afficha un score de —294 points !). Parti dans les premiers, avant que l’orage noie le parcours, le Français Jean-Jacques Guyon, montant Ange-Pitou, évita les chausse-trapes, et, après le concours de saut d’obstacles, il obtient une belle médaille d’or.

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Le beau geste de Jack Keller

Fair-play !

Jack_Keller_1929 (2)Aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, l’arrivée du 110 mètres haies fut serrée. L’Américain Jack Keller prit la troisième place, du moins dans un premier temps, et reçut la médaille de bronze sur le podium. En effet, à l’issue d’un examen minutieux de la photo-finish, il s’avéra que le Britannique Donald Finlay l’avait dépassé sur le fil. Le lendemain de cette course, Jack Keller s’en alla retrouver Donald Finlay dans les quartiers de l’équipe britannique, et il remit lui-même, en main propre, la médaille de bronze à Donald Finlay.

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Dépossédé de sa médaille d’or à la descente du podium

Cruel…

SIMAIKA (3)L’Égyptien Farid Simaika remporta la compétition de plongeon au tremplin de 3 mètres lors des Jeux Olympiques d’Amsterdam, en 1928. Il devenait le premier Égyptien couronné champion olympique, ce qui constituait un grande fierté pour ce jeune homme qui vivait aux États-Unis. Il monta sur le podium, en compagnie de ses dauphins ; le drapeau égyptien fut hissé au plus haut des mâts, et l’hymne égyptien fut joué en son honneur. Mais son triomphe fut de courte durée : juste après cette cérémonie, les juges décidèrent, par 5 voix contre 4, que l’Américain Pete Desjardins aurait dû être déclaré vainqueur à la « moyenne générale des 8 sauts » : Farid Simaika dut rendre sa médaille d’or, et reçut une médaille d’argent. Néanmoins, il devint un héros national en Égypte – il sera invité au mariage du roi Farouk en 1938. En outre, Farid Simaika ne fut pas en mesure de prendre sa revanche aux Jeux Olympiques, en 1932, à Los Angeles : il avait donné des exhibitions de plongeon en Égypte et, de ce fait, fut considéré comme un professionnel, ce qui lui interdisait de participer aux Jeux.

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Les chaussures de Joie Ray

On achève bien les marathoniens…

RAY-2-lightL’athlète américain Joie Ray, chauffeur de taxi, participa aux Jeux Olympiques en 1920 à Anvers, en 1924 à Paris et en 1928 à Amsterdam. Il n’obtint qu’une médaille, en bronze, dans l’épreuve de 3 000 mètres par équipes en 1924. En 1928, à Amsterdam, il participa au marathon et prit la cinquième place, grâce à un grand courage : ses pieds avaient tellement gonflé qu’il fut impossible d’ôter ses chaussures ; il fallut donc découper ses chaussures ! On note que Joie Ray fit souvent preuve de courage et goûtait à diverses activités ; ainsi, en 1928, il participa à un marathon de danse – une activité qui sert de trame au film On achève bien les chevaux de Sydney Pollack (1969 – de plus de 1 700 heures, puis au marathon athlétique de Boston, se classant troisième à l’issue de grandes souffrances dans les derniers kilomètres.

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Le doublé d’Oliver Kirk

Folle journée !

KIRK (3)L’Américain Oliver Kirk est le seul boxeur à avoir remporté deux médailles d’or, dans des catégories de poids différentes, durant la même édition des Jeux Olympiques. C’était à Saint Louis, en 1904. Il s’imposa d’abord dans la catégorie des poids coq, en disputant un seul combat, car seulement deux pugilistes participaient au tournoi : il domina son compatriote George Finnegan, battu par K.O. technique au troisième round. De même, dans la catégorie des poids plume, seulement deux boxeurs étaient en lice : les Américains Frank Haller et Frederick Gilmore – Haller l’emporta. Le public voulait sans doute en avoir pour son argent, et protesta : il souhaitait voir Kirk affronter Haller. Kirk remonta donc sur le ring pour combattre contre Haller, et fut déclaré vainqueur par les juges. Kirk remporta donc une seconde médaille d’or dans la catégorie des poids plume, alors qu’il n’était même pas engagé. Il s’agit d’un cas unique.

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