Le troisième du marathon avait fait une partie du parcours en charrette

La première histoire de marathon…

BELOKAS-2-antiqueLe marathon des Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896, fut l’épreuve reine de la première édition des Jeux. La victoire du modeste berger Spyridon Louis appartient au grand livre de l’histoire du sport. Spyridon Louis s’imposa devant son compatriote Kharilaos Vasilakos et un autre Grec, Spyridon Belokas. Mais le Hongrois Gyula Kellener, quatrième, doublé par une charrette à quelques kilomètres de l’arrivée, avait aperçu Spyridon Belokas assis à l’arrière de celle-ci. De fait, Spyridon Belokas avait effectué une partie du parcours assis dans cette charrette, ce que confirmèrent d’autres témoins ! Il fut donc disqualifié. Notons qu’il ne fut pas privé de la médaille de bronze, car, durant ces Jeux, l’attribution des médailles d’or, d’argent et de bronze n’existait pas (seuls les vainqueurs recevaient une médaille en argent). Néanmoins, ce jeune garçon de 19 ans connut le plus grand déshonneur qui fût : les coéquipiers de Spiridon Belokas ôtèrent le bouclier grec de sa chemise, car le tricheur couvrait de honte toute la Grèce. Même le roi Georges Ier s’émut de la situation : en dédommagement, il offrit sa montre en or à Gyula Kellener.

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Quand les nazis font annuler un match de football

Légende ou réalité ?

PEROU-2-concentrateLes Jeux Olympiques de Berlin, en 1936, furent une démonstration de force du régime nazi. Néanmoins, pour duper l’opinion mondiale, tout le monde fut « invité » à respecter la lettre du protocole olympique, donc à ne pas interférer dans les choses sportives. Hitler et Goebbels eux-mêmes se plièrent à cette règle, et ils la firent respecter par leurs troupes. Sauf en une occasion…

En effet, durant le tournoi de football, au grand dam d’Hitler, l’Allemagne fut éliminée par la Norvège. Il restait cependant pour sauver l’honneur des nazis l’équipe d’Autriche, pays natal du führer qu’il allait annexer deux ans plus tard. En quart de finale, l’Autriche affrontait le Pérou. Grâce à deux buts de Walter Werginz et Klement Steinmetz, l’équipe autrichienne semblait se diriger vers la victoire. Mais les Péruviens réussirent à égaliser. Prolongation. Le Pérou marqua 3 buts, tous refusés par l’arbitre italien ! Mais les Péruviens dominaient le match, et inscrivirent deux nouveaux buts, que l’arbitre accorda. Le Pérou a gagné 4-2… mais non, nouveau coup de théâtre : l’arbitre annula le match, car des supporters péruviens seraient entrés sur le terrain une minute avant la fin. Le Pérou s’insurgea de cette injustice et refusa catégoriquement cette mascarade. L’Autriche fut déclarée gagnante par forfait. Bien sûr, ces « supporters » n’étaient pas péruviens… Ces spectateurs auraient été mandatés par les plus hautes autorités nazies pour provoquer l’annulation du match. On ne connaît pas vraiment la vérité. Mais, quand la légende est plus belle que la vérité, croyons la légende.

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Kim Boutin en pleurs sur le podium à PyeongChang !

Pourquoi tant de haine ?

BOUTIN-2-boostLe chauvinisme est universel, et il provoque toujours les pires débordements. Ainsi, aux Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang en 2018, le 500 mètres de short-track se termina dans la polémique. L’Italienne Arianna Fontana devança l’idole du pays du Matin calme, Choi Min-jeong, ce qui constituait déjà une déception pour les Sud-Coréens. Pis ! Après examen de la vidéo, le jury disqualifia Choi Min-jeong, qui avait bousculé la Canadienne Kim Boutin. Le jugement était certes discutable, mais pas plus que d’autres décisions. Kim Boutin, initialement quatrième, récolta la médaille de bronze. Une médaille qui allait lui procurer bien des tourments : devant l’accumulation de messages agressifs et haineux, Kim Boutin dut fermer ses comptes sur les réseaux sociaux. Plus grave, elle reçut des menaces de mort, et les autorités durent lui assurer une protection policière. Le Comité international olympique (C.I.O.) « invita fermement » le public à célébrer Kim Boutin comme il se doit lors de la cérémonie de remises des médailles. Obéissant, le public a applaudi la Canadienne, qui a fondu en larmes sur le podium.

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Jugement de Salomon en 1964

Médailles pour tous en patinage

1964Patinage (2)En 1964, aux Jeux Olympiques d’hiver d’Innsbruck, la compétition de patinage artistique par couple vit la victoire des magnifiques Soviétiques Ludmila Beloussova et Oleg Protopopov, devant les Allemands Marika Kilius et Hans-Jürgen Bäumler, et les Canadiens Debbi Wilkes et Guy Revell. À la quatrième place figuraient les Américains Vivian et Ronald Joseph, frère et sœur, qui patinaient ensemble depuis l’enfance. Or les Allemands Marika Kilius et Hans-Jürgen Bäumler avaient prévu de devenir professionnels après ces Jeux, et avaient déjà signé leur contrat. À cette époque où le Comité international olympique (C.I.O.) brocardait le professionnalisme et chassait les « fraudeurs », il fut décidé que le contrat signé par le couple allemand était contraire au règlement : ils furent disqualifiés et durent rendre leur médaille en 1966. Debbi Wilkes et Guy Revell reçurent une médaille d’argent, et la « médaille en chocolat » de Vivian et Ronald Joseph se transforma en médaille de bronze. Les choses restèrent en l’état jusqu’en 1987 : le C.I.O. accepta alors de requalifier les Allemands, et on leur rendit leur médaille d’argent. Pour autant, Debbi Wilkes et Guy Revell conservèrent leur médaille d’argent, Vivian et Ronald Joseph gardèrent leur médaille de bronze. S’ensuivit un pataquès dans le palmarès, et il fallut attendre 2013 pour que le C.I.O. indique officiellement que les Canadiens et les Allemands se partageaient la médaille d’argent, alors que les Américains conservaient leur médaille de bronze.

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Le tour d’honneur de Derartu Tulu et Elana Meyer

Les femmes sont l’avenir du monde…

1992TourOn dit que l’olympisme constitue un symbole de paix, qu’il magnifie les rapports entre les champions, qu’il permet de rapprocher les peuples et les cultures. Souvent, ce ne sont que de bonnes paroles. Pourtant, en un beau jour de l’été 1992, deux jeunes femmes matérialisèrent cet esprit olympique originel, et firent peut-être avancer la réconciliation de l’Afrique du Sud avec elle-même et avec le monde plus rapidement que les hommes politiques et les traités. Elles se nomment Derartu Tulu et Elana Meyer. Lire la suite

Le C.I.O. mit plus de 80 ans pour admettre des femmes en son sein

Misogynie olympique…

1981femmesLe Comité international olympique (C.I.O.) fut créé en 1894 à la Sorbonne, à Paris. Jusqu’en 1981, tous ses membres furent des hommes. Mais, cette année-là, il tourna enfin le dos à une misogynie quasi centenaire en intégrant deux femmes en son sein: la Vénézuélienne Flor Isava-Fonseca et la Finlandaise Pirjo Häggman. Il était temps!

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L’armée de Ma Junren fait perdre les Jeux de 2000 à Pékin

Supplice chinois, sang de tortue et soupe de chenilles…

2000MAJUREN2En septembre 1993, à Monaco, le Comité olympique international olympique (C.I.O.) est réuni pour attribuer les Jeux de l’an 2000. Ceux-ci semblent promis à Pékin, qui souhaite matérialiser avec les Jeux l’ouverture nouvelle du pays le plus peuplé de la planète au reste du monde. Pékin bénéficie en outre du soutien de Juan Antonio Samaranch, président du C.I.O. Mais, à la surprise générale, Sydney est désignée, avec 45 voix, contre 43 à Pékin. Lire la suite

Le curieux podium du lancer du poids en 1992

Gonflés à bloc…

1992POIDS-2L’olympisme inattendu ne cache pas ce qui peut fâcher. Aussi, revenons sur le concours de lancer du poids des Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. Celui-ci vit la victoire de l’Américain Mike Stulce, qui l’emporta grâce à un magnifique jet de 21,70 mètres. Cette victoire souffre du récent passé de Mike Stulce: suspendu deux ans pour dopage aux stéroïdes, il avait repris la compétition juste à temps pour participer aux Jeux. À la deuxième place figurait un autre Américain, Jim Doehring, qui lui aussi purgera une suspension pour dopage aux stéroïdes. Troisième, Vyacheslav Lykho, un Russe représentant la Communauté des États indépendants, disqualifié aux Championnats d’Europe de 1990 pour dopage et qui, lui aussi, revenait à la compétition pour les Jeux. Que pense de ce palmarès le Suisse Werner Günthör, champion du monde en 1987, 1991 et 1993, mais qui n’a jamais obtenu l’or olympique?

©Pierre LAGRUE