Percy WILLIAMS (1908-1982)

Athlète canadien

percy-williamsPercy Williams réalisa le doublé 100-200 mètres aux Jeux Olympiques d’Amsterdam en 1928 à la surprise générale. En effet, ce frêle athlète de vingt ans était quasi inconnu avant cette compétition. Pourtant, il gagna d’abord le 100 mètres, devant le Britannique John London et l’Allemand Georg Lammers : sa victoire était tellement inattendue que la cérémonie de remise des médailles fut différée afin que les officiels aient le temps de trouver un drapeau canadien ! Dans le 200 mètres, après un départ prudent, il remonta ses concurrents et remporta sa seconde médaille d’or olympique, devant le Britannique Walter Rangeley et l’Allemand Helmut Körning. Percy Williams fut accueilli en héros au Canada, puis il confirma qu’il était un athlète de valeur : en 1930, il établit un nouveau record du monde du 100 mètres (10,3 s) et remporta le 100 yards des premiers Jeux de l’Empire britannique (ancêtres des Jeux du Commonwealth), en battant le record du monde (9,6 s), mais il se blessa. Il ne retrouva jamais la forme, fut éliminé en demi-finale du 100 mètres aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1932, et prit sa retraite sportive. Bien plus tard, il donna ses médailles olympiques au BC Sports Hall of Fame, afin que chacun puisse les admirer. Mais celles-ci furent volées quelques jours plus tard ! Moins amusant : souffrant d’arthrite et de solitude, il se suicida avec une arme à feu qui lui avait été offerte en 1928 en récompense de ses triomphes olympiques.

©Pierre LAGRUE



Soupçons de corruption sur l’attribution des Jeux de 2016 à Rio

2016Corruption

L’histoire se répète…

Le 3 mars 2017, la presse révèle que Rio de Janeiro aurait obtenu les Jeux Olympiques de 2016 à la suite d’actes de corruption. Le Monde indique qu’une société liée à un richissime homme d’affaires brésilien a versé, le 29 septembre 2009, trois jours avant l’élection de la ville hôte, 1,5 million de dollars au fils de Lamine Diack, alors président de la Fédération internationale d’athlétisme, la plus importante fédération olympique, et membre du Comité international olympique (C.I.O.). Il ajoute que la justice française «dispose d’éléments concrets mettant en cause l’intégrité du processus d’attribution» des Jeux et que «les magistrats soupçonnent des manœuvres destinées à acheter les votes du membre du C.I.O. lors de la désignation». Rappelons que la corruption a bien souvent gangréné le processus de désignation des villes d’accueil des Jeux, l’épisode le plus célèbre restant l’achat des Jeux d’hiver de 2002 par Salt Lake City.

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Le public de Rio a-t-il raté ses Jeux ?

chauvinisme

Le chauvinisme, valeur universelle…

Le dénouement du concours de saut à la perche des Jeux de Rio de Janeiro, le 15 août 2016, aurait pu rester comme un instant magique, celui où des champions au sommet de leur art s’affrontent pour la médaille d’or olympique. Il n’en est rien, puisque le public brésilien ne s’est pas contenté d’encourager son compatriote, Thiago Braz da Silva, mais a conspué tous ses rivaux, notamment le Français Renaud Lavillenie. Pis, lors de la cérémonie de remise des médailles, Lavillenie fut accueilli par des huées stupides, ce qui lui fera monter les larmes aux yeux.

Ce spectacle désolant est malheureusement loin d’être une première aux Jeux Olympiques. Déjà, en 1924, à l’occasion des Jeux de Paris, Montherlant écrivait, à l’issue du match de rugby France-États-Unis marqué par le chauvinisme exacerbé du public français: «La France sent renaître en elle une vigoureuse xénophobie.» On se souvient que les Jeux de Moscou, en 1980, furent le théâtre de multiples manifestations de chauvinisme. Et déjà lors du concours de saut à la perche: tous les rivaux du Soviétique Konstantin Volkov furent sifflés à chaque fois qu’ils se présentaient devant le sautoir; le Polonais Wladislaw Kozakiewicz, à l’issue de son succès, ne put s’empêcher de faire un bras d’honneur à tous ces chauvins. Quatre ans plus tard, aux Jeux de Los Angeles en 1984, le chauvinisme du public fut encore de la fête, seuls les Américains étant encouragés.

Oui, le public de Rio a raté son rendez-vous avec l’olympisme. Mais il n’est pas le premier, et sûrement pas le dernier…

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