Noël VANDERNOTTE (1923- )

Champion d’aviron français

Vandermotte (2)Barreur, doublé médaillé aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936, Noël Vandernotte demeure le plus jeune médaillé français de l’histoire (il avait 12 ans), et il connut un destin hors norme. Champion de France en 1935, Noël Vandernotte est sélectionné pour les Jeux de Berlin en 1936, en tant que barreur en quatre barré, dans un équipage où figurent également ses oncles, Fernand et Marcel Vandernotte, et en deux barré, avec Marceau Fourcade et Georges Tapie : à chaque fois, il obtient une médaille de bronze. Le gamin de 12 ans revient donc de Berlin avec deux médailles, mais aussi avec le dégoût de la mise en scène nazie des Jeux. Pour lui, aucun doute : l’Allemagne nazie se prépare pour la guerre. Durant la guerre, réfractaire au S.T.O., il aide la Résistance, notamment en se servant de son aventure olympique. Ainsi, il ne se sépare jamais de l’Olympia-Ausweis qui lui avait été remis à Berlin et, lors de chaque contrôle, cet Olympia-Ausweis devient une sorte de laissez-passer, même durant le couvre-feu : à la vue du document, les soldats allemands sont amadoués. Il termine la Seconde Guerre mondiale dans les rangs de l’armée française Rhin et Danube. Noël Vandernotte est encore champion de France du quatre barré en 1946, dans un équipage où figurent trois des quatre rameurs médaillés à Berlin.

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Parry O’BRIEN (1932-2007)

Athlète américain

OBRIENIl y a des champions qui, au-delà de leurs titres et de leurs records, marquent l’histoire de leur discipline en inaugurant une nouvelle technique. Il en est ainsi de Parry O’Brien. Parry O’Brien inventa en effet une technique qui révolutionna le lancer du poids : il se présentait dos au butoir, ce qui lui permettait d’effectuer une rotation de 180 degrés. Cette technique, dite en translation, permet d’avoir plus de vitesse et sera adoptée rapidement par tous les lanceurs. Elle demeure encore employée par nombre de champions (le Polonais Tomasz Majewski, champion olympique en 2008 et en 2012, l’employait encore), bien que la technique en rotation semble permettre désormais de meilleures performances.

Après s’être essayé au football américain, Parry O’Brien fut remarqué par l’entraîneur Jesse Mortensen, impressionné par sa carrure (1,90 m, 98 kg), qui le persuada qu’il pourrait obtenir de grands résultats s’il s’exerçait au lancer du poids. Parry O’Brien l’écouta et progressa rapidement. Il obtint sa sélection pour les Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952. En Finlande, avec son style révolutionnaire qui choquait les puristes, il devint tout simplement champion olympique (17,41 m) devant ses compatriotes Darrow Hooper (17,39 m) et James Fuchs (17,06 m), le recordman du monde de l’époque, décontenancé par l’audace du jeune homme. Parry O’Brien battit son premier record du monde le 9 mai 1953 (18 m) ; huit autres suivront (jusqu’à 19,30 m le 1er août 1959). Il fut de nouveau champion olympique en 1956 à Melbourne (18,57 m), devant son compatriote Bill Nieder (18,18 m) et le Tchécoslovaque Jiri Skobla (17,65 m). Il obtint la médaille d’argent (19,11 m) en 1960 à Rome, derrière Bill Nieder (19,68 m) et devant un autre Américain, Dallas Long (19,01 m). Parry O’Brien participa encore aux Jeux Olympiques en 1964, mais il ne prit que la quatrième place (19,20 m) du concours remporté par Dallas Long (20,33 m) devant un autre Américain, Randy Matson (20,20 m). C’était pour lui le chant du cygne, mais il n’abandonna pas immédiatement la compétition. Ainsi, en 1966, il établira son record personnel (19,66 m). Néanmoins, cette performance se situait loin des nouveaux standards.

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Eric LEMMING (1880-1930)

Athlète suédois

LEMMING (2)Eric Lemming mérite ici mention, car il fut le premier champion olympique de lancer du javelot, en 1908, année où cette épreuve fut inscrite au programme.

Doué à la fois dans le style moderne (avec prise au milieu de l’engin) et le lancer libre (souvent avec une prise très éloignée de la pointe), Eric Lemming établit son premier record du monde en 1899, avec un jet de 49,32 mètres. En 1902, il est le premier homme à lancer le javelot à plus de 50 mètres. Lors des « Jeux intercalaires » d’Athènes, en 1906, Eric Lemming bat son propre record mondial (53,90 m), et obtient 3 autres médailles, en bronze (dont une à la lutte à la corde).

Eric Lemming remporte le titre olympique du concours de javelot lors des Jeux de Londres en 1908 (54,83 m, record du monde). Il gagne également l’épreuve de lancer du javelot « libre », qui fut pour la seule fois au programme olympique. En 1912, aux Jeux de Stockholm, il devient le premier homme à lancer l’engin à plus de 60 mètres (60,64 m), exploit qui lui permet de conserver son titre et lui vaut l’ovation de ses compatriotes. Le 29 septembre 1912, de nouveau à Stockholm, Lemming réalise le meilleur lancer de sa carrière (62,32 m), établissant son neuvième record du monde.

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Albin LERMUSIAUX (1874-1940)

Athlète français

LermusiauxAlbin Lermusiaux fut un des plus brillants sportifs français de la fin du XIXe siècle. Il fut un des 13 Français qui participèrent aux Iers Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896, où il disputa quatre épreuves. À Athènes, il remporta d’abord sa série sur 800 mètres, mais renonça à prendre part à la finale pour se concentrer sur le 1 500 mètres. Dans cette épreuve, il mena la majeure partie de la course, mais fut débordé dans la dernière ligne droite par l’Australien Edwin Flack et l’Américain Arthur Blake et se classa troisième. Il participa également à l’épreuve de tir à la carabine d’ordonnance à 200 mètres et, enfin, au marathon : longtemps en tête, il abandonna au 32e kilomètre.

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Henry MASKE (1964- )

Boxeur allemand

MASKE (2)Henry Maske fut champion olympique, dans la catégorie des poids moyens, aux Jeux de Séoul, en 1988, sous les couleurs de la R.D.A. Par la suite, de 1993 à 1996, il sera champion du monde chez les professionnels dans la catégorie des poids mi-lourds. Curieusement, il obtiendra sa notoriété internationale hors des rings : en effet, en 2010, il interprétera le rôle de Max Schmeling, boxeur dont l’image fut exploitée par les nazis à l’issue de sa victoire contre le champion noir américain Joe Louis en 1936, dans le film éponyme réalisé par Uwe Boll.

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Irina LASHKO (1973- )

Plongeuse russe puis australienne

LASHKO (2)Irina Lashko a obtenu trois médailles aux Jeux Olympiques, où elle aura représenté quatre « pays » différents. Irina Lashko participe pour la première fois aux Jeux en 1988, à Séoul, sous les couleurs de l’Union soviétique, sans obtenir de médaille. En 1992, à Barcelone, elle est médaillée d’argent au tremplin, en tant que membre de l’équipe unifiée de la C.E.I. Nouvelle médaille d’argent au tremplin en 1996 à Atlanta : cette fois, elle représente la Russie. En 2004, à Athènes elle obtient la médaille de bronze dans l’épreuve de plongeon synchronisé, associée à Chantelle Newbery, sous les couleurs de son nouveau pays, l’Australie !

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Kristin OTTO (1966- )

Nageuse est-allemande

OTTOKristin Otto est certainement la nageuse qui personnalise le mieux l’époque des Wundermädchen de la R.D.A. qui écrasèrent la natation dans les années 1980. Elle fut notamment la « reine » des Jeux de Séoul, en 1988, où elle remporta les six épreuves auxquelles elle prit part : 50 mètres, devant la Chinoise Yang ; 100 mètres, devant la Chinoise Zhuang ; 100 mètres dos, dominant la Hongroise Kristina Egerszegi ; 100 mètres papillon ; relais 4 fois 100 mètres et 4 fois 100 mètres 4 nages. Elle réalisa ainsi deux exploits inédits : elle fut la première femme à être sacrée dans 3 disciplines différentes et la première à remporter 6 titres. Elle obtint également 7 titres de championne du monde et 9 titres de championne d’Europe. Malgré la révélation de la pratique du dopage d’État en R.D.A., Kristin Otto, contrairement à nombre de ses compatriotes, réfuta toutes les accusation de dopage, même à son insu. Pourtant, en 1990, son entraîneur et son médecin furent reconnus coupables d’avoir dopé leurs championnes…

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Ian Bernard CAMPBELL (1957- )

Athlète australien

CAMPBELL (2)Ian Bernard Campbell s’est classé cinquième du concours de triple saut aux Jeux de Moscou, en 1980 (16,72 m). Cela n’aurait rien d’extraordinaire si, comme de nombreux sportifs durant ces Jeux, il n’avait pas été floué par les juges. En effet, plusieurs de ses sauts ont été invalidés par les juges afin de favoriser les concurrents soviétiques. Ainsi, à son quatrième essai, il réalisa environ 17,60 mètres, mais le jury a déclaré cet essai nul, au motif qu’il aurait laissé un pied traîner au sol. Rappelons que le vainqueur, le Soviétique Jaak Uudmäe, fut couronné avec un essai mesuré à 17,35 mètres. En 2015, le Comité olympique australien, sur la base de vidéos qui démontrent la régularité du saut, demandera que le titre olympique soit réattribué à Campbell, sans résultat.

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Shane GOULD (1956- )

Nageuse australienne

GOULD (2)Malgré une carrière éclair qui ne dura que deux ans, Shane Gould a marqué l’histoire de la natation.

Shane Gould passe sa petite enfance aux îles Fidji. À partir de l’âge de neuf ans, de retour en Australie, elle pratique la natation avec assiduité, sous le regard de l’entraîneur Ken Wiles, qui va faire d’elle une championne, à raison de quatre heures quotidiennes passées dans les bassins.

Shane Gould se révèle au grand public dès l’âge de quinze ans, en 1971, en établissant tous les records du monde de nage libre, du sprint au fond, c’est-à-dire du 100 au 1 500 mètres.

Lors des Jeux Olympiques de Munich, elle remporte trois médailles d’or. Elle gagne le 200 mètres (2 min 3,56 s, record du monde), le 400 mètres, enfin le 200 mètres 4 nages (2 min 23,07 s, record du monde). Elle obtient également une médaille d’argent (800 m) et une médaille de bronze (100 m), mais la portée de sa performance se voit quelque peu occultée par l’exploit de Mark Spitz, l’Américain qui remporte sept médailles d’or en battant sept records du monde. Néanmoins, sur les podiums, les larmes de cette toute jeune fille accompagnée de son kangourou en peluche ont ému spectateurs et téléspectateurs. Dès 1973, âgée de dix-sept ans, Shane Gould renonce à la compétition.

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Isao INOKUMA (1938-2001)

Judoka japonais

INOKUMA-2-concentrateOn se souvient que le judo fut pour la première fois inscrit au programme olympique en 1964 à Tokyo. On se souvient aussi que la victoire du Néerlandais Anton Geesink, en «toutes catégories», essence même de ce sport, fut vécue comme un drame au pays du Soleil levant. On oublie qu’il y eut des compétitions par catégorie de poids, qui toutes virent la victoire d’un Japonais. L’histoire occulte donc le succès d’Isao Inokuma dans ce qui est aujourd’hui la catégorie reine, celle des poids lourds. Isao Inokuma avait connu le succès très jeune, puisqu’il fut champion du Japon «toutes catégories» en 1959, à 21 ans. Sélectionné pour les Jeux de Tokyo, en 1964, ce judoka d’un gabarit modeste pour un lourd (83 kg) obtint la médaille d’or en battant en finale le Canadien Doug Rogers, auquel il rendait pourtant 30 kg. En 1965, Isao Inokuma devint champion du monde «toutes catégories» (il faut dire qu’il n’eut pas à se mesurer à Anton Geesink, qui préféra cette année-là combattre dans la catégorie des poids lourds). Après ce succès, Isao Inokuma prit sa retraite sportive, à 27 ans.

Bien plus tard, alors que son entreprise de construction connaissait de grandes difficultés, il préféra se donner la mort par seppuku plutôt que de connaître l’humiliation de la faillite.

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