Pita Nikolas TAUFATOFUA (1983- )

Sportif tongien

TAUFA (2)Participer aux Jeux Olympiques peut être un objectif en lui-même. Pita Nikolas Taufatofua, licencié en ingénierie, mannequin parfois, le fit sien. Mieux, il participa à la fois aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver. Adepte de taekwondo, il parvint à se qualifier, après trois tentatives infructueuses et de multiples blessures, pour les Jeux Olympiques en 2016, à Rio. Porte-drapeau de la maigre délégation des Tonga (sept participants) lors de la cérémonie d’ouverture, il étonna le monde entier et fit le bonheur des médias en défilant vêtu simplement d’un taʻovala (natte traditionnelle tongienne autour de la taille), le torse nu et enduit d’huile de coco. En compétition, il brilla moins, puisque, combattant dans la catégorie des plus de 80 kg, il fut éliminé sèchement au premier tour par l’Iranien Sajjad Mardani. Pita Nikolas Taufatofua ne se découragea pas et décida de tenter de participer aux… Jeux d’hiver de PyeonChang en 2018. Il n’apprit à skier qu’en 2017, mais réussit à se qualifier en allant disputer une course en Islande au début de 2018, juste avant la clôture des inscriptions. Qualifié de manière improbable pour disputer le 15 kilomètres style libre en ski de fond, il fut bien évidemment le porte-drapeau de la délégation des Tonga réduite à lui-même durant la cérémonie d’ouverture des Jeux : une nouvelle fois, il défila torse nu et enduit d’huile de coco, mais la température était de moins 10 degrés ! Pita Nikolas Taufatofua termina avant-dernier de cette course, mais là n’est pas l’essentiel.

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Doris NEUNER (1971- )

Lugeuse autrichienne

Neuner (2)En 1992, aux Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville, Doris Neuner remporta l’épreuve de luge, devenant la première Autrichienne médaillée d’or dans cette discipline depuis son inscription au programme en 1964. Plus amusant, elle ne respecta pas le droit d’aînesse, puisque la médaillée d’argent fut sa sœur, Angelika Neuner, née en 1969. Curieusement, Doris Neuner, qui ne fut pas sélectionnée dans l’équipe d’Autriche pour les Jeux d’hiver de 1994, mit fin à sa carrière en 1995, contrairement à Angelika, qui fut médaillée de bronze aux Jeux d’hiver de Nagano en 1998.

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Matt BIONDI (1965- )

Nageur américain

BIONDI (2)Avec sept médailles d’or olympiques, Matt Biondi présente un des plus beaux palmarès de l’histoire. En outre, il devint, en 1985, le premier homme à nager le 100 mètres en moins de 49 secondes (48,95 s).

Médaillé d’or dans le relais 4 fois 100 mètres avec les États-Unis en 1984, Matt Biondi s’annonçait comme une des stars des Jeux de Séoul, en 1988 : les augures le voyaient bien égaler Mark Spitz (7 médailles d’or en 1972 à Munich). Matt Biondi obtint certes 7 médailles en Corée du Sud, mais « seulement » 5 en or. L’exploit n’en fut pas moins exceptionnel. Il remporta en effet le 100 mètres (48,63 s), le 50 mètres (22,14 s) et les trois relais. Il fut également médaillé d’argent sur 100 mètres papillon, devancé d’un souffle par le Surinamien Anthony Nesty (53,00 s contre 53,01 s) et de bronze sur 200 mètres.

Matt Biondi songea alors mettre à un terme à sa carrière, à l’issue de cet exploit. Mais de nombreux sponsors le sollicitaient, il commençait à bien vivre de la pratique de son sport. Il décida donc de se remettre à l’eau avec les Jeux Olympiques de Barcelone comme perspective. Mais, en 1992, à Barcelone, il ne parvint pas à monter sur le podium olympique du 100 mètres, laissant la place à un nouveau roi, le Russe Alexander Popov. Il fut néanmoins médaillé d’argent sur 50 mètres (22,09 s), derrière Popov (21,91 s), et obtint une nouvelle médaille d’or dans le relais 4 fois 100 mètres.

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Félicia BALLANGER (1971- )

Cycliste française

BALLANGER (2)Avec trois médailles d’or aux Jeux Olympiques et dix titres mondiaux, Félicia Ballanger, qui fut en son temps une championne quelque peu méconnue en raison de la sous-exposition médiatique de sa discipline, présente l’un des plus beaux palmarès du sport français.

Championne du monde de vitesse et du 500 mètres en 1995, Félicia Ballanger exerça par la suite une mainmise sur ces deux disciplines de la piste, puisqu’elle remporta tous les titres de championne du monde de 1995 à 1999. En 1996 à Atlanta, elle devint championne olympique de vitesse en dominant en finale l’Australienne Michelle Ferris. En 1998 à Bordeaux, elle porta le record du monde du 500 mètres à 34,010 s. En 1999, elle devint la première femme à signer un contrat avec un groupe sportif professionnel, en l’occurrence l’équipe Jean Delatour. En 2000, lors des Jeux Olympiques de Sydney, Félicia Ballanger remporta deux médailles d’or : d’abord sur 500 mètres, devant Michelle Ferris et la Chinoise Cuihua Jiang, puis en vitesse, en battant en finale la Russe Oxana Grichina. En octobre 2000, Félicia Ballanger annonça sa retraite sportive et renonça à participer aux Championnats du monde à Manchester.

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Valeri BORZOV (1949- )

Athlète soviétique

BORZOV (2)Valeri Borzov demeure considéré comme l’un des meilleurs sprinters européens. Il fut surtout, en 1972 à Munich, l’homme qui mit fin à l’hégémonie olympique américaine, aussi bien sur 100 que sur 200 mètres. Moins puissant que nombre de ses adversaires, il compensait ce handicap par une technique de course parfaite, forgée par de longues heures d’entraînement rigoureux sous la houlette de Valentin Petrovski, sorte de précurseur, qui le faisait notamment travailler, chose rare à l’époque, en visionnant les films des plus grands sprinters américains, relevant les imperfections techniques qui font perdre quelques précieux centièmes de seconde.

Champion d’Europe du 100 mètres en 1969, devant le Français Alain Sarteur, en 1971, puis en 1974, du 200 mètres  en 1971, Valeri Borzov se trouve à son zénith lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972 : il remporte le 100 mètres (10,14 s), devant l’Américain Robert Taylor et le Jamaïquain Lennox Miller, ainsi que le 200 mètres (20,00 s), devant l’Américain Larry Black et l’Italien Pietro Mennea, et est médaillé d’argent dans le relais 4 fois 100 mètres. Valeri Borzov obtient encore la médaille de bronze sur 100 mètres lors des Jeux Olympiques de Montréal en 1976, devancé par le Trinidadien Hasely Crawford et le Jamaïquain Don Quarrie, ainsi que lors du relais 4 fois 100 mètres. Contrarié par des blessures, il arrête la compétition en 1979.

Après sa carrière, Valeri Borzov sera brièvement ministre des Sports de l’Ukraine (1991), puis président du Comité olympique ukrainien (1991-1998). Il est membre du Comité international olympique depuis 1994.

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Jean BOUIN (1888-1914)

Athlète français

1912BOUIN (2)Le nom de Jean Bouin est connu de tous : des centaines de stades et de complexes sportifs, dont le célèbre stade Jean-Bouin à Paris, portent son nom. En effet, Jean Bouin fut l’un des sportifs français les plus célèbres avant la Première Guerre mondiale. Son coude-à-coude avec le Finlandais Hannes Kolehmainen lors des Jeux Olympiques de 1912 demeure un temps fort de l’histoire de l’athlétisme.

Médaillé de bronze dans le 3 miles par équipes aux Jeux Olympiques de Londres, en 1908, Jean Bouin réalise une grande performance le 30 mai 1909 : il bat le record de France de l’heure (18,268 km), effaçant des tablettes le nom de Gaston Ragueneau. Vainqueur du Cross des nations en 1911, 1912 et 1913, il réalise surtout une course d’anthologie lors des Jeux Olympiques de Stockholm en 1912 : il obtient la médaille d’argent sur 5 000 mètres. À l’issue de cette compétition mémorable, le vainqueur, le Finlandais Hannes Kolehmainen, pulvérise le record du monde (14 min 36,6 s), alors que Jean Bouin, en 14 min 36,8 s, établit un record de France qui tiendra jusqu’en 1948. Le 6 juillet 1913, Jean Bouin bat le record du monde de l’heure (19,021 km). Le 29 septembre 1914, près de Toul, Jean Bouin tombe, comme tant d’autres, au champ d’honneur durant la Grande Guerre.

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Sophus NIELSEN (1888-1963)

Footballeur danois

NIELSENSophus Nielsen obtint, avec l’équipe du Danemark, deux médailles d’argent aux Jeux Olympiques, en 1908 à Londres et en 1912 à Stockholm. À chaque fois, sa formation fut battue en finale par l’équipe de Grande-Bretagne. Il termina notamment meilleur buteur de la compétition en 1908 (11 buts). Surtout, Sophus Nielsen tient une petite place dans l’histoire du football français. En effet, lors des Jeux Olympiques de Londres, le Danemark infligea à l’équipe de France la plus lourde défaite de son histoire : 17 buts à 1 ! Durant ce match, il inscrivit 10 buts, devenant le premier footballeur à inscrire 10 buts lors d’un match international. Sophus Nielsen disputa 20 matchs avec la sélection danoise, pour laquelle il marqua 16 buts : on le voit, la déroute française fit beaucoup pour son palmarès personnel !

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Jack BERESFORD (1899-1977)

Champion d’aviron britannique

BEREDSFORD (2)Jack Beresford fut un des plus brillants champions d’aviron dans les années 1920-1930. Il peut se voir comme l’archétype du sportif anglais du temps de l’amateurisme. S’il se distingua aux Jeux Olympiques (5 médailles, dont 3 en or), il est encore plus connu pour ses exploits aux régates de Henley. Blessé durant la Première Guerre mondiale, Jack Beresford, membre du Thames Rowing Club, remporta à quatre reprises le Diamond Challenge Sculls (skiff) lors des régates de Henley dans les années 1920. Aux Jeux Olympiques, toujours en skiff, il obtint une médaille d’argent en 1920 et une médaille d’or en 1924. Par la suite, il s’adjugea une médaille de bronze en huit en 1928, puis deux nouvelles médailles d’or : quatre sans barreur en 1932, deux de couple (avec Leslie Southwood) en 1936. Son apogée sportif était alors passé, car il avait trente-sept ans, mais son sens tactique lui permettait de demeurer un redoutable compétiteur. Sa victoire olympique en deux de couple incita les organisateurs des régates de Henley à ajouter cette épreuve au programme en 1939. Beresford et Southwood remportèrent la régate lors de l’inauguration de cette course créée en leur honneur. Influer sur le programme des prestigieuses et aristocratiques régates de Henley constitue sans doute un exploit bien plus marquant que remporter cinq médailles olympiques. Est-ce pour cela que Jack Beresford fut fait commandeur de l’Empire britannique en 1960 ?

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Kjetil Andre AAMODT (1971- )

Skieur norvégien

AAMODT (2)Initié au ski par son père, à Frognerseteren, sur les hauteurs d’Oslo, dès l’âge de cinq ans, Kjetil Andre Aamodt remporte cinq médailles lors des Championnats du monde juniors en 1990. Il connaît ses premiers succès chez les « grands » lors des Jeux Olympiques d’Albertville, en 1992 : pourtant victime d’une mononucléose quelques mois avant l’ouverture des compétitions, il remporte le super-géant et obtient la médaille de bronze dans le  slalom géant. Champion du monde de slalom et de slalom géant en 1993, il obtient trois nouvelles médailles aux Jeux de Lillehammer en 1994 : l’argent en descente et lors du combiné gagné par son compatriote Lasse Kjus, qui sera son rival pendant plus de dix ans ; le bronze en super-géant. Déjà absent des podiums lors des Jeux de Nagano en 1998, il semble sur le déclin quand il se présente aux Jeux de Salt Lake City en 2002. Si sa victoire dans le combiné ne constitue pas une réelle surprise, il étonne en gagnant, dix ans après son premier succès olympique, le super-géant, devant le favori autrichien Stephan Eberharter. Par la suite, il ne remporte aucune course de Coupe du monde – si ce n’est le combiné de Wengen en 2003. Néanmoins, il est encore présent aux Jeux de Turin en 2006, mais il ne fait plus partie des prétendants aux médailles, d’autant qu’il est diminué par une blessure. Or, dans le super-géant, il cause une nouvelle fois la surprise : dans des conditions difficiles – la course a dû être repoussée en raison des chutes de neige –, il met à profit son incomparable expérience et s’adjuge une nouvelle médaille d’or, devant l’Autrichien Hermann Maier, un autre skieur expérimenté. Quatorze ans après sa première médaille d’or olympique en super-géant, il est de nouveau titré. Malgré sa modestie et sa discrétion, Kjetil Andre Aamodt entre ce jour-là de plain-pied dans la légende du ski. Au début de 2007, il annonce sa retraite sportive. Il aura remporté 4 médailles d’or, 2 d’argent et 2 de bronze aux Jeux Olympiques, 5 médailles d’or, 4 d’argent et 3 de bronze aux Championnats du monde. A contrario, son nombre de victoires en Coupe du monde (21, dont 8 combinés, une épreuve peu prisée) est moins impressionnant. En fait Kjetil Andre Aamodt était l’homme des grands rendez-vous.

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George HODGSON (1893-1983)

Nageur canadien

hodgson (2)George Hodgson réalisa un exploit incroyable aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912 : il battit deux records du monde dans une seule course, en l’occurrence le 1 500 mètres. En effet, durant cette épreuve, il passa aux 1 000 mètres en 14 min 37 s, ce qui constituait le nouveau record sur cette distance, puis remporta ce 1 500 mètres en 22 minutes (record du monde). Son record du monde du 1 500 mètres ne sera battu que onze ans plus tard. Durant ces Jeux, George Hodgson s’adjugea aussi la médaille d’or dans le 400 mètres. Après ses exploits, il décida de mette un terme à sa carrière sportive, à l’âge de dix-huit ans. On note que George Hodgson fut le premier Canadien à remporter une médaille d’or en natation, et longtemps le seul : en effet, il fallut attendre les Jeux de Los Angeles, en 1984, pour que le Canada obtienne de nouveau l’or olympique ; cette année-là, Alex Baumann (200 mètres quatre nages, 400 mètres quatre nages), Victor Davis (200 mètres papillon) et Anne Ottenbrite (200 mètres brasse) furent champions olympiques.

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