Joe DeLOACH (1967- )

Athlète américain

DELoach (2)Le célèbre Carl Lewis n’a jamais été battu aux Jeux Olympiques lors d’une épreuve individuelle, sauf en une occasion : en 1988, sur 200 mètres, il fut devancé par Joe DeLoach, son ami, qui est passé comme une étoile filante sur la scène sportive. Joe DeLoach se révèle en 1988, en remportant le 200 mètres des sélections américaine pour les Jeux de Séoul. En Corée du Sud, il cause la surprise en remportant le 200 mètres (19,75 s), devant Carl Lewis. Par la suite, Joe DeLoach ne réalise plus de performances notables, et il met un terme à sa carrière en 1992, à 25 ans, après avoir échoué à se qualifier pour les Jeux de Barcelone.

©Pierre LAGRUE



Uļjana SEMJONOVA (1952- )

Basketteuse soviétique

Semjonova-2-retroDouble championne olympique, triple championne du monde (1971, 1975, 1983), dix fois consécutivement championne d’Europe avec l’équipe d’Union soviétique, Uļjana Semjonova fit trop souvent l’objet de moqueries, en raison de sa morphologie : souffrant d’acromégalie, elle mesurait 2,13 mètres et chaussait du 58.

Le basket-ball féminin fit son entrée au programme olympique en 1976, aux Jeux de Montréal, et la formation de l’Union soviétique s’adjugea la médaille d’or en dominant très largement toutes ses rivales, ce succès étant grandement dû à Uļjana Semjonova qui, en raison de sa taille, ne pouvait pas être contrée par ses adversaires. Uļjana Semjonova fut de nouveau championne olympique en 1980 à Moscou. Malgré tous ces triomphes, Uļjana Semjonova fut-elle heureuse ?

©Pierre LAGRUE



Gabriela SZABO (1975- )

Athlète roumaine

Szabo (2)Gabriela Szabo obtint deux médailles olympiques et trois titres de championne du monde. Véritable stakhanoviste de l’athlétisme, Gabriela Szabo mit fin à sa carrière à moins de 30 ans, usée par la répétition des efforts. Plus tard, elle se lancera en politique, devenant ministre des Sports de Roumanie en 2013.

Vice-championne olympique du 1 500 mètres en 1996 à Atlanta, derrière la Russe Svetlana Masterkova, Gabriela Szabo s’oriente alors vers les distances supérieures et devient championne du monde du 5 000 mètres en 1997. 1999 est sa grande année : elle remporte toutes les courses auxquelles elle participe et est de nouveau championne du monde du 5 000 mètres, à Séville. Véritable « machine à courir », elle emploie toujours la même tactique : quel que soit le rythme imposé, elle se tient en deuxième position, et fait parler sa pointe de vitesse dans le dernier tour.

En 2000 à Sydney, elle devient championne olympique du 5 000 mètres (14 min 40,79 s), en dominant au sprint l’Irlandaise Sonia O’Sullivan. En 2001 à Edmonton, Gabriela Szabo est championne du monde du 1 500 mètres ; en revanche, elle échoue sur le 5 000 mètres, remporté par la Russe Olga Yegorova, cette dernière ayant été autorisée par l’I.A.A.F. à participer à l’épreuve alors qu’elle avait fait l’objet d’un contrôle antidopage positif à l’EPO.

Gabriela Szabo ne se contente pas de la saison d’été : elle fut championne du monde en salle du 3 000 mètres en 1995, 1997 et 1999, du 1 500 mètres en 1999. Gabriela Szabo prend sa retraite sportive en 2005.

©Pierre LAGRUE



Sarah et Karen JOSEPHSON (1965- )

Nageuses américaines

JOSEPHSON (2)Quoi de plus normal que de voir des sœurs jumelles briller en natation synchronisée ? Sarah et Karen Josephson en fournissent un exemple. Les jumelles, qui ont découvert la natation synchronisée dès l’âge de 5 ans, participent à des compétitions internationales aux début des années 1980. Médaillées d’argent en duo et par équipes aux Championnats du monde en 1986, les sœurs Josephson se distinguent aux Jeux de Séoul, en 1988, où elles obtiennent la médaille d’argent en duo. Leur trajectoire sportive se termine de la plus belle des manières, en 1992, aux Jeux de Barcelone, où elles s’adjugent la médaille d’or en duo.

©Pierre LAGRUE



Makharbek KHADARTSEV (1964- )

Lutteur russe

lutte2OKMakharbek Khadartsev a remporté deux médailles d’or et une médaille d’argent aux Jeux Olympiques, ainsi que cinq médailles d’or aux Championnat du monde, en représentant… quatre « pays » différents. Combattant dans la catégorie des mi-lourds, en lutte libre, il obtient la médaille d’or en 1988 aux Jeux de Séoul, sous les couleurs de l’Union soviétique. Quatre ans plus tard, il réédite son exploit à Barcelone, mais l’Union soviétique a disparu, et il représente l’équipe unifiée de la Communauté des États indépendants. En 1996, aux Jeux d’Atlanta, il est médaillé d’argent, celle fois sous le drapeau de la Russie. En 2000, pour les Jeux de Sydney, il n’est pas sélectionné dans l’équipe de Russie, mais il participe néanmoins aux Jeux sous les couleurs de l’Ouzbékistan ! Makharbek Khadartsev est avant tout russe et ossète : il est ainsi élu à la Douma de la Russie en 2011, où il siège jusqu’en 2016. Enfin, en 2014, il est élu maire de Vladicaucase, capitale de l’Ossétie du Nord-Alanie !

©Pierre LAGRUE



Susan HOLLOWAY (1955- )

Sportive canadienne

holloway2 (2)Susan Holloway présente la singularité d’avoir participé aux Jeux d’hiver puis aux Jeux d’été ; en outre, la guerre froide olympique eut une influence sur sa carrière. Bonne skieuse de fond, elle prend part aux Jeux Olympiques d’hiver à Innsbruck, en 1976, se classant trente-deuxième du 10 kilomètres et, avec l’équipe canadienne, septième du relais 4 fois 5 kilomètres. Toujours en 1976, elle participe aux Jeux d’été de Montréal, en kayak, se classant huitième du 500 mètres K2. Elle espérait briller aux Jeux de Moscou, en 1980, car elle était désignée porte-drapeau du Canada : mais le boycottage de ces Jeux par les États-Unis et leurs alliés, dont le Canada, la priva de cette joie. Enfin, en 1984, aux Jeux de Los Angeles, elle obtint deux médailles olympique en kayak (argent en K2, bronze en K4) : cette fois, le boycottage des Jeux par l’Union soviétique et ses pays satellites lui fut favorable, car les meilleures kayakistes, presque toutes issues du bloc de l’Est, étaient absentes.

©Pierre LAGRU



Wolfgang SCHMIDT (1954- )

Athlète allemand

Schmidt (2)Wolfgang Schmidt représente un symbole de la guerre froide olympique : médaillé olympique sous les couleurs de l’Allemagne de l’Est, il tenta de se réfugier à l’Ouest, puis reprit sa carrière au sein de l’équipe d’Allemagne de l’Ouest. Médaillé d’argent dans le concours de lancer du disque aux Jeux Olympiques de Montréal, en 1976, derrière l’Américain Mac Wilkins, Wolfgang Schmidt devint champion d’Europe de la spécialité en 1978 ; la même année, il battit le record du monde (71,16 m). En 1982, il tenta de passer à l’Ouest : hélas ! en tant que membre du club de la police, il était très étroitement surveillé par la Stasi, et sa fuite se traduisit par un échec ; il fut condamné à un an de prison. Par la suite, il disparut de la scène sportive. En 1987, il fut autorisé à émigrer en Allemagne de l’Ouest. Néanmoins, il n’était pas éligible pour les Jeux de Séoul, en 1988. En 1990, aux Championnats d’Europe, il obtint la médaille de bronze sous les couleurs de la R.F.A., la médaille d’or revenant à son ex-« compatriote » est-allemand Jürgen Schult qui, deux ans plus tôt, avait refusé de lui serrer la main lors d’une compétition, le considérant comme une sorte de « déserteur ».

©Pierre LAGRUE



Jan ZELEZNY (1966- )

Athlète tchèque

Zelezny (2)En 1989, les médecins ordonnèrent à Jan Zelezny d’arrêter le lancer du javelot, car il risquait une paralysie totale en raison de problèmes vertébraux. Il ne les écouta pas. Bien lui en prit. Il avait déjà battu le record du monde en 1987 (87,66 m) et était devenu vice-champion olympique en 1988 à Séoul. Mais sa carrière débutait à peine.

En 1992, à Barcelone, il fut couronné champion olympique (89,66 m). Suivirent deux titres de champion du monde, en 1993 à Stuttgart (85,98 m) et en 1995 à Göteborg (89,58 m). Le 6 avril 1993, Jan Zelezny établissait le nouveau record du monde (95,54 m). Il portera ce record à 98,48 m le 25 mai 1996 à Iéna. En 1996 à Atlanta, il fut une deuxième fois champion olympique (88,16 m).

Par la suite, ses problèmes de santé contrarièrent de nouveau sérieusement sa carrière. Néanmoins, il était présent aux Jeux de Sydney, en 2000, et il remporta un troisième titre olympique consécutivement, grâce à un jet à 90,17 m à son troisième essai. Malgré leur déception, ses concurrents, et en premier lieu son dauphin, le Britannique Steve Backley, lui rendirent un hommage unanime. En 2001 à Edmonton, il fut une nouvelle fois champion du monde (92,70 m). Avec trois titres olympiques et trois médailles d’or mondiales, Jan Zelezny a surpassé, dans le panthéon du javelot, le Suédois Eric Lemming ou le Finlandais Matti Järvinen.

En 2006, Jan Zelezny mit un terme à sa carrière. Mais, à quarante ans, il se distingua une dernière fois : il obtint la médaille de bronze aux Championnats d’Europe de Göteborg (85,92 m), devancé par les deux nouvelles étoiles de la spécialité, le Norvégien Andreas Thorkildsen (88,78 m) et le Finlandais Tero Pitkämäki (86,44 m). La même année, il devint membre du Comité international olympique.

©Pierre LAGRUE



Larissa LATYNINA (1934- )

Gymnaste soviétique

LATYNINA2Pendant un demi-siècle, Larissa Latynina détint le record de médailles obtenues aux Jeux (18), et seul Michael Phelps parvint à la détrôner. Elle fut aussi la première femme à s’adjuger neuf titres olympiques. Elle fut la plus brillante représentante de l’école soviétique de gymnastique féminine qui accumula les titres à la fin des années 1950 et au début des années 1960.

Larissa Latynina fit ses études à l’institut d’État de culture physique de Kiev. Lors des Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956, Larissa Latynina remporta la médaille d’or au concours général individuel, au saut de cheval et au sol (partageant pour cette épreuve la plus haute marche du podium avec la Hongroise Ágnes Keleti). On garde de ces Jeux une image forte : sur le podium, Ágnes Keleti, qui venait pourtant d’apprendre la mort de sa mère lors de l’insurrection hongroise, se tourna vers sa rivale pour lui serrer la main. Aux Jeux de Rome, en 1960, Larissa Latynina remporta de nouveau le concours général individuel, devant deux de ses compatriotes, Sofia Muratova et Polina Astakhova. Quatre ans plus tard, à Tokyo, elle fut devancée dans le concours général individuel par la Tchécoslovaque Vera Cáslavská, mais fut championne olympique au sol pour la troisième fois consécutivement.

En plus de ses nombreux titres olympiques individuels, Larissa Latynina remporta le concours général par équipes aux Jeux en 1956, 1960 et 1964. Elle ajouta à ce palmarès cinq médailles d’argent et quatre de bronze en trois olympiades. En outre, elle a obtenu dix médailles d’or aux Championnats du monde et sept aux Championnats d’Europe.

Sa carrière achevée, la gymnaste se consacra à l’enseignement de son sport et devint entraîneur de l’équipe nationale soviétique. Elle participa par ailleurs activement à l’organisation des Jeux de Moscou en 1980.

LATYNINA-Phelps2Clin d’œil de l’histoire : en 2012, elle posa au côté de Michael Phelps pour une publicité de la marque de luxe Louis Vuitton.

©Pierre LAGRUE



Viatcheslav IVANOV (1938- )

Rameur soviétique

ivanov3Viatcheslav Ivanov fut le premier triple médaillé d’or olympique dans la prestigieuse épreuve du skiff. Il est un des symboles de l’émergence du sport soviétique aux Jeux.

Ainsi, lors des Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956, le tout jeune Viatcheslav Ivanov (18 ans) cause la surprise : en retard, il accélère la cadence à 200 mètres de la ligne d’arrivée, dépasse l’Australien Stuart MacKenzie, et termine avec 5 secondes d’avance sur celui-ci. Ivanov est tellement ému après avoir reçu sa médaille d’or qu’il la laisse tomber dans le lac Wendouree ! Il plonge alors pour tenter de la récupérer, mais en vain. Le Comité international olympique lui offrira par la suite une médaille de remplacement.

Quatre ans plus tard, aux Jeux de Rome, Ivanov conserve son titre, devant Achim Hill (Allemagne). Cette série de victoires est cependant menacée lors des Jeux de Tokyo en 1964. Hill possède en effet une confortable avance aux 1 500 mètres, mais Ivanov jette toutes ses forces dans la bataille et reprend 11 secondes à l’Allemand sur la fin du parcours ; il remporte encore l’or.

Officier dans l’armée soviétique, Viatcheslav Ivanov fut onze années consécutivement champion de skiff de l’U.R.S.S., de 1956 à 1966. Quadruple champion d’Europe, il remporta également le Championnat du monde en 1962.

©Pierre LAGRUE