Thomas KOEHLER (1940- )

Lugeur est-allemand

Thomas Koehler fut le plus brillants des lugeurs dans les années 1960. Il remporta deux titres olympiques (plus une médaille d’argent) et trois titres mondiaux. Surtout, il fut une figure marquante du mouvement sportif est-allemand.

En effet, Thomas Koehler remporta sa première médaille d’or olympique en 1964, à Innsbruck, sous les couleurs de l’« équipe unifié d’Allemagne ». En 1968, année de l’arrivée de la R.D.A. aux Jeux, à Grenoble, il fut le porte-drapeau de la délégation est-allemande, puis se distingua sur la piste : il obtint la médaille d’argent en luge monoplace, derrière l’Autrichien Manfred Schmid ; surtout, associé à Klaus Bonsack, il remporta la compétition biplace, offrant à la R.D.A. la première médaille d’or de son histoire olympique naissante. Il prit alors sa retraite sportive, puis exerça de hautes responsabilités dans le mouvement sportif de la R.D.A. (vice-président de la Deutscher Turn- und Sportbund, membre éminent du Comité olympique est-allemand…). À ces postes, il avait bien sûr connaissance du dopage d’État en R.D.A. En 2010, il en apporta la confirmation dans une autobiographie. Il admit que le dopage touchait tous les sportifs, même les enfants. Néanmoins, il minimisa le phénomène, lui trouvant des justifications « médicales : « La délivrance des substances dopantes se faisait dans le strict respect du contrôle médical ; de ce fait, les graves problèmes de santé et même les décès causés par le dopage dans d’autres pays ne pouvaient pas survenir en R.D.A. » Il tenait Manfred Ewald, président du Comité olympique est-allemand, comme seul responsable car, les « responsabilités étant tellement diluées que, à l’exception de Manfred Ewald, chacun ne connaissait que ce qui lui était nécessaire pour appliquer le programme. »

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Otto HERSCHMANN (1877-1942)

Nageur, escrimeur et dirigeant sportif autrichien

1896-HerschmannOtto Herschmann se distingua lors des Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896: il se classa deuxième du 100 mètres, la première course de natation des Jeux Olympiques modernes, derrière le Hongrois Alfred Hajós, une épreuve qui se déroulait dans l’eau fraîche (13 0C) et troublée de la baie de Zéa, au Pirée. Mais Otto Herschmann était aussi escrimeur: en 1906, aux «Jeux intercalaires» d’Athènes, il participa à la compétition de sabre, sans obtenir de médaille. Devenu président du Comité olympique autrichien, Otto Herschmann s’adjugea la médaille d’argent dans l’épreuve de sabre par équipes aux Jeux de Stockholm, en 1912. Otto Herschmann est un des rares sportifs à avoir obtenu une médaille olympique dans deux disciplines différentes, et le seul président d’un Comité olympique national en exercice à s’être adjugé une médaille aux Jeux. Otto Herschmann, dirigeant sportif reconnu en Europe, se rendit aux États-Unis dès 1913, afin d’étudier le système de préparation américain, le plus efficace à l’époque. Président de la Fédération autrichienne de natation de 1914 à 1932, Otto Herschmann, juif, fut déporté au camp de concentration de Sobibor en janvier 1942, et il y décéda en novembre de la même année.

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Marc HODLER (1918-2006)

Avocat et dirigeant sportif suisse

2002HODLERMarc Hodler, président de la Fédération internationale de ski de 1951 à 1998, fut l’homme qui révéla un des plus grands scandales de l’histoire olympique. Membre du Comité international olympique (C.I.O.) depuis 1963, chef du comité de coordination qui supervisait l’organisation des Jeux d’hiver de 2002, Marc Hodler jeta un pavé dans la mare olympique: en décembre 1998, il révéla que Salt Lake City avait acheté les votes de plusieurs membres du C.I.O. afin d’obtenir les Jeux d’hiver de 2002. Lire la suite

William SLOANE (1850-1928)

Pédagogue et historien américain

1904SLOANE]William Sloane, professeur de latin et d’histoire aux universités Princeton et Columbia, était un ami de Pierre de Coubertin, qui l’avait rencontré lors d’un voyage outre-Atlantique en 1889. Alors que Coubertin se démenait pour faire avancer l’idée du rétablissement des Jeux Olympiques, laquelle ne recueillait que peu d’écho et ne provoquait guère d’enthousiasme chez ses interlocuteurs, William Sloane vibra pour cette proposition et soutint Coubertin. Présent au Congrès international du renouveau athlétique convoqué par Coubertin en 1894 à la Sorbonne, William Sloane fut donc un des treize membres fondateurs du Comité international olympique (C.I.O.). Coubertin promit à son ami que les Jeux Olympiques se dérouleraient bientôt dans le Nouveau Monde, à Chicago comme le souhaitait Sloane. Le 22 mai 1901, les Jeux de 1904 furent en effet attribués à Chicago. Mais, au grand dam de Sloane, Theodore Roosevelt, fraîchement élu président des États-Unis, décida en 1902 que les Jeux se tiendraient à Saint Louis, pour tenter d’impulser un nouveau souffle à cette ville, alors gangrenée par les tensions raciales et la corruption politique. William Sloane restera membre du C.I.O. jusqu’en 1924. Tout comme Pierre de Coubertin, il quittera l’institution cette année-là.

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Paul MÉRICAMP (1888-1964)

Dirigeant sportif français

1928MéricantPaul Méricamp fut un des protagonistes d’une altercation qui faillit provoquer un incident diplomatique entre la France et les Pays-Bas à l’occasion des Jeux Olympiques d’Amsterdam en 1928. Alors secrétaire général de la Fédération française d’athlétisme, il conduisait, à la veille des Jeux, les athlètes français qui souhaitaient reconnaître les installations du stade olympique. Or l’irascible gardien de ce stade leur en interdit l’entrée alors que, quelques minutes plus tôt, le cerbère avait ouvert les portes à une cohorte que Paul Méricamp soupçonnait être la délégation allemande. Les choses s’envenimèrent, et le planton porta la main au visage de Paul Méricamp; bagarres et bousculades s’ensuivirent… Lire la suite

Justinien CLARY (1860-1933)

Avocat, champion de tir et dirigeant sportif français

1924CLARYJustinien Charles Xavier Bretonneau-Clary, quatrième comte Clary, se fit d’abord connaître comme chasseur et tireur sportif. Ainsi, il participa aux Jeux Olympiques de Paris en 1900, se classant troisième de la compétition de tir à la fosse olympique. En 1903, il fut nommé président du Saint-Hubert Club de France, institution destinée à moraliser la chasse et à lutter contre le braconnage. Par la suite, il s’impliqua grandement dans le mouvement olympique. Ainsi, il présida le Comité olympique français de 1913 à 1933. Surtout, lors des congrès et conférences olympiques organisés à Lausanne par le Suisse Eugène Monod du 26 mai au 7 juin 1921, il présenta, avec le marquis Melchior de Polignac, autre représentant français au Comité international olympique (C.I.O.), un projet de Jeux Olympiques d’hiver. Mais les pays nordiques étaient réticents, et un compromis dut être trouvé. Depuis 1907 se déroulait tous les ans en France une «Semaine internationale des sports d’hiver». S’appuyant sur cette dénomination, la conférence consultative des sports d’hiver accepta la tenue en 1924 d’une «Semaine internationale du sport d’hiver à l’occasion des Jeux Olympiques de 1924». Du 12 au 14 juin 1922, durant le congrès des Fédérations internationales de sports d’hiver, Chamonix-Mont-Blanc fut choisi pour organiser cette «Semaine». Le comte Clary présida le comité d’organisation de cette «Semaine». Il fut donc, à titre rétroactif, le premier président d’un comité d’organisation des Jeux d’hiver. Justinien Clary présida également le comité d’organisation des Jeux Olympiques de Paris en 1924.

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Dimitrios VIKELAS (1835-1908)

Commerçant, diplomate et écrivain grec

1896VIKELASPierre de Courbertin a fait renaître les Jeux Olympiques en 1894, et il a créé le Comité international olympique (C.I.O.). Pourtant, le premier président du C.I.O. ne se nomme pas Pierre de Courbertin, mais Dimitrios Vikelas (ou Bikelas), qui demeure un personnage méconnu, nommé à ce poste presque par hasard. Lire la suite

Ludwig GUTTMANN (1899-1980)

Médecin neurologue allemand

_ludwig_guttmann3[1] (2)Ludwig Guttmann est à l’origine des jeux Paralympiques. Il a dû fuir son pays en raison de sa confession juive et a gagné la Grande-Bretagne, où il a fondé en 1944, à Stoke Mandeville, près de Londres, un centre destiné à soigner les lésions de la moelle épinière. Lire la suite