Fernand GONDER (1883-1969)

Athlète français

1906GONDEREn 1972, aux Jeux Olympiques de Munich, l’Allemand de l’Est Wolfgang Nordwig entrait dans l’histoire du sport: vainqueur du concours de saut à la perche, il remportait une épreuve qui n’avait jamais échappé aux Américains depuis la création des Jeux, en 1896. Pourtant, un non-Américain avait déjà remporté un concours de saut à la perche olympique: il se nommait Fernand Gonder et était français. Fernand Gonder, un ancien séminariste alors militaire, découvrit le saut à la perche au printemps de 1904, par hasard. Tout de suite, il établit un record de France (3,38 m). Trois mois après ses débuts, il battait le record du monde (3,69 m) en juin 1904. Fernand Gonder aurait pu briller aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, mais aucun Français ne participa à ces Jeux, car le gouvernement refusa de débloquer des fonds pour le voyage. Fernand Gonder, qui fut un des premiers sauteurs à utiliser une perche en bambou, plus légère que la perche en frêne traditionnelle, continua de progresser, établissant un nouveau record du monde en 1905 (3,74 m). En 1906 furent organisés à Athènes, contre la volonté de Pierre de Coubertin, des «Jeux Olympiques intercalaires», lesquels réunirent tous les meilleurs athlètes de l’époque. Dans le concours de saut à la perche, Fernand Gonder, grâce à un bond de 3,50 mètres, obtint la médaille d’or, s’imposant devant le Suédois Bruno Söderström (3,40 m) et l’Américain Edward Glover (3,35 m). Hélas, un demi-siècle plus tard, le Comité international olympique (C.I.O.) décidera que ces «Jeux intercalaires» ne seraient pas considérés comme des Jeux Olympiques officiels. Fernand Gonder, surnommé l’«Aimable Casse-cou», ne fut donc jamais officiellement «champion olympique».

©Pierre LAGRUE