Les installations sportives des Jeux de Rio 2016 à l’abandon !

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Loin d’être une première…

Rio a dépensé 10 milliards d’euros pour les Jeux Olympiques de 2016. Quelques mois après que les lampions de la fête se sont éteints, les sites qui ont accueilli les Jeux sont en ruines pour la plupart. Le Parc olympique de Barra da Tijuca est fermé: des vigiles en interdisent l’entrée, car les visiteurs découvriraient des portes rouillées, des hautes herbes, bref la désolation. Le site de Deodoro (canoë, V.T.T…) est fermé également. Le Maracanã, dont la gestion est engluée dans un imbroglio administratif, est devenu un repaire de chats errants, une «poubelle géante». Entre corruption et surfacturation, les finances publiques sont mises à mal: les fonctionnaires ne sont plus totalement payés. Les 70 000 habitants expropriés pour laisser la place aux Jeux sont très amers. L’exemple de ceux de Vila Autodromo est emblématique: ils ont lutté jusqu’au bout, en vain, pour conserver leur logement; or le parking qui a été construit à la place de leurs habitations est en ruines…

Tout ce gâchis est loin d’être une première, et les Jeux ont bien souvent laissé des ruines en héritage. Le cas le plus célèbre est celui d’Athènes, en 2004: le coût les Jeux a creusé le déficit public, avec les conséquence dramatiques en termes économiques que l’on connaît, lesquelles ont failli conduire au Grecxit dans les années 2010; or aucune des installations construites en périphérie d’Athènes n’a été utilisée par la suite. Mais les exemples seraient multiples. Pour la France, rappelons que les Jeux d’hiver de Grenoble, en 1968, que le général de Gaulle voulait grandioses, ont conduit à la construction de multiples équipements sportifs (piste de bobsleigh de L’Alpe-d’Huez, tremplin de saut à skis de Saint-Nizier, etc.) laissés rapidement à l’abandon; les contribuables grenoblois mettront plus de 20 ans à rembourser le déficit des Jeux par l’augmentation de leurs impôts locaux.

©Pierre LAGRUE