Parry O’BRIEN (1932-2007)

Athlète américain

OBRIENIl y a des champions qui, au-delà de leurs titres et de leurs records, marquent l’histoire de leur discipline en inaugurant une nouvelle technique. Il en est ainsi de Parry O’Brien. Parry O’Brien inventa en effet une technique qui révolutionna le lancer du poids : il se présentait dos au butoir, ce qui lui permettait d’effectuer une rotation de 180 degrés. Cette technique, dite en translation, permet d’avoir plus de vitesse et sera adoptée rapidement par tous les lanceurs. Elle demeure encore employée par nombre de champions (le Polonais Tomasz Majewski, champion olympique en 2008 et en 2012, l’employait encore), bien que la technique en rotation semble permettre désormais de meilleures performances.

Après s’être essayé au football américain, Parry O’Brien fut remarqué par l’entraîneur Jesse Mortensen, impressionné par sa carrure (1,90 m, 98 kg), qui le persuada qu’il pourrait obtenir de grands résultats s’il s’exerçait au lancer du poids. Parry O’Brien l’écouta et progressa rapidement. Il obtint sa sélection pour les Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952. En Finlande, avec son style révolutionnaire qui choquait les puristes, il devint tout simplement champion olympique (17,41 m) devant ses compatriotes Darrow Hooper (17,39 m) et James Fuchs (17,06 m), le recordman du monde de l’époque, décontenancé par l’audace du jeune homme. Parry O’Brien battit son premier record du monde le 9 mai 1953 (18 m) ; huit autres suivront (jusqu’à 19,30 m le 1er août 1959). Il fut de nouveau champion olympique en 1956 à Melbourne (18,57 m), devant son compatriote Bill Nieder (18,18 m) et le Tchécoslovaque Jiri Skobla (17,65 m). Il obtint la médaille d’argent (19,11 m) en 1960 à Rome, derrière Bill Nieder (19,68 m) et devant un autre Américain, Dallas Long (19,01 m). Parry O’Brien participa encore aux Jeux Olympiques en 1964, mais il ne prit que la quatrième place (19,20 m) du concours remporté par Dallas Long (20,33 m) devant un autre Américain, Randy Matson (20,20 m). C’était pour lui le chant du cygne, mais il n’abandonna pas immédiatement la compétition. Ainsi, en 1966, il établira son record personnel (19,66 m). Néanmoins, cette performance se situait loin des nouveaux standards.

©Pierre LAGRUE