Trebisonda VALLA (1916-2006)

Athlète italienne

VALLA (3)Trebisonda Valla fut la première Italienne à remporter une médaille d’or olympique en athlétisme, ce qui vaut bien une mention. Trebisonda Valla, dite Ondina Valla, se distingua sur les pistes dès l’âge de treize ans, et, encore adolescente, elle fut sélectionnée dans l’équipe nationale. Championne complète, elle obtint d’excellents résultats en sprint, dans les courses de haies et dans les concours de saut. Sportive adulée par les supporters italiens, elle devint un symbole de la jeunesse nationale triomphante pour le régime fasciste. En 1936, aux Jeux Olympiques de Berlin, elle remporta le 80 mètres haies, à l’issue d’une course très serrée : quatre concurrentes avaient réalisé le même temps, 11,7 secondes, et il fallut recourir à la photo-finish pour les départager. La médaille d’or revint à Trebisonda Valla, la médaille d’argent à l’Allemande Anni Steurer, la médaille de bronze à la Canadienne Betty Taylor. Quant à la grande rivale de Trebisonda Valla en Italie, Claudia Testoni, elle dut se contenter de la quatrième place, et n’eut pas droit au podium.

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Miloslava REZKOVÁ (1950-2014)

Athlète tchécoslovaque

1968rezkova (2)Miloslava Rezková remporta le concours de saut en hauteur aux Jeux Olympiques de Mexico, à dix-huit ans, ce qui constitue un bel exploit. En effet, alors que sa meilleure performance en début de saison 1968 n’était que de 1,66 mètre, elle franchit 1,82 mètre et devança les deux Soviétiques Antonina Okorokova et Valentina Kozyr. L’année suivante, elle remporta le concours aux Championnats d’Europe (1,83 m). Tout cela n’a rien d’inattendu. Ce qui l’est moins, c’est une belle histoire qui dit qu’un milliardaire grec, tombé sous son charme, aurait proposé de l’épouser, en lui offrant en cadeau de mariage une île de la mer Égée ! La jeune femme déclina l’offre et se maria, en 1970, avec son entraîneur, Rudolf Hübner. Par la suite, elle ne réalisa plus de performances marquantes. Elle mit un terme à sa carrière sportive en 1977.

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Giuseppe GENTILE (1943- )

Athlète italien

1968GENTILE (2)Giuseppe Gentile fut un des acteurs du concours de triple saut qui connut le plus de rebondissements, celui des Jeux Olympiques de Mexico, en 1968. Déjà, durant les épreuves de qualification, il provoqua la surprise en battant le record du monde détenu par le Polonais Jozef Szmidt depuis 1960 (17,03 m), en retombant à 17,10 mètres. En finale, il réalisa un nouveau coup d’éclat : dès le premier essai, il réalisa 17,22 mètres ; avec ce nouveau record du monde, il pensait tenir la médaille d’or. Mais, au troisième essai, le Soviétique Viktor Saneïev fit mieux (17,23 m) ; puis le Brésilien Nelson Prudencio réalisa 17,27 mètres à son cinquième essai ; Saneïev répliqua à sa sixième et dernière tentative (17,35 m). Cas sans doute unique : Giuseppe Gentile améliora deux fois le record du monde de la spécialité et dut se contenter d’une médaille de bronze. Mais Pier Paolo Pasolini, qui l’avait remarqué aux Jeux, lui confia le rôle de Jason dans son film Médée (1969), avec Maria Callas dans le rôle-titre. Par la suite, il refusa plusieurs rôles, car il considérait les films qu’on lui proposait comme mineurs. Enfin, Giuseppe Gentile fit fabriquer une réplique de sa médaille olympique : il découpa l’original et la copie, fit souder les morceaux et il offrit une des deux médailles à son entraîneur, Gigi Rosati. Acteur éphémère, Giuseppe Gentile ne réalisa plus de grandes performances sportives.

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Liese PROKOP (1941-2006)

Athlète et femme politique autrichienne

1968-PROKOP (2)Marier sport de compétition et vie politique est chose complexe. C’est pourquoi l’olympisme inattendu se devait de rendre hommage à Liese Prokop. Spécialiste des épreuves combinées, Liese Prokop obtint la médaille d’argent dans le pentathlon aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, devancée par l’Allemande de l’Ouest Ingrid Mickler-Becker. En 1969, Liese Prokop remporta le pentathlon aux Championnats d’Europe d’Athènes. La même année, elle se lança en politique, et fut élue au Parlement de la Basse-Autriche. Plus tard, en 2004, elle devint la première femme ministre de l’Intérieur de l’Autriche, dans le cabinet du chancelier Wolfgang Schüssel. Actrice majeure des négociations entre le Parti populaire et les sociaux-démocrates en vue de former un gouvernement de grande coalition en 2006, Liese Prokop décéda subitement, d’une rupture de l’aorte.

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Eddy OTTOZ (1944- )

Athlète italien

1968-OTTOZ-antiqueEddy Ottoz fut le meilleur hurdler européen à la fin des années 1960. Il fut ainsi champion d’Europe du 110 mètres haies en 1966 et en 1969. Il connut son heure de gloire aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968 : dans cette spécialité dominée par les Américains, il s’adjugea la médaille de bronze, derrière les Américains Willie Davenport et Ervin Hall. Plus tard, Eddy Ottoz, né de parents émigrés valdôtains, se lança en politique dans sa région. En 1998, il fut élu Conseil de la Vallée d’Aoste sur la liste de l’Union valdôtaine. Par la suite, il rejoignit le parti de Silvio Berlusconi.

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John CARLOS (1945- )

Athlète américain

1968CARLOS (3)Quand on évoque l’épisode du podium du 200 mètres des Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, où les Noirs américains Tommie Smith et John Carlos levèrent un poing ganté de noir pour protester contre la discrimination raciale dont leurs frères de couleurs étaient victimes aux États-Unis, on parle toujours du geste de « Smith et Carlos », jamais de « Carlos et Smith ». Les deux hommes avaient un projet commun, mais Smith occupait la plus haute marche du podium, Carlos la marche réservée au troisième. Pourtant, ils jouèrent un rôle équivalent dans la lutte pour le respect des droits de l’homme. Lire la suite

Ricky BRUCH (1946-2011)

Athlète suédois

1968-BRUCH (2)Le discobole Ricky Bruch est arrivé soudainement sur la scène sportive, réalisant d’étonnantes performances. Il arrêta sa carrière sportive, puis la reprit de manière très artificielle, alimentant les soupçons de dopage (Bruch lui-même avoua qu’il s’était dopé, bien qu’il n’ait jamais été contrôlé positif). Puis il tourna dans quelques films mineurs. Tout cela vaut bien une mention au titre de l’olympisme inattendu. Médaillé d’argent aux Championnats d’Europe en 1969, derrière l’Allemand de l’Est Hartmut Losch, Ricky Bruch établit un sensationnel record d’Europe la même année : 68,06 mètres. En 1972, il égale le record du monde de l’Américain Jay Silvester (68,40 m). Avec Silvester, il fait figure de favori pour les Jeux Olympiques de Munich, en 1972. Mais les deux hommes sont battus par le vétéran tchécoslovaque Ludvik Danek(64,40 m) : Silvester obtient la médaille d’argent (63,50 m), Bruch la médaille de bronze (63,40 m). Troisième des Championnats d’Europe en 1974, Ricky Bruch disparaît de la scène internationale jusqu’en… 1984 : à trente-huit ans, il réalise son meilleur jet (71,26 m). Entre-temps, son physique de colosse a séduit le cinéma : il tourne en 1974 dans un western spaghetti, Même les anges tirent à droite. On le voit par la suite dans des rôles mineurs.

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Egil DANIELSEN (1933- )

Athlète norvégien

1956-DANIELSEN2-antiqueEgil Danielsen est devenu champion olympique du lancer du javelot en 1956 à Melbourne grâce à l’aide de deux de ses rivaux, ce qui vaut bien une mention au titre de l’olympisme inattendu. Dixième du concours de lancer du javelot, remporté par le Polonais Janusz Sidlo, aux Championnats d’Europe en 1954, Egil Danielsen progresse et, en 1956, il est candidat aux médailles olympiques. Le concours est dominé par Janusz Sidlo. Sixième après trois essais, Egil Danielsen reçoit une aide inattendue : alors que lui-même utilise le traditionnel javelot en bois, Sidlo, qui lance avec un tout nouveau javelot en métal, prête son engin à Danielsen ; celui-ci boit aussi un café que lui offre un de ses autres concurrents, le Français Michel Macquet. À son quatrième essai, Egil Danielsen lance le javelot que lui a prêté Sidlo à 85,71 mètres. Il bat tout simplement le record du monde de Sidlo (83,66 m), et s’octroie bien sûr la médaille d’or. Sidlo, dont le meilleur jet à Melbourne est de 79,98 mètres, doit se contenter de la médaille d’argent. L’histoire ne dit pas si le Polonais a regretté son « prêt ». Quant à Egil Danielsen, il prendra la deuxième place aux Championnats d’Europe en 1958 (78,27 m), devancé par… Janusz Sidlo (80,18 m). Éliminé lors du concours de qualification aux Jeux Olympiques de Rome en 1960, Egil Danielsen mettra fin à sa carrière après cette compétition. L’étoile d’Egil Danielsen n’aura brillé qu’à Melbourne en 1956, mais le jour J.

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Mamo WOLDE (1932-2002)

Athlète éthiopien

1968-WOLDEMamo Wolde fut un des meilleurs coureurs de fond africains, mais il n’a pas connu la gloire qu’il méritait. L’olympisme inattendu se devait donc de le mettre à l’honneur. En effet, aux Jeux de Mexico, en 1968, Mamo Wolde, remporta, à la surprise générale, le marathon. Mais il succédait au palmarès à son compatriote Abebe Bikila, vainqueur en 1960 et en 1964, et il ne pouvait pas prétendre à la même notoriété que le premier héros du sport africain. Lire la suite

Larry JAMES (1947-2008)

Athlète américain

1968-JAMES-4-antiqueLarry James demeure un personnage méconnu, qui mérite donc une mention au titre de l’olympisme inattendu. En effet, il fut sans doute un des meilleurs coureurs de 400 mètres de tous les temps, mais sa courte carrière s’est construite dans l’ombre de son compatriote Lee Evans. Ainsi, lors des épreuves de sélection américaines pour les Jeux de Mexico en 1968, il se classa deuxième du 400 mètres, derrière Evans… mais il devint recordman du monde ! En effet, Evans avait remporté la course en 44,0 s, mais il chaussait des pointes non réglementaires, et sa performance ne fut pas homologuée. Larry James (44,1 s) fut donc recordman du monde, contre son gré. Aux Jeux de Mexico, il réalisa une performance exceptionnelle sur 400 mètres : 43,97 s ; mais Evans le devançait, en 43,86 s. Sur le podium, tout comme Evans et le troisième Américain, Ron Freeman, Larry James était coiffé d’un béret noir, pour protester contre la discrimination raciale aux États-Unis. Là encore, Larry James ne se posa pas en leader : il était certes un militant de la cause des Noirs, mais modéré : quelques années plus tard, il avoua que son attitude sur le podium était plus marquée du sceau de la solidarité avec ces athlètes qu’il admirait que de celui de la conviction politique.

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