Ole Imerslun REISTAD (1898-1949)

Sportif et militaire norvégien

1928Reistad (2)Ole Imerslun Reistad fut avant tout militaire. Mais il fait partie des rares sportifs à avoir participé aux Jeux Olympiques d’été et aux Jeux Olympiques d’hiver. D’abord, il disputa le pentathlon moderne aux Jeux Olympiques d’été d’Anvers en 1920 (il abandonna durant la compétition) : rappelons que le pentathlon moderne, inventé par Pierre de Coubertin, est une discipline évoquant le parcours d’un militaire. Ensuite, aux Jeux Olympiques d’hiver de Saint-Moritz, avec l’équipe de Norvège, il remporta une épreuve qui semblait faite pour lui : la patrouille militaire, ancêtre du biathlon et qui avait le statut de sport de démonstration. Durant la Seconde Guerre mondiale, Ole Imerslun Reistad dirigea la Petite Norvège, un camp de formation pour la force aérienne royale norvégienne basé au Canada.

©Pierre LAGRUE



Meyer PRINSTEIN (1878-1925)

Athlète américain

1900Prinstein-2-concentrateMeyer Prinstein, spécialiste du saut en longueur et du triple saut, a remporté trois médailles d’or aux Jeux Olympiques, mais il devrait sans doute en compter cinq. En effet, aux Jeux de Paris, en 1900, Meyer Prinstein réussit une excellente performance (7,17 mètres) dans le concours de qualification du saut en longueur. À l’époque, les performances réalisées lors des épreuves de qualification étaient prises en compte pour établir le classement définitif, et Meyer Prinstein pensait donc que cet excellent saut lui vaudrait la victoire ; en effet, la finale se déroulait un dimanche, et l’université de Syracuse, qu’il représentait, interdisait à ses athlètes de participer à cette compétition en ce jour du Seigneur. Son compatriote Alvin Kraenzlein, qui défendait les couleurs de l’université de Pennsylvanie, fut au contraire autorisé à prendre part à la finale : ce dimanche-là, il parvint à améliorer d’un petit centimètre la performance de Prinstein, lequel se vit privé du titre olympique. Cette situation causa un malaise, car Kraenzlein aurait indiqué à Prinstein que lui non plus ne concourrait pas un dimanche… Durant ces Jeux de Paris, Meyer Prinstein remporta néanmoins le triple saut. En 1904, aux Jeux de Saint Louis, il s’adjugea deux médailles d’or en se montrant très supérieur à ses concurrents dans les épreuves du saut en longueur (7,34 m) et du triple saut (14,35 m). En 1906, aux « Jeux intercalaires » d’Athènes, il s’adjugea une nouvelle médaille d’or dans le concours de saut en longueur ; mais, un demi-siècle plus tard, le Comité international olympique (C.I.O.) décidera de rayer ces « Jeux intercalaires » d’Athènes des palmarès.

©Pierre LAGRUE



Alvin KRAENZLEIN (1876-1928)

Athlète américain

1900KRAENZLEIN-2-sepiaAlvin Kraenzlein fut le premier athlète à remporter quatre titres lors d’une même édition des Jeux Olympiques, en l’occurrence à Paris en 1900. Il est considéré comme l’inventeur de la technique moderne de la course de haies. En effet, il mit au point pour les courses de haies une technique innovante consistant à franchir la haie jambe tendue. En outre, il excellait en sprint et en saut en longueur. Aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, il remporta le 60 mètres plat, le 110 mètres haies, le 200 mètres haies, mais aussi le concours de saut en longueur, ce qui fit polémique. En effet, le détenteur du record du monde, son compatriote Meyer Prinstein, avait terminé en tête du concours de qualification avec un saut de 7,17 mètres. Prinstein, qui comme les autres athlètes de l’université de Syracuse n’avait pas le droit de concourir le dimanche, était donc absent lors de la finale de l’épreuve. Il espérait néanmoins que la performance qu’il avait réalisée lors des qualifications lui permettrait de remporter le titre. Or Kraenzlein, qui défendait les couleurs de l’université de Pennsylvanie, laquelle autorisait ses étudiants à concourir le dimanche, sauta à 7,18 mètres : Kraenzlein, qui avait indiqué à Prinstein que lui non plus ne concourrait pas un dimanche, remporta ainsi la médaille d’or, ce qui provoqua des tensions dans l’équipe américaine.

©Pierre LAGRUE



Deux concours de saut à la perche de rattrapage

Sacré dimanche !

1900Perche-2-concentrateLe concours de saut à la perche des Jeux Olympiques de Paris, en 1900, se déroula le dimanche 15 juillet. Les Américains protestèrent contre cette programmation, car la plupart ne voulaient pas concourir le jour du Seigneur. Un compromis fut trouvé : les organisateurs français décidèrent de maintenir le début de concours en ce jour du Seigneur, mais précisèrent que les Américains pourraient sauter le lundi s’ils le désiraient, et que le classement final se ferait à l’issue des deux concours. Or, au dernier moment, les organisateurs français firent volte-face, et un seul concours, celui du dimanche, serait organisé. De ce fait, les meilleurs Américains – Charles Dvorak, Dan Horton et Bascom Johnson – ne se trouvaient pas sur le terrain de la Croix-Catelan quand commença le concours du dimanche. Il était trop tard pour que les trois Américains – même s’ils avaient décidé de ne pas respecter le jour du Seigneur – y participent. En toute hâte, deux autres Américains, Irving Baxter, qui venait de remporter le saut en hauteur, et Meredith Colket, se rendirent sur le sautoir : Baxter s’imposa (3,30 m), devant Colket (3,25 m). Les Américains protestèrent vigoureusement. Pour calmer leur courroux, on organisa deux autres concours de saut à la perche, de manière « officieuse » : Bascom Johnson remporta le premier (3,38 m) ; Dan Horton remporta le second (3,45 m), devant Charles Dvorak (3,35 m). Tous firent donc mieux que le champion olympique – mais le palmarès ne fut pas modifié pour autant.

©Pierre LAGRUE



Privé de record du monde par le public

Emporté par la foule…

1900IrvingBaxter (2)Les épreuves des Jeux Olympiques de Paris, en 1900, se déroulèrent à Croix-Catelan, dans le bois de Boulogne, dans un stade peu adapté pour la compétition : ovale de 500 mètres dessiné dans l’herbe en guise de piste ; pas de fosse de réception pour les sauts ; présence du public hors des gradins… Une des vedettes de ces Jeux fut l’Américain Irving Baxter, qui remporta deux médailles d’or (saut en hauteur, saut à la perche) et trois médailles d’argent, dans les concours de sauts sans élan (hauteur, longueur, triple saut). Il réalisa sa plus belle performance dans la compétition de saut en hauteur, en franchissant 1,90 mètre. Assuré de la médaille d’or, il décida de s’attaquer au record du monde, et demanda que la barre fût placée à 1,95 mètre. Or les spectateurs, enthousiastes, voulurent être au plus près pour voir l’exploit. En fait, la foule envahit la zone de saut… et Irving Baxter, pris dans la cohue – ce qui lui interdisait de prendre son élan – décida de renoncer à tenter le record et mit fin à son concours.

©Pierre LAGRUE



Robert Garrett humilie les Grecs !

Néophyte…

1896Robert-Garrett-2-retroL’Américain Robert Garrett, sorte d’athlète à multiples facettes, était avant tout un bon sauteur (hauteur et longueur) et un excellent spécialiste du lancer du poids. Aux Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896, il devait participer aux concours de sauts en hauteur et en longueur, et au concours de lancer du poids. Mais, en arrivant en Grèce, il découvrit un étonnant engin : le disque. Aussi décida-t-il de participer au concours de lancer du disque. Or il expédia l’engin à 29,15 mètres, et battit les concurrents grecs, dont le favori, Panayiótis Paraskevópoulos, qui lança le disque à 28,95 mètres. Ce succès mortifia tous les Hellènes : en effet, le lanceur de disque, magnifié par les artistes de la Grèce antique, à l’image du Discobole de Myron, incarne la perfection athlétique, le canon de l’olympisme ; aussi pour les Jeux Olympiques renaissants, le peuple espérait la victoire d’un Grec dans ce concours, et ce d’autant que, parmi les onze concurrents, les seuls véritables spécialistes de cette discipline étaient les trois Grecs.

©Pierre LAGRUE



Le troisième du marathon avait fait une partie du parcours en charrette

La première histoire de marathon…

BELOKAS-2-antiqueLe marathon des Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896, fut l’épreuve reine de la première édition des Jeux. La victoire du modeste berger Spyridon Louis appartient au grand livre de l’histoire du sport. Spyridon Louis s’imposa devant son compatriote Kharilaos Vasilakos et un autre Grec, Spyridon Belokas. Mais le Hongrois Gyula Kellener, quatrième, doublé par une charrette à quelques kilomètres de l’arrivée, avait aperçu Spyridon Belokas assis à l’arrière de celle-ci. De fait, Spyridon Belokas avait effectué une partie du parcours assis dans cette charrette, ce que confirmèrent d’autres témoins ! Il fut donc disqualifié. Notons qu’il ne fut pas privé de la médaille de bronze, car, durant ces Jeux, l’attribution des médailles d’or, d’argent et de bronze n’existait pas (seuls les vainqueurs recevaient une médaille en argent). Néanmoins, ce jeune garçon de 19 ans connut le plus grand déshonneur qui fût : les coéquipiers de Spiridon Belokas ôtèrent le bouclier grec de sa chemise, car le tricheur couvrait de honte toute la Grèce. Même le roi Georges Ier s’émut de la situation : en dédommagement, il offrit sa montre en or à Gyula Kellener.

©Pierre LAGRUE



Shizo Kanakuri met 54 ans pour terminer le marathon !

Le disparu de Stockholm

KANAKURI-2-concentrateLe marathon des Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, fut un des plus difficiles de l’histoire : les concurrents s’élancèrent sous un soleil de plomb ; plus de la moitié d’entre eux abandonnèrent. L’épreuve fut même le théâtre d’un drame, puisque le jeune Portugais Francisco Lázaro, victime d’une insolation, décéda à l’hôpital. Quant au Japonais Shizo Kanakuri, il a pris le départ mais n’a pas franchi la ligne d’arrivée. Pourtant, il ne figurait pas parmi les trente-deux marathoniens que les organisateurs avaient ramassés sur le parcours et qui avaient donc abandonné. On avait perdu sa trace ! La police partit à sa recherche, sans succès. Shizo Kanakuri devint rapidement le « disparu de Stockholm ». Les rumeurs se multiplièrent. Certains l’auraient aperçu titubant dans les rues de Stockholm, cherchant l’entrée du Stade olympique, d’autres l’auraient vu boire un verre en compagnie de deux beautés locales. En fait, aucune piste n’était sérieuse. Le temps passant, les recherches s’arrêtèrent, puis on l’oublia. En fait, épuisé, Shizo Kanakuri avait demandé à un spectateur de lui donner à boire. Ce spectateur compatissant lui offrit donc un verre d’eau. Mieux, devant sa souffrance et son état d’épuisement, il lui proposa un lit pour se reposer. Shizo Kanakuri accepta de s’allonger un moment, mais il dormit profondément et ne se réveilla que le lendemain matin. Quand il se quitta les bras de Morphée, honteux, Shizo Kanakuri songea à ne pas rentrer dans son pays. Finalement, dans la plus grande discrétion, il embarqua sur un navire mouillant en Suède et en partance pour le Japon. Toutefois, cette mésaventure de 1912 l’avait profondément meurtri. Ainsi, en 1967, alors âgé de 76 ans, il revint à Stockholm à l’occasion de l’inauguration d’un grand magasin et… termina le marathon : conduit au Stade olympique, il trottina devant un public surpris, puis franchit la ligne d’arrivée, 54 ans, 8 mois, 6 jours, 8 heures, 32 minutes et 20 secondes après avoir pris le départ.

©Pierre LAGRUE



Harold ABRAHAMS (1899-1978)

Athlète britannique

ABRAHAMS-2-concentrateVainqueur du 100 mètres lors des Jeux Olympiques de Paris en 1924, Harold Abrahams devint le premier Européen médaillé d’or dans la course reine des Jeux. Mais il est surtout passé à la postérité grâce au film de Hugh Hudson Les Chariots de feu (1981). Né dans une famille sportive (son frère aîné, Sidney, représenta la Grande-Bretagne dans l’épreuve de saut en longueur aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912), Harold Abrahams participa pour la première fois aux Jeux Olympiques en 1920 à Anvers, sans briller. Membre de l’équipe universitaire de Cambridge de 1920 à 1924, il remporta une série de victoires contre Oxford dans les compétitions de sprint et de saut en longueur. Il redoubla d’efforts à l’entraînement dans l’optique des Jeux Olympiques de Paris en 1924 : à Paris, il causa la surprise en remportant le 100 mètres, en prenant le meilleur sur les grands favoris américains, Jackson Scholz (deuxième) et Charlie Paddock (sixième). Son principal rival britannique en sprint, Eric Liddell, profondément croyant, avait quant à lui renoncé à courir le 100 mètres, car la finale se déroulait un dimanche. L’histoire de Liddell et d’Abrahams sert de trame au magnifique film de Hugh Hudson Les Chariots de feu (1981), qui met en avant la confession d’Abrahams, juif, et dépeint sa victoire comme un triomphe personnel face à l’antisémitisme. Également médaillé d’argent dans le relais 4 fois 100 mètres aux Jeux de Paris, Harold Abrahams mit fin à sa carrière sportive l’année suivante. Harold Abrahams signa plusieurs ouvrages consacrés au sport, dont The Olympic Games, 1896-1952. Puis il présida le British Amateur Athletics Board de 1968 à 1975.

©Pierre LAGRUE



Helen STEPHENS (1918-1994)

Athlète américaine

STEPHENS-2-freshblueHelen Stephens connut une carrière athlétique éclair : elle débuta la compétition à dix-huit ans quitta la scène sportive à moins de vingt ans. Elle remporta néanmoins deux médailles d’or olympiques. Surnommée « Fulton Flash », Helen Stephens remporta le 100 mètres et le relais 4 fois 100 mètres aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936. Après ces Jeux de Berlin, Helen Stephens remporta trois titres de championne des États-Unis (50 mètres, lancer du poids et 200 mètres), puis elle abandonna les pistes d’athlétisme à moins de vingt ans : durant sa brève carrière, qui n’aura duré que trente mois, elle disputa plus de cent courses, qu’elle remporta toutes. Elle effectua ensuite une tournée dont elle partageait la tête d’affiche avec Jesse Owens, avant de s’essayer au basket-ball et au softball en tant que professionnelle. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle servit dans le corps des marines. Beaucoup plus tard, dans les années 1980, Helen Stephens participera à quelques compétitions d’athlétisme, dans la catégorie des vétérans.

©Pierre LAGRUE