Joe DeLOACH (1967- )

Athlète américain

DELoach (2)Le célèbre Carl Lewis n’a jamais été battu aux Jeux Olympiques lors d’une épreuve individuelle, sauf en une occasion : en 1988, sur 200 mètres, il fut devancé par Joe DeLoach, son ami, qui est passé comme une étoile filante sur la scène sportive. Joe DeLoach se révèle en 1988, en remportant le 200 mètres des sélections américaine pour les Jeux de Séoul. En Corée du Sud, il cause la surprise en remportant le 200 mètres (19,75 s), devant Carl Lewis. Par la suite, Joe DeLoach ne réalise plus de performances notables, et il met un terme à sa carrière en 1992, à 25 ans, après avoir échoué à se qualifier pour les Jeux de Barcelone.

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Gabriela SZABO (1975- )

Athlète roumaine

Szabo (2)Gabriela Szabo obtint deux médailles olympiques et trois titres de championne du monde. Véritable stakhanoviste de l’athlétisme, Gabriela Szabo mit fin à sa carrière à moins de 30 ans, usée par la répétition des efforts. Plus tard, elle se lancera en politique, devenant ministre des Sports de Roumanie en 2013.

Vice-championne olympique du 1 500 mètres en 1996 à Atlanta, derrière la Russe Svetlana Masterkova, Gabriela Szabo s’oriente alors vers les distances supérieures et devient championne du monde du 5 000 mètres en 1997. 1999 est sa grande année : elle remporte toutes les courses auxquelles elle participe et est de nouveau championne du monde du 5 000 mètres, à Séville. Véritable « machine à courir », elle emploie toujours la même tactique : quel que soit le rythme imposé, elle se tient en deuxième position, et fait parler sa pointe de vitesse dans le dernier tour.

En 2000 à Sydney, elle devient championne olympique du 5 000 mètres (14 min 40,79 s), en dominant au sprint l’Irlandaise Sonia O’Sullivan. En 2001 à Edmonton, Gabriela Szabo est championne du monde du 1 500 mètres ; en revanche, elle échoue sur le 5 000 mètres, remporté par la Russe Olga Yegorova, cette dernière ayant été autorisée par l’I.A.A.F. à participer à l’épreuve alors qu’elle avait fait l’objet d’un contrôle antidopage positif à l’EPO.

Gabriela Szabo ne se contente pas de la saison d’été : elle fut championne du monde en salle du 3 000 mètres en 1995, 1997 et 1999, du 1 500 mètres en 1999. Gabriela Szabo prend sa retraite sportive en 2005.

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Wolfgang SCHMIDT (1954- )

Athlète allemand

Schmidt (2)Wolfgang Schmidt représente un symbole de la guerre froide olympique : médaillé olympique sous les couleurs de l’Allemagne de l’Est, il tenta de se réfugier à l’Ouest, puis reprit sa carrière au sein de l’équipe d’Allemagne de l’Ouest. Médaillé d’argent dans le concours de lancer du disque aux Jeux Olympiques de Montréal, en 1976, derrière l’Américain Mac Wilkins, Wolfgang Schmidt devint champion d’Europe de la spécialité en 1978 ; la même année, il battit le record du monde (71,16 m). En 1982, il tenta de passer à l’Ouest : hélas ! en tant que membre du club de la police, il était très étroitement surveillé par la Stasi, et sa fuite se traduisit par un échec ; il fut condamné à un an de prison. Par la suite, il disparut de la scène sportive. En 1987, il fut autorisé à émigrer en Allemagne de l’Ouest. Néanmoins, il n’était pas éligible pour les Jeux de Séoul, en 1988. En 1990, aux Championnats d’Europe, il obtint la médaille de bronze sous les couleurs de la R.F.A., la médaille d’or revenant à son ex-« compatriote » est-allemand Jürgen Schult qui, deux ans plus tôt, avait refusé de lui serrer la main lors d’une compétition, le considérant comme une sorte de « déserteur ».

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Jan ZELEZNY (1966- )

Athlète tchèque

Zelezny (2)En 1989, les médecins ordonnèrent à Jan Zelezny d’arrêter le lancer du javelot, car il risquait une paralysie totale en raison de problèmes vertébraux. Il ne les écouta pas. Bien lui en prit. Il avait déjà battu le record du monde en 1987 (87,66 m) et était devenu vice-champion olympique en 1988 à Séoul. Mais sa carrière débutait à peine.

En 1992, à Barcelone, il fut couronné champion olympique (89,66 m). Suivirent deux titres de champion du monde, en 1993 à Stuttgart (85,98 m) et en 1995 à Göteborg (89,58 m). Le 6 avril 1993, Jan Zelezny établissait le nouveau record du monde (95,54 m). Il portera ce record à 98,48 m le 25 mai 1996 à Iéna. En 1996 à Atlanta, il fut une deuxième fois champion olympique (88,16 m).

Par la suite, ses problèmes de santé contrarièrent de nouveau sérieusement sa carrière. Néanmoins, il était présent aux Jeux de Sydney, en 2000, et il remporta un troisième titre olympique consécutivement, grâce à un jet à 90,17 m à son troisième essai. Malgré leur déception, ses concurrents, et en premier lieu son dauphin, le Britannique Steve Backley, lui rendirent un hommage unanime. En 2001 à Edmonton, il fut une nouvelle fois champion du monde (92,70 m). Avec trois titres olympiques et trois médailles d’or mondiales, Jan Zelezny a surpassé, dans le panthéon du javelot, le Suédois Eric Lemming ou le Finlandais Matti Järvinen.

En 2006, Jan Zelezny mit un terme à sa carrière. Mais, à quarante ans, il se distingua une dernière fois : il obtint la médaille de bronze aux Championnats d’Europe de Göteborg (85,92 m), devancé par les deux nouvelles étoiles de la spécialité, le Norvégien Andreas Thorkildsen (88,78 m) et le Finlandais Tero Pitkämäki (86,44 m). La même année, il devint membre du Comité international olympique.

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Waldemar CIERPINSKI (1950- )

Athlète est-allemand

cierpinskiWaldemar Cierpinski demeure assez méconnu. Pourtant, il est, avec le célèbre Éthiopien Abebe Bikila, le seul marathonien double champion olympique. Waldemar Cierpinski ne débuta sur le marathon qu’en 1974, mais il participa aux Jeux Olympiques de Montréal, en 1976, a priori sans grandes ambitions. Pourtant, il s’imposa à la surprise générale – lui-même étant incrédule. Quand il pénétra dans le stade, il vit que le panneau d’affichage l’annonçait premier ; il ne voulait pas le croire et, pour « assurer le coup », il décida de refaire un tour de stade complet. Quand l’Américain Frank Shorter, champion olympique en 1972, termina son marathon, Waldemar Cierpinski courait encore : sur la ligne d’arrivée, c’est donc le médaillé d’argent qui attendit le médaillé d’or. En 1980, aux Jeux de Moscou, il remporta de nouveau le marathon, devançant de quelques secondes le Néerlandais Gerard Nijboer.

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Viktor MARKIN (1957- )

Athlète soviétique

MARKIN (2)Comme de nombreux champions soviétiques, Viktor Markin est soudainement apparu sur la scène sportive à l’occasion des Jeux de Moscou, en 1980, avant de retomber dans un quasi-anonymat. Viktor Markin avait débuté sa carrière d’athlète tardivement, à 19 ans. À quelques mois des Jeux de Moscou, il courait le 400 mètres en 46,96 s, un temps qui le situait au fin fond de la hiérarchie mondiale et ne lui autorisait aucune ambition. Juste avant ces Jeux, il pulvérisait de manière stupéfiante son record (45,34 s) ; en raison du large boycottage des Jeux par les États-Unis et leurs alliés, de nouvelles perspectives s’ouvraient à de nombreux athlètes, et Viktor Markin pouvait espérer entrer en finale, sans plus. Or, à la surprise générale, il s’adjugea la médaille d’or en battant le record d’Europe (44,60 s). En moins de 6 mois, il avait retranché 2 secondes à son record personnel ! À Moscou, il obtint également la médaille d’or dans le relais 4 fois 400 mètres. Par ailleurs étudiant en médecine, Viktor Markin ne réussira plus de performances notables, et, en 1984, il mit un terme à sa très brève carrière sportive.

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Adhémar FERREIRA DA SILVA (1927-2001)

Athlète brésilien

Ferreira (2)Adhémar Ferreira da Silva a remporté deux médailles d’or olympiques et a établi plusieurs records du monde au triple saut. Il fut le premier Brésilien à détenir un record du monde en athlétisme et demeure considéré comme un des plus grands sportifs sud-américains de l’histoire.

Le jeune Adhémar Ferreira da Silva réalise 13,05 mètres au triple saut lors de sa première compétition officielle, en 1947. Trois ans plus tard, il réussit déjà à 16 mètres, égalant le record du monde établi quatorze ans plus tôt par le Japonais Naoto Tajima. En 1951, à Rio de Janeiro, il bat ce record de 1 centimètre.

En 1952, lors de la finale des Jeux d’Helsinki, il bat deux fois le record du monde en moins de deux heures (16,12 m, puis 16,22 m) et obtient la médaille d’or, devant le Soviétique Leonid Tcherbakov (15,98 m). En 1954, il bat de nouveau le record du monde (16,56 m). Aux Jeux Olympiques de Melbourne en 1956, il conserve son titre avec une performance de 16,35 mètres. De 1950 à 1956, il aura ainsi gagné soixante concours de triple saut consécutivement.

Plus inattendu, en 1959, il est choisi par le cinéaste Marcel Camus pour incarner la Mort dans le film brésilien Orfeu Negro. Il poursuivra une petite carrière d’acteur.

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Ann PACKER (1942- )

Athlète britannique

Packer (2)Ann Packer fut championne olympique par hasard et par amour. En effet, spécialiste du sprint, elle était une des favorites du 400 mètres des Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964. Elle réalisa une belle performance en obtenant la médaille d’argent, derrière l’Australienne Betty Cuthbert. Peu après, son fiancé, Robbie Brightwell, connut une déception : il ne se classa que quatrième du 400 mètres. Alors qu’elle avait prévu de consacrer la suite de son séjour au pays du Soleil levant à faire du tourisme et du shopping, elle décida de s’aligner sur 800 mètres, afin de consoler son fiancé. Bien qu’elle fût quasi novice sur cette distance, elle causa la surprise en remportant la médaille d’or et en battant le record du monde (2 min 1,1 s) ; elle devançait la Française Maryvonne Dupureur, qui l’avait pourtant battue en demi-finale. Après les Jeux de Tokyo, Ann Packer mit un terme à sa carrière, à 22 ans. Elle épousa Robbie Brightwell, et le couple eut trois fils.

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Maryvonne DUPUREUR (1937-2008)

Athlète française

DUPUREUR (2)Maryvonne Dupureur fut une des rares athlètes françaises de classe internationale dans les années 1960. Elle a établi neuf records de France et obtenu dix titres de championne de France, du 400 au 1 500 mètres, de 1959 à 1969. Modeste mais énergique, elle mena de front sa carrière sportive et son activité de professeur d’éducation physique, qu’elle exerça à Lille puis à Saint-Brieuc. Sa meilleure distance était le 800 mètres. Elle participa à cette épreuve, que les femmes ne disputaient plus depuis 1928, aux Jeux de Rome en 1960. Aux Jeux de Tokyo, en 1964, elle en était même la favorite, et constituait une des réelles chances de titre olympique pour la délégation tricolore. Partie sur un rythme trop élevé, elle fut débordée par la Britannique Ann Packer, qui établissait un nouveau record du monde (2 min 1,1 s), alors que Maryvonne Dupureur obtenait la médaille d’argent en 2 min 1,9 s (record de France). Maryvonne Dupureur participa encore au 800 mètres lors des Jeux de Mexico, mais, victime des effets de l’altitude, elle ne prit que la huitième place de la course remportée par l’Américaine Madeline Manning. Par la suite, elle fut la première femme à siéger au comité directeur de la Fédération française d’athlétisme et participa à la création du club de Saint-Brieuc Athlétisme puis de l’Union athlétique 22, dont elle resta la présidente bénévole jusqu’à la fin de sa vie.

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Eddie TOLAN (1929-1967)

Athlète américain

TOLAN (2)Eddie Tolan réalisa le doublé 100-200 mètres aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, à l’issue de scénarios improbables. En outre, il tient une belle place dans la communauté afro-américaine, car il fut le premier athlète noir à obtenir deux titres olympiques. De 1929 à 1931, cet athlète qui courait les lunettes scotchées au visage remporta trois fois consécutivement le Championnat de la National Collegiate Athletic Association (N.C.A.A.) sur 100 et 220 yards ainsi que le Championnat de l’Amateur Athletic Union (A.A.U.) sur 100 et 220 yards. Mais, lors des épreuves de qualification pour les Jeux Olympiques de Los Angeles de 1932, il termina deuxième derrière Ralph Metcalfe sur 100 mètres comme sur 200 mètres. Eddie Tolan ne se présentait donc pas en favori aux Jeux. Il remporta pourtant le 100 mètres, à l’issue de plusieurs heures de délibération : lui et Metcalfe étaient ex aequo (10,38 s) ; le jury accorda la victoire à Tolan (avec les moyens modernes d’examen des images, on sait que Metcalfe aurait dû être déclaré vainqueur). Puis il remporta le 200 mètres, alors que Metcalfe ne termina que troisième : l’examen des images prouva que le plot de départ de Ralph Metcalfe avait été mal positionné par les officiels et que celui-ci avait couru une distance supérieure à 200 mètres ; mais, faisant preuve d’un rare esprit sportif, Metcalfe refusa que la finale du 200 mètres fût recourue et admit le succès de Tolan. Eddie Tolan fera ensuite une brève carrière au music-hall au côté du danseur de claquettes Bill « Bojangles » Robinson. Au cours de sa carrière sportive, il remporta quelque trois cents courses, n’essuyant que sept défaites.

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