Ugo FRIGERIO (1901-1968)

Athlète italien

Ugo Frigerio fut à la fois le premier Italien couronné champion olympique en athlétisme et le meilleur marcheur de son époque : il remporta trois médailles d’or et une médaille de bronze aux Jeux Olympiques. Ugo Frigerio fit ses débuts aux Jeux en 1920 à Anvers de manière tonitruante et cocasse. Il débuta par le 3 000 mètres : à l’époque, cette compétition se déroulait sur piste et avec un accompagnement musical ; Ugo Frigerio distribua lui-même les partitions au chef d’orchestre, et, largement en tête, il se permit de réprimander celui-ci car il ne jouait pas dans le bon tempo ! À Anvers, il remporta également le 10 kilomètres. En 1924, porte-drapeau de la délégation italienne aux Jeux de Paris, il s’imposa dans la seule épreuve de marche, le 10 kilomètres. Ugo Frigerio comptait bien briller encore aux Jeux d’Amsterdam en 1928… mais les compétitions de marche furent annulées car les dispositions réglementaires étaient sujettes à discussions : pour éviter les polémiques, la marche fut rayée du programme. On retrouva Ugo Frigerio en 1932 aux Jeux de Los Angeles : de nouveau porte-drapeau de la délégation italienne, il obtint la médaille de bronze dans la seule épreuve de marche, le 50 kilomètres (sur route). Détenteur de plusieurs records mondiaux, de multiples titres, Ugo Frigerio devint marchand de fromages après sa carrière sportive.

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Jay SILVESTER (1937- )

Athlète américain

Silvester (2)Cinq fois champion des États-Unis, auteur de quatre records du monde, le discobole américain Jay Silvester n’est jamais parvenu à toucher l’or olympique, bien qu’il eût participé quatre fois aux Jeux. Pourtant, en 1961, il fut le premier homme à lancer le disque à plus de 60 mètres (60,58 m). Hélas, son compatriote Al Oerter se dressa sur sa route. Aux Jeux de Tokyo, en 1964, Al Oerter s’imposa alors que Silvester ne prit que la quatrième place. En 1968, Silvester, qui avait porté le record du monde à 68,40 mètres, faisait figure de grand favori : or, sous l’orage, Oerter, maître de ses nerfs, s’adjugea la médaille d’or, alors que son compatriote, décontenancé, ne se classa que cinquième. En 1972, à Munich, Oerter ayant pris sa retraite sportive, l’heure de Silvester semblait venue : mais il dut de contenter de la médaille d’argent, devancé par le Tchécoslovaque Ludvik Danek. À 38 ans, Silvester prit de nouveau part aux Jeux, en 1976 à Montréal, mais son rêve olympique était passé, et il ne se classa que huitième du concours remporté par son compatriote Mac Wilkins. On note que Silvester, qui avait été le premier discobole à dépasser les 60 mètres, fut également le premier homme à lancer le disque à plus de 70 mètres (70,38 m en 1971), mais cette performance ne fut pas reconnue comme record du monde.

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Boughera EL OUAFI (1898-1959)

Athlète français

Boughera El Ouafi est un des trois Français qui ont remporté le marathon aux Jeux Olympiques. Il est hélas tombé longtemps dans l’oubli, et n’a jamais reçu la reconnaissance que son exploit méritait. Né à Ould-Djleb, près de Constantine (Algérie), Boughera El Ouafi est repéré pour ses qualités sportives alors qu’il effectue son service militaire en Algérie, ce qui lui vaut d’être sélectionné pour le marathon des Jeux Olympiques de Paris en 1924, qu’il termine à la septième place. Il se fait alors discret, participe le dimanche à quelques courses pour son club, le Club olympique de Billancourt, tout en se consacrant à son métier de décolleur aux usines Renault. Il se prépare néanmoins, sous la direction de l’ancien crossman Louis Corlet, afin de tenter de gagner sa sélection pour les Jeux Olympiques d’Amsterdam, en 1928.

Ces longues séances d’entraînement ponctuées de sorties dans les sous-bois portent leurs fruits, et il se voit de nouveau retenu pour courir le marathon olympique à Amsterdam : parti prudemment, il rejoint les Japonais Seiichiro Tsuda et Kanematsu Yamada, lâche ce dernier à moins de 6 kilomètres du but, puis résiste au retour du Chilien Miguel Plaza et s’impose, devant celui-ci et le Finlandais Martti Marttellin. Le nouveau champion olympique part alors pour les États-Unis, où il participe à des exhibitions athlétiques rémunérées, ce qui lui vaut d’être radié pour professionnalisme.

Après cette expérience qu’il regrettera toute sa vie, Boughera El Ouafi sera tenancier de café, ouvrier chez Alsthom, puis il tombera dans la misère et dans l’oubli. Alain Mimoun le fera momentanément sortir de cet oubli : après son succès dans le marathon olympique à Melbourne en 1956, il conviera Boughera El Ouafi à la réception donnée en son honneur à l’Élysée. Boughera El Ouafi trouvera la mort au cours d’une fusillade dans un bar de Saint-Denis, en banlieue parisienne, dans des circonstances non élucidées.

Boughera El Ouafi est un des trois Français qui ont remporté le marathon aux Jeux Olympiques. Il est hélas tombé longtemps dans l’oubli, et n’a jamais reçu la reconnaissance que son exploit méritait. Né à Ould-Djleb, près de Constantine (Algérie), Boughera El Ouafi est repéré pour ses qualités sportives alors qu’il effectue son service militaire en Algérie, ce qui lui vaut d’être sélectionné pour le marathon des Jeux Olympiques de Paris en 1924, qu’il termine à la septième place. Il se fait alors discret, participe le dimanche à quelques courses pour son club, le Club olympique de Billancourt, tout en se consacrant à son métier de décolleur aux usines Renault. Il se prépare néanmoins, sous la direction de l’ancien crossman Louis Corlet, afin de tenter de gagner sa sélection pour les Jeux Olympiques d’Amsterdam, en 1928.

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Norman PRITCHARD (1877-1929)

Athlète et acteur indien ou britannique

Norman Pritchard, né à Calcutta, participa à cinq épreuves aux Jeux Olympiques de Paris en 1900, et il se classa deuxième du 200 mètres et du 200 mètres haies. Mais était-il indien ou britannique ? Le C.I.O. considère qu’il a représenté l’Inde, son pays de naissance (rappelons qu’à l’époque on s’inscrivait de manière individuelle, sous l’égide d’une association sportive, pour participer aux Jeux, sans représenter un pays) ; la Grande-Bretagne le considère comme britannique, car il obtint sa sélection pour ces Jeux lors des championnats de l’Amateur Athletic Association organisés par le London Athletic Club.

Ainsi, Ian Buchanan, historien majeur britannique de l’olympisme, considère que Norman Pritchard, appartenant à une ancienne famille coloniale et étant encore citoyen de l’Empire britannique, était sans conteste britannique. Au contraire, Gulu Ezekiel, historien de l’olympisme indien, affirme que Norman Pritchard, né en Inde et plusieurs fois champion du Bengale sur 100 yards, était indien. Le C.I.O. considère Norman Prichard comme le premier sportif indien ayant participé aux Jeux Olympiques et comme le premier Asiatique médaillé olympique. En fait, peu importe. Selon les historiens, Norman Pritchard aurait émigré aux États-Unis vers 1908, où il aurait fait carrière au théâtre et dans des films muets sous le nom d’acteur de Norman Trevor. Il aurait même été une des premières stars du cinéma muet de la M.G.M., apparaissant dans plus de vingt films, souvent au côté de Ronald Colman, notamment dans Beau Geste (1926). Norman Pritchard serait ainsi le premier des olympiens à être passé de la scène sportive aux scènes artistiques. Il est néanmoins mort sans le sou en Californie, d’une maladie chronique du cerveau.

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Kenneth McARTHUR (1881-1960)

Athlète sud-africain

Né en Irlande, Kenneth McArthur part pour l’Afrique du Sud en 1900, où il s’engage comme volontaire dans la Force constabulaire sud-africaine de Baden-Powell, lors de la guerre anglo-boer. À la fin du conflit, il décide de s’installer définitivement en Afrique du Sud. En 1906, il s’engage dans la police de Johannesburg, effectue ses rondes à pied plutôt qu’à cheval, et découvre donc la course à pied. Il remporte ses premières victoires lors des Championnats du Transvaal, dans des épreuves de demi-fond. À la fin de 1908, il dispute pour la première fois le marathon, et il cause la surprise en remportant l’épreuve, battant notamment Charles Hefferon, récent médaillé d’argent aux Jeux Olympiques de Londres. Dès lors, il se consacre à cette épreuve, demeure invaincu, et participe aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912, où il va remporter la médaille d’or dans des circonstances particulières. En effet, le marathon se court sous un soleil de plomb. Au trente-cinquième kilomètre, Kenneth McArthur rejoint son compatriote Chris Gitsham, qui mène la course. À 3 kilomètres du but, les deux hommes sont assoiffés : ils décident de s’arrêter ensemble au pied d’une colline pour se désaltérer. Chris Gitsham s’arrête donc, mais il a la surprise de voir Kenneth McArthur continuer sa course sans marquer cette pause-boisson. Kenneth McArthur remporte l’épreuve, avec 58 secondes d’avance sur Chris Gitsham. Dès 1913, Ken McArthur, victime d’une blessure, doit prendre sa retraite sportive. Il aura remporté les six marathons auxquels il a participé.

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Charles REIDPATH (1889-1975)

Athlète américain

Charles Reidpath remporta deux médailles d’or aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, en… désobéissant à sa famille et dans la polémique. Diplômé (génie civil) de l’université de Syracuse en 1912, Charles Reidpath est soumis à des pressions de la part de sa famille, laquelle lui enjoint de mettre un terme à sa carrière sportive pour venir travailler dans l’entreprise familiale. Il désobéit, et est sélectionné dans l’équipe américaine pour les Jeux Olympiques de Stockholm la même année. En Suède, il remporte le 400 mètres, une épreuve marquée par une polémique dans laquelle il n’est pas impliqué : lors des demi-finales, son compatriote Donnell Young « tasse » l’Allemand Hans Braun et est disqualifié ; en finale, Charles Reidpath devance sur le fil Hans Braun, parti plus vite. Charles Reidpath gagne également le relais 4 fois 400 mètres, très facilement : « Mes coéquipiers avaient tellement d’avance lorsque je pris le relais que la course était déjà gagnée », dira-t-il.

Par la suite, il travaille pour la compagnie de construction Berdencer de 1912 à 1937, avant d’être nommé directeur de l’urbanisme pour la ville de Buffalo. Durant la Seconde Guerre mondiale, il sert dans le Corps de transports, participe aux victoires alliées dans le nord de la France et en Rhénanie ; il est fait officier de la couronne de Belgique pour services rendus dans la défense du port d’Anvers. En 1956, il prend part à la construction de la Réserve Fédérale en tant que surintendant de la construction chargé de l’architecture.

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Albert GUTTERSON (1887-1965)

Athlète américain

Albert Gutterson n’a pas fait une longue carrière sportive. En effet, étudiant à l’université du Vermont, il n’apparaît sur la scène athlétique américaine qu’en 1911, disputant les courses de haies. L’année suivante, il s’essaye au saut en longueur, et réalise d’étonnantes performances, lesquelles lui valent d’être sélectionné dans l’équipe américaine pour les Jeux Olympiques de Stockholm en 1912. Durant le concours olympique, avec un bond de 7,60 mètres, il approche de 1 centimètre le record du monde détenu par l’Irlandais Pete O’Connor et remporte la médaille d’or, devançant largement le Canadien Calvin Bricker (7,21 m). Par la suite, il travaille pour l’industrie pétrolière, puis, de 1950 à 1963, il dirige la Lovejoy Tool Company, une entreprise de fabrication de machines créée par son oncle. Albert Gutterson demeure une des personnalités sportives les plus renommées du Vermont.

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Armas TAIPALE (1890-1976)

Athlète finlandais

Armas Taipale remporta, aux Jeux Olympiques de Stockholm en 1912, non pas une, mais deux médailles d’or au lancer du disque. En effet, il s’imposa dans le concours « normal » (45,21 m) et dans l’unique concours de lancer du disque à deux mains de l’histoire olympique. En 1920, aux Jeux d’Anvers, Armas Taipale participa de nouveau au concours de lancer du disque, et il obtint la médaille d’argent, derrière son compatriote Elmer Niklander. Sportif polyvalent, Armas Taipale représenta la Finlande aux Jeux nordiques en lutte gréco-romaine, dans la catégorie des poids lourds, et était un excellent joueur de football.

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Julius SAARISTO (1891-1969)

Athlète finlandais

En Finlande, le lancer du javelot est une discipline majeure, une quasi-religion sportive. Rendons donc hommage au premier Finlandais couronné champion olympique, d’autant plus qu’il remporta une curieuse épreuve : le lancer du javelot des deux mains. En effet, aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, il s’imposa dans cette épreuve avec un jet à 61 mètres, l’autre à 48,42 m. Dans l’épreuve de javelot « normale », il obtint la médaille d’argent (56,68 m), devancé par le célèbre Suédois Eric Lemming (60,64 m) : on peut constater que, avec son meilleur jet dans l’épreuve des deux mains, il aurait été médaillé d’or.

En 1915, durant la Première Guerre mondiale, il s’engagea dans le 27e Bataillon finlandais Jäger, une unité d’infanterie légère allemande composée principalement de volontaires finlandais. Il combattit notamment pendant la bataille de la rivière Misa et la bataille du golfe de Riga. Au début de 1918, il retourna en Finlande, combattit pendant la guerre civile finlandaise. Après l’indépendance de la Finlande, Saaristo continua de servir dans l’armée finlandaise. Plus tard, en 1939, il servit lors de la guerre d’hiver, puis, à partir de 1940, lors de la guerre de continuation.

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Ted MEREDITH (1891-1957)

Athlète américain

Ted Meredith se révèle à 20 ans, en établissant plusieurs records du monde. En 1912, aux Jeux Olympiques de Stockholm, il remporte le 800 mètres, en battant le record du monde (1 min 51,9 s) ; curieusement, il ne coupe pas son effort, ce qui lui permet de battre également le record du monde du 880 yards (1 min 52,5 s). Durant ces Jeux, il remporte également le relais 4 fois 400 mètres, mais il n’obtient pas de médaille sur 400 mètres, en raison d’une erreur tactique. Après ces Jeux, il établit plusieurs records du monde sur 400 et 800 mètres. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale en 1917, il tente de reprendre la compétition par la suite et réussit à se qualifier pour les Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920, où il n’obtient aucune médaille. Il prend alors sa retraite sportive.

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