Jim LIGHTBODY (1882-1953)

Athlète américain

LIGHBODY-2-boostJim Lightbody peut être considéré comme le premier miler qui construisait ses victoires grâce à son finish. Ainsi, aux Jeux Olympiques de Saint Louis en 1904, il remporta trois médailles d’or, alors qu’il n’était le favori d’aucune des épreuves. Il s’imposa dans le 800 mètres, le 1 500 mètres, et même dans la course de steeple (2 590 mètres), alors qu’il n’avait jamais disputé une course de steeple auparavant. Dans cette épreuve, il devança au sprint le grand favori, l’Irlandais John Daly (qui représentait la Grande-Bretagne). Aux Jeux de Saint-Louis, il obtint aussi la médaille d’argent dans la course de cross par équipes de 4 miles, avec la formation de la Chicago Athletic Association. En 1906, durant les « Jeux intercalaires » d’Athènes, il remporta le 1 500 mètres et termina deuxième du 800 mètres. Mais, un demi-siècle plus tard, le Comité international olympique (C.I.O.) décida de rayer ces « Jeux intercalaires » des palmarès. Le « compteur olympique » de Jim Lightbody, qui participa encore aux Jeux de Londres en 1908 sans obtenir de succès, resta donc bloqué à quatre médailles, ce qui est déjà fort respectable.

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Archie HAHN (1880-1955)

Athlète américain

HAHN-2-antiqueAujourd’hui, Archie Hahn serait une star internationale. En effet, il fut la grande vedette des Jeux Olympiques de Saint Louis en 1904 : il remporta la médaille d’or dans les trois épreuves de sprint. Archie Hahn s’adjugea le 60 mètres, le 100 mètres et le 200 mètres (21,6 s, en établissant un record olympique qui tiendra vingt-huit ans). Il effectua donc le doublé 100-200 mètres, inaugurant une liste sur laquelle figureront de prestigieux champions. Réputé pour ses départs rapides, ce qui lui valut son surnom (la « Comète de Milwaukee »), il passa professionnel et continua de pratiquer la course à pied jusqu’à l’âge de trente-huit ans. Par la suite, il dirigea la publication de How to Sprint (1923), un manuel traitant des courses de sprint qui deviendra un classique.

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John FLANAGAN (1873-1938)

Athlète américain

flanagan-2-boostJohn Flanagan fut à la fois le premier champion olympique de lancer du marteau et, bien que représentant les États-Unis, une des premières grandes figures de l’Irlande. En effet, John Flanagan, né à Kilbreedy, dans le comté de Limerick, émigra aux États-Unis en 1896 et entra au service de la police new-yorkaise. L’épreuve de lancer du marteau fut inscrite au programme olympique pour la première fois aux Jeux de Paris, en 1900. John Flanagan, qui avait établi de nombreux records, était le favori du concours. Mais il se trouva longtemps en difficulté, car les concurrents étaient gênés par un arbre situé non loin de l’aire de lancement, et il vit même son marteau rester accroché dans les branches de cet arbre mal placé à l’occasion d’un de ses jets ! Finalement, il remporta le concours. John Flanagan fut encore champion olympique en 1904 à Saint Louis, puis en 1908, à Londres. Mais, à Londres, dans le contexte de Jeux marqués par la rivalité américano-britannique sur le plan sportif et par l’hostilité réciproque entre Anglais et Irlandais, John Flanagan effectua tous ses jets sous les huées du public du stade de Shepherd’s Bush. John Flanagan, qui avait par ailleurs obtenu la médaille d’argent dans la curieuse épreuve du jet de la pierre de 56 livres (25,4 kg) aux Jeux de Saint Louis, retourna s’installer dans son Irlande natale en 1911, où il fut accueilli chaleureusement. Par la suite, il entraîna un jeune lanceur de marteau irlandais prometteur : celui-ci se nommait Patrick O’Callaghan et, en 1928, il deviendra le premier champion olympique de l’Irlande indépendante.

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Dietmar SCHAUERHAMMER (1955- )

Athlète et bobeur est-allemand

Schauerhammer-2-antiqueDietmar Schauerhammer se distingua d’abord en athlétisme : spécialiste du décathlon, il remporta la Coupe d’Europe des nations avec l’équipe de R.D.A. en 1977 et en 1979. Malgré un record personnel de bon niveau (8 088 points), il ne fut pas sélectionné pour les Jeux Olympiques d’été de Moscou en 1980. Il décida alors de se mettre au bobsleigh, ses qualités athlétiques faisant de lui un remarquable « pousseur ». De ce fait, le célèbre pilote Wolfgang Hoppe l’invita à concourir avec lui. Ainsi, aux Jeux Olympiques d’hiver de Sarajevo, en 1984, Dietmar Schauerhammer obtint la médaille d’or en bob à deux et en bob à quatre, au sein des équipages conduits par Wolfgang Hoppe. Double champion du monde de bob à deux (1985 et 1986), il obtint encore une médaille d’argent en bob à quatre aux Jeux de Calgary en 1988.

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Edy HUBACHER (1940- )

Athlète et bobeur suisse

HUBACHER-OK (2)Edy Hubacher était avant tout un athlète de bon niveau, spécialiste des lancers (il remporta seize titres de champion de Suisse). Sélectionné pour les Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, il fut éliminé dès les concours de qualification au lancer du poids (18,54 m) et au lancer du disque (51,70 m). Edy Hubacher participa de nouveau aux Jeux Olympiques en 1972, mais cette fois aux Jeux d’hiver : ce colosse (2,01 m, 105 kg) s’était mis au bobsleigh, et il connut une tout autre réussite. Aux Jeux de Sapporo, il fut en effet champion olympique de bob à quatre, avec Jean Wicki, Werner Camichel et Hans Leutenegger, et médaillé de bronze en bob à deux, avec Jean Wicki.

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Bob SCHUL (1937- )

Athlète américain

SCHUL (2)Parfois, une carrière se résume presqu’à une seule course. C’est le cas pour Bob Schul, ce qui lui vaut une mention au titre de l’olympisme inattendu. Bob Schul se fit connaître dans le monde de l’athlétisme en 1964, en battant le record des États-Unis du 5000 mètres. Sélectionné pour les Jeux Olympiques de Tokyo la même année, il semblait ne devoir jouer qu’un rôle secondaire. Or la finale du 5000 mètres, dont le Français Michel Jazy et l’Australien Ron Clarke étaient les favoris, se résuma à une course de dupes. À l’entrée du dernier tour, Bill Dellinger, l’autre Américain, porta une attaque, mais Michel Jazy y répondit facilement. Soudain, sous la pluie, la foulée de Michel Jazy se fit plus lourde, et plusieurs concurrents le dépassèrent. Bob Schul, longtemps à l’arrière du groupe, sprinta et remporta la médaille d’or à la surprise générale. Bob Schul devint à cette occasion le premier athlète américain médaillé d’or sur 5000 mètres. Bob Schul ne réalisa plus de performances majeures après ce coup d’éclat. Il mit un terme à sa carrière en août 1965, puis tenta de reprendre la compétition en 1967, sans succès.

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Josef ODLOZIL (1938-1993)

Athlète tchécoslovaque

odlozil-OK (2)Josef Odlozil obtint une médaille d’argent dans le 1500 mètres aux Jeux Olympiques de Tokyo, devancé par le Néo-Zélandais Peter Snell, qui deviendra son ami. Mais c’est en 1968, aux Jeux de Mexico, qu’il acquit une notoriété internationale, alors qu’il ne se classa que huitième du 1500 mètres. En effet, durant ces Jeux, il épousa sur place la gymnaste Vera Cáslavská, immense vedette du sport et figure du Printemps de Prague, lors d’une cérémonie qui se tint dans la cathédrale de Mexico, devant une foule de plusieurs milliers de personnes, laquelle fut très médiatisée en Occident. Officier de carrière dans l’armée tchécoslovaque, il sera contraint de démissionner. Précisons que le couple divorça en 1987, et que Josef Odlozil trouva la mort lors d’une rixe avec un de leurs fils. Les histoires d’amour finissent mal en général…

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Ilona SLUPIANEK (1956- )

Athlète est-allemande

slupianek (2)La R.D.A., on le sait depuis la chute du Mur de Berlin en 1989, a fondé ses succès sportifs sur le dopage d’État. Pourquoi mentionner Ilona Slupianek au titre de l’olympisme inattendu ? Tout simplement parce qu’elle fut, en 1977, la première sportive est-allemande « officiellement » convaincue de dopage. Cinquième du concours de lancer du poids aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976, Ilona Slupianek s’imposa lors de de la Coupe d’Europe des nations en 1977. Mais elle fut contrôlée positive en octobre de la même année, et, alors que les soupçons s’accumulaient sur les performances des Allemands de l’Est, la Fédération est-allemande d’athlétisme mit en doute les résultats des analyses et évoqua une manipulation. Ilona Slupianek ne fut suspendue qu’un an, ce qui lui permit de participer aux Championnats d’Europe en 1978, et d’y remporter la médaille d’or. À l’approche des Jeux de Moscou, en 1980, elle battit deux fois le record du monde, pour le porter à 22,45 mètres. Aux Jeux de Moscou, dès son premier jet (22,41 m), elle écrasa la concurrence : la deuxième, la Soviétique Svetlana Krachevskaya ne réussit « que » 21,42 mètres. Ilona Slupianek fut encore championne d’Europe en 1982, mais ne participa pas aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1984, en raison du boycottage décrété par les pays communistes. Elle mit alors fin à sa carrière. Par ailleurs, Ilona Slupianek siégea à la Chambre du peuple de la R.D.A.

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Trebisonda VALLA (1916-2006)

Athlète italienne

VALLA (3)Trebisonda Valla fut la première Italienne à remporter une médaille d’or olympique en athlétisme, ce qui vaut bien une mention. Trebisonda Valla, dite Ondina Valla, se distingua sur les pistes dès l’âge de treize ans, et, encore adolescente, elle fut sélectionnée dans l’équipe nationale. Championne complète, elle obtint d’excellents résultats en sprint, dans les courses de haies et dans les concours de saut. Sportive adulée par les supporters italiens, elle devint un symbole de la jeunesse nationale triomphante pour le régime fasciste. En 1936, aux Jeux Olympiques de Berlin, elle remporta le 80 mètres haies, à l’issue d’une course très serrée : quatre concurrentes avaient réalisé le même temps, 11,7 secondes, et il fallut recourir à la photo-finish pour les départager. La médaille d’or revint à Trebisonda Valla, la médaille d’argent à l’Allemande Anni Steurer, la médaille de bronze à la Canadienne Betty Taylor. Quant à la grande rivale de Trebisonda Valla en Italie, Claudia Testoni, elle dut se contenter de la quatrième place, et n’eut pas droit au podium.

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Miloslava REZKOVÁ (1950-2014)

Athlète tchécoslovaque

1968rezkova (2)Miloslava Rezková remporta le concours de saut en hauteur aux Jeux Olympiques de Mexico, à dix-huit ans, ce qui constitue un bel exploit. En effet, alors que sa meilleure performance en début de saison 1968 n’était que de 1,66 mètre, elle franchit 1,82 mètre et devança les deux Soviétiques Antonina Okorokova et Valentina Kozyr. L’année suivante, elle remporta le concours aux Championnats d’Europe (1,83 m). Tout cela n’a rien d’inattendu. Ce qui l’est moins, c’est une belle histoire qui dit qu’un milliardaire grec, tombé sous son charme, aurait proposé de l’épouser, en lui offrant en cadeau de mariage une île de la mer Égée ! La jeune femme déclina l’offre et se maria, en 1970, avec son entraîneur, Rudolf Hübner. Par la suite, elle ne réalisa plus de performances marquantes. Elle mit un terme à sa carrière sportive en 1977.

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