Le départ du 200 mètres retardé en raison des huées du public

Le chauvinisme est universel

CRAWFORDQuand les athlètes se présentent au départ d’une épreuve de sprint, un silence quasi religieux se fait dans les gradins, les spectateurs respectant la concentration extrême des concurrents. Mais il y a des exceptions. Ainsi, le 26 août 2004, dans le stade olympique d’Athènes, alors que se présentaient les finalistes du 200 mètres, le public les conspua longuement, et le départ de la course fut différé de plusieurs minutes. La raison : juste avant le début des Jeux, le champion olympique de 2000, le Grec Konstantinos Kentéris, avait été exclu des Jeux pour ne pas s’être présenté à un contrôle antidopage. Les nombreux spectateurs manifestèrent ainsi leur réprobation contre cette décision. Une preuve que le chauvinisme est universel. Ce contre-temps n’empêchera pas les Américains de prendre les trois premières places de l’épreuve.

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Mike Marsh oublie de battre le record du monde du 200 mètres

Étourdi…

MARCH (2)Mike Marsh, avant tout spécialiste du 100 mètres, n’était pas parvenu à se qualifier, lors des sélections américaines, sur sa distance fétiche pour les Jeux Olympiques de Barcelone, en 1992. En revanche, il gagna sa place sur 200 mètres. Le grand favori était son compatriote Michael Johnson, mais ce dernier malade, fut éliminé en quart de finale. Mike Marsh devint un des prétendants à la médaille d’or. En demi-finale, largement en tête, il coupa son effort à quelques mètres de la ligne d’arrivée pour ne pas puiser dans ses réserves : or, sur le panneau lumineux, s’afficha son « chrono » : 19,73 s. Pour 1 centième de seconde, le record du monde établi en 1979 par l’Italien Pietro Mennea (19,72 s) lui échappait. Mike Marsh s’imposera en finale, mais dans un temps bien moins bon : 20,01 s. En fait, il avait « oublié » de battre le record du monde. De plus, il ne réalisera plus de grandes performances sur 200 mètres par la suite.

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Le vainqueur du marathon évacué sur une civière

Au bout de lui-même

HWANGAux Jeux de Barcelone, en 1992, le 9 août, les marathoniens s’élancèrent à 18 h 30, par une forte chaleur malgré la nuit tombante. Deux hommes, le jeune Sud-Coréen inconnu Hwang Young-cho (22 ans) et le Japonais Koichi Morishita, un champion confirmé de vingt-cinq ans, se présentèrent en tête au pied de la colline de Montjuic. Hwang Young-cho produisit une violente accélération, qui lui permit de décrocher Morishita et de remporter l’épreuve, avec 22 secondes d’avance sur le Japonais. Mais, victime d’une grave défaillance après l’arrivée, il dut être évacué sur une civière. Hwang Young-cho ne se remit jamais totalement de cette défaillance, ; il remporta néanmoins le marathon des Jeux asiatiques en 1994, mais il ne prit part qu’à de rares marathons et annonça sa retraite sportive en 1996, à vingt-six ans, après avoir échoué à se qualifier pour les Jeux d’Atlanta.

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Lindy Remigino félicite Herb McKenley par erreur

Félicitations trop rapides

REMINGINO2 (2)Le 100 mètres des Jeux Olympiques d’Helsinki, en 1952, se termina par la victoire surprise de l’Américain Lindy Remigino. En effet, celui-ci n’avait dû sa sélection qu’au forfait de Jim Golliday, star américaine du sprint de l’époque. Néanmoins, il parvint à se qualifier pour la finale, contrairement à son compatriote Art Bragg, le vainqueur des sélections américaines, qui s’était blessé en demi-finale. Lors de la finale du 100 mètres, courue sous une pluie fine, Lindy Remigino prit le meilleur départ ; mais le Jamaïquain Herb McKenley, à la foulée ample, le remonta et sembla le dépasser. Lindy Remigino, heureux de cette médaille d’argent, s’empressa de congratuler Herb McKenley, avant même que la photo-finish fût développée. Or, après l’examen de cette photo-finish, il s’avéra que Lindy Remigino s’était imposé, d’un souffle devant Herb McKenley. Lindy Remigino apprit avec surprise qu’il était déclaré vainqueur. L’histoire ne dit pas si Herb McKenley le congratula à son tour…

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Valeri BORZOV (1949- )

Athlète soviétique

BORZOV (2)Valeri Borzov demeure considéré comme l’un des meilleurs sprinters européens. Il fut surtout, en 1972 à Munich, l’homme qui mit fin à l’hégémonie olympique américaine, aussi bien sur 100 que sur 200 mètres. Moins puissant que nombre de ses adversaires, il compensait ce handicap par une technique de course parfaite, forgée par de longues heures d’entraînement rigoureux sous la houlette de Valentin Petrovski, sorte de précurseur, qui le faisait notamment travailler, chose rare à l’époque, en visionnant les films des plus grands sprinters américains, relevant les imperfections techniques qui font perdre quelques précieux centièmes de seconde.

Champion d’Europe du 100 mètres en 1969, devant le Français Alain Sarteur, en 1971, puis en 1974, du 200 mètres  en 1971, Valeri Borzov se trouve à son zénith lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972 : il remporte le 100 mètres (10,14 s), devant l’Américain Robert Taylor et le Jamaïquain Lennox Miller, ainsi que le 200 mètres (20,00 s), devant l’Américain Larry Black et l’Italien Pietro Mennea, et est médaillé d’argent dans le relais 4 fois 100 mètres. Valeri Borzov obtient encore la médaille de bronze sur 100 mètres lors des Jeux Olympiques de Montréal en 1976, devancé par le Trinidadien Hasely Crawford et le Jamaïquain Don Quarrie, ainsi que lors du relais 4 fois 100 mètres. Contrarié par des blessures, il arrête la compétition en 1979.

Après sa carrière, Valeri Borzov sera brièvement ministre des Sports de l’Ukraine (1991), puis président du Comité olympique ukrainien (1991-1998). Il est membre du Comité international olympique depuis 1994.

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Jean BOUIN (1888-1914)

Athlète français

1912BOUIN (2)Le nom de Jean Bouin est connu de tous : des centaines de stades et de complexes sportifs, dont le célèbre stade Jean-Bouin à Paris, portent son nom. En effet, Jean Bouin fut l’un des sportifs français les plus célèbres avant la Première Guerre mondiale. Son coude-à-coude avec le Finlandais Hannes Kolehmainen lors des Jeux Olympiques de 1912 demeure un temps fort de l’histoire de l’athlétisme.

Médaillé de bronze dans le 3 miles par équipes aux Jeux Olympiques de Londres, en 1908, Jean Bouin réalise une grande performance le 30 mai 1909 : il bat le record de France de l’heure (18,268 km), effaçant des tablettes le nom de Gaston Ragueneau. Vainqueur du Cross des nations en 1911, 1912 et 1913, il réalise surtout une course d’anthologie lors des Jeux Olympiques de Stockholm en 1912 : il obtient la médaille d’argent sur 5 000 mètres. À l’issue de cette compétition mémorable, le vainqueur, le Finlandais Hannes Kolehmainen, pulvérise le record du monde (14 min 36,6 s), alors que Jean Bouin, en 14 min 36,8 s, établit un record de France qui tiendra jusqu’en 1948. Le 6 juillet 1913, Jean Bouin bat le record du monde de l’heure (19,021 km). Le 29 septembre 1914, près de Toul, Jean Bouin tombe, comme tant d’autres, au champ d’honneur durant la Grande Guerre.

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Rosemarie ACKERMANN (1952- )

Athlète est-allemande

AKERMANN (2)Certains sportifs ou sportives marquent l’histoire en établissant un record symbolique : ainsi, Rosemarie Ackermann, spécialiste du saut en hauteur, entra dans l’histoire du sport le 26 août 1977 à Berlin, en devenant la première femme à franchir une barre située à 2 mètres, ce qui constituait son cinquième record du monde. Elle fut par ailleurs championne d’Europe en 1974 (1,95 m) et, surtout, championne olympique à Montréal en 1976 (1,93 m) devant l’Italienne Sara Simeoni. Encore médaillée d’argent lors des Championnats d’Europe en 1978 (1,99 m), elle mit fin à sa carrière après les Jeux de Moscou, en 1980, où elle ne prit que la quatrième place du concours remporté par Sara Simeoni.

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Le beau geste de Jack Keller

Fair-play !

Jack_Keller_1929 (2)Aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, l’arrivée du 110 mètres haies fut serrée. L’Américain Jack Keller prit la troisième place, du moins dans un premier temps, et reçut la médaille de bronze sur le podium. En effet, à l’issue d’un examen minutieux de la photo-finish, il s’avéra que le Britannique Donald Finlay l’avait dépassé sur le fil. Le lendemain de cette course, Jack Keller s’en alla retrouver Donald Finlay dans les quartiers de l’équipe britannique, et il remit lui-même, en main propre, la médaille de bronze à Donald Finlay.

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L’improbable victoire d’Allen Woodring

Incrédule…

Allen_Woodring_1920 (2)Allen Woodring n’aurait jamais dû participer aux Jeux Olympiques. En effet, il termina le 200 mètres des sélections américaines pour les Jeux d’Anvers, en 1920, à la cinquième place. Il fit néanmoins le voyage en Europe, en qualité de remplaçant. Or George Massengale, quatrième de cette épreuve, se blessa. Allen Woodring le remplaça donc. Mais ses chaussures étaient hors d’usage ; il emprunta donc une paire à un autre concurrent. À la surprise générale, ce « remplaçant mal chaussé » remporta l’épreuve, devant le favori, son compatriote Charley Paddock, les deux hommes étant crédités du même temps (22,0 secondes). Quelques jours plus tôt, Charley Paddock avait remporté le 100 mètres, et Allen Woodring pensa que son coéquipier, déjà satisfait par cette victoire, avait ralenti pour le laisser gagner ! Allen Woodring ne réalisa plus aucune performance marquante par la suite.

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Le saut de Charley Paddock

Kangourou !

Charley-Paddock (2)L’Américain Charley Paddock fut un des meilleurs sprinters du monde dans les années 1920. Ainsi, il remporta le 100 mètres et le relais 4 fois 100 mètres aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. Sprinter trapu, voire un peu « gras » (1,72 m, 75 kg), il présentait la particularité de terminer ses courses par un saut qu’il effectuait à environ 3 ou 4 mètres de la ligne d’arrivée, au lieu de « casser » (pencher le buste en avant) comme le font la plupart des sprinters. Est-ce là le secret de ses performances ? Sans doute pas, car les lois de l’aérodynamique semblent prouver que ce « bond en avant » aurait dû le ralentir. Toujours est-il que cette technique lui paraissait nécessaire, et qu’elle fournit d’étonnant clichés photographiques.

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