Wally KINNEAR (1880-1974)

Rameur britannique

L’Écossais William Nicoll Duthie Kinnear fut un des meilleurs champions de skiff du début du XXe siècle. Contraint, en 1902, de quitter son Écosse natale pour trouver du travail dans le sud de l’Angleterre, il est initié à l’aviron par ses collègues. Sous les couleurs du Kensington Rowing Club, il remporte de nombreuses compétitions d’aviron sur la Tamise. En 1910 et en 1911, il réussit l’exploit de s’imposer à la fois dans le Diamant Challenge Sculls des prestigieuses régates de Henley et dans les Wingfield Sculls. Au sommet de sa forme en 1912, il est néanmoins battu dans le Diamant Challenge Sculls (pour expliquer sa défaite, les sources indiquent qu’il ne pouvait pas disposer de son bateau habituel, car celui-ci était alors acheminé vers Stockholm). Aux Jeux Olympiques de Stockholm, il remporte la compétition de skiff, en dominant nettement en finale le Belge Polydore Veirman. Peu après, il s’impose de nouveau dans les Wingfield Sculls. Durant la Première Guerre mondiale, il sert dans la Royal Navy Air Service. Par la suite, il devient entraîneur d’aviron. Wally Kinnear demeure considéré comme une grande figure du sport écossais. À noter qu’il était le parrain de l’écrivain Eric Newby.

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Roelof KLEIN (1877-1960)

Rameur néerlandais

Vainqueur du deux avec barreur aux Jeux de Paris en 1900, associé à François Brandt, Roelof Klein fut l’un des deux premiers Néerlandais couronnés champions olympiques. Détail amusant : le barreur de l’embarcation, Hermanus Brockmann, fut remplacé au dernier moment par un jeune garçon, beaucoup plus léger, qui est resté inconnu ! Mais ce jeune garçon était tellement léger que les Néerlandais ont dû lester l’embarcation de 5 kg, car le gouvernail sortait de l’eau. Durant ces Jeux, Roelof Klein prit aussi la troisième place en huit, l’équipage néerlandais étant devancé par les États-Unis et la Belgique ; pour cette épreuve, Hermanus Brockmann avait repris sa place de barreur et, selon l’entraîneur néerlandais, c’est ce qui coûta la victoire aux Pays-Bas ! Par la suite, Roelof Klein, diplômé en ingénierie mécanique, travailla pour l’industrie pétrolière et se fixa États-Unis en 1910.

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François BRANDT (1874-1949)

Rameur néerlandais

Vainqueur du deux avec barreur aux Jeux de Paris en 1900, associé à Roelof Klein, François Brandt fut l’un des deux premiers Néerlandais couronnés champions olympiques. Détail amusant : le barreur de l’embarcation, Hermanus Brockmann, fut remplacé au dernier moment par un jeune garçon, beaucoup plus léger, qui est resté inconnu ! Mais ce jeune garçon était tellement léger que les Néerlandais ont dû lester l’embarcation de 5 kg, car le gouvernail sortait de l’eau. Durant ces Jeux, François Brandt prit aussi la troisième place en huit, l’équipage néerlandais étant devancé par les États-Unis et la Belgique ; pour cette épreuve, Hermanus Brockmann avait repris sa place de barreur et, selon l’entraîneur néerlandais, c’est ce qui coûta la victoire aux Pays-Bas ! Après avoir terminé ses études d’ingénierie civile à Delft, François Brandt travailla pour l’industrie ferroviaire jusqu’en 1938. Il fut alors ordonné évêque de l’Église catholique libérale pour les Pays-Bas et la Belgique et se consacra à son ministère.

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Henry BLACKSTAFFE (1868-1951)

Rameur britannique

Henry Blackstaffe fut un des meilleurs champions d’aviron à la fin du XIXe siècle et au début du XXe. Plusieurs fois vainqueur des Wingfield Sculls, il devra attendre de longues années avant de pouvoir participer aux Régates royales de Henley, pour une raison étrange : il exerçait la profession de boucher, et, pour les Anglais, il n’était pas considéré comme un « amateur ». Finalement, il fut autorisé à y prendre part en 1905, et il remporta les Diamond Sculls en 1906. En 1908, pour les Jeux Olympiques de Londres, les régates d’aviron se tenaient bien sûr à Henley. Le skiff fut l’épreuve reine. La finale mettait aux prises Henry Blackstaffe, âgé de 40 ans, et son compatriote Alexander McCulloch, âgé de 20 ans. Les deux hommes restèrent au coude-à-coude jusqu’à 50 mètres du but, quand Henry Blackstaffe parvint à prendre une légère avance, pour finalement devancer son rival de moins de 2 secondes. Henry Blackstaffe reste encore aujourd’hui le plus âgé des champions olympiques de skiff. Après ce triomphe, Henry Blackstaffe prit sa retraite sportive. Il fut élevé au grade de Freeman of the City of London, ce qui constituait une belle revanche pour cet ancien boucher.

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Noël VANDERNOTTE (1923- )

Champion d’aviron français

Vandermotte (2)Barreur, doublé médaillé aux Jeux Olympiques de Berlin en 1936, Noël Vandernotte demeure le plus jeune médaillé français de l’histoire (il avait 12 ans), et il connut un destin hors norme. Champion de France en 1935, Noël Vandernotte est sélectionné pour les Jeux de Berlin en 1936, en tant que barreur en quatre barré, dans un équipage où figurent également ses oncles, Fernand et Marcel Vandernotte, et en deux barré, avec Marceau Fourcade et Georges Tapie : à chaque fois, il obtient une médaille de bronze. Le gamin de 12 ans revient donc de Berlin avec deux médailles, mais aussi avec le dégoût de la mise en scène nazie des Jeux. Pour lui, aucun doute : l’Allemagne nazie se prépare pour la guerre. Durant la guerre, réfractaire au S.T.O., il aide la Résistance, notamment en se servant de son aventure olympique. Ainsi, il ne se sépare jamais de l’Olympia-Ausweis qui lui avait été remis à Berlin et, lors de chaque contrôle, cet Olympia-Ausweis devient une sorte de laissez-passer, même durant le couvre-feu : à la vue du document, les soldats allemands sont amadoués. Il termine la Seconde Guerre mondiale dans les rangs de l’armée française Rhin et Danube. Noël Vandernotte est encore champion de France du quatre barré en 1946, dans un équipage où figurent trois des quatre rameurs médaillés à Berlin.

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Viatcheslav IVANOV (1938- )

Rameur soviétique

ivanov3Viatcheslav Ivanov fut le premier triple médaillé d’or olympique dans la prestigieuse épreuve du skiff. Il est un des symboles de l’émergence du sport soviétique aux Jeux.

Ainsi, lors des Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956, le tout jeune Viatcheslav Ivanov (18 ans) cause la surprise : en retard, il accélère la cadence à 200 mètres de la ligne d’arrivée, dépasse l’Australien Stuart MacKenzie, et termine avec 5 secondes d’avance sur celui-ci. Ivanov est tellement ému après avoir reçu sa médaille d’or qu’il la laisse tomber dans le lac Wendouree ! Il plonge alors pour tenter de la récupérer, mais en vain. Le Comité international olympique lui offrira par la suite une médaille de remplacement.

Quatre ans plus tard, aux Jeux de Rome, Ivanov conserve son titre, devant Achim Hill (Allemagne). Cette série de victoires est cependant menacée lors des Jeux de Tokyo en 1964. Hill possède en effet une confortable avance aux 1 500 mètres, mais Ivanov jette toutes ses forces dans la bataille et reprend 11 secondes à l’Allemand sur la fin du parcours ; il remporte encore l’or.

Officier dans l’armée soviétique, Viatcheslav Ivanov fut onze années consécutivement champion de skiff de l’U.R.S.S., de 1956 à 1966. Quadruple champion d’Europe, il remporta également le Championnat du monde en 1962.

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Jack BERESFORD (1899-1977)

Champion d’aviron britannique

BEREDSFORD (2)Jack Beresford fut un des plus brillants champions d’aviron dans les années 1920-1930. Il peut se voir comme l’archétype du sportif anglais du temps de l’amateurisme. S’il se distingua aux Jeux Olympiques (5 médailles, dont 3 en or), il est encore plus connu pour ses exploits aux régates de Henley. Blessé durant la Première Guerre mondiale, Jack Beresford, membre du Thames Rowing Club, remporta à quatre reprises le Diamond Challenge Sculls (skiff) lors des régates de Henley dans les années 1920. Aux Jeux Olympiques, toujours en skiff, il obtint une médaille d’argent en 1920 et une médaille d’or en 1924. Par la suite, il s’adjugea une médaille de bronze en huit en 1928, puis deux nouvelles médailles d’or : quatre sans barreur en 1932, deux de couple (avec Leslie Southwood) en 1936. Son apogée sportif était alors passé, car il avait trente-sept ans, mais son sens tactique lui permettait de demeurer un redoutable compétiteur. Sa victoire olympique en deux de couple incita les organisateurs des régates de Henley à ajouter cette épreuve au programme en 1939. Beresford et Southwood remportèrent la régate lors de l’inauguration de cette course créée en leur honneur. Influer sur le programme des prestigieuses et aristocratiques régates de Henley constitue sans doute un exploit bien plus marquant que remporter cinq médailles olympiques. Est-ce pour cela que Jack Beresford fut fait commandeur de l’Empire britannique en 1960 ?

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Bernd et Jörg LANDVOIGT (1951- )

Rameurs est-allemands

landvoigt (2)Les histoires olympiques familiales sont assez courantes. Mais elles prennent encore plus de saveur quand il s’agit de jumeaux. Ainsi, Bernd et Jörg Landvoigt, deux jumeaux, ont mené leur carrière de concert. En 1972, aux Jeux de Munich, ils faisaient partie du huit est-allemand qui obtint la médaille de bronze. Ils décidèrent ensuite de se concentrer sur eux-mêmes, et constituèrent un équipage de deux sans barreur redoutable. Ils furent ainsi champions du monde en 1974, 1975, 1978 et 1979 et, surtout, champions olympiques en 1976 à Montréal puis en 1980 à Moscou. Notons que, à Moscou, ils devancèrent deux jumeaux, les Soviétiques Nicolaï et Youri Pimenov. Il s’agit sans nul doute du podium le plus familial de l’histoire olympique.

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Gaston DELAPLANE (1882-1977)

Rameur français

1906DELAPLANEGaston Delaplane, qui fut un des premiers champions d’aviron français, ne figure pas au palmarès olympique. Pourtant, il obtint trois médailles aux Jeux. En effet, en 1906 furent organisés à Athènes, contre la volonté de Pierre de Coubertin, des «Jeux Olympiques intercalaires», lesquels réunirent tous les meilleurs sportifs de l’époque. À Athènes, Gaston Delaplane remporta l’épreuve de skiff, devant un autre Français, Joseph Larran, obtint la médaille d’argent dans le quatre barré et la médaille de bronze dans le deux barré. Lire la suite

Hermann BARRELET (1879-?)

Rameur français

1900-barreletLe skiff est l’épreuve reine de l’aviron. Il convient donc de mettre à l’honneur Hermann Barrelet, qui est le seul Français couronné champion olympique de skiff. Né en Suisse, Hermann Barrelet s’installe en France au tournant du XXe siècle. Titulaire d’un baccalauréat de philosophie, il est une figure de la Société nautique d’Enghien-les-Bains. Aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, sur le bassin d’Asnières-Courbevoie, il remporte la régate olympique organisée à l’occasion de l’Exposition universelle. Lire la suite