Lucien MÉRIGNAC (1873-1941)

Escrimeur français

Lucien Mérignac est issu d’une lignée d’escrimeurs : son père, Louis, surnommé le « Grand Patron », possédait une célèbre salle d’escrime rue Joubert à Paris ; son oncle, Émile, était un historien de l’escrime (il publia notamment Histoire de l’escrime dans tous les temps et dans tous les pays). Il est donc logique qu’il devînt lui-même escrimeur et maître d’armes. Vainqueur de plusieurs grand tournois internationaux à la fin des années 1890, Lucien Mérignac participa aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, malgré sa qualité de maître d’armes : en effet, durant ces Jeux, au grand dam de Pierre de Coubertin, des sportifs « professionnels » furent autorisés à concourir. En escrime, il y avait donc deux catégories : amateurs et maîtres d’armes. Dans la compétition de fleuret, Lucien Mérignac remporta l’épreuve réservée aux maîtres d’armes, en battant son compatriote Alphonse Kirchhoffer en finale. Il y gagna aussi un surnom, en référence à son père : le « Petit Patron ».

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Matthias BEHR (1955- )

Escrimeur allemand

behrMatthias Behr, brillant fleurettiste, fut champion olympique par équipes en 1976 aux Jeux de Montréal, mais son nom reste attaché à un drame. En effet, lors des Championnats du monde de Rome, en 1982, il dispute les quarts de finale de l’épreuve de fleuret par équipes contre les Soviétiques. Lors de son assaut contre Vladimir Smirnov, champion olympique en 1980, la lame de son fleuret se casse en deux et va se planter, passant au travers du masque, dans la tête de son adversaire. Smirnov est évacué en urgence. La compétition reprend sur demande des autorités sportives soviétiques qui cachent à ses coéquipiers l’état réel de Smirnov. L’équipe allemande s’incline. Les Soviétiques seront champions du monde, mais Vladimir Smirnov décédera quelques jours plus tard. Matthias Behr sera médaillé d’argent à titre individuel et par équipes aux Jeux de Los Angeles en 1984, médaillé d’argent par équipes aux Jeux de Séoul en 1988.

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Émile COSTE (1862-1927)

Escrimeur français

Fils de militaire et militaire, sergent maître d’armes à Toulon, puis officier d’ordonnance à Lyon, Émile Coste fut aussi champion olympique de fleuret en 1900 à Paris, en battant en finale son compatriote Henri Masson. L’année précédente, il avait publié un ouvrage consacré à l’escrime : Fleurets rompus.

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Albert AYAT (1875-1935)

Escrimeur français

Albert Ayat fut, en 1900 aux Jeux de Paris, deux fois champion olympique à l’épée. En effet, durant ces Jeux, des « professionnels » étaient autorisés à prendre part à certaines compétitions. Maître d’armes, Albert Ayat remporta le tournoi d’épée dans cette catégorie, devant Gilbert Bougnol, qui était… son cousin. Puis une poule finale réunissait les quatre meilleurs « amateurs » et les quatre meilleurs « maîtres d’armes ». Albert Ayat l’emporta de nouveau, cette fois en battant en finale Ramon Fonst, qui était… son élève. Pour cette victoire, il reçut la coquette somme de 3 000 francs. Battre son cousin et son élève, voici qui n’est pas banal ! Plus tard, Albert Ayat fut nommé secrétaire général de l’Académie d’épée de Paris. Chevalier de l’Ordre de Saint-Stanislas, chevalier de la Légion d’honneur, directeur de salle d’armes, il forma plusieurs futurs champions.

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Jenö FUCHS (1882-1955)

Escrimeur hongrois

FUCHS-2-vintageJenö Fuchs a remporté quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques. Considéré comme le meilleur sabreur du début du XXe siècle, il aurait pu ne jamais pratiquer l’escrime car il était juif. En effet, à la fin du XIXe siècle, en Hongrie, les juifs n’avaient pas le droit de porter une arme. De ce fait, Jenö Fuchs ne put ni s’inscrire dans un club d’escrime ni participer à une compétition officielle. Quand cette interdiction fut levée, il participa à l’épreuve de sélection pour les Jeux Olympiques de Londres de 1908, et il se qualifia. Durant ces Jeux, il remporta la médaille d’or dans les épreuves de sabre individuelle et par équipes. Quatre ans plus tard, aux Jeux Olympiques de Stockholm, il réédita cet exploit.

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Pál SCHMITT (1942- )

Escrimeur et homme politique hongrois

1972-SCHMITT (2)Pál Schmitt est bien connu dans l’univers politique. Membre du Fidesz, il fut élu à l’Assemblée nationale hongroise en 2010, et en devint le président. En août 2010, avec le soutien du Premier ministre d’ultra-droite Viktor Orbán, il fut élu président de la République de Hongrie. Il restera en poste jusqu’en avril 2012, contraint de démissionner car il était mis en cause dans une affaire de plagiat. Tout cela nous éloigne de l’olympisme. Revenons-y. En effet, dans sa jeunesse, Pál Schmitt avait brillé en escrime : il obtint la médaille d’or dans la compétition d’épée par équipes aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, puis de Munich, en 1972. Il obtint également six médailles aux Championnats du monde, de 1967 à 1974. Par ailleurs, il fut vice-président du Comité international olympique de 1995 à 1999. Et il épousa une gymnaste, Katalin Makray, médaillée d’argent (barres asymétriques) aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964.

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Attila PETSCHAUER (1904-1943)

Escrimeur hongrois

ATTILA-2-antiqueAttila Petschauer fut un des meilleurs sabreurs des années 1920 et 1930. Il remporta notamment deux médailles d’or dans la compétition de sabre par équipes aux Jeux Olympiques, en 1928 et en 1932, ainsi qu’une médaille d’argent à titre individuel, en 1928, battu par son compatriote Odon Tersztyanssky. Mais Attila Petschauer était juif. Si son statut de sportif d’élite lui permit d’échapper au service du travail forcé imposé aux Juifs hongrois au début de la Seconde Guerre mondiale, ce même statut va lui valoir la mort. En 1943, Attila Petschauer fut envoyé dans un camp de travail forcé en Ukraine, dirigé par le lieutenant-colonel Kalman Cseh, un champion d’équitation hongrois. Attila Petschauer pensait échapper au pire car, avant la guerre, les deux hommes étaient très amis. Mais, l’être humain révèle souvent son vrai visage dans les pires conditions. Plutôt que de permettre à Attila Petschauer de bénéficier de conditions de détention moins horribles, Kalman Cseh va ordonner à ses subordonnés de « maltraiter ce Juif ». Le 20 janvier 1943, Attila Petschauer est exécuté de manière atroce. Károly Kárpáti, champion olympique de lutte, décrit dans ses Mémoires les conditions tragiques de la mort d’Attila Petschauer : « Les gardes lui ont dit : “Toi, le médaillé olympique… regarde cet arbre où tu vas mourir”. C’était encore l’hiver et la température était basse, mais il fut déshabillé et suspendu à un arbre. Les gardes s’amusèrent à le tabasser, et l’aspergèrent d’eau. La glace se forma sur son corps… Il est mort peu après. » Quand on affirme que le sport rapproche les hommes, il faut donc nuancer le propos, et rappeler le sort réservé à Attila Petschauer par Kalman Cseh, son compatriote, coéquipier et « ami ». La destinée tragique d’Attila Petschauer a fait l’objet d’un film d’István Szabó, Sunshine (1999), dans lequel Ralph Fiennes joue son personnage.

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Ivan OSIIER (1888-1965)

Escrimeur danois

OSIIEREscrimeur polyvalent, maîtrisant les trois armes (il fut champion de Scandinavie six fois au fleuret, six fois au sabre et une fois à l’épée), Ivan Osiier ne remporta qu’une médaille olympique : il s’adjugea la médaille d’argent dans la compétition à l’épée aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, s’intercalant entre les Belges Paul Anspach et Philippe le Hardy de Beaulieu. Pourtant, il connut une longévité sportive étonnante. Il participa pour la première fois aux Jeux en 1908, pour la dernière fois en 1948. Sur cette période, il est une édition durant laquelle il fut absent : celle de Berlin, en 1936. En effet, juif, Ivan Osiier fut un des rares sportifs à boycotter ces Jeux nazis. On note une curiosité : aux Jeux de Paris, en 1924, il laissa en quelque sorte la vedette à son épouse, Ellen Osiier, médaillée d’or dans l’épreuve individuelle à l’épée.

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Albertson VAN ZO POST (1866-1933)

Escrimeur américain considéré comme cubain

1904VAN-ZOQuand on connaît l’antagonisme qui existe depuis la révolution castriste entre les États-Unis et Cuba, les atermoiements concernant la nationalité sportive d’Albertson Van Zo Post font sourire. Albertson Van Zo Post est un des très rares escrimeurs à avoir été médaillé olympique dans les trois armes. Aux Jeux Olympiques de 1904, à Saint Louis, Albertson Van Zo Post participa aux cinq compétitions d’escrime et il obtint à chaque fois une médaille. Il remporta la médaille d’or dans la compétition de fleuret par équipes (pour le compte d’une équipe mixte ou de Cuba selon les sources), la médaille d’argent dans l’épreuve individuelle de fleuret, une médaille de bronze dans les compétitions individuelle d’épée et de sabre. Il y ajouta une médaille d’or dans la compétition individuelle de bâton (sport de démonstration durant ces Jeux), faisant donc carton plein. Dans les palmarès officiels du Comité international olympique (C.I.O.), Albertson Van Zo Post est présenté comme cubain. En fait, né à Cincinnati, il était bien américain.

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Otto HERSCHMANN (1877-1942)

Nageur, escrimeur et dirigeant sportif autrichien

1896-HerschmannOtto Herschmann se distingua lors des Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896: il se classa deuxième du 100 mètres, la première course de natation des Jeux Olympiques modernes, derrière le Hongrois Alfred Hajós, une épreuve qui se déroulait dans l’eau fraîche (13 0C) et troublée de la baie de Zéa, au Pirée. Mais Otto Herschmann était aussi escrimeur: en 1906, aux «Jeux intercalaires» d’Athènes, il participa à la compétition de sabre, sans obtenir de médaille. Devenu président du Comité olympique autrichien, Otto Herschmann s’adjugea la médaille d’argent dans l’épreuve de sabre par équipes aux Jeux de Stockholm, en 1912. Otto Herschmann est un des rares sportifs à avoir obtenu une médaille olympique dans deux disciplines différentes, et le seul président d’un Comité olympique national en exercice à s’être adjugé une médaille aux Jeux. Otto Herschmann, dirigeant sportif reconnu en Europe, se rendit aux États-Unis dès 1913, afin d’étudier le système de préparation américain, le plus efficace à l’époque. Président de la Fédération autrichienne de natation de 1914 à 1932, Otto Herschmann, juif, fut déporté au camp de concentration de Sobibor en janvier 1942, et il y décéda en novembre de la même année.

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