Nat PENDLETON (1895-1967)

Acteur et lutteur américain

1920PENDLETONNat Pendleton est bien connu des amateurs du septième art, puisqu’il tourna dans plus de cent films. Mais on sait moins qu’il obtint une médaille d’argent aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920, et cette double carrière lui vaut mention au titre de l’olympisme inattendu. Selon certaines sources, Nat Pendleton aurait tourné dans un premier film, en 1913, The Battle of Gettysburg, mais l’information n’est pas avérée. Durant ses années de lycée, il pratique la lutte libre, et il est sélectionné dans l’équipe américaine pour les Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. Lire la suite

YANG JUNG-MO (1953- )

Lutteur sud-coréen

1972-YANGLa Corée du Sud est désormais une nation forte des Jeux Olympiques, qui se classe régulièrement dans le haut de l’officieux tableau des médailles. Pourtant, ce ne fut pas toujours le cas. En effet, de 1912 à 1936, la Corée étant occupée par le Japon, ses représentants participaient aux Jeux, contre leur gré, sous la bannière nippone. La Corée du Sud fut représentée en tant que telle aux Jeux Olympiques pour la première fois en 1948 à Londres. Mais il fallut attendre 1976 et les Jeux de Montréal pour qu’un Sud-Coréen soit couronné champion olympique. Célébrons donc Yang Jung-mo, vainqueur de la compétition de lutte libre dans la catégorie des poids plume, qui est considéré comme le premier champion olympique sud-coréen. Yang Jung-mo obtint par ailleurs deux médailles d’or aux Jeux asiatiques (en 1974 et en 1978) et deux médailles aux Championnats du monde (bronze en 1975, argent en 1978).

©Pierre LAGRUE



Emam-Ali HABIBI (1931- )

Lutteur iranien

1956-HABIBIÊtre le premier champion olympique de son pays mérite bien une mention particulière. Rendons donc hommage à Emam-Ali Habibi qui, en 1956 aux Jeux de Melbourne, offrit à l’Iran la première médaille d’or de son histoire olympique. En effet, Emam-Ali Habibi remporta la compétition de lutte libre, dans la catégorie des poids légers, en battant en finale le Japonais Shigeru Kasahara. Il était logique qu’un lutteur fût le premier champion olympique iranien, car ce sport offrira à l’Iran 43 de ses 69 médailles aux Jeux d’été (depuis sa première participation aux Jeux en 1948 jusqu’à 2016). Emam-Ali Habibi sera également trois fois champion du monde (1959, 1961, 1962), mais il connaîtra une déception aux Jeux de Rome en 1960: battu par l’Américain Douglas Blubaugh, il ne prit que la quatrième place. Néanmoins, Emam-Ali Habibi, surnommé le «Tigre de Mazandéran», est considéré comme une légende du sport iranien, et il bénéficie d’une belle renommée sur le plan international.

©Pierre LAGRUE



Nikola STANCHEV (1930-2009)

Lutteur bulgare

1956-STANCHEVÊtre le premier champion olympique de son pays mérite bien une mention particulière. Rendons donc hommage à Nikola Stanchev qui, en 1956 aux Jeux de Melbourne, offrit à la Bulgarie la première médaille d’or de son histoire olympique. En effet, Nikola Stanchev remporta la compétition de lutte libre, dans la catégorie des poids moyens, en battant en finale l’Américain Daniel Hodge. Il était logique qu’un lutteur fût le premier champion olympique bulgare, car, des origines à 2016, la lutte offrira à la Bulgarie 68 de ses 218 médailles aux Jeux d’été. Après cet exploit, Nikola Stanchev réalisera très peu de performances notables, et il mit un terme à sa carrière sportive avant les Jeux de Rome, en 1960. Mais sa médaille d’or fit de lui un précurseur, et lui offrit plus tard un amusant surnom: «Le Youri Gagarine du sport bulgare».

©Pierre LAGRUE



Verner WECKMAN (1882-1968)

Lutteur finlandais

1908-WECKMANÊtre le premier champion olympique de son pays mérite bien une mention particulière. Rendons donc hommage à Verner Weckman, qui fut, en 1908 aux Jeux de Londres, le premier Finlandais couronné champion olympique. En effet, le 22 juillet, il remporta la compétition de lutte-gréco romaine, dans la catégorie des poids mi-lourds, en battant en finale son compatriote Yrjö Saarela. C’était la première fois que le Grand-Duché de Finlande était représenté aux Jeux Olympiques, ce qui n’allait pas sans poser problème, car la Finlande faisait alors partie de l’Empire russe. Toujours est-il que 67 Finlandais participèrent à ces Jeux, mais que seul Verner Weckman obtint une médaille d’or. En fait, Verner Weckman avait déjà brillé en lutte gréco-romaine aux Jeux Olympiques, en 1906, remportant la médaille d’or dans la catégorie des poids moyens et la médaille d’argent dans la compétition «toutes catégories». Mais ces Jeux intercalaires d’Athènes ne seront pas reconnus par le Comité international olympique (C.I.O.). Par la suite, Verner Weckman travaillera comme ingénieur des mines, et, en 1953, il sera fait Vuorineuvos (conseiller des Mines), un titre honorifique important en Finlande, de même rang que celui de conseiller d’État.

©Pierre LAGRUE



Carl SCHUHMANN (1869-1946)

Sportif allemand

1896-SCHUMANNÊtre le premier champion olympique de son pays mérite bien une mention particulière. Rendons donc hommage à Carl Schuhmann, qui fut, en 1896 aux Jeux d’Athènes, le premier Allemand couronné champion olympique. Pour faire bonne mesure, Carl Schuhmann, sportif éclectique, fut cette année-là quadruple champion olympique! Il remporta en effet la compétition de lutte gréco-romaine et trois épreuves de gymnastique (saut de cheval individuel, barres parallèles par équipes, barre fixe par équipes). Carl Schuhmann prit également part à deux épreuves d’athlétisme (il fut cinquième du triple saut) et à la compétition d’haltérophilie (il se classa quatrième de l’épreuve à deux bras). Notons néanmoins que Carl Schuhmann aurait pu ne jamais faire partie du panthéon olympique, car il faillit être disqualifié pour «professionnalisme» (le jury ne reconnut sa qualité d’«amateur» que peu avant la cérémonie de clôture de ces Jeux). On note enfin que Carl Schuhmann, alors âgé de 67 ans, participa à une exhibition de gymnastique donnée dans le cadre des sinistres Jeux Olympiques de Berlin, en 1936

©Pierre LAGRUE



Ivar BÖHLING (1889-1929)

Lutteur finlandais

bohlingIvar Böhling figure ici au titre de l’olympisme inattendu, car il obtint la médaille d’argent dans la catégorie des lourds-légers aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, d’une curieuse manière. En finale, Ivar Böhling et le Suédois Anders Ahlgren n’avaient pas réussi à se départager. Les juges refusèrent de décerner une médaille d’or, au motif que le champion olympique devait gagner la finale. Le jury décida d’attribuer aux deux hommes une médaille d’argent. Ivar Böhling fut par la suite champion d’Europe en 1914, avant de combattre chez les professionnels.

©Pierre LAGRUE



Kaori Icho a-t-elle dépassé Kareline ?

lutte1

Oerter, Lewis et Phelps pour compagnons

Aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, la Japonaise Kaori Icho s’est imposée pour la quatrième fois consécutivement dans la compétition de lutte libre (moins de 58 kg). Remporter quatre médailles d’or à la suite dans la même épreuve est rarissime: seuls les Américains Al Oerter (lancer du disque), Carl Lewis (saut en longueur) et Michael Phelps (natation) y sont parvenus. Mieux, la lutte n’ayant été inscrite au programme féminin qu’aux Jeux d’Athènes, en 2004, la Japonaise a remporté tous les titres olympiques dans sa catégorie. Kaori Icho est une véritable icône au pays du Soleil levant. Mais se situe-t-elle vraiment tout en haut du panthéon olympique de la lutte? Difficile de l’affirmer. En effet, la lutte féminine est un sport majeur au Japon, populaire dans certains pays d’Asie, mais peu pratiquée ailleurs. Et n’oublions pas qu’Alexandre Kareline, champion olympique en 1988, 1992 et 1996, imposa à la Fédération internationale de renoncer à la modification des catégories de poids alors envisagée (limiter le poids maximal à 125 kg au lieu de 130 kg) afin qu’il puisse participer aux Jeux de Sydney en 2000… où il fut battu pour la première fois depuis 1987.

©Pierre LAGRUE



Kareline plus fort que la Fédération internationale de lutte

Diktat !

KarelineAprès les Jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996, la Fédération internationale de lutte décida de modifier les catégories de poids. Ainsi, chez les lourds, elle voulait fixer la limite à 125 kg au lieu de 130 kg. Mais le Russe Alexandre Kareline, champion olympique en 1988, 1992 et 1996, qui pensait prendre sa retraite sportive, fit volte-face. Il posa néanmoins une condition pour continuer à combattre: que la Fédération internationale renonçât à cette modification de poids. Et la Fédération s’exécuta. Kareline combattra jusqu’en 2000, mais l’Américain Rulon Gardner le dominera en finale aux Jeux Olympiques de Sydney. Alexandre Kareline n’avait plus connu la défaite depuis 1987.

©Pierre LAGRUE