Katarina WITT (1965- )

Patineuse est-allemande

Usant de son charme, séduisante et séductrice, Katarina Witt marqua le patinage artistique féminin de son empreinte. Avec elle, le patinage artistique connut un engouement médiatique inédit, qu’il conservera. Katarina Witt s’initie au patinage artistique sous la direction de l’entraîneuse est-allemande Jutta Müller, qui a déjà formé Gabrielle Seyfert et Anett Poetsch. Championne d’Europe en 1982, elle obtiendra cinq autres titres (1983, 1984, 1985, 1987 et 1988). Elle connaît son premier sacre mondial en 1984, performance qu’elle rééditera en 1985, 1987 et 1988.

En 1984, lors des Jeux Olympiques de Sarajevo, elle s’adjuge le titre, grâce à un programme libre parfait, s’imposant devant la favorite américaine Rosalynn Sumners. En 1988, à Calgary, une autre Américaine, Debi Thomas, se veut sa principale rivale. Interprétant une Carmen enjôleuse à l’érotisme quelque peu provocant, Katarina Witt charme juges et public, et obtient une nouvelle médaille d’or, devant la Canadienne Elizabeth Manley. Elle met alors un terme à sa carrière et se produit dans les spectacles professionnels.

Elle laisse l’image d’une patineuse à l’élégance absolue, qui a su marier ses qualités physiques à un charme incomparable. En 1994, à Lillehammer, les professionnels étant autorisés à participer aux Jeux, Katarina Witt se classe septième de l’épreuve remportée par l’Ukrainienne Oksana Baïul, mais le public lui réserve une magnifique ovation, saluant une dernière fois sa grâce.

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Ulrich SALCHOW (1877-1949)

Patineur suédois

Ulrich Salchow fut le roi du patinage artistique au début du XXe siècle : il remporta dix titres de champion du monde (1901-1905, 1907-1911) et neuf titres de champion d’Europe (la légende dit qu’il a obtenu tous ses titres avec la même paire de patins !) Il donna aussi son nom à une figure, le salchow, qui est un saut simple (le patineur fait appel sur la carre arrière intérieure du pied traceur, accomplit une rotation dans les airs et atterrit sur la carre arrière extérieure de l’autre pied). Homme généreux, Ulrich Salchow savait reconnaître le talent de ses concurrents. Ainsi, lors des Championnats du monde de 1902, il fut classé premier devant la Britannique Madge Syers (aucun règlement n’interdisait à une femme de participer à ce championnat masculin) : il offrit à cette dernière sa médaille d’or, convaincu qu’elle aurait dû gagner.

Les Jeux Olympiques d’hiver ne furent créés qu’en 1924, et Ulrich Salchow avait alors mis fin à sa carrière. Néanmoins, il fut champion olympique : en effet, le patinage artistique figura au programme des Jeux (d’été) de Londres en 1908, et il s’adjugea la médaille d’or.

Notons qu’Ulrich Salchow, qui était une célébrité et vivait au Danemark, fut expulsé de ce pays en 1917, dans le cadre de la loi Efter Fremmedloven med tilhold (« loi sur le refuge des étrangers »). Bien qu’il se fût marié avec une Danoise en 1931, il décida de ne jamais remettre les pieds au Danemark. Ulrich Salchow fut le président de la Fédération internationale de patinage de 1925 à 1937, et il travailla en tant que journaliste au quotidien suédois Dagens Nyheter et à l’agence de presse américaine Associated Press.

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Walter JAKOBSSON (1882-1957)

Patineur finlandais

Walter Jakobsson rencontra sa partenaire et sa future épouse, l’Allemande Ludowika Eilers, en 1907, alors qu’il étudiait l’ingénierie à Berlin. Ils obtinrent une médaille d’argent dans la compétition de patinage artistique par couples aux Championnats du monde en 1910, puis une médaille d’or en 1911. La Fédération internationale de patinage considère que ces médailles sont des demi-médailles, partagées entre la Finlande et l’Allemagne. Walter et Ludowika se marièrent en 1911, après ces Championnats. Dès lors, ils représentèrent la Finlande en compétition. Ils furent de nouveau champions du monde en 1914. Le couple, qui vivait à Berlin, s’installa en Finlande en 1916. En 1920, aux Jeux Olympiques d’Anvers, les Jakobsson remportèrent la médaille d’or. De nouveau champions du monde en 1923, les Jakobsson obtinrent une médaille d’argent aux Jeux Olympiques d’hiver de Chamonix en 1924. Ils participèrent une dernière fois aux Jeux, en 1928, se classant cinquièmes. Walter Jakobsson était photographe amateur et membre du Fotografiamatörklubben i Helsingfors. Sa spécialité était les photographies de villes sombres avec des effets de lumière spéciaux, comme la pluie ou le brouillard.

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Magda JULIN (1894-1990)

Patineuse suédoise

Fille d’un producteur de musique français, Magda Julin s’est installée en Suède avec sa famille à l’âge de sept ans. Championne de Suède en 1911, 1916 et 1918, elle remporta les Jeux nordiques en 1919. Néanmoins, elle demeurait méconnue et sa victoire dans l’épreuve de patinage artistique des Jeux Olympiques d’Anvers en 1920 constitua une réelle surprise. D’autant que les conditions de son succès furent étonnantes. Pour le libre, elle prévoyait de se produire au son du Beau Danube bleu de Johann Strauss. Or, juste après la fin de la guerre, les sentiments antiallemands étaient très forts, et elle ne fut pas autorisée à utiliser cette musique. En outre, elle était enceinte de quatre mois lors de la compétition olympique. Enfin, aucun des juges ne lui accorda la première place mais, à la moyenne, elle obtint la médaille d’or. Par la suite, elle dirigea un café puis un restaurant. Elle ne prit sa retraite qu’à 77 ans, et elle se produisit une dernière fois sur la glace, en 1990, pour l’inauguration de la patinoire d’Östersund… à 95 ans !

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Record de talismans

Superstition…

HENNINGOn le sait, les sportifs sont très souvent superstitieux, et nombre d’entre eux ont des « rituels » et des objets porte-bonheur. Mais la patineuse américaine Anne Henning détient une sorte de record à la matière : aux Jeux Olympiques de Sapporo, en 1972, alors âgée de seize ans, elle ne se séparait jamais d’une poupée, d’un trèfle à quatre feuilles, d’un ornement de Noël et, bien sûr, d’une perle du Japon. Grâce à tous ces talismans, mais aussi et surtout à son talent, elle remporta le 500 mètres devant deux concurrentes soviétiques.

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Aleksandr GORELIK (1945-2012)

Patineur soviétique

1968GORELIK (2)Champion de patinage par couple, Aleksandr Gorelik, associé à Tatiana Zhuk, fut médaillé d’argent aux Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble, en 1968. Ce couple n’était devancé que par leurs célèbres compatriotes Oleg Protopopov et Ludmila Beloussova. Ces derniers prenant leur retraite sportive, les plus belles perspectives s’ouvraient à Aleksandr Gorelik et Tatiana Zhuk, présentés comme leurs héritiers. Mais Tatiana Zhuk prit une autre décision : mariée au footballeur Albert Chesternev, elle mit fin à sa carrière car elle attendait un enfant. Aleksandr Gorelik chercha une nouvelle partenaire, tenta de convaincre Irina Rodnina de patiner avec lui, mais celle-ci fit un autre choix. Aleksandr Gorelik mit donc lui aussi fin à sa carrière.

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Birger WASENIUS (1911-1940)

Patineur de vitesse finlandais

1936Wasenius-2-sepiaBirger Wasenius fut le meilleur représentant finlandais dans les compétitions de patinage de vitesse des Jeux Olympiques d’hiver de Garmisch-Partenkirchen en 1936, dominées par les Norvégiens, qui remportèrent les quatre médailles d’or. En effet, il s’adjugea deux médailles d’argent (5000 et 10000 mètres) et une médaille de bronze (1500 mètres). Champion du monde en 1939, il n’aura malheureusement pas la possibilité d’enrichir son palmarès : sergent-major dans l’armée finlandaise, il fut tué pendant la guerre d’Hiver en 1940.

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Jogan Olav KOSS (1969- )

Patineur de vitesse norvégien

KOSS (2)Jogan Olav Koss pourrait être vu comme l’exemple parfait de l’olympien. En effet, déjà médaillé d’or dans le 1 500 mètres aux Jeux Olympiques d’Albertville en 1992, il fut l’indiscutable vedette des Jeux d’hiver de Lillehammer 1994 : il remporta les 1 500, 5 000 et 10 000 mètres, en battant à chaque fois le record du monde Surtout, personnage généreux, Jogan Olav Koss mit sa notoriété au service de l’aide aux enfants du Tiers Monde dans le cadre de missions de l’U.N.I.C.E.F.

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Tonya HARDING (1970- )

Patineuse américaine

HARDINGLa patineuse artistique Tonya Harding est devenue mondialement « célèbre » peu avant les Jeux Olympiques de Lillehammer, en 1994. Six semaines avant la compétition, sa rivale américaine, Nancy Kerrigan, fut agressée par un « commando » et blessée au genou. Ce « commando » était commandé par le mari et entraîneur de Tonya Harding. Cette dernière nia toute implication dans cette affaire. Faute de preuves, elle fut autorisée à participer aux Jeux : déconcentrée, Tonya Harding tomba à plusieurs reprises durant le programme libre et ne prit que la huitième place de l’épreuve remportée par la jeune Ukrainienne Oksana Baïul, alors que Nancy Kerrigan, moins grièvement blessée qu’on ne le pensait, obtint la médaille d’argent. La suite de la vie de Tonya Harding ressembla à un roman noir : condamnée par la justice dans l’« affaire Kerrigan », exclue de la Fédération américaine de patinage, elle continua de défrayer la chronique. Ainsi, une vidéo hard de sa nuit de noces fut rendue publique. En 2003-2004, elle devint boxeuse, combattant sans grand succès. Elle apparut aussi dans quelques séries télévisées, puis tomba dans l’anonymat, exerçant divers métiers (soudeuse, peintre en bâtiment…). Elle sortit de cet anonymat en décembre 2017, grâce au cinéaste australien Craig Gillespie, qui tourna un biopic parodique consacrée à l’ancienne patineuse, I Tonya (Moi, Tonya). Ce pseudo-documentaire consacré à la « méchante » de l’histoire prend quelques libertés avec la vérité, mais il n’occulte pas le fait que Tonya Harding était issue d’une Amérique glauque, qu’elle fut battue par sa mère, puis abusée par son mari. Margot Robbie, qui campe une Tonya Harding plus grossière que l’originale, fut nommée aux oscars pour ce rôle.

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Clara HUGHES (1972- )

Patineuse de vitesse et cycliste canadienne

HUGHES (2)Clara Hughes est une des rares championnes à avoir obtenu une médaille à la fois aux Jeux Olympiques d’été et d’hiver. En effet, aux Jeux Olympiques d’été d’Atlanta, en 1996, elle s’adjugea la médaille de bronze dans la course cycliste sur route, derrière la Française Jeannie Longo et l’Italienne Imelda Chiappa, et la médaille de bronze dans le contre-la-montre. Par ailleurs, elle remporta quatre médailles olympiques en patinage de vitesse, dont une médaille d’or dans le 5 000 mètres aux Jeux Olympiques de Turin en 2006. Ajoutons que Clara Hughes milite pour la préservation de l’environnement.

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