Susan HOLLOWAY (1955- )

Sportive canadienne

holloway2 (2)Susan Holloway présente la singularité d’avoir participé aux Jeux d’hiver puis aux Jeux d’été ; en outre, la guerre froide olympique eut une influence sur sa carrière. Bonne skieuse de fond, elle prend part aux Jeux Olympiques d’hiver à Innsbruck, en 1976, se classant trente-deuxième du 10 kilomètres et, avec l’équipe canadienne, septième du relais 4 fois 5 kilomètres. Toujours en 1976, elle participe aux Jeux d’été de Montréal, en kayak, se classant huitième du 500 mètres K2. Elle espérait briller aux Jeux de Moscou, en 1980, car elle était désignée porte-drapeau du Canada : mais le boycottage de ces Jeux par les États-Unis et leurs alliés, dont le Canada, la priva de cette joie. Enfin, en 1984, aux Jeux de Los Angeles, elle obtint deux médailles olympique en kayak (argent en K2, bronze en K4) : cette fois, le boycottage des Jeux par l’Union soviétique et ses pays satellites lui fut favorable, car les meilleures kayakistes, presque toutes issues du bloc de l’Est, étaient absentes.

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Doublé de jumeaux

Jamais sans mon frère…

Mahre (2)En 1984, aux Jeux Olympiques de Sarajevo, les Américains Phil Mahre et Steve Mahre prirent les deux premières places du slalom. Ce doublé familial est d’autant plus marquant que les frères Mahre étaient jumeaux. Bien sûr ravis par ce résultat, ils aimaient à dire que l’ordre d’arrivée était logique, puisque Phil était né le premier. Si, aux Jeux, Phil devança Steve de 0,21 s, on ignore quelle fut son « avance » à la naissance.

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Pita Nikolas TAUFATOFUA (1983- )

Sportif tongien

TAUFA (2)Participer aux Jeux Olympiques peut être un objectif en lui-même. Pita Nikolas Taufatofua, licencié en ingénierie, mannequin parfois, le fit sien. Mieux, il participa à la fois aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver. Adepte de taekwondo, il parvint à se qualifier, après trois tentatives infructueuses et de multiples blessures, pour les Jeux Olympiques en 2016, à Rio. Porte-drapeau de la maigre délégation des Tonga (sept participants) lors de la cérémonie d’ouverture, il étonna le monde entier et fit le bonheur des médias en défilant vêtu simplement d’un taʻovala (natte traditionnelle tongienne autour de la taille), le torse nu et enduit d’huile de coco. En compétition, il brilla moins, puisque, combattant dans la catégorie des plus de 80 kg, il fut éliminé sèchement au premier tour par l’Iranien Sajjad Mardani. Pita Nikolas Taufatofua ne se découragea pas et décida de tenter de participer aux… Jeux d’hiver de PyeonChang en 2018. Il n’apprit à skier qu’en 2017, mais réussit à se qualifier en allant disputer une course en Islande au début de 2018, juste avant la clôture des inscriptions. Qualifié de manière improbable pour disputer le 15 kilomètres style libre en ski de fond, il fut bien évidemment le porte-drapeau de la délégation des Tonga réduite à lui-même durant la cérémonie d’ouverture des Jeux : une nouvelle fois, il défila torse nu et enduit d’huile de coco, mais la température était de moins 10 degrés ! Pita Nikolas Taufatofua termina avant-dernier de cette course, mais là n’est pas l’essentiel.

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Kjetil Andre AAMODT (1971- )

Skieur norvégien

AAMODT (2)Initié au ski par son père, à Frognerseteren, sur les hauteurs d’Oslo, dès l’âge de cinq ans, Kjetil Andre Aamodt remporte cinq médailles lors des Championnats du monde juniors en 1990. Il connaît ses premiers succès chez les « grands » lors des Jeux Olympiques d’Albertville, en 1992 : pourtant victime d’une mononucléose quelques mois avant l’ouverture des compétitions, il remporte le super-géant et obtient la médaille de bronze dans le  slalom géant. Champion du monde de slalom et de slalom géant en 1993, il obtient trois nouvelles médailles aux Jeux de Lillehammer en 1994 : l’argent en descente et lors du combiné gagné par son compatriote Lasse Kjus, qui sera son rival pendant plus de dix ans ; le bronze en super-géant. Déjà absent des podiums lors des Jeux de Nagano en 1998, il semble sur le déclin quand il se présente aux Jeux de Salt Lake City en 2002. Si sa victoire dans le combiné ne constitue pas une réelle surprise, il étonne en gagnant, dix ans après son premier succès olympique, le super-géant, devant le favori autrichien Stephan Eberharter. Par la suite, il ne remporte aucune course de Coupe du monde – si ce n’est le combiné de Wengen en 2003. Néanmoins, il est encore présent aux Jeux de Turin en 2006, mais il ne fait plus partie des prétendants aux médailles, d’autant qu’il est diminué par une blessure. Or, dans le super-géant, il cause une nouvelle fois la surprise : dans des conditions difficiles – la course a dû être repoussée en raison des chutes de neige –, il met à profit son incomparable expérience et s’adjuge une nouvelle médaille d’or, devant l’Autrichien Hermann Maier, un autre skieur expérimenté. Quatorze ans après sa première médaille d’or olympique en super-géant, il est de nouveau titré. Malgré sa modestie et sa discrétion, Kjetil Andre Aamodt entre ce jour-là de plain-pied dans la légende du ski. Au début de 2007, il annonce sa retraite sportive. Il aura remporté 4 médailles d’or, 2 d’argent et 2 de bronze aux Jeux Olympiques, 5 médailles d’or, 4 d’argent et 3 de bronze aux Championnats du monde. A contrario, son nombre de victoires en Coupe du monde (21, dont 8 combinés, une épreuve peu prisée) est moins impressionnant. En fait Kjetil Andre Aamodt était l’homme des grands rendez-vous.

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Katerina NEUMANNOVA (1973- )

Skieuse de fond tchèque

NEUMANNOVA-2-boostKaterina Neumannova fut longtemps surnommée la « Poulidor du ski de fond ». En effet, durant des années, de 1992 à 2005, elle multiplia les médailles aux Championnats du monde comme aux Jeux Olympiques, sans jamais remporter l’or. Elle obtint enfin une médaille d’or aux Championnats du monde en 2005, puis aux Jeux Olympiques de Turin en 2006, où elle s’imposa dans le 30 kilomètres. En outre, en 1996, elle participa aussi aux Jeux Olympiques d’été : elle se classa dix-huitième de l’épreuve de cross-country en V.T.T. Cette excursion vers le cyclisme « colle » bien à son surnom !

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Anfisa REZTSOVA (1964- )

Skieuse et biathlète russe

REZTOVA-2-concentrateLe palmarès d’Anfisa Reztsova présente une particularité : elle est la seule femme à avoir été championne olympique en ski de fond et en biathlon. Ainsi, en 1988, aux Jeux Olympiques d’hiver de Calgary, durant les compétitions de ski de fond, elle remporta le relais 4 fois 5 kilomètres et obtint la médaille d’argent dans le 20 kilomètres, sous les couleurs de l’Union soviétique. En 1992, aux Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville, l’Union soviétique avait disparu, alors que le biathlon apparaissait au programme féminin : représentant la Communauté des États indépendants, Anfisa Reztsova participa aux épreuves de biathlon ; elle remporta le 7,5 kilomètres et obtint la médaille de bronze dans le relais 4 fois 7,5 kilomètres. En 1994, aux Jeux Olympiques d’hiver de Lillehammer, concourant désormais pour la Russie, Anfisa Reztsova remporta le relais 4 fois 7,5 kilomètres en biathlon. Anfisa Reztsova, qui représenta donc trois pays aux Jeux, obtint par ailleurs cinq médailles (dont trois en or) aux Championnats du monde de ski de fond et une médaille d’argent aux Championnats du monde de biathlon.

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Marja-Liisa HÄMÄLÄINEN-KIRVESNIEMI (1955- )

Skieuse de fond finlandaise

1984kirvesniemi-2-concentrateMarja-Liisa Hämäläinen remporta sept médailles olympiques et huit médailles (dont trois en or) aux Championnats du monde. Pourtant, sans son fiancé, Harri Kirvesniemi, son palmarès serait sans doute vierge. En effet, née dans une famille de skieurs de fond, Marja-Liisa Hämäläinen disputa sa première compétition en 1971. Or, dix ans plus tard, alors qu’elle avait déjà participé aux Jeux Olympiques en 1976 et en 1980, et plusieurs fois aux Championnats du monde, elle n’avait obtenu aucune médaille dans les compétitions individuelles internationales. Elle songea alors à mettre un terme à sa carrière sportive. Mais son fiancé, le skieur de fond Harri Kirvesniemi, l’en dissuada. Et il eut raison, car, aux Jeux Olympiques de Sarajevo, en 1984, Marja-Liisa Hämäläinen remporta les trois courses individuelles de ski de fond, ajoutant une médaille de bronze dans le relais. Après ce triomphe, pour que le conte de fée fût complet, Marja-Liisa Hämäläinen épousa Harri Kirvesniemi. Marja-Liisa Hämäläinen-Kirvesniemi participa encore trois fois aux Jeux Olympiques, obtenant une médaille de bronze en 1988 et deux médailles de bronze en 1994. Mais, comme les histoires d’amour finissent mal en général, le couple divorça en 2011.

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Ester Ledecka conserve son masque durant la conférence de presse

Fille de pub !

LEDEKA (2)Le succès de la Tchèque Ester Ledecka dans le super-géant alpin aux Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang constitua une des plus grandes surprises de l’histoire des Jeux Olympiques. En effet, Ester Ledecka est avant tout une championne de snowboard, et elle ne participait à des épreuves de ski alpin qu’en dilettante. Quand elle prit le départ du super-géant, avec son dossard numéro 26, équipée de skis Atomic que lui avait prêtés l’Américaine Mikaela Shiffrin, chacun félicitait déjà l’Autrichienne Anna Veith pour sa médaille d’or. La surprise fut donc totale quand s’afficha le temps d’Ester Ledecka, qui améliorait la performance de l’Autrichienne d’un centième de seconde ; durant de longues secondes, les bras ballants, la jeune Tchèque fixa le tableau d’affichage, incrédule, pensant à une erreur de chronométrage. Bien sûr, sa victoire fut confirmée… mais elle aurait pu être remise en cause durant la conférence de presse. Ester Ledecka se présenta en effet devant les journalistes sans ôter son masque de ski : « Je ne l’enlève pas, car c’est mon sponsor », déclara-t-elle. Mais elle se rendit vite compte de son erreur, car le règlement olympique interdit d’afficher ainsi son sponsor personnel. Ester Ledecka rectifia le tir, ajoutant, tout sourire : « Non, en fait, je ne pensais pas être à la conférence de presse, et comme je ne suis pas maquillée, je garde mon masque… » On n’est pas obligé de la croire… Quelques jours plus tard, elle remporta une seconde médaille d’or, dans le slalom géant de snowboard, une épreuve dont elle était la favorite. Une nouvelle fois, elle se présenta devant la presse en portant son masque de ski. Et elle évoqua encore son maquillage : « Il fallait déjà que je me lève tôt. Alors me lever encore plus tôt pour me maquiller, ça n’aurait pas eu de sens », a-t-elle expliqué.

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La skieuse de fond se trompe de piste à PyeongChang !

C’est trop injuste…

Fondeuse-boostLa dernière épreuve des Jeux Olympiques d’hiver de PyeongChang, en 2018, le 30 kilomètres de ski de fond style classique féminin se termina en beauté, puisqu’il vit le triomphe de la Norvégienne Marit Bjoergen, qui s’adjugeait sa quinzième médaille olympique, ce qui constituait le record absolu pour les Jeux d’hiver. Mais il s’acheva aussi par la déconfiture de l’Autrichienne Teresa Stadlober. À vingt-cinq ans, cette dernière s’apprêtait à réaliser l’exploit de sa vie : en effet, alors qu’elle n’avait jamais réussi de grande performance aux Jeux Olympiques ou aux Championnats du monde, elle luttait avec la Finlandaise Krista Pärmäkoski pour conquérir la médaille d’argent ; à 10 kilomètres de l’arrivée, elle accéléra… et se trompa de piste. Quand elle s’aperçut de sa bévue, elle fit bien sûr demi-tour, mais elle avait parcouru de ce fait un demi-kilomètre de plus que ses rivales. De retour sur la bonne piste, elle termina l’épreuve à la neuvième place !

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Picabo STREET (1971- )

Skieuse américaine

STREET-2-boostPicabo Street connut un parcours atypique avant de se couvrir de gloire. En effet, née de parents issus de la contre-culture, elle fut dotée du curieux prénom Picabo, d’après un mot amérindien signifiant « eaux étincelantes ». Mordue de vitesse et passionnée de ski, elle fut intégrée dans l’équipe des États-Unis, mais en fut exclue en 1990, semble-t-il en raison d’une attitude un peu rebelle. Réintégrée, Picabo Street obtint la médaille d’argent dans la descente des Jeux Olympiques de Lillehammer en 1994. En 1996, elle remporta la descente et obtint la médaille de bronze dans le super-géant aux Championnats du monde. Mais la carrière de Picabo Street aurait pu s’arrêter en décembre 1996, en raison d’une grave blessure au genou. Opérée, elle reprit l’entraînement et connut son apogée aux Jeux Olympiques de Nagano en 1998 : elle remporta le super-géant, devant l’Autrichienne Michaela Dorfmeister, devancée d’un centième de seconde !

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