Vera CÁSLAVSKÁ (1942-2016)

Gymnaste tchécoslovaque

1968Vera-blackwhiteVera Cáslavská demeure considérée comme une des meilleures gymnastes de tous les temps. Surtout, elle restera comme une femme de courage, capable de mettre en péril sa carrière et sa vie pour défendre la liberté. Au long d’un parcours sportif qui dura de la fin des années 1950 à la fin des années 1960, elle obtint 35 médailles, dont 22 en or, lors des Jeux Olympiques, des Championnats du monde et des Championnats d’Europe. Elle fut une des dernières gymnastes à privilégier la grâce et l’élégance aux acrobaties toujours plus osées, lesquelles deviendront la norme avec l’émergence des poupées-gymnastes. Vera Cáslavská obtint 3 médailles d’or aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964 (concours général individuel, poutre et saut de cheval). En juin 1968, elle signa le Manifeste des deux mille mots, demandant une démocratisation immédiate du régime communiste dans son pays. Lorsque les chars soviétiques entrèrent dans Prague, en août, la gymnaste, craignant d’être arrêtée, s’enfuit dans un village perdu des Sudètes, Sumperk. Elle n’obtint l’autorisation de rejoindre la délégation olympique que quelques semaines avant l’inauguration des Jeux de Mexico. À Mexico, elle s’adjugea 4 médailles d’or (concours général individuel, devançant deux Soviétiques, saut de cheval, barres asymétriques et sol) et deux d’argent (poutre et concours général par équipes). En raison de ses convictions politiques, Vera Cáslavská tomba en disgrâce, les autorités tchécoslovaques lui infligèrent diverses brimades. Après l’effondrement du régime communiste en 1989, Vera Cáslavská fut élue présidente du Comité olympique tchécoslovaque. Lors de la dissolution de la Tchécoslovaquie en 1993, l’ancienne gymnaste fut nommée à la tête du Comité olympique tchèque. De 1995 à 2001, elle siégea au Comité international olympique.

©Pierre LAGRUE