De la course automobile aux Jeux Olympiques

Paris-Toulouse et retour

Levegh (2)Le programme des Jeux Olympiques de Paris, en 1900, comportait des épreuves automobiles, lesquelles ne seront pas reconnues par le Comité international olympique. Pas moins de six concours étaient prévus : Concours de voitures de tourisme ; Concours de voitures de place ; Concours de voitures de course ; Concours de voiturettes ; Concours de poids légers ; Concours de poids lourds. Mais la compétition la plus importante était la course Paris-Toulouse et retour (1 347 km), organisée du 25 au 28 juillet. Trois types de véhicules étaient en lice : voitures, voiturettes et motocycles. Soixante-dix-huit véhicules étaient initialement inscrits, mais seulement cinquante-cinq se trouvèrent au départ ; vingt et un rallièrent l’arrivée, dont dix-huit furent officiellement classés (8 voitures, 3 voiturettes et 7 motocycles). Dans la catégorie « voitures », Alfred Velghe, dit « Levegh », au volant d’une Mors, remporta la course et le prix de 8 000 francs réservé au vainqueur ; dans la catégorie « voiturettes », la victoire revint à Louis Renault, au volant d’une… Renault, qui reçut 4 000 francs ; dans la catégorie « motocycles », un certain Georges Teste, sur une De Dion Bouton, s’imposa et reçut 2 000 francs.

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Lindy Remigino félicite Herb McKenley par erreur

Félicitations trop rapides

REMINGINO2 (2)Le 100 mètres des Jeux Olympiques d’Helsinki, en 1952, se termina par la victoire surprise de l’Américain Lindy Remigino. En effet, celui-ci n’avait dû sa sélection qu’au forfait de Jim Golliday, star américaine du sprint de l’époque. Néanmoins, il parvint à se qualifier pour la finale, contrairement à son compatriote Art Bragg, le vainqueur des sélections américaines, qui s’était blessé en demi-finale. Lors de la finale du 100 mètres, courue sous une pluie fine, Lindy Remigino prit le meilleur départ ; mais le Jamaïquain Herb McKenley, à la foulée ample, le remonta et sembla le dépasser. Lindy Remigino, heureux de cette médaille d’argent, s’empressa de congratuler Herb McKenley, avant même que la photo-finish fût développée. Or, après l’examen de cette photo-finish, il s’avéra que Lindy Remigino s’était imposé, d’un souffle devant Herb McKenley. Lindy Remigino apprit avec surprise qu’il était déclaré vainqueur. L’histoire ne dit pas si Herb McKenley le congratula à son tour…

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Champion olympique malgré l’appendicite

Est-ce bien raisonnable ?

ROTH (2)Le nageur américain Dick Roth devait participer aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964, dans le 400 mètres 4 nages, une épreuve dont il avait battu le record du monde trois mois avant les Jeux. Hélas ! trois jours avant le début des compétitions, il fut pris de violents maux de ventre : les médecins lui diagnostiquèrent une crise d’appendicite nécessitant une opération urgente. Dick Roth refusa l’opération et, contre l’avis des chirurgiens, il participa au 400 mètres 4 nages : il remporta la médaille d’or en battant son propre record du monde. Dick Roth avait dix-sept ans, et il ne persévéra pas dans la natation : il mit fin à sa carrière sportive deux ans plus tard, à dix-neuf ans.

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Le concours complet se transforme en jeux de massacre

Orage mexicain

GUYON (2)Aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, le parcours de cross du concours complet était particulièrement difficile. La chaleur et l’altitude augmentaient les risques ; en outre, durant l’épreuve, un violent orage se déclencha, les rivières se transformèrent en torrents. De fait, dix concurrents abandonnèrent ; la monture de l’Italien Mauro Checcoli, médaillé d’or en 1964, refusa deux fois un obstacle, provoquant la disqualification du cavalier ; au jeu des pénalités et bonifications, seuls neuf des quarante-huit concurrents présentèrent un résultat positif (l’Argentin Carlos Moratorio, médaillé d’argent par équipes en 1964, afficha un score de —294 points !). Parti dans les premiers, avant que l’orage noie le parcours, le Français Jean-Jacques Guyon, montant Ange-Pitou, évita les chausse-trapes, et, après le concours de saut d’obstacles, il obtient une belle médaille d’or.

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Le beau geste de Jack Keller

Fair-play !

Jack_Keller_1929 (2)Aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, l’arrivée du 110 mètres haies fut serrée. L’Américain Jack Keller prit la troisième place, du moins dans un premier temps, et reçut la médaille de bronze sur le podium. En effet, à l’issue d’un examen minutieux de la photo-finish, il s’avéra que le Britannique Donald Finlay l’avait dépassé sur le fil. Le lendemain de cette course, Jack Keller s’en alla retrouver Donald Finlay dans les quartiers de l’équipe britannique, et il remit lui-même, en main propre, la médaille de bronze à Donald Finlay.

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L’improbable victoire d’Allen Woodring

Incrédule…

Allen_Woodring_1920 (2)Allen Woodring n’aurait jamais dû participer aux Jeux Olympiques. En effet, il termina le 200 mètres des sélections américaines pour les Jeux d’Anvers, en 1920, à la cinquième place. Il fit néanmoins le voyage en Europe, en qualité de remplaçant. Or George Massengale, quatrième de cette épreuve, se blessa. Allen Woodring le remplaça donc. Mais ses chaussures étaient hors d’usage ; il emprunta donc une paire à un autre concurrent. À la surprise générale, ce « remplaçant mal chaussé » remporta l’épreuve, devant le favori, son compatriote Charlie Paddock, les deux hommes étant crédités du même temps (22,0 secondes). Quelques jours plus tôt, Charley Paddock avait remporté le 100 mètres, et Allen Woodring pensa que son coéquipier, déjà satisfait par cette victoire, avait ralenti pour le laisser gagner ! Allen Woodring ne réalisa plus aucune performance marquante par la suite.

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Record de talismans

Superstition…

HENNINGOn le sait, les sportifs sont très souvent superstitieux, et nombre d’entre eux ont des « rituels » et des objets porte-bonheur. Mais la patineuse américaine Anne Henning détient une sorte de record à la matière : aux Jeux Olympiques de Sapporo, en 1972, alors âgée de seize ans, elle ne se séparait jamais d’une poupée, d’un trèfle à quatre feuilles, d’un ornement de Noël et, bien sûr, d’une perle du Japon. Grâce à tous ces talismans, mais aussi et surtout à son talent, elle remporta le 500 mètres devant deux concurrentes soviétiques.

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Le saut de Charlie Paddock

Kangourou !

Charley-Paddock (2)L’Américain Charlie Paddock fut un des meilleurs sprinters du monde dans les années 1920. Ainsi, il remporta le 100 mètres et le relais 4 fois 100 mètres aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. Sprinter trapu, voire un peu « gras » (1,72 m, 75 kg), il présentait la particularité de terminer ses courses par un saut qu’il effectuait à environ 3 ou 4 mètres de la ligne d’arrivée, au lieu de « casser » (pencher le buste en avant) comme le font la plupart des sprinters. Est-ce là le secret de ses performances ? Sans doute pas, car les lois de l’aérodynamique semblent prouver que ce « bond en avant » aurait dû le ralentir. Toujours est-il que cette technique lui paraissait nécessaire, et qu’elle fournit d’étonnant clichés photographiques.

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Le tandem figura au programme olympique

À bicyclette…

Dans l’imaginaire, le tandem, bicyclette à deux places situées l’une derrière l’autre, renvoie aux promenades entre amoureux et, surtout, aux « congés payés » instaurés en France par le Front populaire : en 1936, à une époque où l’automobile était un grand luxe réservé aux bourgeois, des milliers d’ouvriers partirent voir la mer en pédalant sur un tandem – ce qui est bien mis en évidence par le cinéma de ce temps-là. Mais, on l’oublie, le tandem fut une discipline importante du programme cycliste des Jeux Olympiques de 1908 à 1972. En 1908, à Londres, les Français Maurice Schilles et André Auffray furent les premiers champions olympiques de tandem. En fait, les Français se distinguèrent souvent aux Jeux dans la compétition de tandem, accumulant les médailles d’or  : Lucien Choury et Jean Cugnot en 1924 ; Louis Chaillot et Maurice Perrin en 1932 ; Daniel Morelon et Pierre Trentin – les plus célèbres – en 1968.

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Percy Williams se célèbre lui-même incognito

Perdu dans la foule…

Williams, PercyLe Canadien Percy Williams, un  athlète de vingt ans quasi inconnu, réalisa le doublé 100-200 mètres aux Jeux Olympiques d’Amsterdam en 1928 à la surprise générale. Dans le 100 mètres, sa victoire était tellement inattendue que la cérémonie de remise des médailles fut différée afin que les officiels aient le temps de trouver un drapeau canadien ! Les supporters canadiens voulurent fêter leur nouveau héros, et ils se rendirent à son hôtel pour l’ovationner. Or Percy Williams était tellement peu connu qu’il se trouvait à ce moment non pas dans son hôtel, mais à l’extérieur, au milieu de ces supporters : il put rester au cœur de cette foule et se « fêter lui-même » !

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