José Leandro ANDRADE (1902-1957)

Footballeur uruguayen

ANDRADE2José Leandro Andrade fut l’une des stars de la Celeste qui remporta la première Coupe du monde en 1930. Mais le public européen l’avait découvert quelques années plus tôt, à l’occasion des jeux Olympiques de Paris en 1924, puis d’Amsterdam en 1928, où sa technique avait ébloui tout le monde, ce qui lui valut le surnom de « Perle noire » ou « Merveille noire ». Andrade était en effet le seul joueur de couleur de la sélection uruguayenne et le premier footballeur noir de niveau mondial.

Enfant, José Leandro Andrade Nunez passe son temps à taper dans un ballon de fortune confectionné avec des vieux chiffons. Jeune homme, il gagne péniblement sa vie en exerçant divers petits métiers (cireur de chaussures, accordeur de piano…).

En 1923, il est recruté par un club de Montevideo, le Bella Vista ; la même année, il est sélectionné pour la première fois dans l’équipe nationale. En 1924, il participe donc avec la Celeste au tournoi olympique des Jeux de Paris, où lui et ses partenaires subjuguent le public de Colombes par leur football vif et chatoyant, qui tranche totalement avec le jeu stéréotypé tel qu’on le connaît alors en Europe. L’équipe d’Uruguay domine avec une grande facilité tous ses adversaires. Milieu de terrain, Andrade allie l’efficacité aux gestes harmonieux, délivre des passes d’une grande précision à ses partenaires de l’attaque, Héctor Scarone et Pedro Petrone notamment. En finale, l’Uruguay bat avec aisance la Suisse (3 buts à 0). Durant ces Jeux, Andrade émerveille les journalistes par ses changements de pied, ses feintes, ses dribbles, ses courses ; il est élu « meilleur joueur » du tournoi. Évoluant au sein du National Montevideo – le club le plus prestigieux d’Uruguay – depuis 1925, José Leandro Andrade participe de nouveau à l’aventure olympique en 1928 à Amsterdam et remporte une seconde médaille d’or olympique.

En 1930, le football entre dans une nouvelle ère avec la tenue de la première Coupe du monde, qui se déroule en Uruguay. La finale met aux prises, comme aux jeux Olympiques de 1928, l’Uruguay et l’Argentine ; La partie est longtemps indécise, mais l’Uruguay s’impose (4 buts à 2). Andrade, à vingt-neuf ans, n’est plus vraiment l’artiste qui avait subjugué le public français en 1924, mais il s’est mué en joueur d’expérience, clairvoyant, capable d’adresser des passes en forme d’offrandes à ses partenaires, sa complicité avec Héctor Scarone donnant une assise incomparable au jeu de la Celeste.

La carrière internationale de José Leandro Andrade s’achève de la plus belle des manières, sur ce triomphe. Par la suite, sa trajectoire s’avère plus chaotique. Il joue au sein du Penarol Montevideo en 1931-1932, puis avec le Montevideo Wanderers F.C. en 1933. Il se produit encore par intermittence sur les terrains de football jusqu’en 1937. On le voit alors dans des spectacles de cabaret, où il danse et joue du tambourin. José Leandro Andrade retombe dans la misère. Il meurt des suites d’une tuberculose le 5 octobre 1957 à Montevideo.

©Pierre LAGRUE