Charles BOZON (1932-1964)

Skieur français

BOZON (2)Charles Bozon fut un grand nom du ski dans les années 1950-1960 : il fut notamment médaillé de bronze dans le slalom aux Jeux Olympiques de Squaw Valley en 1960, et champion du monde de slalom en 1962. Mais il était avant tout alpiniste. Ainsi, en juillet 1964, il partit à la conquête de l’aiguille Verte par l’arête des Grands Montets, afin d’accompagner neuf guides pour leur dernière ascension avant la délivrance de leur diplôme. Hélas, une plaque de neige se détacha sous le poids des alpinistes et les emporta dans les éboulis. Tous trouvèrent la mort.

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Raïssa SMETANINA (1952- )

Skieuse de fond russe

SMETANINA (2)La skieuse de fond Raïssa Smetanina connut une carrière d’une exceptionnelle longévité, puisqu’elle participa pour la première fois aux Jeux d’hiver en 1976 à Innsbruck et ne quitta la scène olympique qu’en 1992, à l’issue des Jeux d’Albertville. L’exploit est d’autant plus impressionnant qu’elle a obtenu au moins une médaille lors de chacune de ces cinq éditions des Jeux. En outre, elle débuta sa carrière alors que seul le style classique était autorisé pour les courses de ski de fond, et la termina alors que le pas du patineur, plus efficace que le classique pas alternatif, était autorisé dans certaines épreuves, et qu’il lui fallut tenter de maîtriser cette nouvelle technique. Enfin, elle représenta d’abord l’U.R.S.S., puis la Communauté des États indépendants (C.E.I.), mais jamais la Russie, sa vraie patrie. Continuer la lecture de « Raïssa SMETANINA (1952- ) »

Veikko HAKULINEN (1925-2003)

Skieur finlandais

HAKULINEN-2-retroVeikko Hakulinen fut le plus brillant skieur de fond finlandais durant les années 1950, mais il a aussi réussi à se convertir au biathlon. Veikko Hakulinen, bûcheron de son état, décrocha sa première médaille d’or olympique en 1952, lors des Jeux d’Oslo, dans le 50 kilomètres. En 1956, aux Jeux de Cortina d’Ampezzo, il s’adjugea une médaille d’or (30 kilomètres) et deux médailles d’argent (50 kilomètres et 4 fois 10 kilomètres). En 1960, aux Jeux de Squaw Valley, il réalisa son plus grand exploit : dans le relais 4 fois 10 kilomètres, les Finlandais étaient distancés d’une vingtaine de secondes par les Norvégiens quand les derniers relayeurs – Håkon Brusveen pour la Norvège, Veikko Hakulinen pour la Finlande – s’élancèrent ; malgré ce handicap, Hakulinen parvint à rejoindre Brusveen et à le dépasser, offrant la médaille d’or à ses coéquipiers. Durant ces Jeux de de Squaw Valley, il obtint aussi la médaille d’argent dans le 50 kilomètres et la médaille de bronze dans le 15 kilomètres. Âgé de trente-cinq ans, Hakulinen savait qu’il lui serait désormais difficile de briller en ski de fond face à des rivaux plus jeunes. Il s’essaya donc au biathlon et obtint la médaille d’argent dans le 20 kilomètres par équipes aux Championnats du monde en 1963. Au total, Veikko Hakulinen a obtenu sept médailles olympiques et huit médailles aux Championnats du monde (dont trois en or).

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Andrea MEAD-LAWRENCE (1932-2009)

Skieuse américaine

mead lawlence001 (2)Andrea Mead-Lawrence réalisa une première : en 1952, aux Jeux Olympiques d’Oslo, elle remporta à la fois le slalom et le slalom géant. Pourtant, elle ne faisait pas partie des favorites. Andrea Mead avait déjà participé aux Jeux d’hiver, en 1948 à Oslo, sans réussir de résultats probants. En 1951, elle épousa David Lawrence, et c’est sous le nom d’Andrea Mead-Lawrence qu’elle connut la gloire aux Jeux d’Oslo en 1952. Elle gagna donc le slalom géant, devant l’Autrichienne Dagmar Rom et l’Allemande Annemarie Buchner, puis réalisa un authentique exploit lors du slalom spécial : après une première manche mal négociée, elle effectua un second parcours de feu (2 secondes d’avance sur la meilleure de ses concurrentes) et coiffa les Allemandes Ossi Reichert et Annemarie Buchner, obtenant une seconde médaille d’or. Elle devint soudain une célébrité : Andrea Mead-Lawrence et son époux furent mitraillés par les photographes, et constituèrent sans doute le premier couple « glamour » des Jeux d’hiver. Ce couple eut cinq enfants, mais comme les histoires d’amour finissent mal en général, il divorça en 1967. Andrea Mead-Lawrence participa de nouveau aux Jeux en 1956, sans briller. Plus tard, elle enseigna le ski et, surtout, soutint la cause écologiste : elle tenta, sans succès, de combattre le projet d’implantation d’une station de sports d’hiver sur le volcan Mammoth Mountain ; en 2003, elle fonda l’Institut Andrea Lawrence, consacré à la préservation de l’environnement dans les montagnes de la Sierra Nevada.

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Birger RUUD (1911-1998)

Sauteur à skis norvégien

RUUD-2-retroLa fratrie Ruud apporta de nombreuses médailles à la Norvège. Le premier à s’illustrer fut Sigmund Ruud, médaillé d’argent lors de l’épreuve olympique de saut à skis en 1928. Le plus jeune, Asbjørn Ruud, fut champion du monde de saut à skis en 1938. Mais le plus célèbre de la fratrie fut Birger Ruud. Celui-ci fut en effet champion olympique de saut à skis en 1932 à Lake Placid, devant deux autres Norvégiens, Hans Beck et Kaare Wahlberg, puis en 1936, à Garmisch-Partenkirchen. Par ailleurs, durant ces Jeux de Garmisch-Partenkirchen, le ski alpin fut inscrit pour la première fois au programme olympique, sous la forme du combiné : Birger Ruud décida de participer à la compétition et se classa quatrième. Durant la Seconde Guerre mondiale, Birger Ruud organisa des compétitions de ski, dont la recette était versée à la Résistance norvégienne, ce qui lui valut d’être interné par les nazis dans le camp de Grini, près d’Oslo, en 1943. Libéré, il travailla activement pour la Résistance. En 1948, à l’occasion des Jeux d’hiver de Saint-Moritz, Birger Ruud fut l’entraîneur de l’équipe norvégienne. Mais, en raison des conditions météorologiques difficiles, il décida au dernier moment de prendre la place d’un jeune concurrent manquant d’expérience. Âgé de trente-six ans et demi, Birger Ruud obtint la médaille d’argent et vola presque la vedette au vainqueur, son compatriote Petter Hugsted.

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Gustav LANTSCHNER (1910-2011)

Skieur et acteur austro-allemand

LANGTNER (2)Gustav Lantschner, né en Autriche, fut une des premières vedettes du ski alpin à la fin des années 1920 et au début des années 1930. En 1930, il établit notamment le record de vitesse à skis (105,675 km), lors du kilomètre lancé à Davos. En 1932, il remporta la descente des Championnats du monde de Cortina d’Ampezzo : il devenait le premier Autrichien médaillé d’or aux Championnats du monde de ski alpin, et aura de multiples et prestigieux successeurs. Mais, parallèlement à sa carrière sportive, il faisait l’acteur au cinéma : il joua notamment dans deux films d’Arnold Fanck sortis en 1930 : Tempête sur le mont Blanc, interprétant le rôle d’un alpiniste, et L’Ivresse blanche, campant un charpentier. En 1936, le ski alpin fut pour la première fois inscrit au programme des Jeux d’hiver, à Garmisch-Partenkirchen. Gustav Lantschner, qui avait pris la nationalité allemande l’année précédente, participa à la seule épreuve, le combiné : il obtint la médaille d’argent, derrière un autre Allemand, Franz Pfnür. Gustav Lantschner se consacra alors à une autre activité liée au cinéma : de 1936 à 1938, il fut le directeur de la photographie de Leni Riefenstahl pour le film Olympia (Les Dieux du stade), documentaire de propagande sur les Jeux Olympiques de Berlin.

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Oddbjørn HAGEN (1908-1982)

Skieur norvégien

Hagen (2)Vaut-il mieux être champion olympique ou héros de la Résistance ? Les deux, aurait pu répondre Oddbjørn Hagen. En effet, champion du monde de combiné nordique en 1934 et en 1935, Oddbjørn Hagen remporta la médaille d’or dans le combiné nordique aux Jeux Olympiques d’hiver de Garmisch-Partenkirchen, en 1936, devant ses compatriotes Olaf Hoffsbakken et Sverre Brodahl, un triplé qui eut un important retentissement en Norvège. Durant ces Jeux, Oddbjørn Hagen fut également deux fois médaillé d’argent en ski de fond (18 kilomètres et relais 4 fois 10 kilomètres). Lors de la Seconde Guerre mondiale, Oddbjørn Hagen s’engagea dans le Milorg, le principal mouvement de la Résistance norvégien ; il connut l’honneur d’être un des premiers combattants à pénétrer dans le palais royal d’Oslo à la suite de la reddition des Allemands.

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Gilbert POIROT (1944-2012)

Sauteur à skis français

POIROT-2-antiqueLors des cérémonies d’ouverture des Jeux Olympiques, le porte-drapeau de chaque délégation est le plus souvent un champion confirmé, un médaillé olympique si possible. Aussi, à l’occasion des Jeux d’hiver de Grenoble, en 1968, on pensait que le porte-drapeau de la délégation française serait une des vedettes du ski alpin de l’époque (Jean-Claude Killy, Guy Périllat, Marielle Goitschel…). Or, à la surprise générale, le choix se porta sur Gilbert Poirot, un jeune sauteur à skis de vingt-trois ans qui n’affichait pas le moindre résultat d’envergure sur le plan international. En fait, à l’époque, en France, une seule discipline hivernale comptait aux yeux du public : le ski alpin (ajoutons le patinage artistique). Les responsables du sport français, en désignant Gilbert Poirot, voulaient mettre en valeur les disciplines nordiques. Durant ces Jeux, Gilbert Poirot se classa dixième aussi bien sur le petit tremplin que sur le grand tremplin, ce qui constituait déjà de belles performances pour lui. À noter que la pseudo-vogue pour le ski nordique, et notamment pour le saut à skis, aux Jeux de Grenoble, fut bien éphémère : les tremplins d’Autrans et de Saint-Nizier, construits spécialement pour l’événement, sont depuis longtemps à l’abandon. Signalons aussi que Gilbert Poirot prépara les tremplins du Praz à Courchevel pour les Jeux Olympiques d’Albertville en 1992 : comme un clin d’œil, des sauteurs à skis français firent pour la première fois mieux que Gilbert Poirot aux Jeux Olympiques : Steve Delaup se classa sixième sur le grand tremplin ; Didier Mollard obtint la huitième place sur le petit tremplin.

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Lioubov EGOROVA (1966- )

Skieuse russe

egorova-2-antiqueLioubov Egorova s’est construit un magnifique palmarès, remportant neuf médailles (dont six en or) aux Jeux Olympiques et six médailles (dont trois en or) aux Championnats du monde. Née en Sibérie occidentale, Lioubov Egorova s’initia dès son plus jeune âge aux sports d’hiver. À l’âge de seize ans, elle partit pour Leningrad (Saint-Pétersbourg) afin de s’entraîner en compagnie des meilleurs fondeurs du pays. Elle fit ses débuts sur le circuit de la Coupe du monde en 1987, mais ne réalisa aucune performance marquante au cours de ses premières années de compétition. Dotée d’une formidable endurance et d’une grande polyvalence – elle excellait en style classique comme en style libre –, Lioubov Egorova réussit ses meilleures performances aux Jeux d’Albertville, en 1992 : elle remporta cinq médailles en cinq courses : or dans le 15 kilomètres style libre, la poursuite et le relais 4 fois 5 kilomètres ; argent dans le 5 kilomètres style classique et le 30 kilomètres style libre. En 1994, à Lillehammer, chacune des cinq épreuves féminines de ski de fond fut l’occasion d’une lutte acharnée entre Lioubov Egorova et la tonique Italienne Manuela Di Centa. Lioubov Egorova s’adjugea la médaille d’or dans le 5 kilomètres style classique, la poursuite et le relais 4 fois 5 kilomètres, la médaille d’argent dans le 30 kilomètres style libre (Manuela Di Centa obtint cinq médailles, dont deux en or). Mais toutes ces performances se trouvèrent ternies en 1997 : aux Championnats du monde de Trondheim (Norvège), elle fut convaincue de dopage (utilisation d’un stimulant qui masque la présence de produits dopants). Chose rare : son comportement fut même dénoncé par ses coéquipières.

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Marc GIRARDELLI (1963- )

Skieur luxembourgeois

Girardelli-2-antiqueLe Luxembourg n’est pas connu pour ses montagnes. Le pays compte au total deux médailles aux Jeux Olympiques d’hiver depuis leur création en 1924. Celles-ci furent remportées par Marc Girardelli, qui obtint deux médailles d’argent (slalom géant et super-géant) aux Jeux Olympiques d’Albertville en 1992. Mais il faut préciser que Marc Girardelli naquit en Autriche, et qu’il décida de représenter le Luxembourg lors des compétitions internationales : il était en désaccord avec les entraîneurs de l’équipe d’Autriche, qui avaient décidé de ne pas le sélectionner pour les Championnats du monde juniors en 1978. Marc Girardelli remporta aussi cinq Coupes du monde (1985, 1986, 1989, 1991 et 1993), quatre titres de champion du monde (combiné en 1987, 1989 et 1996, slalom en 1991). Si l’on se fiait au seul palmarès, on pourrait donc considérer que le Grand-Duché du Luxembourg est une nation forte du ski alpin !

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