Quand un sportif compose une ode en grec ancien…

À défaut de médaille…

1896-RobertsonAthlète et tennisman, George Stuart Robertson se classa quatrième du concours de lancer du disque aux Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896, et, associé à l’Australien Edwin Flack, il fut battu en demi-finale de la compétition de tennis en double, par la paire grecque constituée de Dionysios Kasdaglis et Dimitrios Petrokokkinos. Mais, pour se faire remarquer, George Stuart Robertson avait une autre corde à son arc : lors de la cérémonie de clôture officielle de ces Jeux, on joua l’hymne national grec, puis on donna une ode composée en grec ancien par George Stuart Robertson lui-même. Les paroles du sportif touchèrent le roi le roi Georges Ier de Grèce qui le récompensa immédiatement d’une couronne de laurier. À défaut de médaille, George Stuart Robertson reçut une couronne.

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Le Black Power aux Jeux

Des combattants de la liberté…

1968Black-PowerLe 16 octobre 1968, aux Jeux Olympiques de Mexico, sur le podium du 200 mètres, les Noirs américains Tommie Smith et John Carlos baissent la tête et lèvent un poing ganté de noir au moment où l’hymne des États-Unis retentit; le troisième homme, l’Australien blanc Peter Norman, porte lui aussi le badge «Olympic Project for Human Rights» («Projet olympique pour les droits de l’homme»). Trois jours plus tard, Lee Evans, Larry James et Ron Freeman, les trois premiers du 400 mètres, montent sur le podium coiffés d’un béret et lèvent aussi, plus discrètement, le poing pour protester contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Le Black Power s’est invité aux Jeux, profitant de la vitrine olympique. Il s’agissait d’une action mûrement réfléchie, concertée et minutieusement préparée.

Tout est né dans les universités américaines. Dans le contexte de discrimination raciale de l’époque, les portes des universités semblaient fermées à double tour pour les Noirs. Néanmoins, certaines universités «recrutaient» de nombreux Noirs dans les années 1960: en effet, aux États-Unis, le sport tient une place importante dans les universités et le prestige de celles-ci provient parfois tout autant des performances de leurs sportifs que des résultats scolaires de leurs étudiants… Mais, contrairement aux attentes du pouvoir blanc, les Noirs ne se contentèrent pas de briller sur les pistes, les stades et dans les salles de sport: ils se forgèrent sur les campus une conscience politique. C’est ainsi sur le campus de l’université de San Jose (Californie), où étudiaient Tommie Smith, John Carlos et Lee Evans notamment, que l’activisme étudiant noir américain était le plus virulent: en 1967, les trois hommes militèrent pour la fondation de la Black Students Union. Dans le même temps, le sociologue afro-américain Harry Edwards, enseignant dans cette université, élaborait l’Olympic Project for Human Rights, qui reçut l’adhésion de la majorité des athlètes-étudiants noirs américains. Le 4 avril 1968, le pasteur Martin Luther King était assassiné: les tensions raciales s’exacerbèrent, des émeutes éclatèrent. Harry Edwards relança alors l’idée qu’il avait avancée en octobre 1967: le boycottage des Jeux de Mexico par les Noirs américains. Les athlètes multiplièrent les réunions pour tenter d’adopter une position commune, mais l’idée du boycottage ne fit pas l’unanimité.

Les dirigeants du mouvement olympique américain s’inquiétaient: Everett Barnes, directeur exécutif du Comité olympique américain, déclara que tout athlète qui porterait un brassard noir lors de la cérémonie d’ouverture serait exclu de l’équipe américaine; Avery Brundage, président du Comité international olympique (C.I.O.), le soutint et indiqua que «tout athlète qui provoquerait des troubles serait immédiatement renvoyé chez lui».

Dans le village olympique de Mexico, les amitiés se nouèrent, le badge «Olympic Project for Human Rights» fut largement distribué: tous les athlètes noirs américains ou presque le portaient, mais de nombreux Américains blancs, solidaires, l’arboraient également. Une identité noire s’affirmait: les Noirs américains rendaient visite aux Africains, qu’ils appelaient désormais «nos frères».

Le 14 octobre, Jim Hines remportait le 100 mètres devant le Jamaïquain Lennox Miller et Charles Greene. Il s’agissait, pour le Black Power, du premier moment fort des Jeux: quelle attitude adopteraient les deux Américains sur le podium lors de la cérémonie de remise des médailles? En fait, la cérémonie se déroula sans anicroche: rien de surprenant concernant Hines, qui ne s’affichait pas en militant; en revanche, Greene semblait très virulent et sa passivité laissait penser que les Noirs américains ne mettraient aucune de leurs menaces à exécution… Deux jours plus tard, Smith et Carlos allaient apporter un démenti cinglant…

Grâce à leur courage et à la vitrine olympique, tous ces jeunes gens firent sans doute beaucoup plus pour leur juste cause que certains orateurs et quelques combattants. Profitant de la médiatisation des Jeux, ces sportifs avaient osé, quitte à sacrifier leur carrière et à mettre en péril leur avenir, afficher leurs convictions et leurs revendications devant les télévisions du monde entier. Tous se voulaient des militants de la dignité humaine. Hélas, quatre ans plus tard, le massacre de Munich perpétré par les terroristes palestiniens de Septembre noir allait prouver que la «visibilité olympique» pouvait servir des causes autrement funestes…

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Usain Bolt est-il le plus grand champion de l’histoire ?

BOLT (2)

Le plus grand sprinter, sans discussion…

Usain Bolt a terminé sa trajectoire sportive le 13 août 2017, battu et blessé. Héros au sens de la mythologie grecque, il est redevenu en un instant un simple mortel. En fait, cette fin ne renforcerait-elle pas sa légende? Sans les exploits de Bolt, accompagnés de sa fraîcheur et de sa disponibilité, l’athlétisme aurait vécu depuis dix ans au rythme des affaires de dopage, des victoires frelatés, des triomphes sans âme. La fin de la carrière de Bolt va donc laisser un immense vide pour l’athlétisme, et ce sport va devoir trouver un moyen pour le combler, afin d’éviter de connaître un relatif anonymat médiatique hors des rendez-vous olympiques.

Aux Jeux Olympiques, Usain Bolt a remporté les 100 mètres, 200 mètres et relais 4 fois 100 mètres en 2008 à Pékin, en 2012 à Londres, en 2016 à Rio. Une performance unique et qui restera inégalée. Aux Championnats du monde, il s’est adjugé onze médailles d’or. La question de savoir si Bolt est le plus grand sportif de l’histoire se pose. Pour ce qui est du sprint, pas de doute, il est le plus grand. Certes, on ne sait pas quel aurait été le palmarès des Américains Bob Hayes et Jim Hines si le contexte du sport amateur des années 1960 ne les avait pas contraints à quitter les pistes pour monnayer leur talent dans des équipes de football américain. Certes, on ne sait pas quelle aurait été la destinée sportive de l’Américain Tommie Smith s’il n’avait pas sacrifié sa carrière pour défendre la cause des Noirs américains en levant un poing ganté de noir sur le podium du 200 mètres des Jeux Olympiques en 1968 à Mexico. En revanche, on sait que, dans le contexte de l’athlétisme professionnel, seuls les Américains Carl Lewis et Michael Johnson (recordman du monde des 200 et 400 mètres) peuvent lui être comparés. Mais, sans aucun doute, «Lightning Bolt» a surpassé tous leurs exploits.

Pour le reste…

Déterminer quel est le plus grand champion de l’histoire relève bien sûr du débat subjectif. En plus des performances pures, le charisme et la trace laissée dans son sport sont des éléments importants de l’auto-discussion. Michael Phelps a bien sûr remporté 23 médailles d’or olympiques, mais la natation est propice à ce type d’exploits par la multiplication des épreuves. Jesse Owens est loin de posséder un palmarès approchant celui de Bolt; mais ses triomphes aux Jeux de Berlin en 1936 ont constitué un camouflet pour Hitler et les nazis. Pelé a révolutionné le football. Muhammad Ali a régné sur la boxe, et il est aussi devenu un emblème du courage, n’hésitant pas à mettre en jeu sa carrière et sa liberté pour défendre de justes causes politiques.

Alors, Bolt, Owens, Pelé, Ali, un autre?

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L’invention du tour d’honneur avec son drapeau national

Du spontané au convenu…

1984TOUR-d-honneurDésormais, sur le stade, à l’issue de chaque épreuve, se répète la même scène: le vainqueur, mais aussi les médaillés d’argent et de bronze s’emparent du drapeau de leurs pays dans un geste quasi mécanique, et se lancent dans un tour d’honneur. Personne ne déroge à cette tradition. On peut même penser que ce tour d’honneur appartient presque au cérémonial olympique, tout comme la remise des médailles accompagnée de l’hymne national du vainqueur. Lire la suite

Jesse Owens fut contraint de courir contre un cheval

Du héros de Berlin au petit-fils d’esclave…

1936Owens-ChevalLa figure de Jesse Owens appartient à la grande histoire olympique. Il demeure l’homme qui a osé défier Hitler et a ridiculisé les thèses raciales des nazis. Sa gloire est éternelle. Pourtant, à l’époque, cette gloire s’avéra très éphémère. En effet, au lendemain sa dernière victoire à Berlin, il fut sommé de participer à une tournée de meetings. Ces meetings étaient lucratifs pour la Fédération américaine d’athlétisme, mais pas pour les athlètes, car monnayer leurs lauriers olympiques leur était interdit. Jesse Owens, qui devait disputer huit courses en cinq jours, refusa de participer à cette tournée. La sanction tomba: au lendemain de son triomphe olympique, Avery Brundage, président du Comité olympique américain, le suspendit de toute compétition officielle. La carrière de Jesse Owens était terminée.

Le héros de Berlin tenta de gagner sa vie comme il le pouvait. Ainsi, il accepta de courir contre un cheval à La Havane, pour 2000 dollars. Lire la suite

Paris 2024, c’est gagné !

2024PARIS2

Los Angeles adoube Paris

C’était dans l’air… Cette fois, c’est fait. Après cent ans d’attente, Paris organisera les Jeux Olympiques en 2024. Eric Garcetti, maire de Los Angeles, a en effet annoncé la candidature de la Cité des Anges pour l’organisation des Jeux Olympiques en 2028. Paris demeure donc seule en lice. Los Angeles trouve néanmoins son compte dans cette décision. Ainsi, Los Angeles sera officiellement «choisie» pour les Jeux de 2028 en septembre 2017. La ville californienne pourra donc exploiter tous les symboles olympiques durant onze ans au lieu de sept. En outre, la manne promise à Los Angeles par le Comité international olympique est conséquente: 1,8 milliard de dollars. Pour Paris, le rêve a un coût (le budget se monte à 6,6 milliards d’euros). Néanmoins, les économistes prévoient que les retombées indirectes liées aux Jeux se situeront entre 5,3 et 10,7 milliards d’euros. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 devraient se tenir du 2 au 18 août. Un long sprint porteur d’espoir commence.

Depuis près d’un an déjà, l’olympisme inattendu vous informait de l’évolution des choses :

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Les concours d’art et littérature

Le pentathlon des muses

ImageDurant les Jeux Olympiques, les compétitions n’ont pas concerné que des sportifs. En effet, de 1912 à 1948, artistes, écrivains et musiciens ont participé aux Jeux, dans le cadre des «concours d’art et littérature». Ceux-ci sont nés grâce à la ténacité de Pierre de Coubertin, qui désirait ajouter un volet culturel aux Jeux. En 1906, à l’occasion du quatrième congrès olympique, le Comité international olympique (C.I.O.) décide d’associer les arts et lettres à la célébration de l’olympiade. Il crée cinq concours (architecture, sculpture, musique, peinture, littérature). Ces concours devaient intégrer le programme à l’occasion des Jeux de 1908, mais, en raison du transfert tardif des Jeux de la IVe olympiade de Rome à Londres, la Royal Academy ne parvient pas à organiser ces concours. Les premiers eurent donc lieu en 1912.

1912. Stockholm

1912WinansOKLes débuts s’avèrent difficiles, car les artistes et écrivains suédois sont opposés à ces concours, tout comme le comité d’organisation. Aussi, très peu d’artistes prennent part aux concours. MM. Hohrod et Eschbach obtiennent une médaille d’or, dans la catégorie littérature, pour un texte bilingue français-allemand, intitulé Ode au sport (il s’avère rapidement que l’auteur de ce texte n’est autre que Coubertin lui-même). Les architectes suisses Alphonse Laverrière et Eugène Monod l’emportent dans la catégorie architecture pour Plan d’un stade moderne, alors que l’Américain Walter Winans, vainqueur du concours de sculpture pour une statuette en bronze baptisée An American Trotter, remporte aussi à Stockholm une médaille d’argent dans une compétition de tir. Les Italiens Riccardo Barthelemy (musique) et Carlo Pellegrini (peinture) sont les autres lauréats

1920. Anvers

1920COLLINLes concours ne connaissent toujours pas un grand succès. Le jury n’accorde que trois médailles d’or, à des artistes de second plan: Raniero Nicolai (Italie, littérature); Georges Monnier (Belgique, musique); Albéric Collin (Belgique, sculpture). On note que le célèbre écrivain britannique Theodore Andrea Cook n’obtient que la médaille d’argent en littérature.

1924. Paris

1924JACOBY2À Paris, le succès n’est toujours pas au rendez-vous. Aussi, le jury n’accorde que deux médailles d’or: le célèbre artiste luxembourgeois Jean Jacoby est couronné dans la catégorie peinture; le talentueux poète français Géo-Charles est distingué dans la catégorie littérature. Coubertin se désole: «Il faut […] la présence des génies nationaux, la collaboration des muses, le culte de la beauté, tout l’appareil qui convient au puissant symbolisme qu’incarnaient dans le passé les Jeux Olympiques et qu’ils doivent continuer de représenter aujourd’hui.» On note une curiosité: le Hongrois Alfred Hajós, champion olympique de natation en 1896, obtient une médaille d’argent dans la catégorie architecture.

1928. Amsterdam

1928LandowskiOKEn 1928, à Amsterdam, ces concours sont d’une tout autre envergure: d’abord, plus de mille artistes venus de dix-huit pays présentent leurs œuvres; ensuite, les concours prennent réellement le caractère d’«épreuves», notamment parce que chacune des cinq catégories se voit subdivisée en «sous-catégories» («design architectural» et «urbanisme» pour l’architecture; «bas-reliefs et médailles» et «statues» pour la sculpture; «dessin», «peinture» et «arts graphiques» pour la peinture; «littérature épique», «littérature dramatique» et «textes lyriques» pour la littérature; «chansons»; «musique pour orchestre»; «solo» pour la musique). Et des artistes de grand talent sont récompensés. Ainsi, l’architecte Jan Wils est couronné pour la réalisation du magnifique stade olympique (Olympisch Stadion) de ces Jeux d’Amsterdam (design architectural), le célèbre sculpteur français Paul Landowski reçoit la médaille d’or pour Le Boxeur (statues), le peintre néerlandais Isaäc Israels obtient la médaille d’or pour Le Cavalier rouge (peinture), le poète polonais Kazimierz Wierzynski est récompensé pour Lauriers olympiques (textes lyriques). Les autres médaillés d’or sont William Nicholson (Grande-Bretagne, arts graphiques), Edwin Grienauer (Autriche, bas-reliefs et médailles), Ferenc Mezo (Hongrie, littérature épique).

1932. Los Angeles

1932KNOCKOKEn 1932, ces concours connaissent encore un joli succès, puisque plus de mille œuvres sont présentées. L’Américain Joseph Webster Golinkin obtient la médaille d’or pour Leg Scissors (arts graphiques), son célèbre compatriote Mahonri Mackintosh Young reçoit la même distinction pour sa sculpture The Knockout, le poète allemand Paul Bauer est médaillé d’or pour Am Kangehenzonga (La Lutte avec l’Himalaya). On note que le célèbre architecte américain John Russell Pope ne reçoit que la médaille d’argent dans la catégorie design architectural, le jury récompensant les Français Pierre Montenot, Gustave Saacké et Pierre Bailly. Les autres médaillés d’or sont le Britannique John Hughes (urbanisme), le Tchèque Josef Suk (musique), le Suédois David Wallin (peinture), l’Américain Lee Blair (aquarelles et dessins), le Polonais Józef Klukowski (bas-reliefs). Parmi les membres du jury figurait André Maurois, qui accorda une mention «honorable» à Avery Brundage, futur président du C.I.O., pour son essai The Signifitance of Amateur Sport.

1936. Berlin

1936MARCH-OKEn 1936, les concours d’art et littérature n’échappent pas plus que toutes les manifestations olympiques à la mainmise nazie, comme en témoigne la composition du jury, au sein duquel figurent Adolf Ziegler, président de la Reichskammer der Bildenden Künste (chambre des Beaux-Arts), qui sera chargé par le régime de combattre l’«art dégénéré», ou Hanns Johst, président de la Reichsschrifttumskammer (chambre de la Littérature) et de la Deutsche Akademie für Dichtung (académie de poésie), qui sera officier dans la SS. Et, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, les médaillés d’or allemands sont nombreux: Werner March, concepteur du gigantesque Olympiastadion, conjointement avec son frère Walter March (urbanisme); Werner Egk (musique pour orchestre); Paul Höffer (musique chorale); Felix Dhünen (poésie); Emil Sutor (bas-reliefs). Les autres champions olympiques sont le Finlandais Urho Karhumäki (littérature épique), le Suisse Alex Diggelmann (arts graphiques), l’Italien Farpi Vignoli (statues), l’Autrichien Hermann Kutschera (design architectural).

1948. Londres

1948THOMPSON-OKEn 1948, aux Jeux de Londres, dans l’austérité de l’époque, les concours d’art et littérature sont relégués au second plan, et de nombreuses distinctions ne sont pas attribuées, faute d’œuvres de valeur. On peut néanmoins noter que le graveur français Albert Decaris reçoit la médaille d’or pour La Piscine, dans la catégorie gravures et arts graphiques, tout comme le Britannique Alfred Thomson, dans la catégorie peinture, pour London Amateur Championship. Les autres lauréats sont la Finlandaise Aale Tynni (poésie), l’Italien Giani Stuparich (littérature épique), le Polonais Zbigniew Turski (musique orchestrale), le Suédois Gustav Nordahl (statues).

La fin des concours d’art et littérature

Après ces Jeux de Londres, le «pentathlon des muses» cher à Pierre de Coubertin disparaît du programme olympique. Le C.I.O. se serait-il rendu compte que le mélange des genres aboutit à la médiocrité et que les «champions olympiques» sont couronnés pour des œuvres qui ne trouveraient pas leur place dans un grand musée ou dans une anthologie littéraire? Nullement! En fait, le C.I.O. considère, cette fois à juste titre puisque les artistes tentent de vivre de leur talent, que les participants à ces concours sont des «professionnels»; allant au bout de sa logique concernant la notion d’amateurisme, il décide, à l’occasion de sa quarante-quatrième session tenue à Rome en 1949, de supprimer les concours artistiques du programme.

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Les Jeux de 2024 et 2028 seront attribués en même temps

2024-2028

Pour qu’il n’y ait pas de perdants…

Le 11 juillet 2017, le Comité international olympique (C.I.O.) a confirmé que les Jeux Olympiques de 2024 et 2028 seront attribués en même temps. D’ici au 13 septembre 2017, Paris et Los Angeles sont invitées à négocier afin de trouver un accord, et la session du C.I.O. n’aura plus qu’à entériner le choix. L’idée était dans l’air depuis longtemps, et elle se concrétise.

En effet, le 15 mars 2017, un membre influent du C.I.O. avait indiqué que le Comité allait «plancher sur des propositions de réforme lors d’une session extraordinaire en juillet». Il apparaissait clairement que, lors de la session ordinaire de Lima, en septembre 2017, le C.I.O. désignerait en même temps les villes d’accueil des Jeux d’été de 2024 et 2028, puisque seules deux villes (Los Angeles et Paris) restaient dans la course, après les désistements de Hambourg, Rome et Budapest. Déjà, Thomas Bach, président du C.I.O., avait regretté qu’il y ait «trop de perdants». En outre, les villes candidates sont de moins en moins nombreuses (pour les Jeux d’hiver de 2022, après plusieurs désistements, seules Pékin et Almaty restaient en course). En outre, au regard des incertitudes qui règnent dans le monde, le C.I.O. sécuriserait les Jeux Olympiques pour une décennie. Enfin, recaler Los Angeles paraît impensable au regard des millions de dollars que les États-Unis font entrer dans les caisses du C.I.O., et recaler une nouvelle fois Paris semble difficile au regard de l’histoire du mouvement olympique.

Paris fait figure de favori pour 2024, d’autant plus que Los Angeles trouverait un intérêt financier à attendre quatre ans, grâce à l’augmentation dans la durée du merchandising olympique et en raison de la renégociation à la hausse de nombreux contrats dans l’optique de 2028.

Rappelons encore que ce ne serait pas une première, puisque en 1921, le C.I.O. attribua trois éditions des Jeux le même jour.

©Pierre LAGRUE



L’Anthropology Day (1904)

Les Jeux de la honte…

1904Anthropology1OKLes Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, furent avant tout ceux de l’Amérique blanche. Pour le Sud profond, dont Saint Louis est l’un des fleurons, la supériorité de la race blanche allait de soi. Ces Jeux fournirent l’occasion de prouver pseudo-scientifiquement ce fait: on organisa l’Anthropology Day, deux jours en fait (12 et 13 août 1904) durant lesquels il s’agissait de tester, devant des scientifiques, les qualités athlétiques des races jugées «inférieures», bref de valider les thèses du racisme scientifique. Lire la suite