Le départ du 200 mètres retardé en raison des huées du public

Le chauvinisme est universel

CRAWFORDQuand les athlètes se présentent au départ d’une épreuve de sprint, un silence quasi religieux se fait dans les gradins, les spectateurs respectant la concentration extrême des concurrents. Mais il y a des exceptions. Ainsi, le 26 août 2004, dans le stade olympique d’Athènes, alors que se présentaient les finalistes du 200 mètres, le public les conspua longuement, et le départ de la course fut différé de plusieurs minutes. La raison : juste avant le début des Jeux, le champion olympique de 2000, le Grec Konstantinos Kentéris, avait été exclu des Jeux pour ne pas s’être présenté à un contrôle antidopage. Les nombreux spectateurs manifestèrent ainsi leur réprobation contre cette décision. Une preuve que le chauvinisme est universel. Ce contre-temps n’empêchera pas les Américains de prendre les trois premières places de l’épreuve.

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Une comparaison malheureuse

Problème de langage…

hackl (2)Aux Jeux Olympiques de Nagano, en 1998, l’Allemand Georg Hackl remporta la compétition de luge monoplace pour la troisième fois consécutivement, ce qui constitue un exploit unique. Mais une polémique enfla : Hackl était équipé de chaussures profilées spécialement fabriquées sur mesure. Plusieurs délégations protestèrent, notamment celles du Canada et des États-Unis. Un dirigeant de la Fédération américaine eut alors une phrase malheureuse : il déclara que ces chaussures avaient une forme de « bombe atomique ». Cette référence fut évidemment très mal appréciée au Japon.

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Mike Marsh oublie de battre le record du monde du 200 mètres

Étourdi…

MARCH (2)Mike Marsh, avant tout spécialiste du 100 mètres, n’était pas parvenu à se qualifier, lors des sélections américaines, sur sa distance fétiche pour les Jeux Olympiques de Barcelone, en 1992. En revanche, il gagna sa place sur 200 mètres. Le grand favori était son compatriote Michael Johnson, mais ce dernier malade, fut éliminé en quart de finale. Mike Marsh devint un des prétendants à la médaille d’or. En demi-finale, largement en tête, il coupa son effort à quelques mètres de la ligne d’arrivée pour ne pas puiser dans ses réserves : or, sur le panneau lumineux, s’afficha son « chrono » : 19,73 s. Pour 1 centième de seconde, le record du monde établi en 1979 par l’Italien Pietro Mennea (19,72 s) lui échappait. Mike Marsh s’imposera en finale, mais dans un temps bien moins bon : 20,01 s. En fait, il avait « oublié » de battre le record du monde. De plus, il ne réalisera plus de grandes performances sur 200 mètres par la suite.

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Le vainqueur du marathon évacué sur une civière

Au bout de lui-même

HWANGAux Jeux de Barcelone, en 1992, le 9 août, les marathoniens s’élancèrent à 18 h 30, par une forte chaleur malgré la nuit tombante. Deux hommes, le jeune Sud-Coréen inconnu Hwang Young-cho (22 ans) et le Japonais Koichi Morishita, un champion confirmé de vingt-cinq ans, se présentèrent en tête au pied de la colline de Montjuic. Hwang Young-cho produisit une violente accélération, qui lui permit de décrocher Morishita et de remporter l’épreuve, avec 22 secondes d’avance sur le Japonais. Mais, victime d’une grave défaillance après l’arrivée, il dut être évacué sur une civière. Hwang Young-cho ne se remit jamais totalement de cette défaillance, ; il remporta néanmoins le marathon des Jeux asiatiques en 1994, mais il ne prit part qu’à de rares marathons et annonça sa retraite sportive en 1996, à vingt-six ans, après avoir échoué à se qualifier pour les Jeux d’Atlanta.

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Des concours de sauvetage aux Jeux Olympiques

Sapeurs-pompiers olympiques !

SAPEUR (2)Parmi les nombreuses manifestations organisées en 1900, à la fois dans le cadre de l’Exposition universelle et des Jeux Olympiques de Paris, figuraient des concours de « sauvetage » : Concours de manœuvres de pompes à incendie ; Concours de sauvetage sur l’eau ; Concours de sauvetage sur terre (premiers secours aux blessés civils et militaires). Dans son rapport officiel, le Comité d’organisation se félicite de la de la bonne tenue de ces Concours. Dans le Concours de manœuvres de pompes à incendie, un prix d’honneur est décerné au Régiment de sapeurs-pompiers de la Ville de Paris, « pour récompenser les brillants exercices exécutés par la 11e compagnie (caserne Sévigné) ». Il ajoute : « Pour les pompes à vapeur, le thème donné par la Commission spéciale a permis de constater chez tous les concurrents une science réelle du métier, une agilité et une promptitude remarquables dans les sauvetages et une connaissance approfondie de leurs engins. » Dans le Concours de sauvetage sur l’eau se distinguèrent : M. Cadot, du Triton lillois, vainqueur du Concours de vitesse ; M. Henrys, de la Saving Society, vainqueur de « la course habillé et chaussé » ; M. Schriber, capable de rester plus de 3 minutes sous l’eau, vainqueur du Concours de plonge fond et demi-fond. En revanche, on ne connaît pas les résultats du Concours de sauvetage sur terre.

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De la colombophilie aux Jeux Olympiques

Pigeons voyageurs

PIGEON2 (2)Parmi les nombreuses manifestations organisées en 1900, à la fois dans le cadre de l’Exposition universelle et des Jeux Olympiques de Paris, figurait la colombophilie. Dans la compétition proprement dite (lâchers-concours), 7 721 pigeons, représentant 48 sociétés ou fédérations, ont été lâchés depuis Vincennes. Le Comité d’organisation souligne que les lâchers-concours n’ont intéressé que des spectateurs férus de colombophilie, alors que les lâchers-spectacles (11 787 pigeons lâchés) ont passionné une foule nombreuse. Il se félicite de la bonne santé de la colombophilie française : « Toutes ces épreuves sont instructives. Les lâchers-spectacles ont montré la possibilité de réunir à Paris, en quelques heures à peine, un nombre énorme de messagers pouvant être répartis immédiatement dans toutes les directions. Les lâchers-concours ont fourni la preuve que toutes les régions du territoire français sont pourvues de sociétés possédant des sujets aguerris, capables d’effectuer les plus longs parcours. »

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De la course automobile aux Jeux Olympiques

Paris-Toulouse et retour

Levegh (2)Le programme des Jeux Olympiques de Paris, en 1900, comportait des épreuves automobiles, lesquelles ne seront pas reconnues par le Comité international olympique. Pas moins de six concours étaient prévus : Concours de voitures de tourisme ; Concours de voitures de place ; Concours de voitures de course ; Concours de voiturettes ; Concours de poids légers ; Concours de poids lourds. Mais la compétition la plus importante était la course Paris-Toulouse et retour (1 347 km), organisée du 25 au 28 juillet. Trois types de véhicules étaient en lice : voitures, voiturettes et motocycles. Soixante-dix-huit véhicules étaient initialement inscrits, mais seulement cinquante-cinq se trouvèrent au départ ; vingt et un rallièrent l’arrivée, dont dix-huit furent officiellement classés (8 voitures, 3 voiturettes et 7 motocycles). Dans la catégorie « voitures », Alfred Velghe, dit « Levegh », au volant d’une Mors, remporta la course et le prix de 8 000 francs réservé au vainqueur ; dans la catégorie « voiturettes », la victoire revint à Louis Renault, au volant d’une… Renault, qui reçut 4 000 francs ; dans la catégorie « motocycles », un certain Georges Teste, sur une De Dion Bouton, s’imposa et reçut 2 000 francs.

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Lindy Remigino félicite Herb McKenley par erreur

Félicitations trop rapides

REMINGINO2 (2)Le 100 mètres des Jeux Olympiques d’Helsinki, en 1952, se termina par la victoire surprise de l’Américain Lindy Remigino. En effet, celui-ci n’avait dû sa sélection qu’au forfait de Jim Golliday, star américaine du sprint de l’époque. Néanmoins, il parvint à se qualifier pour la finale, contrairement à son compatriote Art Bragg, le vainqueur des sélections américaines, qui s’était blessé en demi-finale. Lors de la finale du 100 mètres, courue sous une pluie fine, Lindy Remigino prit le meilleur départ ; mais le Jamaïquain Herb McKenley, à la foulée ample, le remonta et sembla le dépasser. Lindy Remigino, heureux de cette médaille d’argent, s’empressa de congratuler Herb McKenley, avant même que la photo-finish fût développée. Or, après l’examen de cette photo-finish, il s’avéra que Lindy Remigino s’était imposé, d’un souffle devant Herb McKenley. Lindy Remigino apprit avec surprise qu’il était déclaré vainqueur. L’histoire ne dit pas si Herb McKenley le congratula à son tour…

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Champion olympique malgré l’appendicite

Est-ce bien raisonnable ?

ROTH (2)Le nageur américain Dick Roth devait participer aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964, dans le 400 mètres 4 nages, une épreuve dont il avait battu le record du monde trois mois avant les Jeux. Hélas ! trois jours avant le début des compétitions, il fut pris de violents maux de ventre : les médecins lui diagnostiquèrent une crise d’appendicite nécessitant une opération urgente. Dick Roth refusa l’opération et, contre l’avis des chirurgiens, il participa au 400 mètres 4 nages : il remporta la médaille d’or en battant son propre record du monde. Dick Roth avait dix-sept ans, et il ne persévéra pas dans la natation : il mit fin à sa carrière sportive deux ans plus tard, à dix-neuf ans.

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Le concours complet se transforme en jeux de massacre

Orage mexicain

GUYON (2)Aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, le parcours de cross du concours complet était particulièrement difficile. La chaleur et l’altitude augmentaient les risques ; en outre, durant l’épreuve, un violent orage se déclencha, les rivières se transformèrent en torrents. De fait, dix concurrents abandonnèrent ; la monture de l’Italien Mauro Checcoli, médaillé d’or en 1964, refusa deux fois un obstacle, provoquant la disqualification du cavalier ; au jeu des pénalités et bonifications, seuls neuf des quarante-huit concurrents présentèrent un résultat positif (l’Argentin Carlos Moratorio, médaillé d’argent par équipes en 1964, afficha un score de —294 points !). Parti dans les premiers, avant que l’orage noie le parcours, le Français Jean-Jacques Guyon, montant Ange-Pitou, évita les chausse-trapes, et, après le concours de saut d’obstacles, il obtient une belle médaille d’or.

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