Des concours de sauvetage aux Jeux Olympiques

Sapeurs-pompiers olympiques !

SAPEUR (2)Parmi les nombreuses manifestations organisées en 1900, à la fois dans le cadre de l’Exposition universelle et des Jeux Olympiques de Paris, figuraient des concours de « sauvetage » : Concours de manœuvres de pompes à incendie ; Concours de sauvetage sur l’eau ; Concours de sauvetage sur terre (premiers secours aux blessés civils et militaires). Dans son rapport officiel, le Comité d’organisation se félicite de la de la bonne tenue de ces Concours. Dans le Concours de manœuvres de pompes à incendie, un prix d’honneur est décerné au Régiment de sapeurs-pompiers de la Ville de Paris, « pour récompenser les brillants exercices exécutés par la 11e compagnie (caserne Sévigné) ». Il ajoute : « Pour les pompes à vapeur, le thème donné par la Commission spéciale a permis de constater chez tous les concurrents une science réelle du métier, une agilité et une promptitude remarquables dans les sauvetages et une connaissance approfondie de leurs engins. » Dans le Concours de sauvetage sur l’eau se distinguèrent : M. Cadot, du Triton lillois, vainqueur du Concours de vitesse ; M. Henrys, de la Saving Society, vainqueur de « la course habillé et chaussé » ; M. Schriber, capable de rester plus de 3 minutes sous l’eau, vainqueur du Concours de plonge fond et demi-fond. En revanche, on ne connaît pas les résultats du Concours de sauvetage sur terre.

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De la colombophilie aux Jeux Olympiques

Pigeons voyageurs

PIGEON2 (2)Parmi les nombreuses manifestations organisées en 1900, à la fois dans le cadre de l’Exposition universelle et des Jeux Olympiques de Paris, figurait la colombophilie. Dans la compétition proprement dite (lâchers-concours), 7 721 pigeons, représentant 48 sociétés ou fédérations, ont été lâchés depuis Vincennes. Le Comité d’organisation souligne que les lâchers-concours n’ont intéressé que des spectateurs férus de colombophilie, alors que les lâchers-spectacles (11 787 pigeons lâchés) ont passionné une foule nombreuse. Il se félicite de la bonne santé de la colombophilie française : « Toutes ces épreuves sont instructives. Les lâchers-spectacles ont montré la possibilité de réunir à Paris, en quelques heures à peine, un nombre énorme de messagers pouvant être répartis immédiatement dans toutes les directions. Les lâchers-concours ont fourni la preuve que toutes les régions du territoire français sont pourvues de sociétés possédant des sujets aguerris, capables d’effectuer les plus longs parcours. »

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De la course automobile aux Jeux Olympiques

Paris-Toulouse et retour

Levegh (2)Le programme des Jeux Olympiques de Paris, en 1900, comportait des épreuves automobiles, lesquelles ne seront pas reconnues par le Comité international olympique. Pas moins de six concours étaient prévus : Concours de voitures de tourisme ; Concours de voitures de place ; Concours de voitures de course ; Concours de voiturettes ; Concours de poids légers ; Concours de poids lourds. Mais la compétition la plus importante était la course Paris-Toulouse et retour (1 347 km), organisée du 25 au 28 juillet. Trois types de véhicules étaient en lice : voitures, voiturettes et motocycles. Soixante-dix-huit véhicules étaient initialement inscrits, mais seulement cinquante-cinq se trouvèrent au départ ; vingt et un rallièrent l’arrivée, dont dix-huit furent officiellement classés (8 voitures, 3 voiturettes et 7 motocycles). Dans la catégorie « voitures », Alfred Velghe, dit « Levegh », au volant d’une Mors, remporta la course et le prix de 8 000 francs réservé au vainqueur ; dans la catégorie « voiturettes », la victoire revint à Louis Renault, au volant d’une… Renault, qui reçut 4 000 francs ; dans la catégorie « motocycles », un certain Georges Teste, sur une De Dion Bouton, s’imposa et reçut 2 000 francs.

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L’improbable victoire d’Allen Woodring

Incrédule…

Allen_Woodring_1920 (2)Allen Woodring n’aurait jamais dû participer aux Jeux Olympiques. En effet, il termina le 200 mètres des sélections américaines pour les Jeux d’Anvers, en 1920, à la cinquième place. Il fit néanmoins le voyage en Europe, en qualité de remplaçant. Or George Massengale, quatrième de cette épreuve, se blessa. Allen Woodring le remplaça donc. Mais ses chaussures étaient hors d’usage ; il emprunta donc une paire à un autre concurrent. À la surprise générale, ce « remplaçant mal chaussé » remporta l’épreuve, devant le favori, son compatriote Charley Paddock, les deux hommes étant crédités du même temps (22,0 secondes). Quelques jours plus tôt, Charley Paddock avait remporté le 100 mètres, et Allen Woodring pensa que son coéquipier, déjà satisfait par cette victoire, avait ralenti pour le laisser gagner ! Allen Woodring ne réalisa plus aucune performance marquante par la suite.

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Record de talismans

Superstition…

HENNINGOn le sait, les sportifs sont très souvent superstitieux, et nombre d’entre eux ont des « rituels » et des objets porte-bonheur. Mais la patineuse américaine Anne Henning détient une sorte de record à la matière : aux Jeux Olympiques de Sapporo, en 1972, alors âgée de seize ans, elle ne se séparait jamais d’une poupée, d’un trèfle à quatre feuilles, d’un ornement de Noël et, bien sûr, d’une perle du Japon. Grâce à tous ces talismans, mais aussi et surtout à son talent, elle remporta le 500 mètres devant deux concurrentes soviétiques.

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Le saut de Charley Paddock

Kangourou !

Charley-Paddock (2)L’Américain Charley Paddock fut un des meilleurs sprinters du monde dans les années 1920. Ainsi, il remporta le 100 mètres et le relais 4 fois 100 mètres aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. Sprinter trapu, voire un peu « gras » (1,72 m, 75 kg), il présentait la particularité de terminer ses courses par un saut qu’il effectuait à environ 3 ou 4 mètres de la ligne d’arrivée, au lieu de « casser » (pencher le buste en avant) comme le font la plupart des sprinters. Est-ce là le secret de ses performances ? Sans doute pas, car les lois de l’aérodynamique semblent prouver que ce « bond en avant » aurait dû le ralentir. Toujours est-il que cette technique lui paraissait nécessaire, et qu’elle fournit d’étonnant clichés photographiques.

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Le tandem figura au programme olympique

À bicyclette…

Dans l’imaginaire, le tandem, bicyclette à deux places situées l’une derrière l’autre, renvoie aux promenades entre amoureux et, surtout, aux « congés payés » instaurés en France par le Front populaire : en 1936, à une époque où l’automobile était un grand luxe réservé aux bourgeois, des milliers d’ouvriers partirent voir la mer en pédalant sur un tandem – ce qui est bien mis en évidence par le cinéma de ce temps-là. Mais, on l’oublie, le tandem fut une discipline importante du programme cycliste des Jeux Olympiques de 1908 à 1972. En 1908, à Londres, les Français Maurice Schilles et André Auffray furent les premiers champions olympiques de tandem. En fait, les Français se distinguèrent souvent aux Jeux dans la compétition de tandem, accumulant les médailles d’or  : Lucien Choury et Jean Cugnot en 1924 ; Louis Chaillot et Maurice Perrin en 1932 ; Daniel Morelon et Pierre Trentin – les plus célèbres – en 1968.

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Percy Williams se célèbre lui-même incognito

Perdu dans la foule…

Williams, PercyLe Canadien Percy Williams, un  athlète de vingt ans quasi inconnu, réalisa le doublé 100-200 mètres aux Jeux Olympiques d’Amsterdam en 1928 à la surprise générale. Dans le 100 mètres, sa victoire était tellement inattendue que la cérémonie de remise des médailles fut différée afin que les officiels aient le temps de trouver un drapeau canadien ! Les supporters canadiens voulurent fêter leur nouveau héros, et ils se rendirent à son hôtel pour l’ovationner. Or Percy Williams était tellement peu connu qu’il se trouvait à ce moment non pas dans son hôtel, mais à l’extérieur, au milieu de ces supporters : il put rester au cœur de cette foule et se « fêter lui-même » !

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Le gymnaste devient « homme-torpille »

De la boulangerie au cirque

gym-cheval3L’Italien Alberto Braglia remporta le concours général de gymnastique aux Jeux Olympiques de Londres, en 1908. Cet ancien mitron, qui avait forgé sa musculature en s’entraînant seul dans une grange, imagina que le succès olympique pouvait lui procurer la fortune, et il délaissa son fournil pour monter un spectacle lors duquel il proposait un numéro d’« homme-torpille ». Ce changement d’orientation professionnelle ne lui apporta en fait que des désagréments : il se cassa l’épaule et plusieurs côtes ; la Fédération italienne le déclara « professionnel », ce qui lui fermait les portes des Jeux Olympiques. Néanmoins, il retrouva son statut « amateur » peu avant les Jeux de Stockholm, en 1912. Il put donc participer de nouveau aux compétitions olympiques, et s’adjugea encore la médaille d’or. Alberto Braglia délaissa cette fois totalement la gymnastique sportive et rejoignit les gens du cirque. Il monta notamment un duo comique qui connut un certain succès, en Europe d’abord, puis aux États-Unis.

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L’étonnante médaille de Lottie Dod

En l’honneur d’Azincourt ?

DOD (2)La Britannique Lottie Dod fut une des meilleures tenniswomen de la fin du XIXe siècle : elle remporta notamment cinq fois le tournoi de Wimbledon entre 1887 – elle avait quinze ans et reste la plus jeune gagnante du tournoi – et 1893. Elle était en outre une sportive éclectique : bonne patineuse sur glace, remarquable golfeuse et excellente joueuse de billard, elle fut même sélectionnée dans l’équipe d’Angleterre de hockey sur gazon en 1899-1900. À partir de 1905, Lottie Dod s’essaya au tir à l’arc en compagnie de ses frères – il semble que, ce faisant, ils voulaient assumer un lointain héritage, car un de leurs ancêtres aurait commandé les archers anglais à la bataille d’Azincourt. Lottie Dod remporta son premier tournoi en 1906, progressa, et elle participa aux Jeux Olympiques de Londres, en 1908. Les vingt-cinq concurrentes étaient toutes britanniques, et Lottie Dod, quasi débutante, obtint la médaille d’argent, devancée seulement par l’expérimentée Queenie Newall (53 ans), qui demeure la plus âgée des championnes olympiques. On peut noter que la famille brilla en tir à l’arc à Londres, puisque le frère de Lottie Dod, William Dod, remporta la médaille d’or en double york round.

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