Les Jeux de 2024 et 2028 seront sans doute attribués en même temps

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Pour qu’il n’y ait pas de perdants…

Le 15 mars 2017, un membre influent du Comité international olympique (C.I.O.) a indiqué que le C.I.O. va «plancher sur des propositions de réforme lors d’une session extraordinaire en juillet». Il apparaît clairement que, lors de la session ordinaire de Lima, en septembre 2017, le C.I.O. désignera sans doute en même temps les villes d’accueil des Jeux d’été de 2024 et 2028, puisque seules deux villes (Los Angeles et Paris) restent dans la course, après les désistements de Hambourg, Rome et Budapest. Déjà, Thomas Bach, président du C.I.O., avait regretté qu’il y ait «trop de perdants». En outre, les villes candidates sont de moins en moins nombreuses (pour les Jeux d’hiver de 2022, après plusieurs désistements, seules Pékin et Almaty restaient en course). En outre, au regard des incertitudes qui règnent dans le monde, le C.I.O. sécuriserait les Jeux Olympiques pour une décennie. Enfin, recaler Los Angeles paraît impensable au regard des millions de dollars que les États-Unis font entrer dans les caisses du C.I.O., et recaler une nouvelle fois Paris semble difficile au regard de l’histoire du mouvement olympique. Rappelons encore que ce ne serait pas une première, puisque en 1921, le C.I.O. attribua trois éditions des Jeux le même jour.

©Pierre LAGRUE



2024 : Budapest hors Jeux ?

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Des renoncements en série…

La candidature de Budapest à l’organisation des Jeux Olympiques d’été de 2024 est pour l’instant suspendue. En effet, le mouvement Momentum Mozgalom, qui mène une campagne NOlimpia, a réuni dès la mi-février 2017 le nombre de signatures nécessaires pour qu’un référendum se tienne sur la question. Un référendum dont l’issue ne fait guère de doute. Après Boston, Hambourg et Rome, Budapest devrait à son tour jeter l’éponge. À chaque fois, les raisons étaient politiques et/ou économiques: référendum municipal pour Hambourg (novembre 2015); refus du maire pour Boston (juillet 2015) et pour Rome (octobre 2016). Une décision qui s’inscrit dans un processus lourd de renoncement aux Jeux, puisque, pour les Jeux d’hiver de 2022, quatre villes avaient renoncé en cours de route (Oslo, Stockholm, Lviv, Cracovie). Les coût exorbitants (30 milliards d’euros pour Sotchi en 2014), le manque d’héritage (le Parc olympique de Rio 2016 est déjà en ruine) expliquent cette frilosité. Ainsi, pour 2024 comme pour 2022, seules deux villes vont sans doute rester en compétition, une situation qui inquiète le Comité international olympique (C.I.O.).

Pourtant, il ne s’agit pas d’une première. Rappelons notamment que, pour les Jeux d’hiver de 1976, Denver, ville désignée, avait renoncé aux Jeux à la suite d’un référendum ou que, pour les Jeux d’été de 1984, seule Los Angeles était en course.

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Les installations sportives des Jeux de Rio 2016 à l’abandon !

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Loin d’être une première…

Rio a dépensé 10 milliards d’euros pour les Jeux Olympiques de 2016. Quelques mois après que les lampions de la fête se sont éteints, les sites qui ont accueilli les Jeux sont en ruines pour la plupart. Le Parc olympique de Barra da Tijuca est fermé: des vigiles en interdisent l’entrée, car les visiteurs découvriraient des portes rouillées, des hautes herbes, bref la désolation. Le site de Deodoro (canoë, V.T.T…) est fermé également. Le Maracanã, dont la gestion est engluée dans un imbroglio administratif, est devenu un repaire de chats errants, une «poubelle géante». Entre corruption et surfacturation, les finances publiques sont mises à mal: les fonctionnaires ne sont plus totalement payés. Les 70 000 habitants expropriés pour laisser la place aux Jeux sont très amers. L’exemple de ceux de Vila Autodromo est emblématique: ils ont lutté jusqu’au bout, en vain, pour conserver leur logement; or le parking qui a été construit à la place de leurs habitations est en ruines…

Tout ce gâchis est loin d’être une première, et les Jeux ont bien souvent laissé des ruines en héritage. Le cas le plus célèbre est celui d’Athènes, en 2004: le coût les Jeux a creusé le déficit public, avec les conséquence dramatiques en termes économiques que l’on connaît, lesquelles ont failli conduire au Grecxit dans les années 2010; or aucune des installations construites en périphérie d’Athènes n’a été utilisée par la suite. Mais les exemples seraient multiples. Pour la France, rappelons que les Jeux d’hiver de Grenoble, en 1968, que le général de Gaulle voulait grandioses, ont conduit à la construction de multiples équipements sportifs (piste de bobsleigh de L’Alpe-d’Huez, tremplin de saut à skis de Saint-Nizier, etc.) laissés rapidement à l’abandon; les contribuables grenoblois mettront plus de 20 ans à rembourser le déficit des Jeux par l’augmentation de leurs impôts locaux.

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Alibaba rejoint le programme TOP du C.I.O.

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750 millions d’euros dans les caisses

Le Comité international olympique (C.I.O.) et le géant chinois du commerce en ligne Alibaba ont signé un accord, en janvier 2017 à Davos (Suisse): Alibaba va créer une plate-forme de vente de produits dérivés des Jeux Olympiques, jusqu’en 2028, moyennant un droit d’entrée de 750 millions d’euros. Alibaba devient le treizième partenaire du programme TOP (The Olympic Partners), que le C.I.O. avait jusque-là volontairement limité à douze. Mais il n’y a plus de petits bénéfices.

Aujourd’hui, le C.I.O. est une gigantesque entreprise financière, et on pense parfois qu’il en fut toujours ainsi. Cela est loin d’être le cas, puisque la marchandisation des Jeux Olympiques n’a débuté qu’au milieu des années 1980, sous l’impulsion de Juan Antonio Samaranch et Horst Dassler. Notons que, à ses débuts, The Olympic Partners généra 96 millions de dollars sur la période 1985-1988. Bien sûr, les sommes allèrent croissant, pour dépasser désormais le milliard de dollars par période de quatre ans. Qu’en penserait le baron de Coubertin ?

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Les Jeux de Paris 2024 auront-ils lieu en 2028?

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Ce ne serait pas une première…

Thomas Bach, président du Comité international olympique (C.I.O.), a indiqué, le 8 décembre 2016, qu’il regrettait qu’il y ait trop de perdants lors des séances d’attribution des Jeux Olympiques. «Nous avons besoin de revoir la procédure actuelle car elle produit trop de perdants. On peut se réjouir d’un grand nombre de candidats mais, très vite, le processus produit de nombreux perdants alors que le but est de trouver le meilleur hôte». La procédure sera-t-elle modifiée dès 2017? Thomas Bach réfute cette hypothèse. Mais dans la sphère olympique, tout peut bouger très vite. Or, la candidature de Budapest étant de pure forme, seules les villes de Paris et de Los Angeles s’affrontent. Attribuer les Jeux de 2024 à une des deux métropoles et les Jeux de 2028 à l’autre éviterait sans doute bien des rancœurs… Et ce ne serait pas une première. Ainsi, le 21 juin 1921, le C.I.O. attribua trois éditions des Jeux le même jour: les Jeux de 1924 à Paris, ceux de 1928 à Amsterdam et, de manière non officielle, ceux de 1932 à Los Angeles.

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Le Printemps de Prague à Grenoble

Hockey sur glace et politique en 1968

1968printempsLe sport est bien sûr le reflet des tensions du temps. Parfois, une victoire emblématique vaut plus que toutes les médailles. Ainsi, aux Jeux Olympiques de Grenoble, en 1968, l’U.R.S.S. remporta le tournoi de hockey sur glace. Néanmoins, le 15 février, les Soviétiques avaient été battus par les Tchécoslovaques (5 buts à 4). Mais, avec la formule de poule unique du tournoi, la Tchécoslovaquie, pénalisée par une défaite face au Canada (3 buts à 2) et un match nul contre la Suède (2 buts partout), dut se contenter de la médaille d’argent. Peu importe… Aux yeux des Tchécoslovaques, vaincre les Soviétiques sur fond de Printemps de Prague était beaucoup plus important que de remporter la médaille d’or.

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L’électronique s’invite aux Jeux en 1964

Computers…

1964chronoC’est en 1964 que les Jeux Olympiques sont entrés dans l’ère de l’électronique. En effet, à Tokyo, le chronométrage des épreuves au centième de seconde près fut la norme pour toutes les compétitions d’athlétisme (néanmoins, les résultats officiels ne prenaient en compte que les dixièmes de seconde). La firme Seiko équipa le bassin de natation de plaques électroniques sensibles au toucher des concurrents, et le temps mesuré ainsi automatiquement prévalait sur le jugement humain.

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