Paris 2024, c’est gagné !

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Los Angeles adoube Paris

C’était dans l’air… Cette fois, c’est fait. Après cent ans d’attente, Paris organisera les Jeux Olympiques en 2024. Eric Garcetti, maire de Los Angeles, a en effet annoncé la candidature de la Cité des Anges pour l’organisation des Jeux Olympiques en 2028. Paris demeure donc seule en lice. Los Angeles trouve néanmoins son compte dans cette décision. Ainsi, Los Angeles sera officiellement «choisie» pour les Jeux de 2028 en septembre 2017. La ville californienne pourra donc exploiter tous les symboles olympiques durant onze ans au lieu de sept. En outre, la manne promise à Los Angeles par le Comité international olympique est conséquente: 1,8 milliard de dollars. Pour Paris, le rêve a un coût (le budget se monte à 6,6 milliards d’euros). Néanmoins, les économistes prévoient que les retombées indirectes liées aux Jeux se situeront entre 5,3 et 10,7 milliards d’euros. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 devraient se tenir du 2 au 18 août. Un long sprint porteur d’espoir commence.

Depuis près d’un an déjà, l’olympisme inattendu vous informait de l’évolution des choses :

©Pierre LAGRUE



Les concours d’art et littérature

Le pentathlon des muses

ImageDurant les Jeux Olympiques, les compétitions n’ont pas concerné que des sportifs. En effet, de 1912 à 1948, artistes, écrivains et musiciens ont participé aux Jeux, dans le cadre des «concours d’art et littérature». Ceux-ci sont nés grâce à la ténacité de Pierre de Coubertin, qui désirait ajouter un volet culturel aux Jeux. En 1906, à l’occasion du quatrième congrès olympique, le Comité international olympique (C.I.O.) décide d’associer les arts et lettres à la célébration de l’olympiade. Il crée cinq concours (architecture, sculpture, musique, peinture, littérature). Ces concours devaient intégrer le programme à l’occasion des Jeux de 1908, mais, en raison du transfert tardif des Jeux de la IVe olympiade de Rome à Londres, la Royal Academy ne parvient pas à organiser ces concours. Les premiers eurent donc lieu en 1912.

1912. Stockholm

1912WinansOKLes débuts s’avèrent difficiles, car les artistes et écrivains suédois sont opposés à ces concours, tout comme le comité d’organisation. Aussi, très peu d’artistes prennent part aux concours. MM. Hohrod et Eschbach obtiennent une médaille d’or, dans la catégorie littérature, pour un texte bilingue français-allemand, intitulé Ode au sport (il s’avère rapidement que l’auteur de ce texte n’est autre que Coubertin lui-même). Les architectes suisses Alphonse Laverrière et Eugène Monod l’emportent dans la catégorie architecture pour Plan d’un stade moderne, alors que l’Américain Walter Winans, vainqueur du concours de sculpture pour une statuette en bronze baptisée An American Trotter, remporte aussi à Stockholm une médaille d’argent dans une compétition de tir. Les Italiens Riccardo Barthelemy (musique) et Carlo Pellegrini (peinture) sont les autres lauréats

1920. Anvers

1920COLLINLes concours ne connaissent toujours pas un grand succès. Le jury n’accorde que trois médailles d’or, à des artistes de second plan: Raniero Nicolai (Italie, littérature); Georges Monnier (Belgique, musique); Albéric Collin (Belgique, sculpture). On note que le célèbre écrivain britannique Theodore Andrea Cook n’obtient que la médaille d’argent en littérature.

1924. Paris

1924JACOBY2À Paris, le succès n’est toujours pas au rendez-vous. Aussi, le jury n’accorde que deux médailles d’or: le célèbre artiste luxembourgeois Jean Jacoby est couronné dans la catégorie peinture; le talentueux poète français Géo-Charles est distingué dans la catégorie littérature. Coubertin se désole: «Il faut […] la présence des génies nationaux, la collaboration des muses, le culte de la beauté, tout l’appareil qui convient au puissant symbolisme qu’incarnaient dans le passé les Jeux Olympiques et qu’ils doivent continuer de représenter aujourd’hui.» On note une curiosité: le Hongrois Alfred Hajós, champion olympique de natation en 1896, obtient une médaille d’argent dans la catégorie architecture.

1928. Amsterdam

1928LandowskiOKEn 1928, à Amsterdam, ces concours sont d’une tout autre envergure: d’abord, plus de mille artistes venus de dix-huit pays présentent leurs œuvres; ensuite, les concours prennent réellement le caractère d’«épreuves», notamment parce que chacune des cinq catégories se voit subdivisée en «sous-catégories» («design architectural» et «urbanisme» pour l’architecture; «bas-reliefs et médailles» et «statues» pour la sculpture; «dessin», «peinture» et «arts graphiques» pour la peinture; «littérature épique», «littérature dramatique» et «textes lyriques» pour la littérature; «chansons»; «musique pour orchestre»; «solo» pour la musique). Et des artistes de grand talent sont récompensés. Ainsi, l’architecte Jan Wils est couronné pour la réalisation du magnifique stade olympique (Olympisch Stadion) de ces Jeux d’Amsterdam (design architectural), le célèbre sculpteur français Paul Landowski reçoit la médaille d’or pour Le Boxeur (statues), le peintre néerlandais Isaäc Israels obtient la médaille d’or pour Le Cavalier rouge (peinture), le poète polonais Kazimierz Wierzynski est récompensé pour Lauriers olympiques (textes lyriques). Les autres médaillés d’or sont William Nicholson (Grande-Bretagne, arts graphiques), Edwin Grienauer (Autriche, bas-reliefs et médailles), Ferenc Mezo (Hongrie, littérature épique).

1932. Los Angeles

1932KNOCKOKEn 1932, ces concours connaissent encore un joli succès, puisque plus de mille œuvres sont présentées. L’Américain Joseph Webster Golinkin obtient la médaille d’or pour Leg Scissors (arts graphiques), son célèbre compatriote Mahonri Mackintosh Young reçoit la même distinction pour sa sculpture The Knockout, le poète allemand Paul Bauer est médaillé d’or pour Am Kangehenzonga (La Lutte avec l’Himalaya). On note que le célèbre architecte américain John Russell Pope ne reçoit que la médaille d’argent dans la catégorie design architectural, le jury récompensant les Français Pierre Montenot, Gustave Saacké et Pierre Bailly. Les autres médaillés d’or sont le Britannique John Hughes (urbanisme), le Tchèque Josef Suk (musique), le Suédois David Wallin (peinture), l’Américain Lee Blair (aquarelles et dessins), le Polonais Józef Klukowski (bas-reliefs). Parmi les membres du jury figurait André Maurois, qui accorda une mention «honorable» à Avery Brundage, futur président du C.I.O., pour son essai The Signifitance of Amateur Sport.

1936. Berlin

1936MARCH-OKEn 1936, les concours d’art et littérature n’échappent pas plus que toutes les manifestations olympiques à la mainmise nazie, comme en témoigne la composition du jury, au sein duquel figurent Adolf Ziegler, président de la Reichskammer der Bildenden Künste (chambre des Beaux-Arts), qui sera chargé par le régime de combattre l’«art dégénéré», ou Hanns Johst, président de la Reichsschrifttumskammer (chambre de la Littérature) et de la Deutsche Akademie für Dichtung (académie de poésie), qui sera officier dans la SS. Et, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, les médaillés d’or allemands sont nombreux: Werner March, concepteur du gigantesque Olympiastadion, conjointement avec son frère Walter March (urbanisme); Werner Egk (musique pour orchestre); Paul Höffer (musique chorale); Felix Dhünen (poésie); Emil Sutor (bas-reliefs). Les autres champions olympiques sont le Finlandais Urho Karhumäki (littérature épique), le Suisse Alex Diggelmann (arts graphiques), l’Italien Farpi Vignoli (statues), l’Autrichien Hermann Kutschera (design architectural).

1948. Londres

1948THOMPSON-OKEn 1948, aux Jeux de Londres, dans l’austérité de l’époque, les concours d’art et littérature sont relégués au second plan, et de nombreuses distinctions ne sont pas attribuées, faute d’œuvres de valeur. On peut néanmoins noter que le graveur français Albert Decaris reçoit la médaille d’or pour La Piscine, dans la catégorie gravures et arts graphiques, tout comme le Britannique Alfred Thomson, dans la catégorie peinture, pour London Amateur Championship. Les autres lauréats sont la Finlandaise Aale Tynni (poésie), l’Italien Giani Stuparich (littérature épique), le Polonais Zbigniew Turski (musique orchestrale), le Suédois Gustav Nordahl (statues).

La fin des concours d’art et littérature

Après ces Jeux de Londres, le «pentathlon des muses» cher à Pierre de Coubertin disparaît du programme olympique. Le C.I.O. se serait-il rendu compte que le mélange des genres aboutit à la médiocrité et que les «champions olympiques» sont couronnés pour des œuvres qui ne trouveraient pas leur place dans un grand musée ou dans une anthologie littéraire? Nullement! En fait, le C.I.O. considère, cette fois à juste titre puisque les artistes tentent de vivre de leur talent, que les participants à ces concours sont des «professionnels»; allant au bout de sa logique concernant la notion d’amateurisme, il décide, à l’occasion de sa quarante-quatrième session tenue à Rome en 1949, de supprimer les concours artistiques du programme.

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Les Jeux de 2024 et 2028 seront attribués en même temps

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Pour qu’il n’y ait pas de perdants…

Le 11 juillet 2017, le Comité international olympique (C.I.O.) a confirmé que les Jeux Olympiques de 2024 et 2028 seront attribués en même temps. D’ici au 13 septembre 2017, Paris et Los Angeles sont invitées à négocier afin de trouver un accord, et la session du C.I.O. n’aura plus qu’à entériner le choix. L’idée était dans l’air depuis longtemps, et elle se concrétise.

En effet, le 15 mars 2017, un membre influent du C.I.O. avait indiqué que le Comité allait «plancher sur des propositions de réforme lors d’une session extraordinaire en juillet». Il apparaissait clairement que, lors de la session ordinaire de Lima, en septembre 2017, le C.I.O. désignerait en même temps les villes d’accueil des Jeux d’été de 2024 et 2028, puisque seules deux villes (Los Angeles et Paris) restaient dans la course, après les désistements de Hambourg, Rome et Budapest. Déjà, Thomas Bach, président du C.I.O., avait regretté qu’il y ait «trop de perdants». En outre, les villes candidates sont de moins en moins nombreuses (pour les Jeux d’hiver de 2022, après plusieurs désistements, seules Pékin et Almaty restaient en course). En outre, au regard des incertitudes qui règnent dans le monde, le C.I.O. sécuriserait les Jeux Olympiques pour une décennie. Enfin, recaler Los Angeles paraît impensable au regard des millions de dollars que les États-Unis font entrer dans les caisses du C.I.O., et recaler une nouvelle fois Paris semble difficile au regard de l’histoire du mouvement olympique.

Paris fait figure de favori pour 2024, d’autant plus que Los Angeles trouverait un intérêt financier à attendre quatre ans, grâce à l’augmentation dans la durée du merchandising olympique et en raison de la renégociation à la hausse de nombreux contrats dans l’optique de 2028.

Rappelons encore que ce ne serait pas une première, puisque en 1921, le C.I.O. attribua trois éditions des Jeux le même jour.

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Des sports olympiques étranges…

Du croquet au surf…

1900-tir-cordeLe Comité international olympique (C.I.O.) a annoncé en août 2016 l’inscription aux Jeux de Tokyo, en 2020, de 5 nouveaux sports: le baseball-softball, le surf, le skateboard, le karaté et l’escalade. C’est l’occasion de rappeler qu’il y eut quelques sports très étranges aux Jeux Olympiques. Ainsi, aux Jeux de Paris, en 1900, il y eut des compétitions de croquet, de tir aux pigeons vivants, de nage sous l’eau, de nage avec obstacles, ainsi que de curieuses épreuves équestres (carrosses postaux, figures, sauts en longueur et en hauteur). Lire la suite

Quinze nouvelles épreuves aux Jeux de Tokyo en 2020

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Un programme de plus en plus confus

Après avoir décidé en 2016 de l’introduction (à titre provisoire) de cinq nouveaux sports (karaté, surf, escalade, skateboard, baseball-softball) aux Jeux de Tokyo en 2020, le Comité international olympique (C.I.O.) a inscrit, en juin 2017, quinze nouvelles épreuves au programme de ces Jeux de Tokyo. Les ajouts correspondent à trois critères: parité, mixité, disciplines susceptibles d’attirer un jeune public. Figurent ainsi au programme, par exemple, le relais 4 fois 400 mètres mixte (athlétisme), le basket-ball 3 contre 3, le B.M.X. freestyle (cyclisme), l’américaine (cyclisme), le double mixte en tennis de table, une épreuve par équipes mixte en judo, le relais par équipes mixte en triathlon. Lire la suite

2024 : Budapest hors Jeux ?

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Des renoncements en série…

La candidature de Budapest à l’organisation des Jeux Olympiques d’été de 2024 est pour l’instant suspendue. En effet, le mouvement Momentum Mozgalom, qui mène une campagne NOlimpia, a réuni dès la mi-février 2017 le nombre de signatures nécessaires pour qu’un référendum se tienne sur la question. Un référendum dont l’issue ne fait guère de doute. Après Boston, Hambourg et Rome, Budapest devrait à son tour jeter l’éponge. À chaque fois, les raisons étaient politiques et/ou économiques: référendum municipal pour Hambourg (novembre 2015); refus du maire pour Boston (juillet 2015) et pour Rome (octobre 2016). Une décision qui s’inscrit dans un processus lourd de renoncement aux Jeux, puisque, pour les Jeux d’hiver de 2022, quatre villes avaient renoncé en cours de route (Oslo, Stockholm, Lviv, Cracovie). Les coût exorbitants (30 milliards d’euros pour Sotchi en 2014), le manque d’héritage (le Parc olympique de Rio 2016 est déjà en ruine) expliquent cette frilosité. Ainsi, pour 2024 comme pour 2022, seules deux villes vont sans doute rester en compétition, une situation qui inquiète le Comité international olympique (C.I.O.).

Pourtant, il ne s’agit pas d’une première. Rappelons notamment que, pour les Jeux d’hiver de 1976, Denver, ville désignée, avait renoncé aux Jeux à la suite d’un référendum ou que, pour les Jeux d’été de 1984, seule Los Angeles était en course.

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Les installations sportives des Jeux de Rio 2016 à l’abandon !

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Loin d’être une première…

Rio a dépensé 10 milliards d’euros pour les Jeux Olympiques de 2016. Quelques mois après que les lampions de la fête se sont éteints, les sites qui ont accueilli les Jeux sont en ruines pour la plupart. Le Parc olympique de Barra da Tijuca est fermé: des vigiles en interdisent l’entrée, car les visiteurs découvriraient des portes rouillées, des hautes herbes, bref la désolation. Le site de Deodoro (canoë, V.T.T…) est fermé également. Le Maracanã, dont la gestion est engluée dans un imbroglio administratif, est devenu un repaire de chats errants, une «poubelle géante». Entre corruption et surfacturation, les finances publiques sont mises à mal: les fonctionnaires ne sont plus totalement payés. Les 70 000 habitants expropriés pour laisser la place aux Jeux sont très amers. L’exemple de ceux de Vila Autodromo est emblématique: ils ont lutté jusqu’au bout, en vain, pour conserver leur logement; or le parking qui a été construit à la place de leurs habitations est en ruines…

Tout ce gâchis est loin d’être une première, et les Jeux ont bien souvent laissé des ruines en héritage. Le cas le plus célèbre est celui d’Athènes, en 2004: le coût les Jeux a creusé le déficit public, avec les conséquence dramatiques en termes économiques que l’on connaît, lesquelles ont failli conduire au Grecxit dans les années 2010; or aucune des installations construites en périphérie d’Athènes n’a été utilisée par la suite. Mais les exemples seraient multiples. Pour la France, rappelons que les Jeux d’hiver de Grenoble, en 1968, que le général de Gaulle voulait grandioses, ont conduit à la construction de multiples équipements sportifs (piste de bobsleigh de L’Alpe-d’Huez, tremplin de saut à skis de Saint-Nizier, etc.) laissés rapidement à l’abandon; les contribuables grenoblois mettront plus de 20 ans à rembourser le déficit des Jeux par l’augmentation de leurs impôts locaux.

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Alibaba rejoint le programme TOP du C.I.O.

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750 millions d’euros dans les caisses

Le Comité international olympique (C.I.O.) et le géant chinois du commerce en ligne Alibaba ont signé un accord, en janvier 2017 à Davos (Suisse): Alibaba va créer une plate-forme de vente de produits dérivés des Jeux Olympiques, jusqu’en 2028, moyennant un droit d’entrée de 750 millions d’euros. Alibaba devient le treizième partenaire du programme TOP (The Olympic Partners), que le C.I.O. avait jusque-là volontairement limité à douze. Mais il n’y a plus de petits bénéfices.

Aujourd’hui, le C.I.O. est une gigantesque entreprise financière, et on pense parfois qu’il en fut toujours ainsi. Cela est loin d’être le cas, puisque la marchandisation des Jeux Olympiques n’a débuté qu’au milieu des années 1980, sous l’impulsion de Juan Antonio Samaranch et Horst Dassler. Notons que, à ses débuts, The Olympic Partners généra 96 millions de dollars sur la période 1985-1988. Bien sûr, les sommes allèrent croissant, pour dépasser désormais le milliard de dollars par période de quatre ans. Qu’en penserait le baron de Coubertin ?

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