Larissa LATYNINA (1934- )

Gymnaste soviétique

LATYNINA2Pendant un demi-siècle, Larissa Latynina détint le record de médailles obtenues aux Jeux (18), et seul Michael Phelps parvint à la détrôner. Elle fut aussi la première femme à s’adjuger neuf titres olympiques. Elle fut la plus brillante représentante de l’école soviétique de gymnastique féminine qui accumula les titres à la fin des années 1950 et au début des années 1960.

Larissa Latynina fit ses études à l’institut d’État de culture physique de Kiev. Lors des Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956, Larissa Latynina remporta la médaille d’or au concours général individuel, au saut de cheval et au sol (partageant pour cette épreuve la plus haute marche du podium avec la Hongroise Ágnes Keleti). On garde de ces Jeux une image forte : sur le podium, Ágnes Keleti, qui venait pourtant d’apprendre la mort de sa mère lors de l’insurrection hongroise, se tourna vers sa rivale pour lui serrer la main. Aux Jeux de Rome, en 1960, Larissa Latynina remporta de nouveau le concours général individuel, devant deux de ses compatriotes, Sofia Muratova et Polina Astakhova. Quatre ans plus tard, à Tokyo, elle fut devancée dans le concours général individuel par la Tchécoslovaque Vera Cáslavská, mais fut championne olympique au sol pour la troisième fois consécutivement.

En plus de ses nombreux titres olympiques individuels, Larissa Latynina remporta le concours général par équipes aux Jeux en 1956, 1960 et 1964. Elle ajouta à ce palmarès cinq médailles d’argent et quatre de bronze en trois olympiades. En outre, elle a obtenu dix médailles d’or aux Championnats du monde et sept aux Championnats d’Europe.

Sa carrière achevée, la gymnaste se consacra à l’enseignement de son sport et devint entraîneur de l’équipe nationale soviétique. Elle participa par ailleurs activement à l’organisation des Jeux de Moscou en 1980.

LATYNINA-Phelps2Clin d’œil de l’histoire : en 2012, elle posa au côté de Michael Phelps pour une publicité de la marque de luxe Louis Vuitton.

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Viatcheslav IVANOV (1938- )

Rameur soviétique

ivanov3Viatcheslav Ivanov fut le premier triple médaillé d’or olympique dans la prestigieuse épreuve du skiff. Il est un des symboles de l’émergence du sport soviétique aux Jeux.

Ainsi, lors des Jeux Olympiques de Melbourne, en 1956, le tout jeune Viatcheslav Ivanov (18 ans) cause la surprise : en retard, il accélère la cadence à 200 mètres de la ligne d’arrivée, dépasse l’Australien Stuart MacKenzie, et termine avec 5 secondes d’avance sur celui-ci. Ivanov est tellement ému après avoir reçu sa médaille d’or qu’il la laisse tomber dans le lac Wendouree ! Il plonge alors pour tenter de la récupérer, mais en vain. Le Comité international olympique lui offrira par la suite une médaille de remplacement.

Quatre ans plus tard, aux Jeux de Rome, Ivanov conserve son titre, devant Achim Hill (Allemagne). Cette série de victoires est cependant menacée lors des Jeux de Tokyo en 1964. Hill possède en effet une confortable avance aux 1 500 mètres, mais Ivanov jette toutes ses forces dans la bataille et reprend 11 secondes à l’Allemand sur la fin du parcours ; il remporte encore l’or.

Officier dans l’armée soviétique, Viatcheslav Ivanov fut onze années consécutivement champion de skiff de l’U.R.S.S., de 1956 à 1966. Quadruple champion d’Europe, il remporta également le Championnat du monde en 1962.

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Henri SAINT CYR (1902-1979)

Cavalier suédois

SAINT CYR2Spécialiste du dressage, Henri Saint Cyr figure parmi les plus grands champions d’équitation de son pays. En 1952 puis en 1956, il remporta l’épreuve olympique de dressage, à titre individuel comme par équipes.

Henri Saint Cyr embrasse la carrière militaire en 1924. Gravissant les échelons, cet officier finit par atteindre le rang de chef d’escadron.

Henri Saint Cyr se fait connaître sur la scène olympique en 1952 à Helsinki. Montant Master-Rufus, il doit affronter une concurrente redoutable et courageuse, la Danoise Lis Hartel. Celle-ci a contracté la poliomyélite en 1944 et est paralysée sous les genoux ; mais, nullement abattue, elle participe aux compétitions. Saint Cyr la devance de moins de 20 points au terme d’une lutte acharnée et passionnante. Offrant à l’histoire olympique l’un de ses gestes les plus gracieux et émouvants, il aide ensuite son adversaire à monter sur le podium. L’année suivante, le cavalier suédois est sacré champion du monde à Wiesbaden, en Allemagne.

En 1956, les compétitions équestres des Jeux Olympiques se déroulent non pas à Melbourne, en raison de la quarantaine imposée par l’Australie aux chevaux étrangers, mais à Stockholm. Henri Saint Cyr, qui évolue donc à domicile, se montre plus que brillant : montant Juli, il réalise une prestation quasi parfaite sur un terrain glissant et sous la pluie ; il remporte de nouveau la médaille d’or individuelle dans l’épreuve de dressage, comme en 1952 devant Lis Hartel ; son résultat permet aussi à la Suède de s’adjuger encore le titre par équipes.

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Gert FREDRIKSSON (1919-2006)

Kayakiste suédois

Fredriksson 1948 (2)Gert Fredriksson domina sa discipline de 1948 à 1960, remportant sept titres de champion du monde et huit médailles olympiques, dont six en or. Ce palmarès exceptionnel et son extraordinaire longévité font de lui l’un des plus célèbres kayakistes de l’histoire.

Gert Fredriksson gagne haut la main les épreuves de kayak individuel (K1) sur 1 000 mètres et 10 000 mètres lors des Jeux Olympiques de Londres en 1948. En 1952, aux Jeux d’Helsinki, il conserve son titre sur 1 000 mètres, mais doit se contenter de la médaille d’argent sur 10 000 mètres, battu par le Finlandais Thorvald Strömberg. Fredriksson remporte les deux courses de K1 pour la seconde fois aux Jeux de Melbourne en 1956.

Il revient une dernière fois sur la scène olympique, à Rome, en 1960 : à 41 ans, il est médaillé de bronze sur 1 000 mètres en K1 et obtient la médaille d’or en K2, associé à Sven-Olov Sjödelius. Il met alors un terme à sa carrière sportive.

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Jean DESPEAUX (1915-1989)

Boxeur français

despeaux2Jean Despeaux fut champion olympique dans la catégorie des poids moyens aux Jeux de Berlin, en 1936, avant de devenir professionnel, puis, plus inattendu, de faire une carrière d’acteur au cinéma. Jean Despeaux remporte sa médaille d’or le même jour que son compatriote Roger Michelot (mi-lourds) : dans le contexte particulier de l’époque, ces deux succès font la une de la presse française. Par la suite, Jean Despeaux passe professionnel, et dispute 15 combats. Les plus célèbres sont ceux qui l’ont opposé à Joë Brun en 1942, car il s’agissait de confrontations entre le champion de France de la zone occupée (Jean Despeaux) et le champion de France de la zone libre (Joë Brun). Il entame par ailleurs une carrière d’acteur, jouant notamment dans L’assassin habite au 21, d’Henri-Georges Clouzot.

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CHEN JING (1968- )

Pongiste chinoise puis taïwanaise

Chen_Jing (2)Quand on connaît l’histoire tendue des relations entre la Chine et Taïwan, la trajectoire de Chen Jing mérite mention. En effet, représentant la Chine populaire, elle remporte la médaille d’or aux Jeux de Séoul en 1988, en simple, et, associée à Jiao Zhimin, la médaille d’argent en double. En 1992, elle quitte la Chine et s’installe à Taïwan. Elle est autorisée à concourir pour son nouveau pays et, en 1996 aux Jeux d’Atlanta, elle obtient la médaille d’argent, battue en finale par la Chinoise Deng Yaping : elle offre à Taïwan la première médaille olympique de son histoire. Chen Jing sera encore médaillée de bronze en 2000 aux Jeux de Sydney.

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Inge SØRENSEN (1924-2011)

Nageuse danoise

Sørensen-OK (2)Inge Sørensen est à la fois la plus jeune médaillée olympique de l’histoire et une figure romantique de la résistance à l’oppression nazie. En effet, elle a 12 ans à peine lorsqu’elle participe aux Jeux de Berlin en 1936, où elle s’adjuge la médaille de bronze dans le 200 mètres brasse. À son retour à Copenhague, « Little Lovely Inge » est accueillie par trente mille personnes enthousiastes. Alors que, dans les années 1930, les nazis utilisent des sportives populaires pour créer des « images héroïques de la perfection féminine de la race aryenne », la jeune Inge Sørensen reçoit sa médaille de bronze sur le podium, mais elle refuse les félicitations d’Hitler. Cette image deviendra un symbole du mouvement de résistance à l’occupation nazie au Danemark quand il se structurera, à partir de 1943. Inge Sørensen remporta également le 200 mètres brasse aux Championnats d’Europe de Londres en 1938.

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Waldemar CIERPINSKI (1950- )

Athlète est-allemand

cierpinskiWaldemar Cierpinski demeure assez méconnu. Pourtant, il est, avec le célèbre Éthiopien Abebe Bikila, le seul marathonien double champion olympique. Waldemar Cierpinski ne débuta sur le marathon qu’en 1974, mais il participa aux Jeux Olympiques de Montréal, en 1976, a priori sans grandes ambitions. Pourtant, il s’imposa à la surprise générale – lui-même étant incrédule. Quand il pénétra dans le stade, il vit que le panneau d’affichage l’annonçait premier ; il ne voulait pas le croire et, pour « assurer le coup », il décida de refaire un tour de stade complet. Quand l’Américain Frank Shorter, champion olympique en 1972, termina son marathon, Waldemar Cierpinski courait encore : sur la ligne d’arrivée, c’est donc le médaillé d’argent qui attendit le médaillé d’or. En 1980, aux Jeux de Moscou, il remporta de nouveau le marathon, devançant de quelques secondes le Néerlandais Gerard Nijboer.

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Charles Ferdinand PAHUD DE MORTANGES (1896-1971)

Cavalier néerlandais

PAHUD (2)Charles Ferdinand Pahud de Mortanges fut un des plus brillants cavaliers de l’histoire. Il remporta quatre médailles d’or et une médaille d’argent aux Jeux Olympiques, de 1924 à 1932.

Spécialiste du concours complet, Charles Ferdinand Pahud de Mortanges fait ses débuts olympiques aux Jeux de Paris, en 1924. Montant Johnny-Walker, il prend la quatrième place du concours complet individuel remporté par son compatriote Adolf Van der Voort Van Zijp et, une fois les résultats des trois cavaliers néerlandais additionnés, il obtient la médaille d’or par équipes.

En 1928, aux Jeux d’Amsterdam, les cavaliers néerlandais dominent largement le concours complet. Charles Ferdinand Pahud de Mortanges, sur Marcroix, remporte l’épreuve individuelle en devançant son compatriote Gerard de Kruijff, alors que le troisième Néerlandais, Adolf Van der Voort Van Zijp, est quatrième : la combinaison de ces résultats offre bien sûr la médaille d’or par équipes aux Pays-Bas. En 1932, aux Jeux de Los Angeles, porte-drapeau de la délégation néerlandaise, il est de nouveau champion olympique à titre individuel, montant encore Marcroix. Mais, à Los Angeles, le concours complet s’avère très difficile pour nombre de cavaliers : les abandons se multiplient et seulement deux formations voient trois concurrents terminer l’épreuve ; on n’attribue donc que deux médailles, l’or pour les États-Unis, l’argent pour les Pays-Bas. Charles Ferdinand Pahud de Mortanges participe pour la dernière fois aux Jeux Olympiques en 1936 à Berlin, mais il est contraint à l’abandon.

Par ailleurs officier, Charles Ferdinand Pahud de Mortanges est fait prisonnier par l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale. En 1943, il parvient à s’échapper, puis il gagne l’Angleterre ; le 6 juin 1944, il participe au débarquement allié en Normandie. En 1946, il devient président du Comité olympique néerlandais.

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Helene MADISON (1913-1970)

Nageuse américaine

MADISON (2)Helene Madison domina les compétitions de nage libre au tout début des années 1930 et remporta trois titres olympiques en 1932 à Los Angeles, lors de Jeux très hollywoodiens dont elle fut une des stars : elle se distingua dans les bassins, mais aussi en dehors, avec la jet-set. Au cours de sa brève carrière, la jeune fille établira ainsi vingt records du monde.

Helene Madison remporte toutes les épreuves de nage libre aux Championnats des États-Unis en 1930 et en 1931. Elle est désignée meilleure sportive de l’année 1931 par Associated Press.

Lors des Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, Helene Madison, grande et svelte (1,80 m, 57,5 kg) jeune femme de 19 ans, multiplie les exploits et séduit le public par son charme. Lors du 100 mètres nage libre, son exceptionnelle fin de course lui permet de prendre le meilleur sur la jeune Néerlandaise Willemijntje den Ouden (14 ans). Médaillée d’or dans le relais 4 fois 100 mètres, elle remporte également le 400 mètres nage libre, ne devançant sa redoutable compatriote Lenore Kight que de 1 dixième de seconde. Durant les Jeux, elle fréquente les vedettes de Hollywood, danse au Coconut Grove en compagnie de Clark Gable… Après les Jeux, Helene Madison passe professionnelle et interprète son propre rôle dans The Human Fish, un film dans lequel apparaît aussi Johnny Weissmuller.

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