Irving BAXTER (1876-1957)

Athlète américain

Irving Baxter brilla aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, où il obtint 2 médailles d’or et 3 médailles d’argent. Il remporta notamment 2 médailles d’or le même jour, dans des circonstances très particulières sur le terrain de la Croix-Catelan. En effet, le 15 juillet, il gagna le concours de saut en hauteur (1,90 m) ; il décida alors de tenter de battre le record du monde : or la foule se pressa autour de lui pour l’admirer, mais, avec la présence de tous ces spectateurs au bord du sautoir, il ne pouvait pas prendra son élan et… renonça à son pari. Juste après se déroulait le concours de saut à la perche, pour lequel il n’était pas inscrit. Or, entre un changement de programme, le fait que le concours se déroulât le jour du Seigneur, les meilleurs concurrents américains (Charles Dvorak, Daniel Horton et Bascom Johnson) ne se trouvaient pas sur le terrain de la Croix-Catelan. En toute hâte, Irving Baxter se dirigea vers le sautoir et, avec une performance très modeste (3,30 m), il devint champion olympique de saut à la perche ! Le lendemain, il termina à la seconde place dans les trois concours de sauts sans élan, tous remportés par son compatriote Ray Ewry.

La légende dit qu’Irving Baxter se trouva encore au cœur d’une polémique lors du concours de saut à la perche du Championnat de Grande-Bretagne en 1901 : il avait oublié sa perche ; or comme le seul autre concurrent de ce concours refusait de lui en prêter une, il déracina un mât et participa à l’épreuve avec cet engin de fortune. Diplômé de l’université de Pennsylvanie, Irving Baxter fut admis au barreau de l’État de New York et exerça la profession d’avocat puis de juge.

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Kathrin NEIMKE (1966- )

Athlète allemande

Kathrin Neimke fut une des meilleures lanceuses de poids à la fin des années 1980 et dans les années 1990. Elle a remporté deux médailles aux Championnats du monde (argent en 1987, bronze en 1993). Aux Jeux Olympiques, elle a également obtenu deux médailles. La première mérite qu’on la mentionne : le 1er octobre 1988, à Séoul, elle s’adjugea la médaille d’argent (21,07 m), loin derrière la Soviétique Natalia Lisovskaya (22,24 m) ; en effet, il s’agit de la dernière des multiples médailles récoltées par la délégation féminine est-allemande en athlétisme. Pour cette médaille d’argent, elle reçut une autre médaille, celle du Vaterländischer Verdienstorden (Ordre du mérite patriotique) de la R.D.A, créé en 1954. En 1992, aux Jeux de Barcelone, elle obtint la médaille de bronze (19,78 m). Kathrin Neimke fut également championne du monde en salle en 1995 (19,40 m) et participa une dernière fois aux Jeux Olympiques, en 1996 à Atlanta, se classant septième (18,92 m) du concours remporté par sa compatriote Astrid Kumbernuss (20,56 m), elle aussi formée dans sa jeunesse en R.D.A. Après la réunification allemande, Kathrin Neimke avait rejoint la police anti-émeute de Saxe-Anhalt : nul doute que son gabarit décourageait les éventuels émeutiers !

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Paul MASSON (1876-1945)

Cycliste français

Aujourd’hui, Paul Masson serait célébré comme une star, car remporter 3 médailles d’or au cours de la même édition des Jeux Olympiques constitue une performance exceptionnelle. Mais Paul Masson réalisa cet exploit en 1896, aux Jeux d’Athènes, et seuls les férus de sport en eurent connaissance à l’époque. Mieux, sur la piste du vélodrome du Phalère, il remporta les trois épreuves le même jour ! Paul Masson gagna d’abord l’épreuve de vitesse (6 tours de piste), devant le Grec Stamatios Nikolopoulos et son compatriote Léon Flameng. Puis il s’imposa dans le 10 kilomètres (30 tours de piste), devant Léon Flameng, battu pour quelques centimètres (aujourd’hui, il faudrait la photo-finish pour les départager, mais ce procédé était bien sûr inconnu à l’époque), et l’Autrichien Adolf Schmal. Enfin, il remporta le tour de piste (333 m) contre la montre, s’imposant en 24 s, devant Stamatios Nikolopoulos (25,2 s) et Adolf Schmal (26 s). Bien qu’il eût battu plusieurs concurrents grecs, le public l’applaudit chaudement pour ses exploits.

Par la suite, il disputa quelques courses chez les professionnels, sous le pseudonyme de Nossam, sans doute afin de ne pas risquer de perdre ses médailles, car les Jeux étaient bien sûr ouverts aux seuls purs amateurs. Néanmoins, il n’a guère brillé, sa seule performance notable étant une troisième place aux Championnats du monde de vitesse en 1897.

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Martina HELLMANN (1960- )

Athlète est-allemande

Martina Hellmann fut une des meilleures lanceuses de disque durant les années 1980. Elle remporta notamment la médaille d’or à l’occasion des deux premières éditions des Championnats du monde d’athlétisme, en 1983 à Helsinki (68,94 m) et en 1987 à Rome (71,62 m). Privée des Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984 pour cause de boycottage décrété par le Kremlin, elle était bien présente quatre ans plus tard à Séoul : le 29 septembre 1988, grâce à un jet de 72,30 mètres, il devint championne olympique. Martina Hellmann mérite une mention particulière, car cette médaille d’or est la dernière des 38 médailles d’or récoltées en athlétisme par la R.D.A. dans son histoire olympique. Pour cette médaille, elle reçut une autre médaille, la médaille d’or du Vaterländischer Verdienstorden (Ordre du mérite patriotique) de la R.D.A, créé en 1954.

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Heike FRIEDRICH (1970- )

Nageuse est-allemande

Heike Friedrich s’est construit un magnifique palmarès dans les années 1980, remportant notamment quatre médailles d’or aux Championnats du monde en 1986, quatre médailles d’or aux Championnats d’Europe en 1987, deux médailles d’or et une médaille d’argent aux Championnats d’Europe en 1989. Mais si Heike Friedrich mérite mention, c’est parce qu’elle symbolise la politique sportive de la R.D.A., fondée sur le dopage d’État, qui a permis à ce petit pays d’accumuler les médailles d’or, notamment dans les compétitions féminines, et plus particulièrement en natation. Ainsi, aux Jeux Olympiques de Séoul, Heike Friedrich remporta le 200 mètres nage libre. En 1991, juste après la réunification allemande, elle a pris sa retraite à l’âge de 21 ans. L’analyse des archives de la Stasi prouva, malgré les dénégations de la nageuse, que Heike Friedrich fut bien soumise au programme étatique de dopage ; il fut ainsi prouvé, en 1998-2000, que Heike Friedrich avait pris des substances illégales améliorant la performance lors des Championnats d’Europe de 1989 (ses taux de testostérone correspondaient aux valeurs masculines normales).

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Lucien MÉRIGNAC (1873-1941)

Escrimeur français

Lucien Mérignac est issu d’une lignée d’escrimeurs : son père, Louis, surnommé le « Grand Patron », possédait une célèbre salle d’escrime rue Joubert à Paris ; son oncle, Émile, était un historien de l’escrime (il publia notamment Histoire de l’escrime dans tous les temps et dans tous les pays). Il est donc logique qu’il devînt lui-même escrimeur et maître d’armes. Vainqueur de plusieurs grand tournois internationaux à la fin des années 1890, Lucien Mérignac participa aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, malgré sa qualité de maître d’armes : en effet, durant ces Jeux, au grand dam de Pierre de Coubertin, des sportifs « professionnels » furent autorisés à concourir. En escrime, il y avait donc deux catégories : amateurs et maîtres d’armes. Dans la compétition de fleuret, Lucien Mérignac remporta l’épreuve réservée aux maîtres d’armes, en battant son compatriote Alphonse Kirchhoffer en finale. Il y gagna aussi un surnom, en référence à son père : le « Petit Patron ».

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Josefa IDEM (1964- )

Kayakiste et femme politique italienne

Josefa Idem, née en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, est beaucoup plus connue sous son nom de femme mariée, Josefa Guerrini, et pour son rôle dans la vie politique italienne que pour son palmarès sportif.

En effet, elle fut élue sénatrice du Parti démocrate en 2013, puis nommée ministre de à l’Égalité des chances et du Sport. Elle quitta ce poste rapidement, à la suite d’une affaire d’évasion fiscale. On oublie qu’elle participa huit fois aux Jeux Olympiques, où elle obtint cinq médailles, dont une en or en 2000 à Sydney

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Maureen CAIRD (1951- )

Athlète australienne

Maureen Caird n’aura brillé que le temps d’un automne, mais elle toucha l’or olympique sur 80 mètres haies en 1968. En outre, elle fut la dernière championne olympique du 80 mètres haies, car cette épreuve sera remplacée par le 100 mètres haies aux Jeux de Munich en 1972.

Toute jeune, Maureen Caird réalisa de bonnes performances, ce qui lui valut d’être sélectionnée pour les Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, sur le 80 mètres haies, dont la grande favorite était sa compatriote Pam Kilborn, laquelle la devançait toujours lors des compétitions nationales. Âgée de 17 ans, elle était la plus jeune Australienne de ces Jeux. En finale, elle causa la surprise : elle s’adjugea la médaille d’or (10,3 s), devant Pam Kilborn et la Taiwanaise Chi Cheng. Cette victoire faisait d’elle la plus jeune championne olympique en athlétisme. En 1970, elle obtint la médaille d’argent lors des Jeux du Commonwealth sur 100 mètres haies, battue par Pam Kilborn. Aux Jeux de Munich, en 1972, elle fut éliminée dès les séries. À 21 ans, elle mit un terme à sa carrière.

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Walter TEWKSBURY (1878-1968)

Athlète américain

Walter Tewksbury a réussi l’exploit de se classer dans les trois premiers à l’occasion des cinq épreuves auxquelles il participa lors des Jeux Olympiques de Paris en 1900. Walter Tewksbury étudia la médecine dentaire à l’université de Pennsylvanie. Fraîchement diplômé, il participa donc aux Jeux Olympiques de 1900 à Paris. Il disputa cinq épreuves et se distingua à chaque fois : il gagna le 200 mètres et le 400 mètres haies, se classa deuxième du 100 mètres, en ayant tenu la dragée haute à son compatriote Frank Jarvis, et du 60 mètres, devancé par le célèbre Américain Alvin Kraenzlein, et troisième du 200 mètres haies.

Mais sa performance la plus surprenante fut son succès dans la course de 400 mètres haies. Pour Tewksbury, cette épreuve constituait une inconnue : il ne s’y était jamais essayé, la course de haies d’un tour de piste n’existant pas à cette époque aux États-Unis ; en outre, il affrontait un concurrent hors pair en la personne du Français Henri Tauzin, une vedette du Racing-Club, qui multipliait les victoires dans cette discipline. L’une des caractéristiques de ces Jeux de Paris fut l’organisation chaotique des compétitions : le 400 mètres haies n’échappa pas à la règle, bien au contraire. Sur la piste en herbe du stade de la Croix-Catelan, les haies furent disposées de façon très artisanale : certaines étaient des morceaux de poteaux télégraphiques tandis qu’une sorte de rivière constituait le dernier obstacle à franchir ! Or Walter Tewksbury causa la surprise : il s’imposa, réalisant 57,6 secondes, un temps proche du record du monde, et devança Henri Tauzin.

Pour Walter Tewksbury, l’athlétisme n’était qu’un passe-temps. De retour dans son pays après ses exploits parisiens, il arrêta la compétition pour se consacrer à son métier de dentiste.

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Andreï PERLOV (1961- )

Athlète russe

Andreï Perlov remporta le 50 kilomètres marche aux Jeux Olympiques de Barcelone, en 1992. Mais c’est un an plus tôt, aux Championnats du monde de Tokyo, qu’il était entré dans l’histoire du sport, grâce à une belle image de fraternité gâchée par un jury tatillon. Dans le 50 kilomètres, au terme d’une lutte de près de 4 heures avec son compatriote Aleksandr Potashov, les deux hommes se trouvaient au coude-à-coude en pénétrant dans le stade. Or, plutôt que de se disputer la victoire au sprint, ils décidèrent de franchirent ensemble la ligne d’arrivée en se tenant par l’épaule. Mais le jury n’admit pas ce dénouement fraternel marqué du sceau du fair-play, et il examina la photo-finish : après cet examen, il attribua la médaille d’or à Potashov, la médaille d’argent à Perlov, au grand dam des deux amis. Notons que le jury aurait pu être encore plus sévère : ce type de comportement sportif (ne pas se disputer la victoire) peut valoir une disqualification !

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