Nadia Comaneci et le Conducator

La petite communiste qui ne souriait jamais

COMANECI4 (3)À son retour des Jeux de Montréal, Nadia Comaneci fut triomphalement accueillie à Bucarest. Elle reçut la médaille de « héros du travail socialiste » devant les dirigeants du Parti communiste roumain. Mais le Nicolae Ceausescu, le Conducator qui voulait faire de la jeune gymnaste triomphante son « jouet », va vite être embarrassé par la popularité de Nadia, qui pourrait lui faire de l’ombre. La vie de Nadia, qui a mis fin à sa carrière de gymnaste en 1981, va devenir un enfer : Nadia se refuse à Nicu Ceausescu, le détestable fils cadet du Conducator ; la Securitate la surveille en permanence. On lui accorde certes un visa pour accompagner la délégation roumaine à Los Angeles lors des Jeux de 1984, mais la police secrète roumaine la suit pas à pas en Californie. Nadia, qui a goûté à la liberté et au mode de vie occidental au cours de sa carrière, étouffe dans la Roumanie des Ceausescu : alors qu’elle aspire à la liberté, tout déplacement à l’étranger lui est interdit. L’évasion devient une obsession. Celle-ci ressemble à un mauvais roman d’espionnage. Le 26 novembre 1989, aidée par un personnage trouble, Constantin Panait, qui lui extorque 5 000 dollars, elle gagne clandestinement la frontière hongroise, erre dans la nuit, alors que les hommes de la Securitate sont à ses trousses, puis rejoint Vienne. De là, elle part pour les États-Unis, où elle est accueillie triomphalement, alors que le régime du dictateur Ceausescu va s’écrouler.

©Pierre LAGRUE