Paul GÜNTHER (1882-1945)

Plongeur allemand

Paul Günther fut la vedette de l’équipe d’Allemagne qui domina les compétitions de plongeon aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912. La supériorité des plongeurs allemands était notamment due à leur solide formation de base à la gymnastique. Il a remporté la médaille d’or au tremplin, devant ses compatriotes Hans Luber, Kurt Behrens et Albert Zürner (vainqueur en 1908 à Londres). Qualifié pour la finale de l’épreuve de haut-vol, il fut contraint de déclarer forfait en raison d’une blessure.

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François BRANDT (1874-1949)

Rameur néerlandais

Vainqueur du deux avec barreur aux Jeux de Paris en 1900, associé à Roelof Klein, François Brandt fut l’un des deux premiers Néerlandais couronnés champions olympiques. Détail amusant : le barreur de l’embarcation, Hermanus Brockmann, fut remplacé au dernier moment par un jeune garçon, beaucoup plus léger, qui est resté inconnu ! Mais ce jeune garçon était tellement léger que les Néerlandais ont dû lester l’embarcation de 5 kg, car le gouvernail sortait de l’eau. Durant ces Jeux, François Brandt prit aussi la troisième place en huit, l’équipage néerlandais étant devancé par les États-Unis et la Belgique ; pour cette épreuve, Hermanus Brockmann avait repris sa place de barreur et, selon l’entraîneur néerlandais, c’est ce qui coûta la victoire aux Pays-Bas ! Après avoir terminé ses études d’ingénierie civile à Delft, François Brandt travailla pour l’industrie ferroviaire jusqu’en 1938. Il fut alors ordonné évêque de l’Église catholique libérale pour les Pays-Bas et la Belgique et se consacra à son ministère.

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Viktor TCHOUKARINE (1921-1984)

Gymnaste soviétique

TCHOUKARINE2Viktor Tchoukarine fut le premier héros du sport olympique soviétique. Il remporta sept médailles d’or, trois médailles d’argent et une médaille de bronze aux Jeux (1952 et 1956).

Viktor Tchoukarine aurait pu participer à des compétitions nationales de gymnastique dès l’âge de dix-neuf ans, mais il dut interrompre ses activités sportives en raison de la Seconde Guerre mondiale. Étudiant à l’Institut de culture physique de Lviv, en Ukraine, il obtint son diplôme en 1950.

Champion d’U.R.S.S. de gymnastique en 1949, 1950 et 1951, Viktor Tchoukarine se prépara avec un grand sérieux pour les Jeux Olympiques de 1952, car Staline avait décidé que l’U.R.S.S. enverrait pour la première fois une délégation aux Jeux, à Helsinki.

L’équipe de gymnastique était un des fleurons de cette délégation soviétique et Viktor Tchoukarine se montra le plus brillant de ces champions. Il remporta en effet le concours général individuel, la compétition par équipes avec ses camarades, la médaille d’or au cheval-d’arçons et au saut de cheval, ajoutant la médaille d’argent aux anneaux et aux barres parallèles, il s’adjugea donc six médailles en Finlande, ce qui fut le record pour cette édition. Deux ans plus tard, aux Championnats du monde de Rome, il obtint la médaille d’or lors du concours général individuel (ex aequo avec son compatriote Valentin Muratov) et par équipes, ainsi qu’aux barres parallèles.

En 1956, aux Jeux de Melbourne, Viktor Tchoukarine, déjà âgé de trente-cinq ans, demeurait pourtant le meilleur atout de l’U.R.S.S. dans le concours général individuel, une épreuve à l’occasion de laquelle il affrontait un adversaire redoutable, le Japonais Takashi Ono. À l’issue d’une compétition serrée, Tchoukarine s’imposa de très peu devant Ono. Tchoukarine gagna également la compétition par équipes avec l’U.R.S.S., s’adjugea la médaille d’or aux barres parallèles, la médaille d’argent au sol et la médaille de bronze au cheval-d’arçons.

En dehors des gymnases, Viktor Tchoukarine militait au sein du Parti communiste depuis 1951 ; il publia en 1955 l’ouvrage Put K Vershinam (« Le Chemin qui mène aux sommets »). Après sa carrière sportive, il devint entraîneur de gymnastique : il dirigea l’équipe de gymnastique d’Arménie à partir de 1961, puis celle d’Ukraine à partir de 1972.

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Percy WILLIAMS (1908-1982)

Athlète canadien

percy-williamsPercy Williams réalisa le doublé 100-200 mètres aux Jeux Olympiques d’Amsterdam en 1928 à la surprise générale. En effet, ce frêle athlète de vingt ans était quasi inconnu avant cette compétition. Pourtant, il gagna d’abord le 100 mètres, devant le Britannique John London et l’Allemand Georg Lammers : sa victoire était tellement inattendue que la cérémonie de remise des médailles fut différée afin que les officiels aient le temps de trouver un drapeau canadien ! Dans le 200 mètres, après un départ prudent, il remonta ses concurrents et remporta sa seconde médaille d’or olympique, devant le Britannique Walter Rangeley et l’Allemand Helmut Körning. Percy Williams fut accueilli en héros au Canada, puis il confirma qu’il était un athlète de valeur : en 1930, il établit un nouveau record du monde du 100 mètres (10,3 s) et remporta le 100 yards des premiers Jeux de l’Empire britannique (ancêtres des Jeux du Commonwealth), en battant le record du monde (9,6 s), mais il se blessa. Il ne retrouva jamais la forme, fut éliminé en demi-finale du 100 mètres aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1932, et prit sa retraite sportive. Bien plus tard, il donna ses médailles olympiques au BC Sports Hall of Fame, afin que chacun puisse les admirer. Mais celles-ci furent volées quelques jours plus tard ! Moins amusant : souffrant d’arthrite et de solitude, il se suicida avec une arme à feu qui lui avait été offerte en 1928 en récompense de ses triomphes olympiques.

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Soupçons de corruption sur l’attribution des Jeux de 2016 à Rio

L’histoire se répète…

Le 3 mars 2017, la presse révèle que Rio de Janeiro aurait obtenu les Jeux Olympiques de 2016 à la suite d’actes de corruption. Le Monde indique qu’une société liée à un richissime homme d’affaires brésilien a versé, le 29 septembre 2009, trois jours avant l’élection de la ville hôte, 1,5 million de dollars au fils de Lamine Diack, alors président de la Fédération internationale d’athlétisme, la plus importante fédération olympique, et membre du Comité international olympique (C.I.O.). Il ajoute que la justice française «dispose d’éléments concrets mettant en cause l’intégrité du processus d’attribution» des Jeux et que «les magistrats soupçonnent des manœuvres destinées à acheter les votes du membre du C.I.O. lors de la désignation». Rappelons que la corruption a bien souvent gangréné le processus de désignation des villes d’accueil des Jeux, l’épisode le plus célèbre restant l’achat des Jeux d’hiver de 2002 par Salt Lake City.

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Le public de Rio a-t-il raté ses Jeux ?

Le chauvinisme, valeur universelle…

Le dénouement du concours de saut à la perche des Jeux de Rio de Janeiro, le 15 août 2016, aurait pu rester comme un instant magique, celui où des champions au sommet de leur art s’affrontent pour la médaille d’or olympique. Il n’en est rien, puisque le public brésilien ne s’est pas contenté d’encourager son compatriote, Thiago Braz da Silva, mais a conspué tous ses rivaux, notamment le Français Renaud Lavillenie. Pis, lors de la cérémonie de remise des médailles, Lavillenie fut accueilli par des huées stupides, ce qui lui fera monter les larmes aux yeux.

Ce spectacle désolant est malheureusement loin d’être une première aux Jeux Olympiques. Déjà, en 1924, à l’occasion des Jeux de Paris, Montherlant écrivait, à l’issue du match de rugby France-États-Unis marqué par le chauvinisme exacerbé du public français: «La France sent renaître en elle une vigoureuse xénophobie.» On se souvient que les Jeux de Moscou, en 1980, furent le théâtre de multiples manifestations de chauvinisme. Et déjà lors du concours de saut à la perche: tous les rivaux du Soviétique Konstantin Volkov furent sifflés à chaque fois qu’ils se présentaient devant le sautoir; le Polonais Wladislaw Kozakiewicz, à l’issue de son succès, ne put s’empêcher de faire un bras d’honneur à tous ces chauvins. Quatre ans plus tard, aux Jeux de Los Angeles en 1984, le chauvinisme du public fut encore de la fête, seuls les Américains étant encouragés.

Oui, le public de Rio a raté son rendez-vous avec l’olympisme. Mais il n’est pas le premier, et sûrement pas le dernier…

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