Hasely CRAWFORD (1950- )

Athlète trinidadien

crawford-1-concentrateSpécialiste du sprint, Hasely Crawford devint une célébrité dans son pays en remportant le 100 mètres, l’épreuve reine, lors des Jeux Olympiques de Montréal, en 1976. En effet, il apportait à Trinité-et-Tobago la première médaille d’or olympique de son histoire.

Né dans une famille sportive de onze enfants, Hasely Crawford obtient une bourse pour aller étudier aux États-Unis, à l’université du Michigan, où il mène de front études et entraînement sportif. Le sprinter se révèle en remportant la médaille de bronze du 100 mètres aux Jeux du Commonwealth en 1970. Néanmoins, il ne fait pas partie des favoris de l’épreuve à l’occasion des Jeux Olympiques de Munich en 1972. Surprenant, il réalise un bon temps lors des séries qualificatives (10,18 s) et semble en mesure de menacer le favori, le Soviétique Valeri Borzov. Hélas ! il se blesse en finale et ne peut pas défendre ses chances. Crawford reconnaîtra par la suite avoir disputé trop de courses avant les Jeux, ce qui fragilisa son imposante musculature (1,89 m, 89 kg).

Crawford retient la leçon et se fixe dès lors un unique objectif : devenir champion olympique en 1976. Il s’entraîne à partir de 1975 avec Bob Parks, se ménage, court peu, travaille sa technique. C’est un champion au faîte de sa forme qui se présente donc à Montréal en 1976. Néanmoins, il n’est pas le favori – Borzov ayant encore la faveur des pronostics. En finale, le Soviétique prend le meilleur départ, mais Crawford fait son retard, passe en tête à 30 mètres de la ligne et s’impose en 10,06 s, de peu devant le Jamaïquain Don Quarrie (10,07 s), alors que Borzov obtient la médaille de bronze (10,14 s). Un style d’une fluidité rare pour un sprinter de son gabarit et un mental d’acier : voilà les ingrédients qui font de lui un champion olympique.

Hasely Crawford devient une star dans son petit pays : deux timbres-poste à son effigie sont imprimés, six chansons caribéennes traditionnelles sont composées en son honneur… Crawford participe encore au 100 mètres olympique en 1980 et en 1984, mais sans réussir à se qualifier pour la finale.

©Pierre LAGRUE



Matthias BEHR (1955- )

Escrimeur allemand

behrMatthias Behr, brillant fleurettiste, fut champion olympique par équipes en 1976 aux Jeux de Montréal, mais son nom reste attaché à un drame. En effet, lors des Championnats du monde de Rome, en 1982, il dispute les quarts de finale de l’épreuve de fleuret par équipes contre les Soviétiques. Lors de son assaut contre Vladimir Smirnov, champion olympique en 1980, la lame de son fleuret se casse en deux et va se planter, passant au travers du masque, dans la tête de son adversaire. Smirnov est évacué en urgence. La compétition reprend sur demande des autorités sportives soviétiques qui cachent à ses coéquipiers l’état réel de Smirnov. L’équipe allemande s’incline. Les Soviétiques seront champions du monde, mais Vladimir Smirnov décédera quelques jours plus tard. Matthias Behr sera médaillé d’argent à titre individuel et par équipes aux Jeux de Los Angeles en 1984, médaillé d’argent par équipes aux Jeux de Séoul en 1988.

©Pierre LAGRUE



Joe DeLOACH (1967- )

Athlète américain

DELoach (2)Le célèbre Carl Lewis n’a jamais été battu aux Jeux Olympiques lors d’une épreuve individuelle, sauf en une occasion : en 1988, sur 200 mètres, il fut devancé par Joe DeLoach, son ami, qui est passé comme une étoile filante sur la scène sportive. Joe DeLoach se révèle en 1988, en remportant le 200 mètres des sélections américaine pour les Jeux de Séoul. En Corée du Sud, il cause la surprise en remportant le 200 mètres (19,75 s), devant Carl Lewis. Par la suite, Joe DeLoach ne réalise plus de performances notables, et il met un terme à sa carrière en 1992, à 25 ans, après avoir échoué à se qualifier pour les Jeux de Barcelone.

©Pierre LAGRUE



Uļjana SEMJONOVA (1952- )

Basketteuse soviétique

Semjonova-2-retroDouble championne olympique, triple championne du monde (1971, 1975, 1983), dix fois consécutivement championne d’Europe avec l’équipe d’Union soviétique, Uļjana Semjonova fit trop souvent l’objet de moqueries, en raison de sa morphologie : souffrant d’acromégalie, elle mesurait 2,13 mètres et chaussait du 58.

Le basket-ball féminin fit son entrée au programme olympique en 1976, aux Jeux de Montréal, et la formation de l’Union soviétique s’adjugea la médaille d’or en dominant très largement toutes ses rivales, ce succès étant grandement dû à Uļjana Semjonova qui, en raison de sa taille, ne pouvait pas être contrée par ses adversaires. Uļjana Semjonova fut de nouveau championne olympique en 1980 à Moscou. Malgré tous ces triomphes, Uļjana Semjonova fut-elle heureuse ?

©Pierre LAGRUE



Gabriela SZABO (1975- )

Athlète roumaine

Szabo (2)Gabriela Szabo obtint deux médailles olympiques et trois titres de championne du monde. Véritable stakhanoviste de l’athlétisme, Gabriela Szabo mit fin à sa carrière à moins de 30 ans, usée par la répétition des efforts. Plus tard, elle se lancera en politique, devenant ministre des Sports de Roumanie en 2013.

Vice-championne olympique du 1 500 mètres en 1996 à Atlanta, derrière la Russe Svetlana Masterkova, Gabriela Szabo s’oriente alors vers les distances supérieures et devient championne du monde du 5 000 mètres en 1997. 1999 est sa grande année : elle remporte toutes les courses auxquelles elle participe et est de nouveau championne du monde du 5 000 mètres, à Séville. Véritable « machine à courir », elle emploie toujours la même tactique : quel que soit le rythme imposé, elle se tient en deuxième position, et fait parler sa pointe de vitesse dans le dernier tour.

En 2000 à Sydney, elle devient championne olympique du 5 000 mètres (14 min 40,79 s), en dominant au sprint l’Irlandaise Sonia O’Sullivan. En 2001 à Edmonton, Gabriela Szabo est championne du monde du 1 500 mètres ; en revanche, elle échoue sur le 5 000 mètres, remporté par la Russe Olga Yegorova, cette dernière ayant été autorisée par l’I.A.A.F. à participer à l’épreuve alors qu’elle avait fait l’objet d’un contrôle antidopage positif à l’EPO.

Gabriela Szabo ne se contente pas de la saison d’été : elle fut championne du monde en salle du 3 000 mètres en 1995, 1997 et 1999, du 1 500 mètres en 1999. Gabriela Szabo prend sa retraite sportive en 2005.

©Pierre LAGRUE



Sarah et Karen JOSEPHSON (1965- )

Nageuses américaines

JOSEPHSON (2)Quoi de plus normal que de voir des sœurs jumelles briller en natation synchronisée ? Sarah et Karen Josephson en fournissent un exemple. Les jumelles, qui ont découvert la natation synchronisée dès l’âge de 5 ans, participent à des compétitions internationales aux début des années 1980. Médaillées d’argent en duo et par équipes aux Championnats du monde en 1986, les sœurs Josephson se distinguent aux Jeux de Séoul, en 1988, où elles obtiennent la médaille d’argent en duo. Leur trajectoire sportive se termine de la plus belle des manières, en 1992, aux Jeux de Barcelone, où elles s’adjugent la médaille d’or en duo.

©Pierre LAGRUE



Makharbek KHADARTSEV (1964- )

Lutteur russe

lutte2OKMakharbek Khadartsev a remporté deux médailles d’or et une médaille d’argent aux Jeux Olympiques, ainsi que cinq médailles d’or aux Championnat du monde, en représentant… quatre « pays » différents. Combattant dans la catégorie des mi-lourds, en lutte libre, il obtient la médaille d’or en 1988 aux Jeux de Séoul, sous les couleurs de l’Union soviétique. Quatre ans plus tard, il réédite son exploit à Barcelone, mais l’Union soviétique a disparu, et il représente l’équipe unifiée de la Communauté des États indépendants. En 1996, aux Jeux d’Atlanta, il est médaillé d’argent, celle fois sous le drapeau de la Russie. En 2000, pour les Jeux de Sydney, il n’est pas sélectionné dans l’équipe de Russie, mais il participe néanmoins aux Jeux sous les couleurs de l’Ouzbékistan ! Makharbek Khadartsev est avant tout russe et ossète : il est ainsi élu à la Douma de la Russie en 2011, où il siège jusqu’en 2016. Enfin, en 2014, il est élu maire de Vladicaucase, capitale de l’Ossétie du Nord-Alanie !

©Pierre LAGRUE



Susan HOLLOWAY (1955- )

Sportive canadienne

holloway2 (2)Susan Holloway présente la singularité d’avoir participé aux Jeux d’hiver puis aux Jeux d’été ; en outre, la guerre froide olympique eut une influence sur sa carrière. Bonne skieuse de fond, elle prend part aux Jeux Olympiques d’hiver à Innsbruck, en 1976, se classant trente-deuxième du 10 kilomètres et, avec l’équipe canadienne, septième du relais 4 fois 5 kilomètres. Toujours en 1976, elle participe aux Jeux d’été de Montréal, en kayak, se classant huitième du 500 mètres K2. Elle espérait briller aux Jeux de Moscou, en 1980, car elle était désignée porte-drapeau du Canada : mais le boycottage de ces Jeux par les États-Unis et leurs alliés, dont le Canada, la priva de cette joie. Enfin, en 1984, aux Jeux de Los Angeles, elle obtint deux médailles olympique en kayak (argent en K2, bronze en K4) : cette fois, le boycottage des Jeux par l’Union soviétique et ses pays satellites lui fut favorable, car les meilleures kayakistes, presque toutes issues du bloc de l’Est, étaient absentes.

©Pierre LAGRU



Wolfgang SCHMIDT (1954- )

Athlète allemand

Schmidt (2)Wolfgang Schmidt représente un symbole de la guerre froide olympique : médaillé olympique sous les couleurs de l’Allemagne de l’Est, il tenta de se réfugier à l’Ouest, puis reprit sa carrière au sein de l’équipe d’Allemagne de l’Ouest. Médaillé d’argent dans le concours de lancer du disque aux Jeux Olympiques de Montréal, en 1976, derrière l’Américain Mac Wilkins, Wolfgang Schmidt devint champion d’Europe de la spécialité en 1978 ; la même année, il battit le record du monde (71,16 m). En 1982, il tenta de passer à l’Ouest : hélas ! en tant que membre du club de la police, il était très étroitement surveillé par la Stasi, et sa fuite se traduisit par un échec ; il fut condamné à un an de prison. Par la suite, il disparut de la scène sportive. En 1987, il fut autorisé à émigrer en Allemagne de l’Ouest. Néanmoins, il n’était pas éligible pour les Jeux de Séoul, en 1988. En 1990, aux Championnats d’Europe, il obtint la médaille de bronze sous les couleurs de la R.F.A., la médaille d’or revenant à son ex-« compatriote » est-allemand Jürgen Schult qui, deux ans plus tôt, avait refusé de lui serrer la main lors d’une compétition, le considérant comme une sorte de « déserteur ».

©Pierre LAGRUE



Jan ZELEZNY (1966- )

Athlète tchèque

Zelezny (2)En 1989, les médecins ordonnèrent à Jan Zelezny d’arrêter le lancer du javelot, car il risquait une paralysie totale en raison de problèmes vertébraux. Il ne les écouta pas. Bien lui en prit. Il avait déjà battu le record du monde en 1987 (87,66 m) et était devenu vice-champion olympique en 1988 à Séoul. Mais sa carrière débutait à peine.

En 1992, à Barcelone, il fut couronné champion olympique (89,66 m). Suivirent deux titres de champion du monde, en 1993 à Stuttgart (85,98 m) et en 1995 à Göteborg (89,58 m). Le 6 avril 1993, Jan Zelezny établissait le nouveau record du monde (95,54 m). Il portera ce record à 98,48 m le 25 mai 1996 à Iéna. En 1996 à Atlanta, il fut une deuxième fois champion olympique (88,16 m).

Par la suite, ses problèmes de santé contrarièrent de nouveau sérieusement sa carrière. Néanmoins, il était présent aux Jeux de Sydney, en 2000, et il remporta un troisième titre olympique consécutivement, grâce à un jet à 90,17 m à son troisième essai. Malgré leur déception, ses concurrents, et en premier lieu son dauphin, le Britannique Steve Backley, lui rendirent un hommage unanime. En 2001 à Edmonton, il fut une nouvelle fois champion du monde (92,70 m). Avec trois titres olympiques et trois médailles d’or mondiales, Jan Zelezny a surpassé, dans le panthéon du javelot, le Suédois Eric Lemming ou le Finlandais Matti Järvinen.

En 2006, Jan Zelezny mit un terme à sa carrière. Mais, à quarante ans, il se distingua une dernière fois : il obtint la médaille de bronze aux Championnats d’Europe de Göteborg (85,92 m), devancé par les deux nouvelles étoiles de la spécialité, le Norvégien Andreas Thorkildsen (88,78 m) et le Finlandais Tero Pitkämäki (86,44 m). La même année, il devint membre du Comité international olympique.

©Pierre LAGRUE