Eugenio BRUNETTA D’USSEAUX (1857-1919)

Aristocrate italien

Membre du Comité international olympique (C.I.O.) de 1897 à sa mort, le comte Brunetta d’Usseaux est involontairement à l’origine du credo olympique. En effet, en 1907, lors de la session du C.I.O. tenue à La Haye, il proposa que, aux Jeux de Londres en 1908, un classement officiel fût établi entre les nations, le pays vainqueur recevant une statuette de Pallas Athéna qu’il apportait dans ses bagages. Ce le «trophée du Championnat olympique» fut l’occasion d’un affrontement féroce entre Américains et Britanniques: les Américains contestèrent pêle-mêle le règlement du saut à la perche, le système de classement retenu pour ce trophée, le fait que des officiels britanniques conseillent au grand jour les athlètes alors que les entraîneurs américains se voyaient refuser l’accès au stade. La situation s’envenima tellement que le «trophée du Championnat olympique» fut annulé.

Or, le 19 juillet 1908, Mgr Ethelbert Talbot, évêque de Pennsylvanie présent à Londres dans le cadre de la cinquième conférence des évêques anglicans, prêcha en la cathédrale Saint-Paul et prononça un sermon destiné aux concurrents belliqueux: «S’il n’y a qu’une chose à retenir de tous les mensonges sur les enseignements de l’Olympie antique, c’est que les Jeux en eux-mêmes sont au-dessus des questions de race et de récompenses. Saint Paul nous apprend à quel point le prix est insignifiant. Notre récompense n’est pas corruptible mais incorruptible, et même si seule une personne peut porter la couronne de lauriers, tout le monde peut partager la même joie de la compétition.»

Quelques fidèles rapportèrent la phrase de l’évêque sous la forme suivante: «L’important dans ces olympiades n’est pas tant d’y gagner que d’y prendre part.» Pierre de Coubertin reprendra la phrase de Mgr Talbot en l’adaptant: «Le plus important aux jeux Olympiques n’est pas de gagner mais de participer, car l’important dans la vie ce n’est point le triomphe mais le combat; l’essentiel, ce n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu.» Cette phrase deviendra le credo olympique.

©Pierre LAGRUE

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