Ferenc PUSKAS (1927-2006)

Footballeur hongrois

PUSKAS1Ferenc Puskas fut, de 1950 à 1956, le joyau d’une équipe de Hongrie qui ne concéda qu’une seule défaite (cruelle, puisqu’il s’agissait de la finale de la Coupe du monde en 1954). Puis, de 1958 à 1965, il fut une des stars du Real Madrid qui domina l’Europe des clubs. Mais le «Major galopant» figure ici au titre de l’olympisme inattendu car il fut aussi, on l’oublie, champion olympique. En effet, aux Jeux Olympiques d’Helsinki, en 1952, la Hongrie obtint la médaille d’or en battant la Yougoslavie (2-0) en finale. Mais Puskas dira toujours que ce succès avait peu de valeur à ses yeux. À l’époque, seuls les sportifs «amateurs» étaient autorisés à participer aux Jeux. Comme les régimes communistes interdidsaient «officiellemement» le sport professionnel, tous les champions d’Europe de l’Est conservaient leur statut d’amateur. Puskas, membre du club officiel de l’armée, le Honved Budapest, faisait donc partie de ces amateurs. En fait, remporter en 1952 cette compétition olympique privée de la quasi-totalité des maîtres du ballon rond, «professionnels», n’apportait la gloire qu’au régime communiste, et non aux footballeurs hongrois. En 1956, Puskas aurait dû participer une nouvelle fois aux Jeux Olympiques, à Melbourne. Mais, peu avant le début des Jeux, éclata l’insurrection populaire hongroise, qui sera réprimée dans le sang par l’Armée rouge. Aussi le Premier ministre Imre Nagy, qui avait tenté d’imposer un socialisme à visage humain et qui redoutait désormais le pire, conseilla à Puskas de partir en tournée en Europe de l’Ouest avec le Honved Budapest. Puskas l’écouta, puis il refusera de rentrer en Hongrie. À la demande de la Fédération hongroise, la F.I.F.A suspendra l’exilé pour 18 mois, et Puskas vivra misérablement dans un camp de réfugiés en Autriche. En 1958, Puskas sera engagé par le Real Madrid, et entammera une nouvelle carrière. Avec le Real, Puskas remportera notamment trois fois la Coupe d’Europe des clubs. Au-delà de son palmarès, Ferenc Puskas fut un homme courageux qui refusa l’oppression et sut braver la fatalité. Il restera comme un symbole sportif d’une époque déchirée par la guerre froide entre Est et Ouest.

©Pierre LAGRUE

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