La langue française supprimée du programme olympique ?

Une tradition issue de Coubertin et désormais surannée ?

COUBERTIN2Regarder les compétitions d’escrime des Jeux Olympiques de Rio, en 2016, sur place ou à la télévision, pouvait étonner: les annonces arbitrales se faisaient en français. Le français est la langue officielle de l’escrime, tout comme elle est celle de l’olympisme, du moins dans les textes… En effet, la Charte olympique précise, à son article 23, que «les langues officielles du C.I.O. sont le français et l’anglais». Pourtant, aux Jeux de Rio, le français fut très peu utilisé, sauf pour les cérémonies officielles, où les annonces étaient faites, comme le veut la coutume, en français, en anglais et dans la langue du pays hôte, en l’occurrence le portugais. En revanche, tous les verdicts arbitraux destinés aux concurrents et aux spectateurs se faisaient en anglais et en portugais. Dans le village olympique, hormis la cafétéria, tous les panneaux indicateurs étaient rédigés en anglais et en portugais. Bien sûr, pour les télévisions, les sous-titrages étaient inscrits en anglais.

Le français restera sans nul doute une des langues officielles de l’olympisme, car il est impossible d’oublier Pierre de Coubertin. Néanmoins, une langue officielle pas, ou peu, utilisée reste-t-elle une langue vivante? La messe demeura célébrée en latin jusqu’en 1965… Gageons que l’olympisme demeurera encore longtemps célébré en français, mais la langue de Molière sera sans nul doute sacrifiée dans les faits sur l’autel de la toute-puissance anglophone.

L’Organisation internationale de la francophonie, inquiète de la situation, mandate depuis 2004, à chaque célébration des Jeux, un Grand Témoin chargé de suivre de près l’utilisation du français aux Jeux. En 2016, pour les Jeux de Rio, le Grand Témoin fut le saxophoniste camerounais Manu Dibango. Nous ne doutons pas que les responsables du C.I.O. et du comité d’organisation l’aient reçu avec courtoisie.

©Pierre LAGRUE



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