Egil DANIELSEN (1933- )

Athlète norvégien

1956-DANIELSEN2-antiqueEgil Danielsen est devenu champion olympique du lancer du javelot en 1956 à Melbourne grâce à l’aide de deux de ses rivaux, ce qui vaut bien une mention au titre de l’olympisme inattendu. Dixième du concours de lancer du javelot, remporté par le Polonais Janusz Sidlo, aux Championnats d’Europe en 1954, Egil Danielsen progresse et, en 1956, il est candidat aux médailles olympiques. Le concours est dominé par Janusz Sidlo. Sixième après trois essais, Egil Danielsen reçoit une aide inattendue : alors que lui-même utilise le traditionnel javelot en bois, Sidlo, qui lance avec un tout nouveau javelot en métal, prête son engin à Danielsen ; celui-ci boit aussi un café que lui offre un de ses autres concurrents, le Français Michel Macquet. À son quatrième essai, Egil Danielsen lance le javelot que lui a prêté Sidlo à 85,71 mètres. Il bat tout simplement le record du monde de Sidlo (83,66 m), et s’octroie bien sûr la médaille d’or. Sidlo, dont le meilleur jet à Melbourne est de 79,98 mètres, doit se contenter de la médaille d’argent. L’histoire ne dit pas si le Polonais a regretté son « prêt ». Quant à Egil Danielsen, il prendra la deuxième place aux Championnats d’Europe en 1958 (78,27 m), devancé par… Janusz Sidlo (80,18 m). Éliminé lors du concours de qualification aux Jeux Olympiques de Rome en 1960, Egil Danielsen mettra fin à sa carrière après cette compétition. L’étoile d’Egil Danielsen n’aura brillé qu’à Melbourne en 1956, mais le jour J.

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Mamo WOLDE (1932-2002)

Athlète éthiopien

1968-WOLDEMamo Wolde fut un des meilleurs coureurs de fond africains, mais il n’a pas connu la gloire qu’il méritait. L’olympisme inattendu se devait donc de le mettre à l’honneur. En effet, aux Jeux de Mexico, en 1968, Mamo Wolde, remporta, à la surprise générale, le marathon. Mais il succédait au palmarès à son compatriote Abebe Bikila, vainqueur en 1960 et en 1964, et il ne pouvait pas prétendre à la même notoriété que le premier héros du sport africain. Continuer la lecture de « Mamo WOLDE (1932-2002) »

Larry JAMES (1947-2008)

Athlète américain

1968-JAMES-4-antiqueLarry James demeure un personnage méconnu, qui mérite donc une mention au titre de l’olympisme inattendu. En effet, il fut sans doute un des meilleurs coureurs de 400 mètres de tous les temps, mais sa courte carrière s’est construite dans l’ombre de son compatriote Lee Evans. Ainsi, lors des épreuves de sélection américaines pour les Jeux de Mexico en 1968, il se classa deuxième du 400 mètres, derrière Evans… mais il devint recordman du monde ! En effet, Evans avait remporté la course en 44,0 s, mais il chaussait des pointes non réglementaires, et sa performance ne fut pas homologuée. Larry James (44,1 s) fut donc recordman du monde, contre son gré. Aux Jeux de Mexico, il réalisa une performance exceptionnelle sur 400 mètres : 43,97 s ; mais Evans le devançait, en 43,86 s. Sur le podium, tout comme Evans et le troisième Américain, Ron Freeman, Larry James était coiffé d’un béret noir, pour protester contre la discrimination raciale aux États-Unis. Là encore, Larry James ne se posa pas en leader : il était certes un militant de la cause des Noirs, mais modéré : quelques années plus tard, il avoua que son attitude sur le podium était plus marquée du sceau de la solidarité avec ces athlètes qu’il admirait que de celui de la conviction politique.

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Gunnar HÖCKERT (1910-1940)

Athlète finlandais

1936Höckert-antiqueGunnar Höckert connut une carrière éclair et un destin tragique. Gunnar Höckert causa la surprise aux Jeux Olympiques de Berlin, en 1936, en remportant le 5 000 mètres devant le favori, son compatriote Lauri Lehtinen. La même année, Gunnar Höckert établit les records du monde du 3 000 mètres, du 2 miles et du 2 000 mètres. Mais Gunnar Höckert souffrait de rhumatismes, et il ne réalisera plus aucune performance par la suite. Malgré ses rhumatismes, Gunnar Höckert s’engagea dans l’armée finlandaise au début de la Seconde Guerre mondiale, pour combattre l’Armée rouge soviétique qui envahissait la Finlande. Gunnar Höckert fut tué lors de la guerre d’Hiver, en Carélie.

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Tinus OSENDARP (1916-2002)

Athlète néerlandais

1936Osendarp-antiqueTinus Osendarp se distingua sur les pistes avant de se livrer à des exactions au sein de la SS. Aux Jeux Olympiques de Berlin, en 1936, Tinus Osendarp obtint la médaille de bronze sur 100 mètres, derrière les Noirs américains Jesse Owens et Ralph Metcalfe, et sur 200 mètres, derrière les Noirs américains Jesse Owens et Matthew Robinson. Ses performances furent montées en épingle par la propagande nazie : il fut présenté comme le seul Blanc capable de rivaliser sur la piste avec les Noirs américains. Tinus Osendarp connut de ce fait une grande notoriété. Il prouva ses qualités de sprinter en remportant les 100 et 200 mètres aux Championnats d’Europe de Paris en 1938. Mais, nazi convaincu, Tinus Osendarp, officier de police, intégra les Services de sécurité allemands et la SS durant la Seconde Guerre mondiale. Tinus Osendarp fut jugé pour ses crimes de guerre, et condamné à douze ans de prison en 1948. Libéré dès 1953, Tinus Osendarp s’installa dans le Limbourg, où il travailla dans les mines tout en entraînant les jeunes sprinters locaux.

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Ignace HEINRICH (1925-2003)

Athlète français

Ignace Heinrich HEINRICH-2-boostvint tardivement à l’athlétisme. En effet, né en Alsace, il fut incorporé de force dans l’armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale, et envoyé sur le front russe. Lors de la débâcle allemande, il rencontra Jacques André, un bon coureur de 400 mètres, membre du groupe de chasse Normandie-Niémen, qui l’aida à revenir en France. Jacques André lui conseilla également de faire de l’athlétisme. Ignace Heinrich l’écouta et s’essaya au décathlon. Dès 1947, il fut champion de France de la discipline. Il se présenta même en favori aux Jeux Olympiques de Londres, en 1948. Mais, à l’issue d’un duel farouche, il fut battu par le tout jeune Américain Bob Mathias. Ignace Heinrich obtint néanmoins une belle médaille d’argent, et espérait glaner l’or en 1952. En 1950, il devint champion d’Europe du décathlon. Désigné porte-drapeau de la délégation française durant la cérémonie d’ouverture des Jeux d’Helsinki, en 1952, Ignace Heinrich joua de malchance : il se déplaça une vertèbre lors du saut en longueur et dut abandonner.

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Émile ALI-KHAN (1902- ?)

Athlète français

ALI-KHAN (2)Émile Ali-Khan, surnommé «Le Prince Ali-Khan», fut le premier athlète français à disputer une finale olympique dans l’épreuve reine, le 100 mètres: aux Jeux d’Anvers, en 1920, il se classa cinquième de la course remportée par l’Américain Charlie Paddock. Toujours aux Jeux de 1920, associé à René Lorain, René Tirard et René Mourlon, il s’adjugea la médaille d’argent dans le relais 4 fois 100 mètres. Émile Ali-Khan conserve sa part de mystère. Déjà, il semble qu’il ait abandonné la compétition individuelle dès 1921, ne disputant plus que quelques courses de relais. On a longtemps pensé qu’il était décédé en 1960 à Paris. En fait, en raison de son surnom («Le Prince Ali-Khan») la chronique l’a confondu avec le prince Ali Salomon Khan, fils de l’Aga Khan III. En fait, on ignore les date et lieu de décès d’Émile Ali-Khan.

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George Henry GOULDING (1884-1966)

Athlète canadien

1912-Goulding (2)George Henry Goulding, qui débuta par le marathon, se lança dans la marche athlétique. Quatrième du 3500 mètres marche aux Jeux Olympiques de Londres en 1908, il va dès lors devenir quasi invincible, sauf lors des épreuves à handicap. En effet, pour assurer le spectacle et pour préserver le suspense, George Henry Goulding participait à des compétitions lors desquelles il laissait plusieurs centaines de mètres d’avance à ses rivaux. Bien sûr, ce ne fut pas le cas aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, où il remporta le 10 kilomètres marche, dans le temps de 46 min 28,4 s, établissant un record olympique qui tiendra jusqu’en 1948. Accusé de professionnalisme en 1915, il sera blanchi et conservera sa médaille d’or olympique. Par la suite, George Henry Goulding prendra part à des compétitions-spectacles, lors desquelles il pouvait se confronter aussi bien à un cavalier qu’à une équipe de relais. Il remporta au total quelque trois cents épreuves, et les archives indiquent qu’il gagna 95 p. 100 des compétitions auxquelles il prit part.

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Janusz KUSOCINSKI (1907-1940)

Athlète polonais

1932-KusocinskiJanusz Kusocinski remporta le 10000 mètres aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932. Cela constituait déjà un exploit en soi car, depuis l’inscription de cette épreuve aux Jeux en 1912, la victoire était toujours revenue à un Finlandais. Janusz Kusocinski mit fin à cette hégémonie, en devançant deux Finlandais, Volmari Iso-Hollo et Lauri Virtanen. Janusz Kusocinski se classa également deuxième du 5000 mètres des premiers Championnats d’Europe d’athlétisme, en 1934. Mais Janusz Kusocinski mérite mention pour son destin tragique. Durant la Seconde Guerre mondiale, il défendit Varsovie contre les troupes allemandes au sein d’un régiment d’infanterie. Puis il s’engagea dans la Résistance à l’occupant nazi. Arrêté par la Gestapo durant l’AB-Aktion (Ausserordentliche Befriedungsaktion, «Opération extraordinaire de pacification»), une campagne nazie menée dans le but d’éliminer les intellectuels et les élites socioéconomiques et spirituelles de la nation polonaise, il fut conduit dans un camp de concentration. Puis, tout comme plus de trois cent quatre-vingts de ses compatriotes, il fut abattu près de la ville de Palmiry, le 21 juin 1940, lors d’une opération nazie d’extermination de l’intelligentsia polonaise connue sous l’expression «massacre de Palmiry».

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Jackson SCHOLZ (1897-1986)

Athlète américain

1924-ScholzJackson Scholz remporta la médaille d’or dans le 200 mètres aux Jeux Olympiques de Paris, en 1924. Mais c’est pour sa médaille d’argent dans le 100 mètres qu’il est passé à la postérité: en effet, il fut devancé par le Britannique Harold Abrahams, et cet épisode est largement évoqué dans le film Les Chariots de feu. Jackson Scholz, également champion olympique avec le relais 4 fois 100 mètres américain aux Jeux d’Anvers en 1920, aurait pu obtenir une quatrième médaille, en bronze: dans le 200 mètres des Jeux d’Amsterdam, en 1928, il termina troisième ex aequo avec l’Allemand Helmut Körnig; les officiels n’arrivant pas à départager les deux hommes, ils proposèrent une course de départage; Scholz refusa et laissa la médaille de bronze à Körnig.

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