Le premier défilé des nations fut marqué par des incidents

Loin des cérémonies grandioses

1908-DéfiléLes cérémonies d’ouverture des Jeux Olympiques sont désormais grandioses, et le défilé des nations n’est qu’un des éléments du spectacle retransmis en mondovision. On ignore souvent que cette cérémonie n’a pas toujours existé, et que le premier défilé des nations se déroula en 1908, à l’occasion des Jeux Olympiques de Londres. Le 13 juillet, sous un ciel assombri par la pluie, les sportifs de chaque pays défilèrent derrière leur drapeau national. Et cette procession fut marquée par divers incidents: les Finlandais refusèrent de défiler derrière l’oriflamme de la Russie, leur suzeraine; Ralph Rose, le porte-drapeau de la délégation des États-Unis, refusa de baisser le Stars and Stripes en passant devant le roi Édouard VII.

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Quelques précisions sur le credo olympique

credo

La pensée de Coubertin mal interprétée

Le début des compétitions d’athlétisme des Jeux de Rio, en 2016, voit des concurrents venus de pays exotiques réaliser des performances très méritoires pour eux-mêmes, mais plus que médiocres dans l’absolu. Certains commentateurs rendent un juste hommage à Eitmoni Timuani, de Tuvalu, qui court le 100 mètres en 11,81 s, ou à la Somalienne Maryan Muse, qui réalise 1 min 10,14 s sur 400 mètres. À chaque fois, ils citent la phrase prétendument de Coubertin, le credo olympique: «L’important c’est de participer.»

Quelques précisions s’imposent. Déjà, le credo olympique n’a pas été inventé par Coubertin, mais par Mgr Talbot, évêque anglican de Pennsylvanie, à l’occasion des Jeux de Londres en 1908. Lors de ces Jeux, la rivalité entre Américains et Britanniques conduisait à de nombreux dérapages, et il voulut ramener tout le monde à la raison. Coubertin reprit une partie de ce sermon pour en faire le credo olympique. En revanche, pour Coubertin, ce credo ne signifiait pas que le commun des mortels pouvait prendre part aux Jeux. En effet, Coubertin ne fut jamais partisan d’ouvrir les Jeux à des champions de second rang: pour lui, seuls les athlètes qu’il qualifiait de «première classe» avaient leur place aux Jeux. Il adopta le credo pour tenter de lutter contre les nationalismes et le chauvinisme ainsi que pour glorifier le chevaleresque combat sportif: «Belle est la victoire, plus belle est la noble lutte» est une maxime qui résume mieux la pensée du baron que le credo olympique.

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Des médailles pour les hommes, un diplôme pour les femmes en 1908

Lui, médaillé. Elle, diplômée

1908DiplomeLe mouvement olympique fut longtemps, on le sait, quelque peu misogyne… Ainsi, aux Jeux Olympiques de Londres, en 1908, les trois premiers des compétitions masculines reçurent des médailles d’or, d’argent et de bronze, ce qui deviendra la norme, alors que les femmes, qui furent officiellement autorisées à participer aux compétitions de tennis, de patinage artistique et de tir à l’arc, reçurent un diplôme. La discrimination se nichait même dans les récompenses…

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Les cinq continents pour allumer la flamme à Munich en 1972

Comme les cinq doigts de la main

1972FLAMMEL’olympisme veut véhiculer des valeurs de paix. Ce fut encore plus vrai en 1972, car les organisateurs des Jeux Olympiques de Munich voulaient faire oublier les sinistres Jeux de Berlin de 1936, et adresser un message de fraternité au monde, et ce dès la cérémonie d’ouverture. Traditionnellement, un sportif emblématique du pays est choisi comme dernier relayeur de la flamme olympique. Mais à Munich, les organisateurs innovèrent. Ce n’est pas un sportif qui pénétra dans le stade, mais cinq, chacun représentant un continent: l’Allemand Günter Zahn, l’Australien Derek Clayton, le Japonais Kenji Kimihara, l’Américain Jim Ryun et le Kenyan Kipchoge Keino.

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