César MENDOZA (1918-1996)

Cavalier et militaire chilien

MENDOZA2Certains médaillés olympiques se sont « distingués » par la suite de façon déshonorable. Ainsi de César Mendoza. Cavalier de talent, César Mendoza remporta la médaille d’or dans le concours de saut d’obstacles par équipes aux Jeux panaméricains en 1951. L’année suivante, aux Jeux Olympiques d’Helsinki, il obtint une médaille d’argent dans la même épreuve. Il réussit ses dernières performances d’envergure aux Jeux panaméricains de 1959, où il s’adjugea une nouvelle médaille d’or. César Mendoza revint sur le devant de la scène en 1973 : il participa au coup d’État du 11 septembre qui renversa le gouvernement de Salvador Allende, et fit partie de la junte militaire qui gouverna le Chili d’une main de fer. César Mendoza devint alors commandant en chef des Carabiniers et le restera jusqu’en 1985. Le 30 mars de cette année-là, trois intellectuels communistes furent assassinés par les Carabiniers : cet événement, connu sous l’expression Caso Degollados (« Affaire des égorgés ») et emblématique des violations des droits de l’homme au Chili, contraint César Mendoza à démissionner le 2 août 1985. Mais il n’est pas jugé pour ses crimes : le régime de Pinochet promulgue la « loi Mendoza », laquelle permet à toute personnalité publique « investie de dignité » de refuser de témoigner devant les tribunaux.

©Pierre LAGRUE

Pál SCHMITT (1942- )

Escrimeur et homme politique hongrois

1972-SCHMITT (2)Pál Schmitt est bien connu dans l’univers politique. Membre du Fidesz, il fut élu à l’Assemblée nationale hongroise en 2010, et en devint le président. En août 2010, avec le soutien du Premier ministre d’ultra-droite Viktor Orbán, il fut élu président de la République de Hongrie. Il restera en poste jusqu’en avril 2012, contraint de démissionner car il était mis en cause dans une affaire de plagiat. Tout cela nous éloigne de l’olympisme. Revenons-y. En effet, dans sa jeunesse, Pál Schmitt avait brillé en escrime : il obtint la médaille d’or dans la compétition d’épée par équipes aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, puis de Munich, en 1972. Il obtint également six médailles aux Championnats du monde, de 1967 à 1974. Par ailleurs, il fut vice-président du Comité international olympique de 1995 à 1999. Et il épousa une gymnaste, Katalin Makray, médaillée d’argent (barres asymétriques) aux Jeux Olympiques de Tokyo en 1964.

©Pierre LAGRUE



John Jacob ASTOR V (1886-1971)

Militaire, aristocrate et homme d’affaires britannique

1908-ASTORJohn Jacob Astor V, créé baron Astor of Hever en 1956, s’est fait connaître pour sa carrière dans l’armée. Il servit dans les Life Guards, fut lieutenant-colonel de la British Army durant la Première Guerre mondiale. Par la suite, il devint colonel honoraire. En 1922, il racheta The Times et se lança en politique, siégeant à la Chambre des communes de 1922 à 1945. Mais John Jacob Astor V se distingua aussi aux Jeux Olympiques, il est vrai dans une discipline peu connue, le jeu de racquets, un sport typiquement anglais, ressemblant au tennis et au squash, qui ne figura qu’une seule fois au programme olympique, en 1908 aux Jeux de Londres. John Jacob Astor V associé à Vane Pennell, remporta l’épreuve de double et fut médaillé de bronze à titre individuel. John Jacob Astor V était aussi un excellent joueur de cricket (il remporta le Roehampton Trophy en 1911).

©Pierre LAGRUE



John Pius BOLAND (1870-1958)

Homme politique et tennisman britannique

1896-BOLANDNé à Dublin, John Pius Boland est connu comme une figure du nationalisme irlandais. Il a notamment participé à la fondation de l’Université nationale d’Irlande. Il fut aussi membre du Parlement britannique, représentant l’Irish Parliamentary Party à la Chambre des communes de 1900 à 1918. Mais John Pius Boland fut aussi champion olympique. Lire la suite

Periklís Pierrákos MAVROMICHÁLIS (1863-1938)

Militaire, homme politique et escrimeur grec

1896-Mavromichalis-antiquePeriklís Pierrákos Mavromichális s’est distingué comme officier de cavalerie. Il combattit lors de la guerre gréco-turque de 1897, durant les guerres balkaniques (1912-1913), puis, devenu général, il commanda le second corps d’armée durant la campagne d’Asie Mineure (1919-1922). Compagnon de Nikolaos Plastiras durant la révolution de septembre 1922, Periklís Pierrákos Mavromichális fut ministre de l’Intérieur en 1922, puis général en chef de l’armée grecque sur l’Hèbre à partir de 1923. Mais ce qu’on sait moins, c’est que Periklís Pierrákos Mavromichális participa aux Jeux Olympiques. En effet, en 1896 aux Jeux d’Athènes, dans la compétition de fleuret dominée par les Français Eugène Gravelotte et Henri Callot, il prit la troisième place. En fait, tout comme son compatriote Athanasios Vouros, il avait remporté deux assauts lors des phases de poule, mais, comme Vouros avait bénéficié du forfait d’un concurrent, le jury décida d’accorder la troisième place à Mavromichális. À l’époque, cela n’avait guère d’importance, car les troisièmes des épreuves ne recevaient aucune récompense. C’est donc à titre rétroactif que Periklís Pierrákos Mavromichális est considéré comme médaillé de bronze olympique.

©Pierre LAGRUE



Emmeline PANKHURST (1858-1928)

Femme politique britannique, militante féministe

000PankhurstEmmeline Pankhurst, célèbre suffragette, joua un rôle certain dans l’ouverture des compétitions olympiques aux femmes. En effet, en juin 1910, durant sa session de Luxembourg, le C.I.O. vota l’admission des femmes aux Jeux et les autorisa à participer à deux épreuves de natation et à une compétition de plongeon à Stockholm en 1912. Lire la suite

Joseph GOEBBELS (1897-1945)

Ministre de la Propagande du Reich nazi de 1933 à 1945

1936Goebbels2Joseph Goebbels fut le véritable orchestrateur de l’entreprise de duperie de l’opinion mondiale mise en œuvre par les nazis à l’occasion des Jeux de Berlin, en 1936. Pourtant, les convictions nazies au sujet du rôle du sport se situaient aux antipodes de la conception coubertinienne des Jeux Olympiques. Lire la suite

Michel TEMER (1940- )

Homme politique brésilien

2016TEMERIl est de coutume que le chef de l’État du pays hôte des Jeux Olympiques prononce formellement leur ouverture. Pour l’édition de Rio, en 2016, ce rôle fut dévolu à Michel Temer, alors que ce n’aurait pas dû être le cas. C’est, entre autres, ce qui vaut à Michel Temer de figurer ici au titre de l’olympisme inattendu. Lire la suite