Grit BREUER (1972- )

Athlète allemande

La carrière de Grit Breuer est aussi longue que marquée du sceau du soupçon : elle débuta sur la scène internationale aux Jeux Olympiques de Séoul, en 1988, où elle disputa les séries du relais 4 fois 400 mètres avec la R.D.A., et n’annonça sa retraite sportive qu’en 2005, quinze ans après la réunification de l’Allemagne. Elle symbolise aussi les difficultés de l’intégration des sportifs de la R.D.A. au sein de l’Allemagne unifiée.

Lors des Championnats d’Europe d’athlétisme de 1990 à Split, Grit Breuer remporta le 400 mètres et le relais 4 fois 400 mètres, sous les couleurs de la R.D.A. En 1991, elle obtint la médaille d’argent sur 400 mètres aux Championnats du monde d’athlétisme de Tokyo, sous les couleurs de l’Allemagne unifiée. En janvier 1992, tout comme ses coéquipières Katrin Krabbe et Silke Gladisch-Möller, elle fit l’objet d’un contrôle antidopage inopiné, et les échantillons intriguèrent les contrôleurs : on ne découvrit pas d’anabolisants, mais les analyses étaient absolument identiques, comme si elles provenaient d’une seule et même personne ! Un avocat leur évita la suspension… mais provisoirement : en juillet 1992, un nouveau contrôle inopiné mit au jour des traces de clenbutérol (anabolisant) dans les urines de Grit Breuer, qui fut suspendue deux ans.

Grit Breuer reprit la compétition, obtint une médaille de bronze dans le relais 4 fois 400 mètres aux Jeux Olympiques d’Atlanta en 1996 d’Atlanta, puis une médaille d’or, toujours avec le relais 4 fois 400 mètres aux Championnats du monde en 1997 à Athènes. Elle remporta de nouveau le 400 mètres et le relais 4 fois 400 mètres aux Championnats d’Europe de Budapest en 1998, puis une nouvelle médaille de bronze dans le relais 4 fois 400 mètres aux Championnats du monde en 1999. En 2002, elle obtint la médaille d’argent sur 400 mètres et la médaille d’or dans le relais 4 fois 400 mètres aux Championnats d’Europe de Munich. Mais, en septembre 2004, elle s’est soustraite à un contrôle inopiné de l’agence antidopage allemande. Ajoutons que son compagnon et ex-entraîneur Thomas Springstein sera condamné à 16 mois de prison avec sursis pour avoir fourni des anabolisants à une jeune athlète de 17 ans.

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Rica REINISCH (1965- )

Nageuse est-allemande

Spécialiste de la nage sur le dos, Rica Reinisch remporta 3 médailles d’or aux Jeux Olympiques de Moscou, en 1980 (100 et 200 mètres dos, relais 4 fois 100 mètres 4 nages). Bien sûr, comme la plupart de ses compatriotes, elle avait été dopée à son insu. À l’âge de 16 ans, elle commença à souffrir lors de ses menstruations. Les médecins découvrirent alors que ses ovaires avaient grandi anormalement. Sa mère l’obligea à arrêter sa carrière sportive, juste après les Jeux Olympiques de Moscou. Victime de problèmes cardiaques, elle fit deux fausses couches. Lors du procès du dopage en Allemagne de l’Est, en 2000, elle accepta de témoigner et reçut des dommages et intérêts.

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Thomas KOEHLER (1940- )

Lugeur est-allemand

Thomas Koehler fut le plus brillants des lugeurs dans les années 1960. Il remporta deux titres olympiques (plus une médaille d’argent) et trois titres mondiaux. Surtout, il fut une figure marquante du mouvement sportif est-allemand.

En effet, Thomas Koehler remporta sa première médaille d’or olympique en 1964, à Innsbruck, sous les couleurs de l’« équipe unifié d’Allemagne ». En 1968, année de l’arrivée de la R.D.A. aux Jeux, à Grenoble, il fut le porte-drapeau de la délégation est-allemande, puis se distingua sur la piste : il obtint la médaille d’argent en luge monoplace, derrière l’Autrichien Manfred Schmid ; surtout, associé à Klaus Bonsack, il remporta la compétition biplace, offrant à la R.D.A. la première médaille d’or de son histoire olympique naissante. Il prit alors sa retraite sportive, puis exerça de hautes responsabilités dans le mouvement sportif de la R.D.A. (vice-président de la Deutscher Turn- und Sportbund, membre éminent du Comité olympique est-allemand…). À ces postes, il avait bien sûr connaissance du dopage d’État en R.D.A. En 2010, il en apporta la confirmation dans une autobiographie. Il admit que le dopage touchait tous les sportifs, même les enfants. Néanmoins, il minimisa le phénomène, lui trouvant des justifications « médicales : « La délivrance des substances dopantes se faisait dans le strict respect du contrôle médical ; de ce fait, les graves problèmes de santé et même les décès causés par le dopage dans d’autres pays ne pouvaient pas survenir en R.D.A. » Il tenait Manfred Ewald, président du Comité olympique est-allemand, comme seul responsable car, les « responsabilités étant tellement diluées que, à l’exception de Manfred Ewald, chacun ne connaissait que ce qui lui était nécessaire pour appliquer le programme. »

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Frederick LANE (1880-1969)

Nageur australien

Frederick Lane fut le premier grand nageur australien. Il remporta deux épreuves aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, et fut le premier homme à nager le 100 yards en moins d’une minute. La vocation aquatique de Frederick Lane naquit d’une curieuse manière : alors qu’il était âgé de quatre ans, son frère le sauva de la noyade dans le port de Sydney ; il décida alors d’apprendre à nager. S’étant installé en Angleterre en 1899, Frederick Lane fut un des deux Australiens (avec l’athlète Stan Rowley) sélectionnés pour participer aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900. En fait, il construisit son palmarès olympique en une journée, le 12 août. Ce jour-là, il remporta d’abord le 200 mètres nage libre, devant le Hongrois Zoltán von Halmay. Trois quarts d’heure plus tard, il se remettait à l’eau pour participer à une bien curieuse épreuve, le 200 mètres avec obstacles (les nageurs devaient franchir des barques, ce qui amusait le public, car, à chaque passage, les juges assis dans la barque, en costume et canotier, risquaient de tomber à l’eau) ! Il s’imposa devant l’Autrichien Otto Wahle. Après les Jeux Olympiques, Frederick Lane résida en Angleterre durant deux ans, travaillant pour un cabinet d’avocats à Blackpool, tout en continuant de nager en compétition. Ainsi, en octobre 1902, il cassa la barrière de la minute sur 100 yards (59,6 s). Notons que, en août de la même année, il avait nagé le 220 yards en 2 min 28,6 s (en 1974, la Fédération internationale de natation reconnaîtra cette performance comme le premier record du monde officiel du 200 m). De retour en Australie, il exerça la profession de maître imprimeur.

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Helga LINDNER (1951- )

Nageuse est-allemande

Les ondines aux larges épaules ont rapporté à la R.D.A. de multiples médailles olympiques, la plupart d’entre elles frelatées par le dopage d’État. Mettons néanmoins en avant Helga Lindner, qui fut, en 1968 aux Jeux de Mexico, la première femme est-allemande à obtenir une médaille en natation : âgée de 17 ans, elle s’adjugea la médaille d’argent sur 200 mètres papillon, devancée seulement par la Néerlandaise Ada Kok. Helga Lindner, championne d’Europe sur 200 mètres papillon et avec le relais 4 fois 100 mètres est-allemand en 1970, participa encore aux Jeux de Munich, en 1972, où elle ne se classa que sixième du 200 mètres papillon. Elle a sans doute alors mis fin à sa carrière car, par la suite, son nom n’apparaît plus dans aucune compétition nationale ou internationale.

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Margitta GUMMEL (1941- )

Athlète est-allemande

En athlétisme, la R.D.A. a remporté de nombreuses médailles d’or olympiques, le plus souvent dans les compétitions féminines, et plus particulièrement dans les concours de lancer. Il était donc logique que, dans cette discipline, la première médaille d’or de la R.D.A. fût obtenue par une lanceuse de poids, en l’occurrence Margitta Gummel, championne olympique en 1968 à Mexico, dans un concours où elle battit par deux fois le record du monde (19,07 m, devenant la première femme à franchir la barrière des 19 mètres, puis 19,61 m), devant une autre Allemande de l’Est, Marita Lange (18,78 m), et sa grande rivale, la Soviétique Nadezhda Chizhova (18,19 m).

Médaillée d’argent aux Championnats d’Europe en 1966 et en 1969, de bronze en 1971 (trois concours remportés par Nadezhda Chizhova), Margitta Gummel fut encore médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Munich, en 1972 (20,22 m), nettement battue par Nadezhda Chizhova (21,03 m). Elle mit alors fin à sa carrière sportive.

On apprendra par la suite que Margitta Gummel fut une des premières athlètes est-allemandes à subir des injections d’hormones mâles, dans le cadre du programme de dopage d’État de la R.D.A. : ainsi, elle améliora son record personnel de près de 2 mètres pour conquérir son titre olympique (17,69 m en 1967 ; 19,61 m en 1968). Soulignons que les « médecins » est-allemands jugèrent que cette progression était « hors norme » : ils décidèrent qu’il était préférable de soumettre les sportifs à de petites « cures » d’anabolisants, entrecoupées de séances entraînement, plutôt que d’administrer une forte dose, comme ce fut le cas pour Margitta Gummel. Indiquons enfin que Margitta Gummel, membre du Comité olympique est-allemand puis du Comité olympique de l’Allemagne réunifiée jusqu’en 1993, se prononça fermement contre le dopage en 1991. Pourtant, les archives de la Stasi prouvèrent que ses performances exceptionnelles étaient dues au dopage.

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Frank JARVIS (1878-1933)

Athlète américain

Quand il se présenta pour participer au 100 mètres des Jeux Olympiques de Paris, en 1900, Frank Jarvis n’était pas considéré comme un des meilleurs sprinters de son temps, et le grand favori était son compatriote Arthur Duffey, invaincu depuis deux ans. Pourtant, en demi-finale, sur la piste en herbe de la Croix-Catalan, il égala le record du monde du 100 mètres (10,8 s) ; mais les comptes-rendus de l’époque indiquaient que cette performance était largement due la clémence du starter français, qui aurait ignoré un faux départ. En finale, comme prévu, Arthur Duffey partit en trombe, fila vers la victoire quand… il fut foudroyé par un claquage et contraint à l’abandon. Frank Jarvis s’imposa donc (11 s), devant son compatriote John Tewksbury et l’Australien Stanley Rowley. Diplômé en droit de l’université de Pittsburgh, Frank Jarvis exerça le métier d’avocat. Détail amusant : il était un lointain descendant de George Washington.

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Charles BENNETT (1870-1949)

Athlète britannique

Conducteur de train à la gare centrale de Bournemouth, surnommé « The Shapwick Express », Charles Bennett remporta plusieurs titres dans les courses de fond et de cross-country à la fin des années 1890. Aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, Charles Bennett gagna le 1 500 mètres, causant la surprise, et ce pour deux raisons : d’une part, le meilleur miler de l’époque, l’Américain John Cregan, ne participait pas à l’épreuve car elle se disputait le jour du Seigneur ; d’autre part, le favori était le Français Henri Deloge, détenteur du record du monde du 1 000 mètres et encouragé par le public. Néanmoins, Charles Bennett l’emporta, devançant Henri Deloge de 2 mètres. Durant ces Jeux, il remporta également le 5 000 mètres par équipes, au sein d’une formation « mixte » composée d’athlètes britanniques et australiens, et il se classa deuxième 4 000 mètres steeple, derrière son compatriote John Rimmer.

Quelques semaines après les Jeux, Charles Bennett affronta son compatriote Alfred Tysoe, champion olympique du 800 mètres la même année, dans une de ces réunions montées de toutes pièces et fort prisées à l’époque, sur une distance de 1 000 mètres, le duel devant déterminer qui était le meilleur coureur britannique de demi-fond. Alfred Tysoe l’emporta. Pour nombre d’historiens du sport, Charles Bennett, demeuré méconnu, n’a sans doute pas été considéré à sa juste valeur ; il fut pourtant le premier athlète britannique double médaillé d’or lors d’une seule édition des Jeux.

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Irving BAXTER (1876-1957)

Athlète américain

Irving Baxter brilla aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, où il obtint 2 médailles d’or et 3 médailles d’argent. Il remporta notamment 2 médailles d’or le même jour, dans des circonstances très particulières sur le terrain de la Croix-Catelan. En effet, le 15 juillet, il gagna le concours de saut en hauteur (1,90 m) ; il décida alors de tenter de battre le record du monde : or la foule se pressa autour de lui pour l’admirer, mais, avec la présence de tous ces spectateurs au bord du sautoir, il ne pouvait pas prendra son élan et… renonça à son pari. Juste après se déroulait le concours de saut à la perche, pour lequel il n’était pas inscrit. Or, entre un changement de programme, le fait que le concours se déroulât le jour du Seigneur, les meilleurs concurrents américains (Charles Dvorak, Daniel Horton et Bascom Johnson) ne se trouvaient pas sur le terrain de la Croix-Catelan. En toute hâte, Irving Baxter se dirigea vers le sautoir et, avec une performance très modeste (3,30 m), il devint champion olympique de saut à la perche ! Le lendemain, il termina à la seconde place dans les trois concours de sauts sans élan, tous remportés par son compatriote Ray Ewry.

La légende dit qu’Irving Baxter se trouva encore au cœur d’une polémique lors du concours de saut à la perche du Championnat de Grande-Bretagne en 1901 : il avait oublié sa perche ; or comme le seul autre concurrent de ce concours refusait de lui en prêter une, il déracina un mât et participa à l’épreuve avec cet engin de fortune. Diplômé de l’université de Pennsylvanie, Irving Baxter fut admis au barreau de l’État de New York et exerça la profession d’avocat puis de juge.

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Kathrin NEIMKE (1966- )

Athlète allemande

Kathrin Neimke fut une des meilleures lanceuses de poids à la fin des années 1980 et dans les années 1990. Elle a remporté deux médailles aux Championnats du monde (argent en 1987, bronze en 1993). Aux Jeux Olympiques, elle a également obtenu deux médailles. La première mérite qu’on la mentionne : le 1er octobre 1988, à Séoul, elle s’adjugea la médaille d’argent (21,07 m), loin derrière la Soviétique Natalia Lisovskaya (22,24 m) ; en effet, il s’agit de la dernière des multiples médailles récoltées par la délégation féminine est-allemande en athlétisme. Pour cette médaille d’argent, elle reçut une autre médaille, celle du Vaterländischer Verdienstorden (Ordre du mérite patriotique) de la R.D.A, créé en 1954. En 1992, aux Jeux de Barcelone, elle obtint la médaille de bronze (19,78 m). Kathrin Neimke fut également championne du monde en salle en 1995 (19,40 m) et participa une dernière fois aux Jeux Olympiques, en 1996 à Atlanta, se classant septième (18,92 m) du concours remporté par sa compatriote Astrid Kumbernuss (20,56 m), elle aussi formée dans sa jeunesse en R.D.A. Après la réunification allemande, Kathrin Neimke avait rejoint la police anti-émeute de Saxe-Anhalt : nul doute que son gabarit décourageait les éventuels émeutiers !

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