Randy MATSON (1945- )

Athlète américain

MATSON (2)Randy Matson fut, en 1965, le premier lanceur de poids à dépasser les 21 mètres (21,52 m), améliorant le record du monde de près de 1 mètre. En 1967, il porta le record du monde à 21,78 mètres, une performance exceptionnelle (les meilleurs de ses rivaux dépassaient tout juste les 20 mètres) qui lui aurait permis de figurer sur les podiums olympiques dans les années 2000 !

Encore junior, Randy Matson obtint la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964, devancé par son compatriote Dallas Long. En 1968, aux Jeux Olympiques de Mexico, il s’adjugea la médaille d’or (20,54 m), devant son compatriote George Woods et le Soviétique Edouard Guchine. Cinq fois champion des États-Unis au lancer du poids, Randy Matson était aussi un bon lanceur de disque : en 1967, avec un jet de 65,16 mètres, il approcha le record du monde du Tchécoslovaque Ludvik Danek (65,22 m). Randy Matson tenta de se qualifier pour les Jeux de Munich, en 1972, sans réussite. Il prit alors sa retraite sportive.

©Pierre LAGRUE



Lennox MILLER (1946-2004)

Athlète jamaïquain

MILLER-Lennox (2)Lennox Miller fut le premier grand sprinter jamaïquain. Ainsi, sur 100 mètres, il obtint la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Mexico, puis la médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Munich. Lennox Miller, installé aux États-Unis, représentait l’Université de Californie du Sud, où il obtint un diplôme en psychologie. Diplômé de l’école de médecine dentaire, il exerça la profession de dentiste à Pasadena durant 30 ans.

Par la suite, il devint entraîneur à l’Université de Californie du Sud, où il préparait notamment sa fille, Inger Miller, qui, avec l’équipe des États-Unis, obtint la médaille d’or dans le relais 4 fois 100 mètres aux Jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996. Lennox et Inger Miller furent le premier couple père-fille à remporter des médailles olympiques en athlétisme.

©Pierre LAGRUE



Charles GREENE (1945- )

Athlète américain

GREENE (3)Charles Greene fut un des meilleurs sprinters durant les années 1960 et un sympathisant du Black Power. Ainsi, le 20 juin 1968, à Sacramento (Californie), Charles Greene, tout comme ses compatriotes Jim Hines et Ronnie Ray Smith, courut le 100 mètres 9,9 s (chronométrage manuel, le chronométrage électronique indiquait 10,09 s), établissant un record du monde historique.

Aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, il ne put donner sa pleine mesure en finale du 100 mètres, en raison d’une légère blessure : il se classa néanmoins troisième de la course remportée par son compatriote Jim Hines. En descendant du podium, il se coiffa d’un béret noir, symbole du Black Power, pour protester contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Durant ces Jeux, il s’adjugea la médaille d’or dans le relais 4 fois 100 mètres, associé à Jim Hines, Ronnie Ray Smith et Mel Pender (38,24 s, record du monde).

©Pierre LAGRUE



Jim HINES (1946- )

Athlète américain

HINESCertains champions marquent l’histoire de leur sport en « cassant » une barrière chronométrique. C’est le cas de Jim Hines, qui fut le premier homme à courir le 100 mètres en moins de 10 secondes.

Après s’être essayé au base-ball dans sa jeunesse, Jim Hines se consacra rapidement à l’athlétisme. En 1967, il voulait signer un contrat professionnel avec l’équipe de football américain des Miami Dolphins. Son entraîneur, l’ancien sprinter Bobby Morrow, le persuada de différer sa décision, car il pensait que Jim Hines pouvait devenir le premier homme à courir le 100 mètres en moins de 10 secondes et conquérir la médaille d’or aux Jeux de Mexico. Jim Hines l’écouta. Le 20 juin 1968, à Sacramento (Californie), au cours d’une folle soirée qui vit plusieurs athlètes, dont le Français Roger Bambuck, égaler le record du monde du 100 mètres (10 s), Jim Hines devint en effet le premier homme à courir la distance reine de l’athlétisme en moins de 10 secondes (9,9 s, chronométrage manuel). Ce jour-là, ses compatriotes Ronnie Ray Smith et Charles Greene réalisèrent la même performance. Néanmoins, le chronométrage électronique, qui était utilisé mais ne servait pas à donner le temps « officiel », indiquait 10,03 s pour Hines, 10,09 s pour Greene et 10,13 s pour Smith.

Jim Hines entra véritablement dans l’histoire de l’athlétisme le 14 octobre 1968, à Mexico, lors d’une finale olympique du 100 mètres où, pour la première fois, tous les participants étaient noirs. Jim Hines s’imposa en 9,95 s (chronométrage électrique), devant le Jamaïquain Lennox Miller (10,04 s) et Charles Greene (10,07 s). Ce record du monde ne sera amélioré qu’en 1983 par l’Américain Calvin Smith (9,93 s). À Mexico, Jim Hines fut également champion olympique du relais 4 fois 100 mètres, associé à Charles Greene, Ronnie Ray Smith et Mel Pender (38,24 s, record du monde). Notons que Jim Hines, qui n’épousait pas les thèses du Black Power, ne manifesta sur les podiums.

À l’issue des Jeux de Mexico, Jim Hines signa donc un contrat professionnel de football américain avec les Miami Dolphins et mit ainsi un terme prématuré à sa carrière d’athlète.

©Pierre LAGRUE



Tyrell BIGGS (1960- )

Boxeur américain

BIGGS (2)Tyrell Biggs remporta en 1984 une médaille d’or qui lui vaudra plus tard une correction infligée par Mike Tyson. En effet, champion du monde de boxe amateur à Munich en 1982 dans la catégorie super-lourds et médaillé de bronze aux Jeux panaméricains de Caracas en 1983, il est sélectionné pour représenter les États-Unis aux Jeux Olympiques de Los Angeles… aux dépens de Mike Tyson. Tyrell Biggs tient son rang et s’adjuge la médaille d’or.

Juste après les Jeux, il passe professionnel et enchaîne quelques jolis succès. En octobre 1987, il affronte Mike Tyson pour le titre unifié de champion du monde des poids lourds. Or Mike Tyson gardait une rancune tenace vis-à-vis de Tyrell Biggs, et il se déchaîna : lors du septième round, il envoya par deux fois Tyrell Biggs au tapis, et l’arbitre fut contraint d’arrêter le combat. Par la suite, Tyrell Biggs, marqué psychologiquement, ne retrouvera jamais son niveau. Il boxera néanmoins jusqu’en 1998.

©Pierre LAGRUE



Ralph BOSTON (1939- )

Athlète américain

boston (2)Ralph Boston mérite mention à double titre, car il effaça des tablettes le nom d’une légende du sport, Jesse Owens, et fut témoin de l’exploit d’une autre légende, Bob Beamon. Mais son palmarès en lui-même mérite le respect, car il obtint 3 médailles olympiques.

Le 12 août 1960, à Walnut (Californie), Ralph Boston réalise 8,21 m au saut en longueur : ce record du monde efface des tablettes le nom de Jesse Owens (8,13 m en 1935). Champion olympique à Rome en 1960 (8,12 m), devant son compatriote Irvin Roberson et le Soviétique Igor Ter-Ovanessian, il est médaillé d’argent en 1964 à Tokyo, battu par le Britannique Lynn Davies.

Ralph Boston, qui aura établi 6 records du monde, le dernier en 1965 (8,35 m), participe pour la troisième fois aux Jeux Olympiques en 1968 : à Mexico, alors que Bob Beamon réalise un des plus grands exploits de tous les temps, pulvérisant le record du monde (8,90 m), Ralph Boston obtient la médaille de bronze (8,16 m). Il met alors un terme à sa carrière.

©Pierre LAGRUE



Jean BOUIN (1888-1914)

Athlète français

BOUINLe nom de Jean Bouin est connu de tous. En effet, il existe des dizaines de stades Jean-Bouin en France, dont le plus célèbre sa trouve à Paris. Pourtant, ce Marseillais connut une courte vie et une carrière éclair.

Jean Bouin fut en effet un des sportifs français les plus célèbres avant la Première Guerre mondiale. Il réalise sa première performance notable le 30 mai 1909 : il bat le record de France de l’heure (18,268 km), effaçant des tablettes le nom de Gaston Ragueneau. Vainqueur du Cross des nations en 1911, 1912 et 1913, il réalise surtout une course d’anthologie lors des Jeux Olympiques de Stockholm en 1912 : il obtient la médaille d’argent sur 5 000 mètres. À l’issue de cette compétition mémorable, le vainqueur, le Finlandais Hannes Kolehmainen, pulvérise le record du monde (14 min 36,6 s), alors que Jean Bouin, en 14 min 36,8 s, établit un record de France qui tiendra jusqu’en 1948. Le 6 juillet 1913, Jean Bouin bat le record du monde de l’heure (19,021 km). Le 29 septembre 1914, près de Toul, Jean Bouin tombe au champ d’honneur.

©Pierre LAGRUE



Bradley WIGGINS (1980- )

Cycliste britannique

2012WIGGINS-Bleu (3)Bradley Wiggins est essentiellement connu pour sa victoire dans le Tour de France en 2012. Ce succès a fait de lui une idole dans son pays. Pourtant, c’est aux Jeux Olympiques que celui qu’on surnomme le « Colonel Wiggo » a construit l’essentiel de son palmarès : il s’est adjugé cinq médailles d’or, une médaille d’argent et deux médailles de bronze.

Gamin, il se passionne pour le vélo. Il roule seul dans Hyde Park, puis sur la piste du vélodrome de Herne Hill. Il obtient ses premiers titres de champion de Grande-Bretagne sur piste à dix-sept ans. En 2000, il obtient la médaille de bronze dans la compétition de poursuite par équipes aux Jeux Olympiques de Sydney. Champion du monde de poursuite en 2003, il brille aux Jeux Olympiques d’Athènes, en 2004 : il gagne la poursuite individuelle ; il obtient également la médaille d’argent dans l’épreuve de poursuite par équipes et la médaille de bronze dans la course à l’américaine.

Bradley Wiggins décide alors de se consacrer à la route, mais il n’obtient aucun résultat probant. Les Jeux de Pékin approchant, il se remet sérieusement à la piste en 2007. Il est un des éléments moteurs de l’équipe de cyclisme britannique qui domine les compétitions sur piste des Jeux de Pékin en 2008. Il gagne de nouveau la poursuite individuelle et la poursuite par équipes. Rien ne laisse alors penser qu’il gagnera un jour le Tour de France…

Mais Bradley Wiggins, lui, sait qu’il en est capable. Il modifie entièrement sa préparation. Mais, dans le Tour de France 2011, tout est réduit à néant : victime d’une chute, le Britannique est contraint à l’abandon.

L’année 2012 est donc celle de la consécration pour Bradley Wiggins. Il remporte le Tour de France, puis s’adjuge le contre-la-montre aux Jeux Olympiques de Londres devant un million de personnes massées le long du parcours. Bradley Wiggins devient le premier cycliste couronné champion olympique sur la piste et sur la route, et le Britannique le plus médaillé aux Jeux, avec sept médailles.

Par la suite, Bradley Wiggins connaît trois années difficiles. Néanmoins, il remporte le Championnat du monde du contre-la-montre en 2014. Puis il goûte une dernière fois au triomphe olympique : en 2016, aux Jeux de Rio, il remporte la médaille d’or dans la poursuite par équipes.

©Pierre LAGRUE



Jan ULLRICH (1973- )

Cycliste allemand

1997ullrich2 (3)Le destin de Jan Ullrich est étroitement lié aux années les plus sombres d’un cyclisme marqué par le dopage : en 2013, il finira par avouer qu’il se dopait durant sa carrière. On peut néanmoins rappeler qu’il remporta le Tour de France en 1997, le Tour d’Espagne en 1999, qu’il fut champion du monde du contre-la-montre en 1999 et en 2001, et qu’il se classa deuxième du Tour de France à cinq reprises, dont trois fois derrière Lance Armstrong, qui sera disqualifié pour dopage sans que l’U.C.I. reclasse Jan Ullrich à la première place.

Mais si Jan Ullrich mérite ici mention, c’est parce qu’il fut champion olympique. En effet, aux Jeux de Sydney en 2000, il remporta la course sur route, devant le Kazakh Alexandre Vinokourov. Né à Rostock, il fut « élevé » dans le système de la R.D.A., qui valorisait les médailles olympiques. Aussi Jan Ullrich déclara que son succès olympique avait pour lui beaucoup plus de valeur qu’une victoire dans le Tour de France. À Sydney, il obtint également la médaille d’argent, derrière le Russe Viatcheslav Ekimov.



Miguel INDURAIN (1964- )

Cycliste espagnol

1993indurain (3)Le Navarrais Miguel Indurain est célèbre pour avoir remporté cinq fois le Tour de France. Mais s’il mérite ici mention, c’est en raison de sa dernière victoire, et c’était aux Jeux Olympiques : il s’adjugea la médaille d’or dans le contre-la-montre aux Jeux d’Atlanta en 1996, devant son compatriote Abraham Olano et le Britannique Chris Boardman.

Miguel Indurain a axé l’essentiel de sa carrière sur les courses par étapes, négligeant totalement les classiques. Jusque-là fidèle lieutenant de Pedro Delgado, Miguel Indurain ne remporte sa première victoire dans le Tour de France, en 1991, qu’à l’issue de sa septième participation. Quatre autres succès vont suivre consécutivement. À chaque fois, Miguel Indurain emploie la même tactique, manquant quelque peu de panache : il domine ses adversaires lors des étapes contre la montre et se contente de les contrôler dans la montagne.

Alors qu’il a établi un record de l’heure (53,040 km) en 1994, Miguel Indurain se donne, pour la saison 1995, un second objectif en plus du Tour de France : tenter de devenir champion du monde. Le jour de l’épreuve, à Duitama (Colombie), il sait se montrer grand seigneur en favorisant la victoire de son compatriote Abraham Olano. En 1996, il échoue dans sa tentative de remporter un sixième Tour de France, et ne termine que onzième de l’épreuve enlevée par le Danois Bjarne Riis, devant l’Allemand Jan Ullrich, et le Français Richard Virenque. Bien plus tard, en 2007, Bjarne Riis avouera s’être dopé pour remporter cette édition de la Grande Boucle, alors que Richard Virenque, dès 1998, avait été convaincu de dopage et que toute la carrière de Jan Ullrich est marquée du sceau du soupçon. Dans d’autres circonstances, Miguel Indurain serait-il devenu le premier champion à remporter par six fois le Tour de France ?

Après son succès olympique, Miguel Indurain – malgré les sommes considérables qui lui sont proposées – annonce, au début de 1997, qu’il met un terme à sa carrière.

©Pierre LAGRUE