Kazimierz DEYNA (1947-1989)

Footballeur polonais

DEYNA-2-antiqueKazimierz Deyna, milieu de terrain offensif, meneur de jeu remarquable, demeure considéré comme un des meilleurs footballeurs polonais de l’histoire. Peut-être même le plus talentueux, car, en 1994, il fut désigné « meilleur footballeur polonais de tous les temps » par la presse de son pays. Sur le plan international, le grand public l’a découvert lors de la Coupe du monde de 1974 en Allemagne. La Pologne n’avait plus réussi à se qualifier pour cette épreuve depuis 1938, et elle surprit les observateurs par ses performances. Kazimierz Deyna, pourtant diminué par une blessure, permit, par sa clairvoyance, à ses coéquipiers de briller : vision du jeu, qualité de passes, sens tactique étaient ses atouts maîtres, et il conduisit sa formation à la troisième place (victoire face au grand Brésil, 1-0).

Mais si Kazimierz Deyna figure ici, c’est parce que, auparavant, en 1972 à Munich, il fut champion olympique. À l’issue d’un tournoi maîtrisé, la Pologne remporta la médaille d’or en battant la Hongrie en finale, Kazimierz Deyna inscrivant les 2 buts de la victoire polonaise (2-1) ; Kazimierz Deyna termina meilleur buteur (7 buts) et fut élu meilleur joueur de la compétition. Par la suite, avec l’équipe nationale, Kazimierz Deyna obtint la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Montréal en 1976 (défaite en finale, 3-1, face à la R.D.A.). De 1965 à 1978, il a disputé 95 matchs sous le maillot de l’équipe de Pologne, pour laquelle il inscrivit 41 buts.

Kazimierz Deyna fut aussi champion de Pologne avec le Legia Varsovie en 1969 et en 1970. En fin de carrière, il fut autorisé par le régime communiste à aller jouer à l’étranger, et il évolua sous les couleurs de Manchester City de 1978 à 1981, puis aux États-Unis de 1981 à 1987. Kazimierz Deyna trouva la mort dans un accident de la route en 1989.

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José NASAZZI (1901-1968)

Footballeur uruguayen

NASAZZI (2)José Nasazzi, défenseur rugueux de grand gabarit, tient une place de choix dans le panthéon du football de son pays ; surnommé « El Gran Capitan », il fut en effet le capitaine de l’équipe d’Uruguay qui remporta la première Coupe du monde de football en 1930, une compétition dont il fut élu meilleur joueur.

Mais si José Nasazzi figure ici, c’est parce qu’il fut, avec la Celeste, champion olympique en 1924 à Paris et en 1928 à Amsterdam. De 1923 à 1936, il honora 41 sélections internationales. En plus de ses titres olympiques et mondial, José Nasazzi conduisit l’équipe d’Uruguay à la victoire dans la Copa America à quatre reprises (1923, 1925, 1926, 1935). En club, au cours d’une longue carrière qui débuta en 1917 et se termina en 1938, il disputa 850 matchs. Il fut notamment champion d’Uruguay avec le Nacional Montevideo en 1933 et en 1934.

Pour l’anecdote, ajoutons qu’il existe un trophée virtuel de football qui lui est dédié, le Batuta de Nasazzi (bâton de Nasazzi) : il se transmet virtuellement entre équipes nationales depuis la victoire de l’Uruguay dans la Coupe du monde de 1930 ; dès que le pays qui le détient est battu, il le « transmet » à son vainqueur (ainsi, le 6 septembre 1931, l’Uruguay a transmis le Batuta de Nasazzi au Brésil, qui l’avait battu, 2-0). Depuis lors, la tradition perdure, et près de 60 pays ont détenu le Batuta de Nasazzi, dont certains sont étonnants, tels les Antilles néerlandaises, Trinité-et-Tobago ou la Géorgie.

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Héctor SCARONE (1898-1967)

Footballeur uruguayen

scarone2-3-boostAttaquant puis milieu de terrain, Héctor Scarone s’est construit un des plus beaux palmarès du début du XXe siècle. En outre, il fut un des premiers footballeurs sud-américains à quitter son pays, pour venir évoluer dans un grand club européen, en l’occurrence le F.C. Barcelone, en 1926. Bien sûr, il connut son heure de gloire lors de la première Coupe du monde de football, en 1930, qu’il remporta avec l’équipe d’Uruguay.

Mais si Héctor Scarone, surnommé « El Magico », figure ici, c’est parce qu’il fut, avec la Celeste, champion olympique en 1924 à Paris et en 1928 à Amsterdam. Héctor Scarone restera dans le cœur de ses compatriotes pour plusieurs raisons, en particulier pour sa décision de ne pas poursuivre son aventure avec le F.C. Barcelone car, ce club devenant « professionnel », Héctor Scarone n’aurait pas été autorisé à participer aux Jeux Olympiques de 1928. De 1917 à 1930, Héctor Scarone honora 52 sélections internationales, et inscrivit 31 buts pour son pays (ce sera le record pour un joueur uruguayen jusqu’aux années 2000). En plus de ses titres olympiques et mondial, Héctor Scarone remporta quatre fois la Copa America (1917, 1923, 1924, 1926). À l’issue de la Coupe du monde de 1930, il prit sa retraite internationale, mais ne mit pas fin à sa carrière : il évolua au plus haut niveau jusqu’en 1939, obtenant au total huit titres de champion d’Uruguay avec le Nacional Montevideo.

Par la suite, il devint entraîneur (Millonarios Bogota, Real Madrid et, bien sûr Nacional Montevideo).

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Pedro CEA (1900-1970)

Footballeur uruguayen

CEAAilier côté gauche rapide, puissant, avec une bonne vision du jeu, Pedro Cea fut considéré comme un des meilleurs footballeurs durant les années 1920. Il fut notamment l’attaquant vedette de l’équipe d’Uruguay qui remporta la première Coupe du monde de football, en 1930. Durant cette compétition, il inscrivit 5 buts, dont le premier but de la finale remportée par l’Uruguay face à l’Argentine (4-2).

Mais si Pedro Cea figure ici, c’est parce qu’il fut, avec la Celeste, champion olympique en 1924 à Paris et en 1928 à Amsterdam. Son parcours avec l’équipe d’Uruguay, dont il porta le maillot 27 fois de 1923 à 1932 et pour laquelle il inscrivit 13 buts, fut exceptionnel : Pedro Cea fut le seul joueur uruguayen à disputer tous les matchs des Jeux Olympiques de 1924 et 1928, puis de la Coupe du monde en 1930.

Pedro Cea ne devint footballeur professionnel qu’en 1934, à 34 ans. Il remporta le titre de champion d’Uruguay avec Nacional Montevideo cette année-là, et il mit fin à sa carrière. Par la suite, il fut radioreporter et sélectionneur de l’équipe d’Uruguay en 1941-1942.

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Edouard STRELTSOV (1937-1990)

Footballeur soviétique

STRELTSOV (3)Edouard Anatolievitch Streltsov connut un destin hors norme. Il est ici mentionné, car il fut champion olympique en 1956, au sein de l’équipe d’U.R.S.S. (il ne disputa pas la finale) du célèbre Lev Yachine.

Edouard Streltsov effectua ses débuts au Torpedo Moscou, en 1954. Attaquant efficace, il fut sélectionné pour la première fois en équipe d’U.R.S.S. en 1955. Jusqu’en 1958, il honora 21 sélections et inscrivit 18 buts. Mais ses exploits n’étaient pas du goût des autorités soviétiques, car Edouard Streltsov, véritable « icône du peuple », était un personnage atypique dans un régime communiste : il ne voulait pas entrer dans le moule de l’athlète soviétique standard, et le faisait savoir ; il ne voulut pas être transféré dans un des deux grands clubs de Moscou (C.S.K.A. et Dynamo). Pis, il refusa la main de la fille d’Ekaterina Furtseva, une amie proche de Nikita Khrouchtchev. En outre, le Parti communiste le soupçonnait de vouloir passer à l’Ouest à la première occasion. Peu avant la Coupe du monde 1958, Edouard Streltsov se rendit à une réception donnée par un officier de l’Armée rouge, et il se fit piéger par le K.G.B. Une jeune femme l’accusa de viol. Edouard Streltsov, pensant que sa notoriété et l’approche de la Coupe du monde lui permettraient d’échapper à toute condamnation, avoua le viol. La victime se rétractera, mais la machine à broyer du régime communiste était à l’œuvre : l’U.R.S.S. préféra se passer de son meilleur joueur plutôt que de risquer de voir cet « exemple des maux de l’impérialisme occidental » briller devant les caméras du monde entier ; il fut condamné à 12 années de goulag, car il avait eu l’outrecuidance de tenir tête aux dignitaires du régime. Libéré en 1963, Edouard Streltsov reprit sa carrière, toujours au sein du Torpedo Moscou, en 1965. Edouard Streltsov aurait pu participer à la Coupe du monde en 1966, mais les autorités soviétiques ne lui accordèrent pas le visa qui lui aurait permis de se rendre en Angleterre. Trois mois plus tard, il sera de nouveau autorisé à participer à des rencontres internationales… Il mit un terme à sa carrière en 1970.

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Nils LIEDHOLM (1922-2007)

Footballeur suédois

LIEDOHLM-2-antiqueNils Liedholm demeure considéré comme un des meilleurs footballeurs suédois de l’histoire. Dans les années 1950, sous les couleurs du grand Milan A.C., il forma, avec ses compatriotes Gunnar Nordahl et Johan Gunnar Gren, un redoutable trio d’attaquants, célébré dans la presse sous l’acronyme « Gre-No-Li ». Il fut aussi, en 1958, finaliste de la Coupe du monde, avec l’équipe de Suède battue en finale par le Brésil de Pelé (5-2). Mais, si Nils Liedholm est ici mentionné, c’est parce qu’il fut champion olympique : en effet, en 1948 aux Jeux de Londres, l’équipe de Suède remporta la médaille d’or, en battant en finale la redoutable Yougoslavie (3-1). Bien sûr, il était encore « amateur », les professionnels n’étant pas autorisés à participer aux Jeux.

Cette médaille d’or constitua un tremplin : en 1949, il passa professionnel, signant au Milan A.C. Il évoluera au sein du club lombard jusqu’en 1961, remportant le Championnat d’Italie en 1951, 1955, 1957 et 1959. Il disputa aussi, en 1958, la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions, le Milan A.C. étant défait par le Real Madrid (3-2). Sous les couleurs du Milan A.C., il aura inscrit 81 buts dans le Championnat d’Italie.

En 1958, à 36 ans, il fut le capitaine de l’équipe de Suède qui disputa la Coupe du monde à domicile : les Suédois se hissèrent jusqu’en finale, mais furent donc battus par le Brésil (5-2) – Nils Liedholm marquant un but durant ce match. Il prit alors sa retraite internationale : avec la Suède, il aura honoré 21 sélections et inscrit 10 buts.

Par la suite, il devint entraîneur et dirigea certains des plus prestigieux clubs italiens (Milan A.C., bien sûr, mais aussi l’A.S. Roma, l’Héllas Vérone et la Fiorentina).

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Johan Gunnar GREN (1920-1991)

Footballeur suédois

GREN-2-boostJohan Gunnar Gren demeure considéré comme un des meilleurs footballeurs suédois de l’histoire. Dans les années 1950, sous les couleurs du grand Milan A.C., il forma, avec ses compatriotes Gunnar Nordahl et Nils Liedholm, un redoutable trio d’attaquants, célébré dans la presse sous l’acronyme « Gre-No-Li ». Il fut aussi, en 1958, finaliste de la Coupe du monde, avec l’équipe de Suède battue en finale par le Brésil de Pelé (5-2). Mais si Johan Gunnar Gren est ici mentionné, c’est parce qu’il fut champion olympique : en effet, en 1948 aux Jeux de Londres, l’équipe de Suède remporta la médaille d’or, en battant en finale la redoutable Yougoslavie (3-1), lui-même marquant un but lors de ce match. Bien sûr, il était encore « amateur », les professionnels n’étant pas autorisés à participer aux Jeux.

Cette médaille d’or lui permit de se faire remarquer par les « recruteurs » et, en 1949, il signa un contrat professionnel avec le Milan A.C. Il joua au sein du club lombard jusqu’en 1955. Surnommé « Il Professore » par la presse italienne, il inscrivit 38 buts sous les couleurs du Milan A.C. En Italie, il évolua par la suite à la Fiorentina et au Genoa. Il rentra en Suède en 1956. Malgré le poids des ans (il avait 38 ans), il fut retenu dans l’équipe de Suède pour la Coupe du monde 1958. Il brilla notamment en demi-finale, inscrivant un but face à l’Allemagne de l’Ouest (3-1). Il mit un terme à sa carrière internationale peu après cette Coupe du monde. Il aura honoré 57 sélections avec l’équipe de Suède, de 1940 à 1958, inscrivant 32 buts.

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Gunnar NORDAHL (1921-1995)

Footballeur suédois

NORDHAL-2-vintageGunnar Nordahl demeure considéré comme un des meilleurs footballeurs suédois de l’histoire. Dans les années 1950, sous les couleurs du grand Milan A.C., il forma, avec ses compatriotes Nils Liedholm et Johan Gunnar Gren, un redoutable trio d’attaquants, célébré dans la presse sous l’acronyme « Gre-No-Li ». Mais, si Gunnar Nordahl est ici mentionné, c’est parce qu’il fut champion olympique : en effet, en 1948 aux Jeux de Londres, l’équipe de Suède remporta la médaille d’or, en battant en finale la redoutable Yougoslavie (3-1). Il termina meilleur buteur (7 buts) de cette compétition. Bien sûr, il était encore « amateur », les professionnels n’étant pas autorisés à participer aux Jeux.

Or son talent fut remarqué : dès 1949, il rejoignit le Milan A.C. Cette décision mit fin à sa carrière internationale, puisque, à l’époque, les dirigeants du football suédois ne sélectionnaient que des joueurs évoluant « au pays ». Par la suite, Nils Liedholm et Johan Gunnar Gren furent rappelés en équipe nationale, mais pas Gunnar Nordahl. Il aura honoré 33 sélections internationales, de 1942 à 1948, inscrivant un total impressionnant de 43 buts.

Avec le Milan A.C., il fut deux fois champion d’Italie (1951, 1955), et marqua 221 buts. De 1956 à 1958, il porta les couleurs de l’A.S. Roma. Il mit un terme à sa carrière en 1958.

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Nándor HIDEGKUTI (1922-2002)

Footballeur hongrois

hidegkuti-2-lightNándor Hidegkuti, attaquant, fut un des joyaux de l’équipe de Hongrie, conduite par Ferenc Puskas, qui domina le football mondial dans la première moitié des années 1950. Mais, on l’oublie parfois, la seule compétition qu’il remporta avec la formation nationale fut le tournoi olympique des Jeux d’Helsinki en 1952.

Nándor Hidegkuti avait effectué ses débuts internationaux en 1945. Il participa notamment à la célèbre victoire de la Hongrie face à l’Angleterre en 1953 à Wembley (6-3), un match durant lequel il marqua 3 buts. Mais, comme tous ses coéquipiers, il connut une cruelle désillusion en finale de la Coupe du monde 1954, puisque la formidable équipe hongroise fut battue, à la surprise générale, par l’équipe d’Allemagne de l’Ouest (3-2).

Depuis 1950, Nándor Hidegkuti évoluait au sein du M.K.T. Budapest.  En novembre 1956, alors que nombre de ses coéquipiers du Honved Budapest, qui effectuaient une tournée en Europe de l’Ouest, ne rentreront pas au pays après que l’Armée rouge soviétique réprima dans le sang l’insurrection hongroise, Nándor Hidegkuti, lui, poursuivit sa carrière au sein du M.K.T. Budapest. Il participa encore à la Coupe du monde en 1958 en Suède, sans grande réussite puisque l’équipe hongroise, privée de ses meilleurs éléments réfugiés à l’Ouest, fut rapidement éliminée. Il mit fin alors fin à sa carrière de joueur. Avec l’équipe de Hongrie, il aura disputé 69 matchs et inscrit 39 buts.

Par la suite, il devint entraîneur. Il dirigeait notamment l’équipe italienne de la Fiorentina en 1961, quand celle-ci remporta la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en battant en finale les Glasgow Rangers.

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Zoltán CZIBOR (1929-1997)

Footballeur hongrois

CZIBOR-2-concentrateZoltán Czibor, ailier gauche virevoltant surnommé le « Rebelle » ou la « Flèche », fut un des joyaux de l’équipe de Hongrie, conduite par Ferenc Puskas, qui domina le football mondial dans la première moitié des années 1950. On l’oublie parfois, mais la seule compétition qu’il remporta avec la formation nationale fut le tournoi olympique des Jeux d’Helsinki en 1952. Cette année-là, en finale, Zoltán Czibor, qui avait fait ses débuts internationaux en 1949, marqua notamment un des deux buts de la victoire face à la Yougoslavie (2-0). En effet, durant la Coupe du monde 1954, la formidable équipe hongroise fut battue en finale, à la surprise générale, par l’équipe d’Allemagne de l’Ouest (3-2).

Zoltán Czibor, champion de Hongrie avec le club de Ferencvaros en 1949, fut, comme la plupart des meilleurs joueurs magyars de l’époque, recruté par le Honved Budapest, le club officieux de l’armée. Champion de Hongrie en 1954 et 1955 avec le Honved Budapest, il effectuait une tournée en Europe de l’Ouest avec ce club quand l’Armée rouge soviétique réprima dans le sang l’insurrection hongroise, au début du mois de novembre 1956. Comme plusieurs de ses coéquipiers, Zoltán Czibor ne regagna pas son pays. Avec l’équipe nationale, il avait honoré 43 sélections et inscrit 17 buts.

Par la suite, il joua pour plusieurs clubs d’Europe occidentale, notamment le F.C. Barcelone, club avec lequel il remporta la Coupe des villes de foires en 1960 et fut finaliste de la Coupe d’Europe des clubs champions en 1961. Il mit fin à sa carrière de joueur en 1963. Par la suite, il devint entraîneur, sans grande réussite.

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