Fanny DURACK (1889-1956)

Nageuse australienne

DURACK2 (2)Fanny Durack a marqué l’histoire du sport puisqu’elle devint, en 1912, la première championne olympique de natation. En outre, elle dut se battre pour participer et, surtout, elle tenta de militer pour la cause de l’émancipation des femmes en Australie. En effet, malgré l’hostilité de Pierre de Coubertin, le Comité international olympique (C.I.O.) avait décidé que, pour la première fois, des épreuves féminines de natation seraient inscrites au programme olympique, aux Jeux de Stockholm en 1912. Fanny Durack, jeune fille de caractère capable de braver les interdits de l’époque (alors que le code de bonne conduite ne permettait pas à une femme de se montrer en maillot de bain devant des hommes, elle avait pris part à des compétitions mixtes), souhaita bien sûr participer aux Jeux. Mais les autorités australiennes firent barrage, avançant des arguments fallacieux : le voyage était coûteux et on disait craindre que des tentations contraires aux bonnes mœurs ne s’insinuent pas dans son esprit. Finalement, Fanny Durack fut autorisée à se rendre en Suède, tout comme sa compatriote Wilhelmina Wylie. On leur alloua 150 livres pour couvrir les frais de voyage et de séjour ainsi que… deux chaperons, la sœur aînée de Fanny et le père de Wilhelmina ! Fanny Durack remporta le 100 mètres, devant Wilhelmina Wylie. Forte de sa renommée, Fanny Durack critiqua le sexisme dans le sport. Elle reçut le soutien de Marion McIntosh, présidente de la Fédération amateur de Nouvelle-Galles-du-Sud, qui organisa en février 1913 une compétition féminine de natation pour laquelle les spectateurs masculins furent admis dans les gradins : Fanny Durack, vedette de la journée, remporta sans doute là sa plus belle victoire. Fanny Durack, victime d’une crise d’appendicite, ne fut pas en mesure de participer aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. En 1921, elle mit un terme à sa carrière, durant laquelle elle a battu douze records du monde. Elle s’occupa par la suite des jeunes de son quartier, qu’elle initia aux joies de la natation.

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Jenö FUCHS (1882-1955)

Escrimeur hongrois

FUCHS-2-vintageJenö Fuchs a remporté quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques. Considéré comme le meilleur sabreur du début du XXe siècle, il aurait pu ne jamais pratiquer l’escrime car il était juif. En effet, à la fin du XIXe siècle, en Hongrie, les juifs n’avaient pas le droit de porter une arme. De ce fait, Jenö Fuchs ne put ni s’inscrire dans un club d’escrime ni participer à une compétition officielle. Quand cette interdiction fut levée, il participa à l’épreuve de sélection pour les Jeux Olympiques de Londres de 1908, et il se qualifia. Durant ces Jeux, il remporta la médaille d’or dans les épreuves de sabre individuelle et par équipes. Quatre ans plus tard, aux Jeux Olympiques de Stockholm, il réédita cet exploit.

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Jim LIGHTBODY (1882-1953)

Athlète américain

LIGHBODY-2-boostJim Lightbody peut être considéré comme le premier miler qui construisait ses victoires grâce à son finish. Ainsi, aux Jeux Olympiques de Saint Louis en 1904, il remporta trois médailles d’or, alors qu’il n’était le favori d’aucune des épreuves. Il s’imposa dans le 800 mètres, le 1 500 mètres, et même dans la course de steeple (2 590 mètres), alors qu’il n’avait jamais disputé une course de steeple auparavant. Dans cette épreuve, il devança au sprint le grand favori, l’Irlandais John Daly (qui représentait la Grande-Bretagne). Aux Jeux de Saint-Louis, il obtint aussi la médaille d’argent dans la course de cross par équipes de 4 miles, avec la formation de la Chicago Athletic Association. En 1906, durant les « Jeux intercalaires » d’Athènes, il remporta le 1 500 mètres et termina deuxième du 800 mètres. Mais, un demi-siècle plus tard, le Comité international olympique (C.I.O.) décida de rayer ces « Jeux intercalaires » des palmarès. Le « compteur olympique » de Jim Lightbody, qui participa encore aux Jeux de Londres en 1908 sans obtenir de succès, resta donc bloqué à quatre médailles, ce qui est déjà fort respectable.

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Zoltán von HALMAY (1881-1956)

Nageur hongrois

HALMAY-OK-2-boostZoltán von Halmay remporta sept médailles olympiques au cours de sa carrière, à une époque où les compétitions de natation étaient organisées de manière un peu folklorique. En outre, il mit au point une technique particulière de crawl, en se propulsant uniquement à la force des bras, supprimant tout battement des jambes. Aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, Zoltán von Halmay se classa deuxième du 200 mètres et du 4 000 mètres (disputé dans les eaux de la Seine sans que la circulation fluviale ait été interrompue) et troisième du 1 000 mètres. Quatre ans plus tard, aux Jeux Olympiques de Saint Louis, il remporta le 100 yards, puis, dans la confusion, le 50 yards (les juges, distraits et incompétents, ne réussirent pas à déterminer si la victoire lui revenait ou si elle devait être attribuée à l’Américain Scott Leary ; les nageurs prirent donc une nouvelle fois le départ de cette épreuve, dont le Hongrois sortit vainqueur). En 1908, aux Jeux Olympiques de Londres, Zoltán von Halmay obtint la médaille d’argent dans le 100 mètres et dans le relais 4 fois 200 mètres. Par ailleurs, Zoltán von Halmay est considéré comme le premier détenteur du record du monde du 100 mètres nage libre, qu’il aurait établi en 1905, et il obtint deux médailles aux « Jeux intercalaires » d’Athènes, en 1906, Jeux que le Comité international olympique (C.I.O.) rayera des palmarès un demi-siècle plus tard.

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Charles DANIELS (1885-1973)

Nageur américain

DANIELS-2-boostCharles Daniels remporta sept médailles olympiques (cinq en 1904, deux en 1908). Surtout, il inventa le crawl dit américain (utilisation de toute la jambe, avec six battements de jambe pour deux cycles de mouvements de bras), lequel sera le style de nage libre le plus utilisé en compétition. Aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, Charles Daniels remporta le 220 yards, le 440 yards, et le relais 4 fois 50 yards, et il se classa deuxième du 100 yards et troisième du 50 yards : il nageait alors dans le style dit double over (nage sur le côté avec double ciseau des jambes). Malgré ses succès, Charles Daniels décida donc de modifier sa nage, pour la rendre plus efficace encore. Ainsi, en 1905, il établit quatorze records du monde, régnant sur toutes les distances (de 25 yards à 1 mile) en nage libre. En 1906, il remporta le 100 mètres aux « Jeux intercalaires » d’Athènes, lesquels seront rayés des palmarès un demi-siècle plus tard par le Comité international olympique (C.I.O.). En 1908, aux Jeux Olympiques de Londres, il remporta le 100 mètres nage libre. Charles Daniels établit ses derniers records du monde (100 yards et 100 mètres) en 1910.

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Archie HAHN (1880-1955)

Athlète américain

HAHN-2-antiqueAujourd’hui, Archie Hahn serait une star internationale. En effet, il fut la grande vedette des Jeux Olympiques de Saint Louis en 1904 : il remporta la médaille d’or dans les trois épreuves de sprint. Archie Hahn s’adjugea le 60 mètres, le 100 mètres et le 200 mètres (21,6 s, en établissant un record olympique qui tiendra vingt-huit ans). Il effectua donc le doublé 100-200 mètres, inaugurant une liste sur laquelle figureront de prestigieux champions. Réputé pour ses départs rapides, ce qui lui valut son surnom (la « Comète de Milwaukee »), il passa professionnel et continua de pratiquer la course à pied jusqu’à l’âge de trente-huit ans. Par la suite, il dirigea la publication de How to Sprint (1923), un manuel traitant des courses de sprint qui deviendra un classique.

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John FLANAGAN (1873-1938)

Athlète américain

flanagan-2-boostJohn Flanagan fut à la fois le premier champion olympique de lancer du marteau et, bien que représentant les États-Unis, une des premières grandes figures de l’Irlande. En effet, John Flanagan, né à Kilbreedy, dans le comté de Limerick, émigra aux États-Unis en 1896 et entra au service de la police new-yorkaise. L’épreuve de lancer du marteau fut inscrite au programme olympique pour la première fois aux Jeux de Paris, en 1900. John Flanagan, qui avait établi de nombreux records, était le favori du concours. Mais il se trouva longtemps en difficulté, car les concurrents étaient gênés par un arbre situé non loin de l’aire de lancement, et il vit même son marteau rester accroché dans les branches de cet arbre mal placé à l’occasion d’un de ses jets ! Finalement, il remporta le concours. John Flanagan fut encore champion olympique en 1904 à Saint Louis, puis en 1908, à Londres. Mais, à Londres, dans le contexte de Jeux marqués par la rivalité américano-britannique sur le plan sportif et par l’hostilité réciproque entre Anglais et Irlandais, John Flanagan effectua tous ses jets sous les huées du public du stade de Shepherd’s Bush. John Flanagan, qui avait par ailleurs obtenu la médaille d’argent dans la curieuse épreuve du jet de la pierre de 56 livres (25,4 kg) aux Jeux de Saint Louis, retourna s’installer dans son Irlande natale en 1911, où il fut accueilli chaleureusement. Par la suite, il entraîna un jeune lanceur de marteau irlandais prometteur : celui-ci se nommait Patrick O’Callaghan et, en 1928, il deviendra le premier champion olympique de l’Irlande indépendante.

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Aileen RIGGIN (1906-2002)

Plongeuse américaine

RIGGIN2-2-antiqueAileen Riggin remporta deux médailles dans la compétition de plongeon aux Jeux Olympiques (or en 1920, argent en 1924), ainsi qu’une une médaille de bronze en natation. Âgée de quatorze ans, Aileen Riggin se qualifia dans l’équipe américaine pour disputer les Jeux Olympiques d’Anvers en 1920. Mais sa participation n’allait pas de soi : en ce temps, certains estimaient qu’une activité physique intense pouvait nuire à la santé des adolescentes et même contrarier leur fertilité. Elle fut finalement autorisée à participer aux Jeux, mais on lui rappela qu’elle n’était encore qu’une enfant : ainsi, elle reçut pour tenue des jupes courtes (jugées appropriées pour des jeunes filles) inélégantes plutôt que les longues jupes à la mode que portaient les femmes de l’équipe américaine. À Anvers, la frêle Aileen Riggin (1,40 m, 30 kg) remporta l’épreuve féminine au tremplin (3 mètres), devenant la plus jeune championne olympique américaine. Quatre ans plus tard, aux Jeux Olympiques de Paris, Aileen Riggin s’adjugea la médaille d’argent au tremplin, devancée par sa compatriote Elizabeth Becker, et elle obtint la médaille de bronze dans le 100 mètres dos. Par la suite, Aileen Riggin fit diverses apparitions dans des films éducatifs et des longs-métrages, devint rédactrice sportive, mais elle ne délaissa jamais la natation, pour entretenir sa forme : dans les années 1990, Aileen Riggin établit cinq records du monde dans la catégorie d’âge des plus de quatre-vingt-dix ans. Aileen Riggin aura été la plus jeune championne olympique américaine et une des plus âgées des recordwomen du monde !

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Ethelda BLEIBTREY (1902-1978)

Nageuse américaine

BLEIBTREY (2)Ethelda Bleibtrey s’est distinguée de plusieurs manières sur la scène olympique et dans la sphère sociale. Tout d’abord, il lui fallut surmonter la poliomyélite : pour ce faire, elle s’initia à la natation pour contrecarrer les effets de sa maladie. Puis, en 1919, elle osa se baigner sans collants, ce qui lui valut une citation à comparaître pour avoir nagé « nue », mais aussi un large soutien ; son action conduira à l’abandon des bas dans la tenue réglementaire des nageuses. Enfin, elle brilla aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. Alors que les compétitions se déroulèrent dans un cadre peu propice aux grandes performances (une piscine olympique de 100 mètres de longueur fut aménagée dans les douves des anciennes fortifications de la ville), Ethelda Bleibtrey remporta les trois courses au programme (100 mètres, 300 mètres, relais 4 fois 100 mètres), en battant à chaque fois le record du monde. Ethelda Bleibtrey refit parler d’elle en 1928 : elle fut arrêtée pour avoir nagé dans le bassin de Central Park lors d’une manifestation organisée pour revendiquer l’augmentation du nombre de piscines publiques dans la ville de New York. Par la suite, elle consacra une grande partie de sa vie à enseigner la natation à des enfants handicapés.

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Picabo STREET (1971- )

Skieuse américaine

STREET-2-boostPicabo Street connut un parcours atypique avant de se couvrir de gloire. En effet, née de parents issus de la contre-culture, elle fut dotée du curieux prénom Picabo, d’après un mot amérindien signifiant « eaux étincelantes ». Mordue de vitesse et passionnée de ski, elle fut intégrée dans l’équipe des États-Unis, mais en fut exclue en 1990, semble-t-il en raison d’une attitude un peu rebelle. Réintégrée, Picabo Street obtint la médaille d’argent dans la descente des Jeux Olympiques de Lillehammer en 1994. En 1996, elle remporta la descente et obtint la médaille de bronze dans le super-géant aux Championnats du monde. Mais la carrière de Picabo Street aurait pu s’arrêter en décembre 1996, en raison d’une grave blessure au genou. Opérée, elle reprit l’entraînement et connut son apogée aux Jeux Olympiques de Nagano en 1998 : elle remporta le super-géant, devant l’Autrichienne Michaela Dorfmeister, devancée d’un centième de seconde !

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