Les Championnats du monde de biathlon 2017

Un sport réinventé pour les médias

Les 49es Championnats du monde de biathlon se tiennent du 9 au 19 février 2017 en Autriche. Cette discipline, issue des patrouilles militaires, fut sport de démonstration lors des premiers Jeux Olympiques d’hiver de Chamonix, en 1924. Mais il fallut attendre l’édition de 1960, à Squaw Valley, pour qu’il devienne sport olympique. Cette année-là, une seule épreuve au programme: l’individuelle (20 km) masculine, laquelle vit la victoire du Suédois Klas Lestander. Ce sport confidentiel ne s’ouvrit aux femmes qu’en 1992, à Albertville, et l’individuelle (15 km) vit cette année-là la victoire de l’Allemande Antje Misersky.

Longtemps peu spectaculaire, le biathlon a su se réinventer pour séduire les médias. Ainsi, aux Jeux de Salt Lake City, en 2002, la poursuite prit place au programme olympique, suivie en 2006 des épreuves départ groupé. Si l’individuelle demeure l’épreuve originelle du biathlon (les concurrents s’élancent les uns après les autres, et le chronomètre les départage), les compétitions de confrontation directe séduisent bien plus médias et téléspectateurs: les rivaux se présentent souvent ensemble sur le pas de tir, et toute erreur peut remettre en cause une victoire qui paraissait acquise. Si nombre de sports ont modifié leurs règles pour se plier aux impératifs des télévisions, le biathlon a plutôt anticipé la demande, ce qui lui a donné une popularité inattendue, il est vrai facilitée en France par les exploits des Tricolores, de Martin Fourcade notamment.

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Olympisme et Éducation

Coubertin aurait aimé…

OE-8EDUUne belle initiative à mentionner: le projet Olympisme et Éducation, initié par une professeure des écoles, conseillère pédagogique de circonscription spécialisée en E.P.S. Celui-ci a pour objectifs de partager des ressources pédagogiques et des informations autour du monde de l’olympisme.

Les idées directrices sont de permettre aux enseignants de parler de l’olympisme grâce à des ressources originales et avec différents supports (articles, vidéos, photos), de faire découvrir au plus grand nombre des histoires et des sportifs qui ont marqué l’histoire des Jeux Olympiques, de suivre l’évolution de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques de 2024. Nul doute que cette initiative aurait plu à Pierre de Coubertin. En effet, s’il demeure connu pour avoir fait renaître les Jeux Olympiques, Coubertin se disait avant tout pédagogue, et toute son œuvre est tournée vers l’éducation.

Le projet Olympisme et Éducation est relayé par Facebook et Twitter. À l’heure où les réseaux sociaux sont porteurs de mille maux, saluons ceux et celles qui les utilisent à bon escient…

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Made for Sharing

Paris 2024 oublie Molière…

Les villes candidates à l’organisation des Jeux Olympiques de 2024 sont autorisées, à partir du 3 février 2017, à communiquer sur le plan international. Paris 2024 a lancé sa campagne en dévoilant son nouveau slogan: «Made for Sharing», qui remplace «La Force d’un rêve». On le voit, le nouveau slogan est en langue anglaise, et il peut se traduire par «Faits pour être partagés». Le comité de candidature s’est expliqué du choix de l’anglais, indiquant qu’il s’agit de «donner un caractère universel au projet français». On peut le comprendre à l’heure de l’omnipotence de l’anglais, notamment sur les réseaux sociaux, où l’on «like» et «share», et dans les médias, où on nous abreuve de «low cost» de «live» et de «prime time». D’autant que «Faits pour être partagés» ne parle pas à grand monde. On peut cependant déplorer que Paris 2024 oublie Molière pour privilégier Shakespeare. Mais aussi qu’il oublie Pierre de Coubertin, qui avait fait du français la première langue de l’olympisme.

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Paris 2024 : J moins 200

La dernière ligne droite

Le 13 septembre 2017 sera désignée la ville d’accueil des Jeux Olympiques d’été de 2024. À 200 jours du scrutin, tout s’accélère. La communication des villes candidates à l’international (c’est-à-dire le lobbying), jusque-là interdite, est désormais autorisée. Depuis le début, le comité de candidature Paris 2024 n’a commis aucune erreur. Reste à poursuivre sur la même voie: communiquer en permanence, avec intelligence et sans suffisance. On peut faire confiance à Tony Estanguet et à son équipe sur ce point, d’autant que les sportifs sont constamment mis en avant. Mais Los Angeles fait de même, la nageuse Janet Evans incarnant la candidature californienne. En outre, il se dit que l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis constitue un nouvel atout pour Paris. Déjà, Eric Garcetti, maire de Los Angeles, sent la menace, et il n’exclut plus l’idée que, le 13 septembre 2017, soient désignées les villes hôtes pour 2024 et 2028: les mesures d’exclusion et de repli prises par Donald Trump vont clairement à l’encontre des valeurs olympiques, et il voit mal le Mexique et les pays arabes voter pour la Cité des Anges. Phil Hersh, célèbre journaliste américain, pense même que l’idéal serait d’attribuer les jeux de 2024 à Paris, ceux de 2028 à Los Angeles: «La solution parfaite serait de donner les jeux de 2024 à Paris avec le symbole du retour des Jeux d’été 100 ans après. Et ceux de 2028 à Los Angeles. Avec les lois américaines (deux mandats de 4 ans au maximum), on sera certain que Trump ne pourra pas être candidat à ce moment-là.»

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Émile LESUEUR

Quidam français, amateur de pêche

1900LESUEUR (2)On ne connaît rien d’Émile Lesueur. Il ne figure dans aucun des palmarès olympiques. On sait seulement qu’il venait d’Amiens. L’olympisme inattendu, dont c’est la mission, se doit de mettre en valeur les inconnus, qui tiennent une place très secondaire, marginale mais cocasse dans l’histoire des Jeux. En effet, Émile Lesueur remporta le concours de pêche à la ligne organisé sur l’île aux Cygnes, du 5 au 8 août 1900, dans le cadre des «concours internationaux d’exercices physiques» de l’Exposition universelle de Paris, c’est-à-dire des deuxièmes Jeux Olympiques. Mais il ne fut pas champion olympique, car le Comité international olympique (C.I.O.) n’attribua pas le qualificatif «olympique» à la pêche à la ligne, contrairement au croquet ou au tir aux pigeons vivants… On sait que les 600 concurrents remontèrent au total 881 poissons, un maigre butin pour des champions de leur trempe. Ainsi, Émile Lesueur ne passa pas à la postérité, au contraire de vainqueurs d’épreuves qui, elles, reçurent le label olympique, ce qui est bien discutable avec le recul: Charles De Vendeville, qui remporta le 60 mètres sous l’eau; Gaston Aumoitte et Chrétien André Waydelich, qui remportèrent les compétitions ce croquet (le premier s’imposant dans l’épreuve à une balle, le second dans l’épreuve à deux balles); Léon de Lunden, triomphateur du concours de tir aux pigeons (il abattit 21 pigeons vivants sur 21).

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