Dorando PIETRI (1885-1942)

Athlète italien

1908PIETRILe nom de Dorando Pietri ne figure pas au palmarès du marathon des Jeux Olympiques de Londres, en 1908, sinon avec la mention DISQ (disqualifié). Pourtant, sa mésaventure est restée célèbre et lui a valu une réelle notoriété olympique (qui se souvient que le «vrai» vainqueur est l’Américain John Hayes?). Le 24 juillet 1908, Dorando Pietri pénètre le premier dans le stade de Sherpherd’s Bush (White City Stadium). Mais, à bout de forces, il titube, se trompe de sens, tombe. Des officiels le relèvent, lui indiquent la direction de la loge royale, devant laquelle se trouve la ligne d’arrivée. Ce pantin désarticulé s’écroule de nouveau à 70 mètres du fil, se relève de lui-même, chute encore, repart. Plus que 15 mètres, mais il s’écroule. Deux hommes lui tapotent le visage, le remettent sur ses jambes et l’accompagnent presque jusqu’au fil. Le jury examine les faits et rend sa sentence: Dorando Pietri est disqualifié pour «avoir profité d’une aide étrangère non sollicitée». Néanmoins, le lendemain, la reine Alexandra fera mander Dorando Pietri et, dans la loge royale, lui offrira une coupe en or.

La mésaventure de Dorando Pietri lui vaudra une inattendue popularité. Ainsi, rapidement, Arthur Conan Doyle (qui, selon certaines sources, aurait été un des deux hommes qui aidèrent Pietri à rejoindre l’arrivée et provoquèrent donc sa disqualification) lancera dans le Daily Mail une souscription pour permettre à Pietri d’ouvrir une boulangerie dans son village. Cette souscription rapportera 300 livres à Pietri. Le compositeur Irving Berlin lui dédiera une chanson, intitulée sobrement Pietri. Puis Dorando Pietri sera invité aux États-Unis pour participer contre rémunération à des courses d’exhibition. Il en disputera vingt-deux, et en remportera dix-sept. Petite fortune faite, Pietri arrêtera de courir à la fin de 1911, et ouvrira un établissement hôtelier avec un parent. Mais Dorando Pietri était moins doué pour les affaires que pour la course à pied, et l’établissement fera faillite.

©Pierre LAGRUE

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