Bradley WIGGINS (1980- )

Cycliste britannique

2012WIGGINS-Bleu (3)Bradley Wiggins est essentiellement connu pour sa victoire dans le Tour de France en 2012. Ce succès a fait de lui une idole dans son pays. Pourtant, c’est aux Jeux Olympiques que celui qu’on surnomme le « Colonel Wiggo » a construit l’essentiel de son palmarès : il s’est adjugé cinq médailles d’or, une médaille d’argent et deux médailles de bronze.

Gamin, il se passionne pour le vélo. Il roule seul dans Hyde Park, puis sur la piste du vélodrome de Herne Hill. Il obtient ses premiers titres de champion de Grande-Bretagne sur piste à dix-sept ans. En 2000, il obtient la médaille de bronze dans la compétition de poursuite par équipes aux Jeux Olympiques de Sydney. Champion du monde de poursuite en 2003, il brille aux Jeux Olympiques d’Athènes, en 2004 : il gagne la poursuite individuelle ; il obtient également la médaille d’argent dans l’épreuve de poursuite par équipes et la médaille de bronze dans la course à l’américaine.

Bradley Wiggins décide alors de se consacrer à la route, mais il n’obtient aucun résultat probant. Les Jeux de Pékin approchant, il se remet sérieusement à la piste en 2007. Il est un des éléments moteurs de l’équipe de cyclisme britannique qui domine les compétitions sur piste des Jeux de Pékin en 2008. Il gagne de nouveau la poursuite individuelle et la poursuite par équipes. Rien ne laisse alors penser qu’il gagnera un jour le Tour de France…

Mais Bradley Wiggins, lui, sait qu’il en est capable. Il modifie entièrement sa préparation. Mais, dans le Tour de France 2011, tout est réduit à néant : victime d’une chute, le Britannique est contraint à l’abandon.

L’année 2012 est donc celle de la consécration pour Bradley Wiggins. Il remporte le Tour de France, puis s’adjuge le contre-la-montre aux Jeux Olympiques de Londres devant un million de personnes massées le long du parcours. Bradley Wiggins devient le premier cycliste couronné champion olympique sur la piste et sur la route, et le Britannique le plus médaillé aux Jeux, avec sept médailles.

Par la suite, Bradley Wiggins connaît trois années difficiles. Néanmoins, il remporte le Championnat du monde du contre-la-montre en 2014. Puis il goûte une dernière fois au triomphe olympique : en 2016, aux Jeux de Rio, il remporte la médaille d’or dans la poursuite par équipes.

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Jan ULLRICH (1973- )

Cycliste allemand

1997ullrich2 (3)Le destin de Jan Ullrich est étroitement lié aux années les plus sombres d’un cyclisme marqué par le dopage : en 2013, il finira par avouer qu’il se dopait durant sa carrière. On peut néanmoins rappeler qu’il remporta le Tour de France en 1997, le Tour d’Espagne en 1999, qu’il fut champion du monde du contre-la-montre en 1999 et en 2001, et qu’il se classa deuxième du Tour de France à cinq reprises, dont trois fois derrière Lance Armstrong, qui sera disqualifié pour dopage sans que l’U.C.I. reclasse Jan Ullrich à la première place.

Mais si Jan Ullrich mérite ici mention, c’est parce qu’il fut champion olympique. En effet, aux Jeux de Sydney en 2000, il remporta la course sur route, devant le Kazakh Alexandre Vinokourov. Né à Rostock, il fut « élevé » dans le système de la R.D.A., qui valorisait les médailles olympiques. Aussi Jan Ullrich déclara que son succès olympique avait pour lui beaucoup plus de valeur qu’une victoire dans le Tour de France. À Sydney, il obtint également la médaille d’argent, derrière le Russe Viatcheslav Ekimov.



Miguel INDURAIN (1964- )

Cycliste espagnol

1993indurain (3)Le Navarrais Miguel Indurain est célèbre pour avoir remporté cinq fois le Tour de France. Mais s’il mérite ici mention, c’est en raison de sa dernière victoire, et c’était aux Jeux Olympiques : il s’adjugea la médaille d’or dans le contre-la-montre aux Jeux d’Atlanta en 1996, devant son compatriote Abraham Olano et le Britannique Chris Boardman.

Miguel Indurain a axé l’essentiel de sa carrière sur les courses par étapes, négligeant totalement les classiques. Jusque-là fidèle lieutenant de Pedro Delgado, Miguel Indurain ne remporte sa première victoire dans le Tour de France, en 1991, qu’à l’issue de sa septième participation. Quatre autres succès vont suivre consécutivement. À chaque fois, Miguel Indurain emploie la même tactique, manquant quelque peu de panache : il domine ses adversaires lors des étapes contre la montre et se contente de les contrôler dans la montagne.

Alors qu’il a établi un record de l’heure (53,040 km) en 1994, Miguel Indurain se donne, pour la saison 1995, un second objectif en plus du Tour de France : tenter de devenir champion du monde. Le jour de l’épreuve, à Duitama (Colombie), il sait se montrer grand seigneur en favorisant la victoire de son compatriote Abraham Olano. En 1996, il échoue dans sa tentative de remporter un sixième Tour de France, et ne termine que onzième de l’épreuve enlevée par le Danois Bjarne Riis, devant l’Allemand Jan Ullrich, et le Français Richard Virenque. Bien plus tard, en 2007, Bjarne Riis avouera s’être dopé pour remporter cette édition de la Grande Boucle, alors que Richard Virenque, dès 1998, avait été convaincu de dopage et que toute la carrière de Jan Ullrich est marquée du sceau du soupçon. Dans d’autres circonstances, Miguel Indurain serait-il devenu le premier champion à remporter par six fois le Tour de France ?

Après son succès olympique, Miguel Indurain – malgré les sommes considérables qui lui sont proposées – annonce, au début de 1997, qu’il met un terme à sa carrière.

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Joop ZOETEMELK (1946- )

Cycliste néerlandais

1980zoetemelk3 (2)Même s’il s’est construit un palmarès plus qu’honorable, Joop Zoetemelk connut la déveine de débuter alors qu’Eddy Merckx commençait à exercer son hégémonie sur le peloton et de l’achever quand Bernard Hinault venait de mettre un terme à sa carrière. Il eut donc à se confronter à deux des plus grands champions de l’histoire du cyclisme.

Certes, Joop Zoetemelk a remporté le Tour de France en 1980, à la suite de l’abandon de Bernard Hinault. Mais il s’est classé six fois deuxième de la Grande Boucle (1970, 1971, derrière Merckx ; 1976, derrière Lucien Van Impe ; 1978, 1979, 1982, derrière Bernard Hinault). Il a aussi remporté la Vuelta (1979) et, en 1985, il a couronné sa carrière en devenant champion du monde, à 39 ans !

Mais on oublie souvent que Joop Zoetemelk fut aussi champion olympique : en 1968, à Mexico, il remporta le contre-la-montre par équipes, associé à Fedor den Hertog, Jan Krekels et René Pijnen.

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Harry STENQVIST (1893-1968)

Cycliste suédois

Harry Stenqvist remporta la course individuelle aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920, à l’issue d’un curieux scénario. Déjà, son statut d’amateur fut contesté, et on lui retira sa licence en 1916 ; néanmoins, en appel, il fut disculpé. Il pouvait donc participer aux Jeux Olympiques. Aux Jeux d’Anvers, la course cycliste sur route consistait en un contre-la-montre de 175 kilomètres. Les coureurs partaient de Merksem, dans la banlieue d’Anvers, pour faire une boucle traversant Turnhout, Heist-op-den-Berg et Lierre, avec arrivée à Anvers. Sur une telle distance et avec un tel parcours, certains coureurs risquaient d’être bloqués par des passages à niveau fermés – la circulation ferroviaire étant privilégiée par rapport à la compétition olympique. Mais le jury avait anticipé le problème : si un des participants était retardé par le passage d’un train, son temps final serait diminué d’autant. En définitive, le Sud-Africain Henry Kaltenbrunn fut déclaré vainqueur, dans un temps de 4 heures 41 minutes et 26 secondes, devant le Français Fernand Canteloube. Mais cinq des quarante-deux arrivants avaient été retardés par un passage à niveau fermé : parmi ceux-ci figurait Harry Stenqvist, initialement troisième (4 h 44 min 2 s) ; ce dernier avait été retardé de 4 minutes et 1 seconde par le chemin de fer. Une fois le temps corrigé, Harry Stenqvist fut déclaré champion olympique (4 h 40 min 1 s).

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Maurice PEETERS (1882-1957)

Cycliste néerlandais

En sport, pour atteindre le sommet, il faut commencer jeune. Mais il existe quelques contre-exemples. Ainsi de Maurice Peeters, qui fit ses débuts de coureur cycliste à 34 ans ! Né à Anvers, naturalisé néerlandais en 1908, Maurice Peeters était un champion étonnant : spécialiste de la vitesse sur piste, il se dit qu’il avalait un verre de cognac avant chaque course. On ne sait pas s’il le fit avant la finale de la compétition de vitesse aux Jeux d’Anvers, en 1920, mais, à l’issue d’une course houleuse, il s’imposa devant les Britanniques Horace Johnson et Harry Ryan, relégués à 2 secondes. En outre, la veille, il avait, toujours à Anvers, remporté le titre de champion du monde amateur, devant Horace Johnson et l’Australien Gerald Halpin. Vice-champion du monde de vitesse en 1922, Maurice Peeters participa, associé à Gerard Bosch van Drakestein, à l’épreuve de tandem aux Jeux de Paris, en 1924. Durant la finale, les Néerlandais furent largement dominés par les Français et les Britanniques, et durent se contenter de la médaille de bronze : les sources indiquent que, ce jour-là, Maurice Peeters avait avalé une bouteille de cognac tout entière avant le départ, ce qui expliquerait la contre-performance des Néerlandais ! Il semble que l’anecdote soit exacte, car on connaît des clichés montrant Maurice Peeters souriant benoitement après cette course.

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Henry GEORGE (1891-1976)

Cycliste belge

Henry George remporta la course cycliste sur piste des 50 kilomètres aux Jeux d’Anvers en 1920, à l’issue d’un final houleux : en effet, le leader, le Britannique Thomas Harvey, fut percuté par Henry George à 200 mètres du but, et chuta. Henry George ne fut pas disqualifié, alors que Thomas Harvey ne fut pas en mesure de remonter sur sa machine. Henry George devança finalement un autre Britannique, Cyril Alden, de 15 centimètres. Auparavant, Henry George s’était distingué sur un autre terrain, bien plus tourmenté : durant la Première Guerre mondiale, il faisait partie du Corps expéditionnaire belge en Russie, combattant sur le front de l’Est aux côtés des forces impériales russes ; en outre, il fut grièvement blessé à la fin de la guerre, et qu’il puisse participer aux Jeux était déjà un exploit.

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Dunc GRAY (1906-1996)

Cycliste australien

Edgar Laurence, dit « Dunc », Gray fut en 1928, le premier Australien médaillé en cyclisme : il se classa troisième de l’épreuve du kilomètre. Quatre ans plus tard, il entra encore plus dans l’histoire : vainqueur du kilomètre aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, il devint le premier Australien champion olympique en cyclisme. Il eut de nombreux successeurs… « Dunc » Gray remporta également le kilomètres aux Jeux de l’Empire britannique en 1934 et en 1938. De 1924 à 1941, il s’adjugea 20 titres de champion d’Australie. Le vélodrome où eurent lieu les compétitions cyclistes des Jeux de Sydney, en 2000, fut baptisé en son honneur vélodrome Dunc-Gray.

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Félicia BALLANGER (1971- )

Cycliste française

BALLANGER (2)Avec trois médailles d’or aux Jeux Olympiques et dix titres mondiaux, Félicia Ballanger, qui fut en son temps une championne quelque peu méconnue en raison de la sous-exposition médiatique de sa discipline, présente l’un des plus beaux palmarès du sport français.

Championne du monde de vitesse et du 500 mètres en 1995, Félicia Ballanger exerça par la suite une mainmise sur ces deux disciplines de la piste, puisqu’elle remporta tous les titres de championne du monde de 1995 à 1999. En 1996 à Atlanta, elle devint championne olympique de vitesse en dominant en finale l’Australienne Michelle Ferris. En 1998 à Bordeaux, elle porta le record du monde du 500 mètres à 34,010 s. En 1999, elle devint la première femme à signer un contrat avec un groupe sportif professionnel, en l’occurrence l’équipe Jean Delatour. En 2000, lors des Jeux Olympiques de Sydney, Félicia Ballanger remporta deux médailles d’or : d’abord sur 500 mètres, devant Michelle Ferris et la Chinoise Cuihua Jiang, puis en vitesse, en battant en finale la Russe Oxana Grichina. En octobre 2000, Félicia Ballanger annonça sa retraite sportive et renonça à participer aux Championnats du monde à Manchester.

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Le tandem figura au programme olympique

À bicyclette…

Dans l’imaginaire, le tandem, bicyclette à deux places situées l’une derrière l’autre, renvoie aux promenades entre amoureux et, surtout, aux « congés payés » instaurés en France par le Front populaire : en 1936, à une époque où l’automobile était un grand luxe réservé aux bourgeois, des milliers d’ouvriers partirent voir la mer en pédalant sur un tandem – ce qui est bien mis en évidence par le cinéma de ce temps-là. Mais, on l’oublie, le tandem fut une discipline importante du programme cycliste des Jeux Olympiques de 1908 à 1972. En 1908, à Londres, les Français Maurice Schilles et André Auffray furent les premiers champions olympiques de tandem. En fait, les Français se distinguèrent souvent aux Jeux dans la compétition de tandem, accumulant les médailles d’or  : Lucien Choury et Jean Cugnot en 1924 ; Louis Chaillot et Maurice Perrin en 1932 ; Daniel Morelon et Pierre Trentin – les plus célèbres – en 1968.

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