Gunnar NORDAHL (1921-1995)

Footballeur suédois

NORDHAL-2-vintageGunnar Nordahl demeure considéré comme un des meilleurs footballeurs suédois de l’histoire. Dans les années 1950, sous les couleurs du grand Milan A.C., il forma, avec ses compatriotes Nils Liedholm et Johan Gunnar Gren, un redoutable trio d’attaquants, célébré dans la presse sous l’acronyme « Gre-No-Li ». Mais, si Gunnar Nordahl est ici mentionné, c’est parce qu’il fut champion olympique : en effet, en 1948 aux Jeux de Londres, l’équipe de Suède remporta la médaille d’or, en battant en finale la redoutable Yougoslavie (3-1). Il termina meilleur buteur (7 buts) de cette compétition. Bien sûr, il était encore « amateur », les professionnels n’étant pas autorisés à participer aux Jeux.

Or son talent fut remarqué : dès 1949, il rejoignit le Milan A.C. Cette décision mit fin à sa carrière internationale, puisque, à l’époque, les dirigeants du football suédois ne sélectionnaient que des joueurs évoluant « au pays ». Par la suite, Nils Liedholm et Johan Gunnar Gren furent rappelés en équipe nationale, mais pas Gunnar Nordahl. Il aura honoré 33 sélections internationales, de 1942 à 1948, inscrivant un total impressionnant de 43 buts.

Avec le Milan A.C., il fut deux fois champion d’Italie (1951, 1955), et marqua 221 buts. De 1956 à 1958, il porta les couleurs de l’A.S. Roma. Il mit un terme à sa carrière en 1958.

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Nándor HIDEGKUTI (1922-2002)

Footballeur hongrois

hidegkuti-2-lightNándor Hidegkuti, attaquant, fut un des joyaux de l’équipe de Hongrie, conduite par Ferenc Puskas, qui domina le football mondial dans la première moitié des années 1950. Mais, on l’oublie parfois, la seule compétition qu’il remporta avec la formation nationale fut le tournoi olympique des Jeux d’Helsinki en 1952.

Nándor Hidegkuti avait effectué ses débuts internationaux en 1945. Il participa notamment à la célèbre victoire de la Hongrie face à l’Angleterre en 1953 à Wembley (6-3), un match durant lequel il marqua 3 buts. Mais, comme tous ses coéquipiers, il connut une cruelle désillusion en finale de la Coupe du monde 1954, puisque la formidable équipe hongroise fut battue, à la surprise générale, par l’équipe d’Allemagne de l’Ouest (3-2).

Depuis 1950, Nándor Hidegkuti évoluait au sein du M.K.T. Budapest.  En novembre 1956, alors que nombre de ses coéquipiers du Honved Budapest, qui effectuaient une tournée en Europe de l’Ouest, ne rentreront pas au pays après que l’Armée rouge soviétique réprima dans le sang l’insurrection hongroise, Nándor Hidegkuti, lui, poursuivit sa carrière au sein du M.K.T. Budapest. Il participa encore à la Coupe du monde en 1958 en Suède, sans grande réussite puisque l’équipe hongroise, privée de ses meilleurs éléments réfugiés à l’Ouest, fut rapidement éliminée. Il mit fin alors fin à sa carrière de joueur. Avec l’équipe de Hongrie, il aura disputé 69 matchs et inscrit 39 buts.

Par la suite, il devint entraîneur. Il dirigeait notamment l’équipe italienne de la Fiorentina en 1961, quand celle-ci remporta la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe en battant en finale les Glasgow Rangers.

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Zoltán CZIBOR (1929-1997)

Footballeur hongrois

CZIBOR-2-concentrateZoltán Czibor, ailier gauche virevoltant surnommé le « Rebelle » ou la « Flèche », fut un des joyaux de l’équipe de Hongrie, conduite par Ferenc Puskas, qui domina le football mondial dans la première moitié des années 1950. On l’oublie parfois, mais la seule compétition qu’il remporta avec la formation nationale fut le tournoi olympique des Jeux d’Helsinki en 1952. Cette année-là, en finale, Zoltán Czibor, qui avait fait ses débuts internationaux en 1949, marqua notamment un des deux buts de la victoire face à la Yougoslavie (2-0). En effet, durant la Coupe du monde 1954, la formidable équipe hongroise fut battue en finale, à la surprise générale, par l’équipe d’Allemagne de l’Ouest (3-2).

Zoltán Czibor, champion de Hongrie avec le club de Ferencvaros en 1949, fut, comme la plupart des meilleurs joueurs magyars de l’époque, recruté par le Honved Budapest, le club officieux de l’armée. Champion de Hongrie en 1954 et 1955 avec le Honved Budapest, il effectuait une tournée en Europe de l’Ouest avec ce club quand l’Armée rouge soviétique réprima dans le sang l’insurrection hongroise, au début du mois de novembre 1956. Comme plusieurs de ses coéquipiers, Zoltán Czibor ne regagna pas son pays. Avec l’équipe nationale, il avait honoré 43 sélections et inscrit 17 buts.

Par la suite, il joua pour plusieurs clubs d’Europe occidentale, notamment le F.C. Barcelone, club avec lequel il remporta la Coupe des villes de foires en 1960 et fut finaliste de la Coupe d’Europe des clubs champions en 1961. Il mit fin à sa carrière de joueur en 1963. Par la suite, il devint entraîneur, sans grande réussite.

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Sándor KOCSIS (1929-1979)

Footballeur hongrois

KOCSIS (2)Sándor Kocsis, surnommé « Tête d’or », avant-centre de l’équipe de Hongrie qui domina le football mondial dans la première moitié des années 1950, est célèbre pour sa performance lors de la Coupe du monde 1954, dont il fut le meilleur réalisateur (11 buts en 5 matchs). Mais, on l’oublie parfois, la seule compétition qu’il remporta avec la formation nationale fut le tournoi olympique des Jeux d’Helsinki en 1952 (il inscrivit 6 buts en 5 match). Sándor Kocsis, qui avait fait ses débuts internationaux en 1949, participa notamment à la mémorable victoire de la Hongrie face à l’Angleterre en 1953 à Wembley (6-3). Puis, comme tous ses coéquipiers, il connut une cruelle désillusion lors de la Coupe du monde 1954, puisque la formidable équipe hongroise fut battue en finale, à la surprise générale, par l’équipe d’Allemagne de l’Ouest (3-2).

Sándor Kocsis, qui, comme la plupart des meilleurs joueurs magyars de l’époque, évoluait au Honved Budapest, le club officieux de l’armée, effectuait une tournée en Europe de l’Ouest avec ce club quand l’Armée rouge soviétique réprima dans le sang l’insurrection hongroise, au début du mois de novembre 1956. Comme plusieurs de ses coéquipiers, Sándor Kocsis ne regagna pas son pays. Avec l’équipe nationale, il avait honoré 68 sélections et inscrit le total incroyable de 75 buts. Par la suite, il évolua notamment au F.C. Barcelone, club avec lequel il remporta la Coupe des villes de foires en 1960 et fut finaliste de la Coupe d’Europe des clubs champions en 1961. Il mit un terme définitif à sa carrière en 1966. Par la suite, il devient entraîneur, sans grande réussite. Atteint d’un cancer, il se suicida en 1979.

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José Leandro ANDRADE (1902-1957)

Footballeur uruguayen

ANDRADE2José Leandro Andrade fut l’une des stars de la Celeste qui remporta la première Coupe du monde en 1930. Mais le public européen l’avait découvert quelques années plus tôt, à l’occasion des jeux Olympiques de Paris en 1924, puis d’Amsterdam en 1928, où sa technique avait ébloui tout le monde, ce qui lui valut le surnom de « Perle noire » ou « Merveille noire ». Andrade était en effet le seul joueur de couleur de la sélection uruguayenne et le premier footballeur noir de niveau mondial.

Enfant, José Leandro Andrade Nunez passe son temps à taper dans un ballon de fortune confectionné avec des vieux chiffons. Jeune homme, il gagne péniblement sa vie en exerçant divers petits métiers (cireur de chaussures, accordeur de piano…).

En 1923, il est recruté par un club de Montevideo, le Bella Vista ; la même année, il est sélectionné pour la première fois dans l’équipe nationale. En 1924, il participe donc avec la Celeste au tournoi olympique des Jeux de Paris, où lui et ses partenaires subjuguent le public de Colombes par leur football vif et chatoyant, qui tranche totalement avec le jeu stéréotypé tel qu’on le connaît alors en Europe. L’équipe d’Uruguay domine avec une grande facilité tous ses adversaires. Milieu de terrain, Andrade allie l’efficacité aux gestes harmonieux, délivre des passes d’une grande précision à ses partenaires de l’attaque, Héctor Scarone et Pedro Petrone notamment. En finale, l’Uruguay bat avec aisance la Suisse (3 buts à 0). Durant ces Jeux, Andrade émerveille les journalistes par ses changements de pied, ses feintes, ses dribbles, ses courses ; il est élu « meilleur joueur » du tournoi. Évoluant au sein du National Montevideo – le club le plus prestigieux d’Uruguay – depuis 1925, José Leandro Andrade participe de nouveau à l’aventure olympique en 1928 à Amsterdam et remporte une seconde médaille d’or olympique.

En 1930, le football entre dans une nouvelle ère avec la tenue de la première Coupe du monde, qui se déroule en Uruguay. La finale met aux prises, comme aux jeux Olympiques de 1928, l’Uruguay et l’Argentine ; La partie est longtemps indécise, mais l’Uruguay s’impose (4 buts à 2). Andrade, à vingt-neuf ans, n’est plus vraiment l’artiste qui avait subjugué le public français en 1924, mais il s’est mué en joueur d’expérience, clairvoyant, capable d’adresser des passes en forme d’offrandes à ses partenaires, sa complicité avec Héctor Scarone donnant une assise incomparable au jeu de la Celeste.

La carrière internationale de José Leandro Andrade s’achève de la plus belle des manières, sur ce triomphe. Par la suite, sa trajectoire s’avère plus chaotique. Il joue au sein du Penarol Montevideo en 1931-1932, puis avec le Montevideo Wanderers F.C. en 1933. Il se produit encore par intermittence sur les terrains de football jusqu’en 1937. On le voit alors dans des spectacles de cabaret, où il danse et joue du tambourin. José Leandro Andrade retombe dans la misère. Il meurt des suites d’une tuberculose le 5 octobre 1957 à Montevideo.

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Lev YACHINE (1929-1990)

Footballeur soviétique

YACHINE (2)Lev Yachine donna ses lettres de noblesse au poste de gardien de but. Joueur de solide gabarit, puissant, souple, doté d’étonnants réflexes, il pouvait impressionner les attaquants adverses par des sorties tranchantes permises par son incomparable sens de l’anticipation, « fermer les angles » en toute circonstance grâce à son allonge exceptionnelle ou réaliser d’improbables plongeons ; il fut en outre le premier gardien de but à participer au jeu à la manière d’un second libero. Vêtu d’une tenue immuablement noire, la casquette rivée sur la tête, l’« Araignée noire » – le surnom que les journalistes occidentaux lui donnèrent – demeure la référence à son poste ; il fut un modèle pour tous ses successeurs et, sans doute, la seule vedette du football soviétique, alors que les vertus collectives étaient plus importantes pour les dirigeants sportifs et politiques que les distinctions individuelles. Il fut élu meilleur joueur européen (Ballon d’or) en 1963 – il est le premier et le seul gardien de but à avoir reçu cette distinction.

Lev Ivanovitch Yachine est né le 22 octobre 1929 à Moscou. Il travaille très jeune en usine, comme apprenti métallurgiste. Il joue alors au hockey sur glace, et sa trajectoire sportive se modifie de façon fortuite : alors qu’il s’entraîne, des footballeurs du Dynamo Moscou qui cherchent un gardien de but font appel à lui. Il démontre immédiatement d’étonnantes qualités, et son approche de la préparation va lui permettre de révolutionner le rôle du gardien de but : il se livre certes aux exercices spécifiques destinés à travailler les réflexes, mais il consacre aussi des heures au dribble, au tir, à la jonglerie, aux contrôles, aux passes, comme les joueurs de champ… Il intègre en 1950 l’équipe première du Dynamo Moscou, dont il devient l’inamovible gardien de but (le Dynamo Moscou sera l’unique club de Yachine ; il disputera avec celui-ci 813 matchs).

Lev Yachine fait ses débuts avec l’équipe d’U.R.S.S. en 1954 face à la Bulgarie et obtient son premier grand titre en 1956 : il est champion olympique à Melbourne. Durant les cinq matchs du tournoi, il ne concède que deux buts ; en finale, il décourage à lui seul les talentueux attaquants yougoslaves et permet à son équipe de conquérir la médaille d’or (1 but à 0).

En 1960, il gagne avec l’U.R.S.S. la première Coupe d’Europe des nations, encore grâce à une victoire face à la Yougoslavie en finale (2 buts à 1) à Paris.

En 1964, Lev Yachine dispute encore la finale de la Coupe d’Europe des nations, que l’U.R.S.S. perd à Madrid face à l’Espagne (2 buts à 1). En 1966, il est de nouveau sélectionné dans l’équipe d’U.R.S.S. qui participe à la Coupe du monde en Angleterre. Yachine permet à l’U.R.S.S. de vaincre en quart de finale la talentueuse formation hongroise (2 buts à 1) ; il multiplie les parades en demi-finale contre la R.F.A., laquelle s’impose néanmoins (2 buts à 1). À l’issue du match pour la troisième place perdu face au Portugal (2 buts à 1), le célèbre Eusebio, la « Perle noire », s’excuse même d’avoir marqué un penalty à Yachine, élu meilleur gardien de but de cette Coupe du monde ! Yachine honore sa soixante-dix-huitième et dernière sélection avec l’équipe d’U.R.S.S. en 1967.

Après sa carrière sportive, Yachine devient expert au sein du Comité des sports de l’U.R.S.S. Mais la fin de sa vie est pathétique : victime d’une thrombose, il doit être amputé d’une jambe ; il vit alors dans un triste appartement et s’éteint le 21 mars 1990 à Moscou, des suites d’un cancer de l’estomac.

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Le foot en deuil

Le sport a payé un lourd tribut à l’aviation

Le 29 novembre 2016, l’équipe de football brésilienne du Chapecoense Real, qui se rendait à Medellín pour disputer le match aller de la finale de la Copa Sudamericana (compétition considérée comme l’équivalent de la Ligue Europa), face à l’Atletico Nacional, a été décimée par une catastrophe aérienne. Au-delà de l’émotion légitime, rappelons que le sport a souvent pleuré les victimes de crashs aériens :

  • 1949 : tous les joueurs l’équipe de football du Torino F.C., dont le célèbre Valentino Mazzola, périssent lors de la catastrophe de la colline de Superga.
  • 1958 : le crash aérien de Munich décime l’équipe de football de Manchester United, dont Duncan Edwards, le plus brillant international anglais de l’époque.
  • 1960 : huit footballeurs internationaux danois meurent dans l’accident de Kastrup.
  • 1961 : l’équipe entière de patinage artistique des États-Unis trouve la mort lors du crash de son avion en Belgique.
  • 1972 : un avion transportant l’équipe de rugby de Montevideo s’écrase dans les Andes. Seize des quarante-cinq occupants survivront en mangeant les cadavres des victimes.
  • 1976 : 24 membres de l’équipe d’escrime de Cuba trouvent la mort lors du crash d’un DC-8 consécutif à un attentat commis par des anticastristes.
  • 1979 : une collision entre deux avions provoque la mort de 17 footballeurs de l’équipe de Tachkent.
  • 1980 : mort de 22 boxeurs amateurs américains dans un crash en Pologne.
  • 1993 : un accident au large de Libreville provoque la mort de tous les footballeurs de l’équipe nationale de Zambie, parmi lesquels le célèbre gardien de but David Chabala.
  • 2011 : l’équipe de hockey sur glace russe du Lokomotiv Iaroslavl est décimée lors du crash d’un Yakovlev Yak-42.

©Pierre LAGRUE



Ferenc PUSKAS (1927-2006)

Footballeur hongrois

PUSKAS1Ferenc Puskas fut, de 1950 à 1956, le joyau d’une équipe de Hongrie qui ne concéda qu’une seule défaite (cruelle, puisqu’il s’agissait de la finale de la Coupe du monde en 1954). Puis, de 1958 à 1965, il fut une des stars du Real Madrid qui domina l’Europe des clubs. Mais le «Major galopant» figure ici au titre de l’olympisme inattendu car il fut aussi, on l’oublie, champion olympique. Lire la suite