Arno BIEBERSTEIN (1886-1918)

Nageur allemand

Employé de banque, Arno Bieberstein fut plusieurs fois champion d’Allemagne du 100 mètres dos. Surtout, il remporta cette épreuve aux Jeux Olympiques de Londres, en 1908 (1 min 24,6 s). L’exploit prend encore plus de relief si on précise qu’il était épileptique. Sa fin fut dramatique : en effet, alors qu’il s’entraînait dans la piscine de son club, il fut victime d’une crise d’épilepsie qui provoqua sa mort.

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Henry TAYLOR (1885-1951)

Nageur britannique

Henry Taylor fut le meilleur nageur de demi-fond de son temps : il remporta notamment 3 médailles d’or aux Jeux Olympiques de Londres en 1908 et fut le premier champion à établir des records du monde reconnus comme tels sur 400 mètres, 880 yards (800 mètres) et 1 500 mètres nage libre. Orphelin très jeune, Henry Taylor fut élevé par son frère aîné. Très tôt, il travailla dans une filature de coton, usant son enfance sur les métiers à tisser. Le garçonnet se prit de passion pour la natation ; dès l’âge de 9 ans, il mit à profit ses rares moments libres pour s’entraîner, dans le canal ou dans les bains publics de Chadderton. Adolescent, il intégra le Chadderton Swimming Club, ce qui lui permit de se préparer de manière plus efficace et de réaliser de belles performances. Ainsi, en 1906, aux « Jeux intercalaires » d’Athènes, il remporta le mile, se classa deuxième du 400 mètres et, avec l’équipe de Grande-Bretagne, troisième du relais 4 fois 250 mètres. La même année, il établit le premier record du monde reconnu sur 880 yards : 11 min 25,4 s, une performance qui ne sera pas améliorée avant 1920.

En 1908, Henry Taylor, au meilleur de sa forme, se distingua aux Jeux Olympiques de Londres : il disputa trois épreuves de nage libre en dix jours et les remporta toutes. Il gagna le 400 mètres en établissant le premier record du monde sur la distance (5 min 36,8 s). Puis il réalisa un grand exploit lors du relais 4 fois 200 mètres : quand il s’élança, la Hongrie possédait une belle avance et le célèbre Zoltán von Halmay semblait pouvoir assurer la victoire de son équipe ; mais Taylor le dépassa à 20 mètres du but et offrit à la Grande-Bretagne la médaille d’or. Le lendemain, il était de nouveau à l’eau pour disputer le 1 500 mètres. Son compatriote Thomas Battersby lança la course sur un rythme très élevé, Taylor s’accrocha, accélèra brutalement à 200 mètres de l’arrivée et, grâce à l’exceptionnelle endurance qu’il avait forgée au cours d’années d’entraînement, il remporta une troisième médaille d’or, en établissant le premier record du monde reconnu sur la distance (22 min 48,4 s). En 1912, Taylor participa de nouveau aux Jeux, à Stockholm, et obtint la médaille de bronze dans le relais 4 fois 200 mètres.

Mobilisé dans la Royal Navy durant la Première Guerre mondiale, il ne mit pas fin à sa carrière. Il répondit encore présent au rendez-vous olympique en 1920 à Anvers, où il s’adjugea de nouveau la médaille de bronze dans le relais 4 fois 200 mètres. Henry Taylor continua de nager dans diverses compétitions jusqu’en 1926, sans grande réussite. Il connaîtra par la suite des revers de fortune, puis deviendra maître-nageur à Chadderton.

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Emil RAUSCH (1883-1954)

Nageur allemand

Emil Rausch demeure considéré comme un des meilleurs nageurs allemands. Membre du Schwimmclub Poseidon-Berlin, il accumula les victoires de 1900 à 1910, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Grèce, en Italie, en Autriche, en Hongrie et aux États-Unis. Il se distingua notamment aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, où il remporta la médaille d’or dans les épreuves du mile (27 min 18,2 s) et du 880 yards (13 min 11,4 s) ; il obtint également la médaille de bronze dans le 220 yards. On note que, aux Jeux de Saint Louis, les épreuves de natation comptaient aussi pour le Championnat des États-Unis : l’Allemand Emil Rausch fut donc champion des États-Unis ! Par ailleurs, Emil Rausch fut, de 1901 à 1907, sept fois de suite champion d’Allemagne sur 1 500 mètres.

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Walter BRACK (1880-1919)

Nageur allemand

Aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, Walter Brack remporta le 100 yards dos et obtint la médaille d’argent dans le 440 yards brasse, derrière son coéquipier Georg Zacharias. Brack, pionnier, utilisait pour la nage sur le dos une technique très proche de celle d’aujourd’hui, la « récupération sous-marine » avec les bras et les jambes. Notons que, pour le 100 yards, il n’y avait pas de virage, car la piscine mesurait 100 yards de longueur, et que seuls des Américains et des Allemands prirent part à cette épreuve. Par ailleurs, Walter Brack fut deux fois champion d’Allemagne du 100 mètres (1903 et 1904), sous les couleurs de son club, le Charlottenbourg 87.

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Rafael VIDAL (1964-2005)

Nageur vénézuelien

Troisième du 200 mètres papillon aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1984, Rafael Vidal devint le premier Vénézuélien médaillé olympique en natation. Cette médaille de bronze fit de lui une célébrité nationale et lui valut de faire la une de nombreux magazines. Dès 1985, il quitta le Venezuela, s’installant aux États-Unis où il obtint un baccalauréat en informatique et en sciences de l’information de l’université de Floride à Gainesville. Mais sa trajectoire se termina par un drame : il trouva la mort lors d’un accident de la route. En hommage fut organisé dès 2006 « Un Millón de metros por Rafael Vidal » (un million de mètres pour Vidal), une manifestation qui invite à nager pour célébrer la mémoire du champion : lors de la première édition, on calcula que, le 12 février, des nageurs du Venezuela et du monde entier ont parcouru 14 millions de mètres au total !

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Andrew « Boy » CHARLTON (1907-1975)

Nageur australien

« Boy » Charlton fut un des premiers nageurs australiens de renom. Il affichait dans l’eau un style peu commun, qui s’appuyait sur la force des bras. Connu pour ses fins de course rapides qui tenaient le public en haleine, il devint un sportif très populaire dans son pays. Il remporta cinq médailles aux Jeux Olympiques. Andrew « Boy » Charlton battit son premier record du monde en 1923, à l’âge de quinze ans : il nagea le 880 yards en 11 min 5,2 s. Alors qu’il se préparait pour les Jeux Olympiques de Paris en 1924, son père adoptif, qui était aussi son entraîneur, victime d’une dépression, tenta de se suicider. En dépit de ces circonstances difficiles, le jeune « Boy » Charlton fit preuve d’une grande détermination, et sa force de caractère lui permit de briller dans la piscine des Tourelles, porte des Lilas. Il remporta le 1 500 mètres nage libre en 20 min 6,6 s, battant le record du monde de plus d’une minute. Il obtint la médaille de bronze dans le 400 mètres nage libre et la médaille d’argent, avec ses compatriotes, dans le relais 4 fois 200 mètres nage libre. Par la suite, il négligea un moment sa carrière sportive, mais il participa de nouveau aux Jeux Olympiques, en 1928 à Amsterdam, obtenant deux médailles d’argent (1 500 mètres et 400 mètres). Quatre ans plus tard, il participa à ses troisièmes Jeux, à Los Angeles, mais ne décrocha aucune médaille.

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Kristin OTTO (1966- )

Nageuse est-allemande

OTTOKristin Otto est certainement la nageuse qui personnalise le mieux l’époque des Wundermädchen de la R.D.A. qui écrasèrent la natation dans les années 1980. Elle fut notamment la « reine » des Jeux de Séoul, en 1988, où elle remporta les six épreuves auxquelles elle prit part : 50 mètres, devant la Chinoise Yang ; 100 mètres, devant la Chinoise Zhuang ; 100 mètres dos, dominant la Hongroise Kristina Egerszegi ; 100 mètres papillon ; relais 4 fois 100 mètres et 4 fois 100 mètres 4 nages. Elle réalisa ainsi deux exploits inédits : elle fut la première femme à être sacrée dans 3 disciplines différentes et la première à remporter 6 titres. Elle obtint également 7 titres de championne du monde et 9 titres de championne d’Europe. Malgré la révélation de la pratique du dopage d’État en R.D.A., Kristin Otto, contrairement à nombre de ses compatriotes, réfuta toutes les accusation de dopage, même à son insu. Pourtant, en 1990, son entraîneur et son médecin furent reconnus coupables d’avoir dopé leurs championnes…

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Shane GOULD (1956- )

Nageuse australienne

GOULD (2)Malgré une carrière éclair qui ne dura que deux ans, Shane Gould a marqué l’histoire de la natation.

Shane Gould passe sa petite enfance aux îles Fidji. À partir de l’âge de neuf ans, de retour en Australie, elle pratique la natation avec assiduité, sous le regard de l’entraîneur Ken Wiles, qui va faire d’elle une championne, à raison de quatre heures quotidiennes passées dans les bassins.

Shane Gould se révèle au grand public dès l’âge de quinze ans, en 1971, en établissant tous les records du monde de nage libre, du sprint au fond, c’est-à-dire du 100 au 1 500 mètres.

Lors des Jeux Olympiques de Munich, elle remporte trois médailles d’or. Elle gagne le 200 mètres (2 min 3,56 s, record du monde), le 400 mètres, enfin le 200 mètres 4 nages (2 min 23,07 s, record du monde). Elle obtient également une médaille d’argent (800 m) et une médaille de bronze (100 m), mais la portée de sa performance se voit quelque peu occultée par l’exploit de Mark Spitz, l’Américain qui remporte sept médailles d’or en battant sept records du monde. Néanmoins, sur les podiums, les larmes de cette toute jeune fille accompagnée de son kangourou en peluche ont ému spectateurs et téléspectateurs. Dès 1973, âgée de dix-sept ans, Shane Gould renonce à la compétition.

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Sarah et Karen JOSEPHSON (1965- )

Nageuses américaines

JOSEPHSON (2)Quoi de plus normal que de voir des sœurs jumelles briller en natation synchronisée ? Sarah et Karen Josephson en fournissent un exemple. Les jumelles, qui ont découvert la natation synchronisée dès l’âge de 5 ans, participent à des compétitions internationales aux début des années 1980. Médaillées d’argent en duo et par équipes aux Championnats du monde en 1986, les sœurs Josephson se distinguent aux Jeux de Séoul, en 1988, où elles obtiennent la médaille d’argent en duo. Leur trajectoire sportive se termine de la plus belle des manières, en 1992, aux Jeux de Barcelone, où elles s’adjugent la médaille d’or en duo.

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Inge SØRENSEN (1924-2011)

Nageuse danoise

Sørensen-OK (2)Inge Sørensen est à la fois la plus jeune médaillée olympique de l’histoire et une figure romantique de la résistance à l’oppression nazie. En effet, elle a 12 ans à peine lorsqu’elle participe aux Jeux de Berlin en 1936, où elle s’adjuge la médaille de bronze dans le 200 mètres brasse. À son retour à Copenhague, « Little Lovely Inge » est accueillie par trente mille personnes enthousiastes. Alors que, dans les années 1930, les nazis utilisent des sportives populaires pour créer des « images héroïques de la perfection féminine de la race aryenne », la jeune Inge Sørensen reçoit sa médaille de bronze sur le podium, mais elle refuse les félicitations d’Hitler. Cette image deviendra un symbole du mouvement de résistance à l’occupation nazie au Danemark quand il se structurera, à partir de 1943. Inge Sørensen remporta également le 200 mètres brasse aux Championnats d’Europe de Londres en 1938.

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