Sarah et Karen JOSEPHSON (1965- )

Nageuses américaines

JOSEPHSON (2)Quoi de plus normal que de voir des sœurs jumelles briller en natation synchronisée ? Sarah et Karen Josephson en fournissent un exemple. Les jumelles, qui ont découvert la natation synchronisée dès l’âge de 5 ans, participent à des compétitions internationales aux début des années 1980. Médaillées d’argent en duo et par équipes aux Championnats du monde en 1986, les sœurs Josephson se distinguent aux Jeux de Séoul, en 1988, où elles obtiennent la médaille d’argent en duo. Leur trajectoire sportive se termine de la plus belle des manières, en 1992, aux Jeux de Barcelone, où elles s’adjugent la médaille d’or en duo.

©Pierre LAGRUE



Inge SØRENSEN (1924-2011)

Nageuse danoise

Sørensen-OK (2)Inge Sørensen est à la fois la plus jeune médaillée olympique de l’histoire et une figure romantique de la résistance à l’oppression nazie. En effet, elle a 12 ans à peine lorsqu’elle participe aux Jeux de Berlin en 1936, où elle s’adjuge la médaille de bronze dans le 200 mètres brasse. À son retour à Copenhague, « Little Lovely Inge » est accueillie par trente mille personnes enthousiastes. Alors que, dans les années 1930, les nazis utilisent des sportives populaires pour créer des « images héroïques de la perfection féminine de la race aryenne », la jeune Inge Sørensen reçoit sa médaille de bronze sur le podium, mais elle refuse les félicitations d’Hitler. Cette image deviendra un symbole du mouvement de résistance à l’occupation nazie au Danemark quand il se structurera, à partir de 1943. Inge Sørensen remporta également le 200 mètres brasse aux Championnats d’Europe de Londres en 1938.

©Pierre LAGRUE



Helene MADISON (1913-1970)

Nageuse américaine

MADISON (2)Helene Madison domina les compétitions de nage libre au tout début des années 1930 et remporta trois titres olympiques en 1932 à Los Angeles, lors de Jeux très hollywoodiens dont elle fut une des stars : elle se distingua dans les bassins, mais aussi en dehors, avec la jet-set. Au cours de sa brève carrière, la jeune fille établira ainsi vingt records du monde.

Helene Madison remporte toutes les épreuves de nage libre aux Championnats des États-Unis en 1930 et en 1931. Elle est désignée meilleure sportive de l’année 1931 par Associated Press.

Lors des Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, Helene Madison, grande et svelte (1,80 m, 57,5 kg) jeune femme de 19 ans, multiplie les exploits et séduit le public par son charme. Lors du 100 mètres nage libre, son exceptionnelle fin de course lui permet de prendre le meilleur sur la jeune Néerlandaise Willemijntje den Ouden (14 ans). Médaillée d’or dans le relais 4 fois 100 mètres, elle remporte également le 400 mètres nage libre, ne devançant sa redoutable compatriote Lenore Kight que de 1 dixième de seconde. Durant les Jeux, elle fréquente les vedettes de Hollywood, danse au Coconut Grove en compagnie de Clark Gable… Après les Jeux, Helene Madison passe professionnelle et interprète son propre rôle dans The Human Fish, un film dans lequel apparaît aussi Johnny Weissmuller.

©Pierre LAGRUE



Duke Paoa KAHANAMOKU (1890-1968)

Nageur américain d’origine hawaiienne

Kahanamoku (2)Duke Kahanamoku est passé doublement à la postérité : il a tout simplement maîtrisé le crawl moderne, puis il a contribué à faire connaître un nouveau sport, le surf.

En juin 1911, une dépêche apprend aux journalistes new-yorkais qu’un jeune garçon de vingt et un ans né à Hawaii serait devenu le premier homme à nager le 100 yards en moins de 1 minute. Le temps qui leur est communiqué (55,4 s) les rend incrédules. Duke Kahanamoku vient tout simplement de retrancher 4,6 s au précédent record. En fait, pour réaliser cette incroyable performance, il utilisait à la perfection une technique alors peu employée, connue sous le nom de crawl et qui deviendra la norme pour les épreuves de nage libre.

Duke Kahanamoku est champion olympique du 100 mètres (1 min 3,4 s) en 1912 à Stockholm, devant l’Australien Cecil Healy. Il obtient également, associé à Kenneth Huszagh, Harry Hebner et Perry McGillivray, la médaille d’argent dans le relais 4 fois 200 mètres. En 1920, à l’âge de trente ans, il conserve son titre aux Jeux d’Anvers : le 24 août, il remporte la finale du 100 mètres en battant le record du monde (1 min 0,4 s) ; mais, à la suite d’une réclamation, celle-ci est annulée ; Duke Kahanamoku se remet donc à l’eau et s’impose de nouveau (1 min 1,4 s), devant son compatriote Pua Kela Kealoha. Il remporte également le relais 4 fois 200 mètres, avec Perry McGillivray, Pua Kela Kealoha et Norman Ross.

Duke Kahanamoku est encore présent lors des Jeux Olympiques de Paris en 1924, mais il doit s’incliner, terminant deuxième du 100 mètres derrière Johnny Weissmuller. Duke Kahanamoku fera une carrière dans l’ombre au cinéma (il tournera néanmoins dans 28 films). Il s’adonnera avec un certain succès au surf, sport qu’il fera découvrir au monde entier avec ses amis du club de Hui Nalu, qu’ils avaient fondé dans les années 1910 à Hawaii.

©Pierre LAGRUE



Christine CARON (1948- )

Nageuse française

Christine-Caron (2)Spécialiste de la nage sur le dos, Christine Caron fut l’ambassadrice de charme du sport français au cœur des années 1960. Le 15 juin 1964, elle améliora le record du monde du 100 mètres dos (1 min 8,6 s) de l’Américaine Donna De Varona (1 min 8,9 s), pour la plus grande joie de son entraîneur, Suzanne Berlioux. Aussi n’appréciera-t-elle pas à sa juste valeur la médaille d’argent obtenue lors des Jeux Olympiques de Tokyo, derrière l’Américaine Cathy Ferguson. En 1966, elle fut championne d’Europe de la spécialité (1 min 8,1 s). Christine Caron a battu à treize reprises le record d’Europe du 100 mètres dos. En 1968, elle fut porte-drapeau de la délégation française aux Jeux Olympiques de Mexico, devenant la première femme à connaître cet honneur. Par la suite, elle fit un petite carrière d’actrice (elle apparaît brièvement dans La Piscine, de Jacques Deray).

©Pierre LAGRUE



Champion olympique malgré l’appendicite

Est-ce bien raisonnable ?

ROTH (2)Le nageur américain Dick Roth devait participer aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964, dans le 400 mètres 4 nages, une épreuve dont il avait battu le record du monde trois mois avant les Jeux. Hélas ! trois jours avant le début des compétitions, il fut pris de violents maux de ventre : les médecins lui diagnostiquèrent une crise d’appendicite nécessitant une opération urgente. Dick Roth refusa l’opération et, contre l’avis des chirurgiens, il participa au 400 mètres 4 nages : il remporta la médaille d’or en battant son propre record du monde. Dick Roth avait dix-sept ans, et il ne persévéra pas dans la natation : il mit fin à sa carrière sportive deux ans plus tard, à dix-neuf ans.

©Pierre LAGRUE



Matt BIONDI (1965- )

Nageur américain

BIONDI (2)Avec sept médailles d’or olympiques, Matt Biondi présente un des plus beaux palmarès de l’histoire. En outre, il devint, en 1985, le premier homme à nager le 100 mètres en moins de 49 secondes (48,95 s).

Médaillé d’or dans le relais 4 fois 100 mètres avec les États-Unis en 1984, Matt Biondi s’annonçait comme une des stars des Jeux de Séoul, en 1988 : les augures le voyaient bien égaler Mark Spitz (7 médailles d’or en 1972 à Munich). Matt Biondi obtint certes 7 médailles en Corée du Sud, mais « seulement » 5 en or. L’exploit n’en fut pas moins exceptionnel. Il remporta en effet le 100 mètres (48,63 s), le 50 mètres (22,14 s) et les trois relais. Il fut également médaillé d’argent sur 100 mètres papillon, devancé d’un souffle par le Surinamien Anthony Nesty (53,00 s contre 53,01 s) et de bronze sur 200 mètres.

Matt Biondi songea alors mettre à un terme à sa carrière, à l’issue de cet exploit. Mais de nombreux sponsors le sollicitaient, il commençait à bien vivre de la pratique de son sport. Il décida donc de se remettre à l’eau avec les Jeux Olympiques de Barcelone comme perspective. Mais, en 1992, à Barcelone, il ne parvint pas à monter sur le podium olympique du 100 mètres, laissant la place à un nouveau roi, le Russe Alexander Popov. Il fut néanmoins médaillé d’argent sur 50 mètres (22,09 s), derrière Popov (21,91 s), et obtint une nouvelle médaille d’or dans le relais 4 fois 100 mètres.

©Pierre LAGRUE



George HODGSON (1893-1983)

Nageur canadien

hodgson (2)George Hodgson réalisa un exploit incroyable aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912 : il battit deux records du monde dans une seule course, en l’occurrence le 1 500 mètres. En effet, durant cette épreuve, il passa aux 1 000 mètres en 14 min 37 s, ce qui constituait le nouveau record sur cette distance, puis remporta ce 1 500 mètres en 22 minutes (record du monde). Son record du monde du 1 500 mètres ne sera battu que onze ans plus tard. Durant ces Jeux, George Hodgson s’adjugea aussi la médaille d’or dans le 400 mètres. Après ses exploits, il décida de mette un terme à sa carrière sportive, à l’âge de dix-huit ans. On note que George Hodgson fut le premier Canadien à remporter une médaille d’or en natation, et longtemps le seul : en effet, il fallut attendre les Jeux de Los Angeles, en 1984, pour que le Canada obtienne de nouveau l’or olympique ; cette année-là, Alex Baumann (200 mètres quatre nages, 400 mètres quatre nages), Victor Davis (200 mètres papillon) et Anne Ottenbrite (200 mètres brasse) furent champions olympiques.

©Pierre LAGRUE



Le père de Jean Boiteux plonge tout habillé dans le piscine

Au risque de faire disqualifier son fils

BOITEUX-2-retroEn 1952, aux Jeux Olympiques d’Helsinki, le Français Jean Boiteux remporta le 400 mètres nage libre devant l’Américain Ford Konno. L’exploit était immense car – si on excepte la victoire de Charles Devendeville dans un curieux 60 mètres sous l’eau aux Jeux de Paris en 1900 – jamais un Français n’avait été couronné champion olympique en natation. Cette victoire sera la plus médiatisée de ces Jeux, non pas pour l’exploit en lui-même, mais pour une incroyable scène à l’arrivée : Gaston Boiteux, le père du champion, fou de bonheur, plonge tout habillé dans la piscine, béret vissé sur la tête ! Or tous les concurrents n’avaient pas terminé la course, et ce plongeon paternel aurait pu entraîner la disqualification de Jean Boiteux. La photographie de cette scène fait la une de la plupart des quotidiens le lendemain ; plus tard, Coca-Cola demandera à utiliser cette photo pour un de ses spots publicitaires. En fait, ce plongeon ne fut pas totalement spontané : Gaston Boiteux avait parié avec un photographe qu’il se jetterait tout habillé dans la piscine si son fils devenait champion olympique. Toujours est-il que ce cliché fera le tour du monde et que la photo sera présentée dans toutes les grandes expositions consacrées aux Jeux Olympiques ; ainsi, à titre d’exemple, le Musée olympique présentera un cliché de cette scène durant l’exposition Cent Photos pour un siècle de sport, tenue en 2000.

©Pierre LAGRUE



Forfait pour cause de piqûre de moustique

Maria Braun piquée au vif

1928BRAUN (2)La Néerlandaise Maria Braun remporta la médaille d’or dans le 100 mètres dos et la médaille d’argent dans le 400 mètres nage libre aux Jeux Olympiques d’Amsterdam, en 1928. Toujours en bonne forme, elle espérait briller de nouveau aux Jeux Olympiques, en 1932 à Los Angeles. De fait, elle se qualifia aisément pour les demi-finales du 400 mètres nage libre… auxquelles elle ne fut pas en mesure de participer : elle fut en effet transportée d’urgence à l’hôpital, victime d’un empoisonnement sanguin. Selon la version officielle, cette forte fièvre aurait été provoquée par une piqûre de moustique. Maria Braun demeura sceptique, car elle pensait avoir été victime d’un empoisonnement provoqué par des proches de l’Américaine Helene Madison, sa rivale. La thèse de la piqûre de moustique reste la plus plausible, mais, à la suite de cette mésaventure, Maria Braun, âgée de vingt et un ans et qui avait déjà établit six records du monde, décida sur-le-champ de mettre un terme à sa carrière de nageuse.

©Pierre LAGRUE