Champion olympique malgré l’appendicite

Est-ce bien raisonnable ?

ROTH (2)Le nageur américain Dick Roth devait participer aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964, dans le 400 mètres 4 nages, une épreuve dont il avait battu le record du monde trois mois avant les Jeux. Hélas ! trois jours avant le début des compétitions, il fut pris de violents maux de ventre : les médecins lui diagnostiquèrent une crise d’appendicite nécessitant une opération urgente. Dick Roth refusa l’opération et, contre l’avis des chirurgiens, il participa au 400 mètres 4 nages : il remporta la médaille d’or en battant son propre record du monde. Dick Roth avait dix-sept ans, et il ne persévéra pas dans la natation : il mit fin à sa carrière sportive deux ans plus tard, à dix-neuf ans.

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Matt BIONDI (1965- )

Nageur américain

BIONDI (2)Avec sept médailles d’or olympiques, Matt Biondi présente un des plus beaux palmarès de l’histoire. En outre, il devint, en 1985, le premier homme à nager le 100 mètres en moins de 49 secondes (48,95 s).

Médaillé d’or dans le relais 4 fois 100 mètres avec les États-Unis en 1984, Matt Biondi s’annonçait comme une des stars des Jeux de Séoul, en 1988 : les augures le voyaient bien égaler Mark Spitz (7 médailles d’or en 1972 à Munich). Matt Biondi obtint certes 7 médailles en Corée du Sud, mais « seulement » 5 en or. L’exploit n’en fut pas moins exceptionnel. Il remporta en effet le 100 mètres (48,63 s), le 50 mètres (22,14 s) et les trois relais. Il fut également médaillé d’argent sur 100 mètres papillon, devancé d’un souffle par le Surinamien Anthony Nesty (53,00 s contre 53,01 s) et de bronze sur 200 mètres.

Matt Biondi songea alors mettre à un terme à sa carrière, à l’issue de cet exploit. Mais de nombreux sponsors le sollicitaient, il commençait à bien vivre de la pratique de son sport. Il décida donc de se remettre à l’eau avec les Jeux Olympiques de Barcelone comme perspective. Mais, en 1992, à Barcelone, il ne parvint pas à monter sur le podium olympique du 100 mètres, laissant la place à un nouveau roi, le Russe Alexander Popov. Il fut néanmoins médaillé d’argent sur 50 mètres (22,09 s), derrière Popov (21,91 s), et obtint une nouvelle médaille d’or dans le relais 4 fois 100 mètres.

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George HODGSON (1893-1983)

Nageur canadien

hodgson (2)George Hodgson réalisa un exploit incroyable aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912 : il battit deux records du monde dans une seule course, en l’occurrence le 1 500 mètres. En effet, durant cette épreuve, il passa aux 1 000 mètres en 14 min 37 s, ce qui constituait le nouveau record sur cette distance, puis remporta ce 1 500 mètres en 22 minutes (record du monde). Son record du monde du 1 500 mètres ne sera battu que onze ans plus tard. Durant ces Jeux, George Hodgson s’adjugea aussi la médaille d’or dans le 400 mètres. Après ses exploits, il décida de mette un terme à sa carrière sportive, à l’âge de dix-huit ans. On note que George Hodgson fut le premier Canadien à remporter une médaille d’or en natation, et longtemps le seul : en effet, il fallut attendre les Jeux de Los Angeles, en 1984, pour que le Canada obtienne de nouveau l’or olympique ; cette année-là, Alex Baumann (200 mètres quatre nages, 400 mètres quatre nages), Victor Davis (200 mètres papillon) et Anne Ottenbrite (200 mètres brasse) furent champions olympiques.

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Le père de Jean Boiteux plonge tout habillé dans le piscine

Au risque de faire disqualifier son fils

BOITEUX-2-retroEn 1952, aux Jeux Olympiques d’Helsinki, le Français Jean Boiteux remporta le 400 mètres nage libre devant l’Américain Ford Konno. L’exploit était immense car – si on excepte la victoire de Charles Devendeville dans un curieux 60 mètres sous l’eau aux Jeux de Paris en 1900 – jamais un Français n’avait été couronné champion olympique en natation. Cette victoire sera la plus médiatisée de ces Jeux, non pas pour l’exploit en lui-même, mais pour une incroyable scène à l’arrivée : Gaston Boiteux, le père du champion, fou de bonheur, plonge tout habillé dans la piscine, béret vissé sur la tête ! Or tous les concurrents n’avaient pas terminé la course, et ce plongeon paternel aurait pu entraîner la disqualification de Jean Boiteux. La photographie de cette scène fait la une de la plupart des quotidiens le lendemain ; plus tard, Coca-Cola demandera à utiliser cette photo pour un de ses spots publicitaires. En fait, ce plongeon ne fut pas totalement spontané : Gaston Boiteux avait parié avec un photographe qu’il se jetterait tout habillé dans la piscine si son fils devenait champion olympique. Toujours est-il que ce cliché fera le tour du monde et que la photo sera présentée dans toutes les grandes expositions consacrées aux Jeux Olympiques ; ainsi, à titre d’exemple, le Musée olympique présentera un cliché de cette scène durant l’exposition Cent Photos pour un siècle de sport, tenue en 2000.

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Forfait pour cause de piqûre de moustique

Maria Braun piquée au vif

1928BRAUN (2)La Néerlandaise Maria Braun remporta la médaille d’or dans le 100 mètres dos et la médaille d’argent dans le 400 mètres nage libre aux Jeux Olympiques d’Amsterdam, en 1928. Toujours en bonne forme, elle espérait briller de nouveau aux Jeux Olympiques, en 1932 à Los Angeles. De fait, elle se qualifia aisément pour les demi-finales du 400 mètres nage libre… auxquelles elle ne fut pas en mesure de participer : elle fut en effet transportée d’urgence à l’hôpital, victime d’un empoisonnement sanguin. Selon la version officielle, cette forte fièvre aurait été provoquée par une piqûre de moustique. Maria Braun demeura sceptique, car elle pensait avoir été victime d’un empoisonnement provoqué par des proches de l’Américaine Helene Madison, sa rivale. La thèse de la piqûre de moustique reste la plus plausible, mais, à la suite de cette mésaventure, Maria Braun, âgée de vingt et un ans et qui avait déjà établit six records du monde, décida sur-le-champ de mettre un terme à sa carrière de nageuse.

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Des citrouilles pour marquer les lignes d’eau

Halloween à Athènes

citrouilles (2)Pour le 100 mètres nage libre des Jeux Olympiques d’Athènes, en 1896, les organisateurs firent preuve d’une grande imagination. Déjà, un navire transporta les nageurs dans la baie du Pirée, où la ligne de départ était matérialisée par deux bouées. Les nageurs s’élancèrent vers le rivage, où la ligne d’arrivée était marquée par un drapeau rouge. Quant au parcours, il était tracé par une série de citrouilles évidées, lesquelles se balançaient au gré des vagues, ce qui perturbait les nageurs. Toujours est-il que le Hongrois Alfred Hajós s’imposa, en devançant d’un demi-mètre l’Autrichien Otto Herschmann. Les sources indiquent qu’il y eut 10 concurrents, mais on ignore leur performance, et même le nom de quatre d’entre eux.

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Fanny DURACK (1889-1956)

Nageuse australienne

DURACK2 (2)Fanny Durack a marqué l’histoire du sport puisqu’elle devint, en 1912, la première championne olympique de natation. En outre, elle dut se battre pour participer et, surtout, elle tenta de militer pour la cause de l’émancipation des femmes en Australie. En effet, malgré l’hostilité de Pierre de Coubertin, le Comité international olympique (C.I.O.) avait décidé que, pour la première fois, des épreuves féminines de natation seraient inscrites au programme olympique, aux Jeux de Stockholm en 1912. Fanny Durack, jeune fille de caractère capable de braver les interdits de l’époque (alors que le code de bonne conduite ne permettait pas à une femme de se montrer en maillot de bain devant des hommes, elle avait pris part à des compétitions mixtes), souhaita bien sûr participer aux Jeux. Mais les autorités australiennes firent barrage, avançant des arguments fallacieux : le voyage était coûteux et on disait craindre que des tentations contraires aux bonnes mœurs ne s’insinuent pas dans son esprit. Finalement, Fanny Durack fut autorisée à se rendre en Suède, tout comme sa compatriote Wilhelmina Wylie. On leur alloua 150 livres pour couvrir les frais de voyage et de séjour ainsi que… deux chaperons, la sœur aînée de Fanny et le père de Wilhelmina ! Fanny Durack remporta le 100 mètres, devant Wilhelmina Wylie. Forte de sa renommée, Fanny Durack critiqua le sexisme dans le sport. Elle reçut le soutien de Marion McIntosh, présidente de la Fédération amateur de Nouvelle-Galles-du-Sud, qui organisa en février 1913 une compétition féminine de natation pour laquelle les spectateurs masculins furent admis dans les gradins : Fanny Durack, vedette de la journée, remporta sans doute là sa plus belle victoire. Fanny Durack, victime d’une crise d’appendicite, ne fut pas en mesure de participer aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920. En 1921, elle mit un terme à sa carrière, durant laquelle elle a battu douze records du monde. Elle s’occupa par la suite des jeunes de son quartier, qu’elle initia aux joies de la natation.

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Zoltán von HALMAY (1881-1956)

Nageur hongrois

HALMAY-OK-2-boostZoltán von Halmay remporta sept médailles olympiques au cours de sa carrière, à une époque où les compétitions de natation étaient organisées de manière un peu folklorique. En outre, il mit au point une technique particulière de crawl, en se propulsant uniquement à la force des bras, supprimant tout battement des jambes. Aux Jeux Olympiques de Paris, en 1900, Zoltán von Halmay se classa deuxième du 200 mètres et du 4 000 mètres (disputé dans les eaux de la Seine sans que la circulation fluviale ait été interrompue) et troisième du 1 000 mètres. Quatre ans plus tard, aux Jeux Olympiques de Saint Louis, il remporta le 100 yards, puis, dans la confusion, le 50 yards (les juges, distraits et incompétents, ne réussirent pas à déterminer si la victoire lui revenait ou si elle devait être attribuée à l’Américain Scott Leary ; les nageurs prirent donc une nouvelle fois le départ de cette épreuve, dont le Hongrois sortit vainqueur). En 1908, aux Jeux Olympiques de Londres, Zoltán von Halmay obtint la médaille d’argent dans le 100 mètres et dans le relais 4 fois 200 mètres. Par ailleurs, Zoltán von Halmay est considéré comme le premier détenteur du record du monde du 100 mètres nage libre, qu’il aurait établi en 1905, et il obtint deux médailles aux « Jeux intercalaires » d’Athènes, en 1906, Jeux que le Comité international olympique (C.I.O.) rayera des palmarès un demi-siècle plus tard.

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Charles DANIELS (1885-1973)

Nageur américain

DANIELS-2-boostCharles Daniels remporta sept médailles olympiques (cinq en 1904, deux en 1908). Surtout, il inventa le crawl dit américain (utilisation de toute la jambe, avec six battements de jambe pour deux cycles de mouvements de bras), lequel sera le style de nage libre le plus utilisé en compétition. Aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, Charles Daniels remporta le 220 yards, le 440 yards, et le relais 4 fois 50 yards, et il se classa deuxième du 100 yards et troisième du 50 yards : il nageait alors dans le style dit double over (nage sur le côté avec double ciseau des jambes). Malgré ses succès, Charles Daniels décida donc de modifier sa nage, pour la rendre plus efficace encore. Ainsi, en 1905, il établit quatorze records du monde, régnant sur toutes les distances (de 25 yards à 1 mile) en nage libre. En 1906, il remporta le 100 mètres aux « Jeux intercalaires » d’Athènes, lesquels seront rayés des palmarès un demi-siècle plus tard par le Comité international olympique (C.I.O.). En 1908, aux Jeux Olympiques de Londres, il remporta le 100 mètres nage libre. Charles Daniels établit ses derniers records du monde (100 yards et 100 mètres) en 1910.

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Aileen RIGGIN (1906-2002)

Plongeuse américaine

RIGGIN2-2-antiqueAileen Riggin remporta deux médailles dans la compétition de plongeon aux Jeux Olympiques (or en 1920, argent en 1924), ainsi qu’une une médaille de bronze en natation. Âgée de quatorze ans, Aileen Riggin se qualifia dans l’équipe américaine pour disputer les Jeux Olympiques d’Anvers en 1920. Mais sa participation n’allait pas de soi : en ce temps, certains estimaient qu’une activité physique intense pouvait nuire à la santé des adolescentes et même contrarier leur fertilité. Elle fut finalement autorisée à participer aux Jeux, mais on lui rappela qu’elle n’était encore qu’une enfant : ainsi, elle reçut pour tenue des jupes courtes (jugées appropriées pour des jeunes filles) inélégantes plutôt que les longues jupes à la mode que portaient les femmes de l’équipe américaine. À Anvers, la frêle Aileen Riggin (1,40 m, 30 kg) remporta l’épreuve féminine au tremplin (3 mètres), devenant la plus jeune championne olympique américaine. Quatre ans plus tard, aux Jeux Olympiques de Paris, Aileen Riggin s’adjugea la médaille d’argent au tremplin, devancée par sa compatriote Elizabeth Becker, et elle obtint la médaille de bronze dans le 100 mètres dos. Par la suite, Aileen Riggin fit diverses apparitions dans des films éducatifs et des longs-métrages, devint rédactrice sportive, mais elle ne délaissa jamais la natation, pour entretenir sa forme : dans les années 1990, Aileen Riggin établit cinq records du monde dans la catégorie d’âge des plus de quatre-vingt-dix ans. Aileen Riggin aura été la plus jeune championne olympique américaine et une des plus âgées des recordwomen du monde !

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