Lee EVANS (1947-2021 )

Athlète américain

EVANSLee Evans, entraîné par Bud Winter au San Jose State College, fut champion des États-Unis du 400 mètres en 1966 et 1967. Il préparait les Jeux de Mexico. Des Jeux auxquels il aurait bien pu ne pas participer, tout comme Tommie Smith et John Carlos. Les trois hommes, voulant protester contre la discrimination raciale qui sévissait aux États-Unis, réclamaient notamment qu’un entraîneur noir figurât dans l’encadrement de l’équipe américaine d’athlétisme. Ils furent entendus sur ce point.

Lee Evans alla au bout de ses ambitions et devint champion olympique du 400 mètres en 1968 à Mexico, en établissant un fabuleux record du monde (43,86 s), qui tiendra jusqu’en 1988. Ce 18 octobre 1968, il devançait ses compatriotes Larry James et Ron Freeman. Sur le podium, en solidarité avec Tommie Smith et John Carlos, qui avaient levé un poing ganté de noir sur le podium du 200 mètres pour protester contre la discrimination raciale aux États-Unis, ce qui leur valut de se voir exclus des Jeux, les trois hommes, coiffés du béret du Black Power et poing levé, écoutèrent distraitement l’hymne américain. Avec ses deux équipiers et Vincent Matthews, Lee Evans fut également champion olympique du 4 fois 400 mètres (2 min 56,1 s, record du monde). À l’instar de Tommie Smith et John Carlos, même s’il n’a pas été exclu du village olympique, Lee Evans vit, en raison de son action, sa carrière s’achever ainsi. Il deviendra par la suite entraîneur d’athlétisme en Afrique.

Lee Evans n’a jamais regretté son comportement sur le podium à Mexico, même si celui-ci lui a coûté sa carrière sportive. Il déclarait ainsi en 2008 au sujet de son attitude et de celle de ses compatriotes : « Ces actes politiques ont largement dépassé le cadre du sport. Des proches de Malcolm X m’ont dit que ce que nous avions fait avait joué un rôle considérable dans un mouvement qui a finalement abouti à la reconnaissance, par les États-Unis, de l’égalité des Noirs et des Blancs. »

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Klaus DIBIASI (1947- )

Plongeur italien

DIBIASI (2)Klaus Dibiasi domina l’épreuve de haut-vol (10 mètres) de la fin des années 1960 au milieu des années 1970, remportant trois titres olympiques durant cette période. Il fut par ailleurs le premier Italien à décrocher une médaille d’or aux Jeux en natation ou en plongeon.

Né dans le Tyrol autrichien, Klaus Dibiasi s’entraîne auprès de son père, Carlo Dibiasi, champion d’Italie au tremplin de 1933 à 1936. Il suit un programme intensif, effectuant plusieurs dizaines de plongeons par semaine.

À dix-sept ans, il est sélectionné pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 1964 : il brille déjà et obtient la médaille d’argent en haut-vol. Quatre ans plus tard, aux Jeux de Mexico, Klaus Dibiasi est la star des épreuves de plongeon : il obtient la médaille d’or en haut-vol, loin devant le Mexicain Álvaro Gaxiola, et la médaille d’argent au tremplin de 3 mètres. Il est de nouveau médaillé d’or en haut-vol aux Jeux de Munich en 1972, puis aux Jeux de Montréal en 1976 (devant l’espoir américain de la discipline, Greg Louganis). Il devient à cette occasion le premier plongeur à remporter consécutivement trois médailles d’or olympiques.

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Martin SHERIDAN (1881-1918)

Athlète américain

Américain d’origine irlandaise, Martin Sheridan, installé aux États-Unis en 1897, où il exerce le métier de policier tout en menant une carrière sportive, compte à son palmarès trois titres olympiques, mais sa collection de médailles olympiques serait encore plus fournie si le Comité international olympique avait reconnu les « Jeux intercalaires » d’Athènes de 1906, où il en remporta cinq. Aux Jeux Olympiques de Saint Louis en 1904, le concours de lancer du disque donne lieu à un duel serré : Martin Sheridan et son compatriote Ralph Rose réussissent tous les deux un lancer de 39,28 mètres ; un jet supplémentaire est donc nécessaire pour les départager ; Sheridan envoie l’engin à 38,97 mètres, Rose à 36,74 mètres ; Sheridan obtient donc la médaille d’or. En 1906, aux « Jeux intercalaires » d’Athènes, Martin Sheridan multiplie les exploits : il remporte la médaille d’or au lancer du poids et au lancer du disque, la médaille d’argent dans les concours de sauts sans élan (longueur et hauteur), ainsi qu’au lancer de pierre.

En 1908, Martin Sheridan est de nouveau présent au rendez-vous olympique à Londres, où il se trouve à l’origine d’une tradition américaine désormais bien ancrée : ne jamais incliner la bannière étoilée devant quiconque. Pour la première fois, un défilé des nations est organisé pour marquer la cérémonie d’ouverture des Jeux. Or Sheridan convainc Ralph Rose, porte-drapeau de la délégation des États-Unis, de laisser flotter haut le Stars and Stripes en passant devant le roi Édouard VII, ce qui est contraire au protocole. Il existe deux versions de la genèse de l’incident. Selon la première, Martin Sheridan, fier de son sang irlandais et qui n’avait besoin d’aucun prétexte pour défier les Britanniques, aurait alors prononcé des paroles devenues célèbres : « Ce drapeau ne s’incline devant aucun monarque terrestre. » Selon la seconde, plus vraisemblable, la décision de laisser flotter haut l’oriflamme fut prise la veille de la cérémonie lors de quelque libation entre lanceurs irlando-américains… Durant ces Jeux de 1908, Sheridan remporte la médaille d’or dans le concours de lancer du disque (40,89 m) et dans l’épreuve de lancer du disque « style grec », la médaille de bronze dans la compétition de saut en longueur sans élan. Après les Jeux de Londres, il fait escale en Irlande, afin de retrouver ses racines. Il se produit dans diverses réunions et se voit fêté comme un héros local. Martin Sheridan décède des suites de la grippe espagnole.

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Afanasijs KUZMINS (1947- )

Tireur letton

Afanasijs Kuzmins est le plus « assidu » des tireurs olympiques, puisqu’il participa neuf fois aux Jeux, de 1976 à 2012. En outre, il fut médaillé sous deux couleurs différentes. Spécialiste du tir au pistolet à 25 mètres, il remporta la médaille d’or aux Jeux de Séoul, en 1988, pour l’Union soviétique, puis la médaille d’argent aux Jeux de Barcelone, en 1992, pour son pays natal, la Lettonie redevenue indépendante ! Afanasijs Kuzmins participa pour la dernière fois aux Jeux en 2012, à Londres, à 65 ans, se classant dix-septième.

Viorica VISCOPOLEANU (1939- )

Athlète roumaine

VISCOPOLE (2)Un seul bond a permis à la sauteuse en longueur Viorica Viscopoleanu d’entrer dans l’histoire du sport : aux Jeux Olympiques de Mexico, dès son premier essai, elle atteignit 6,82 mètres, améliorant ainsi le record du monde de la Britannique Mary Rand (6,76 m) et remportant la médaille d’or. Curieusement, malgré une longue carrière qui la vit participer trois fois aux Jeux Olympiques comme aux Championnats d’Europe, Viorica Viscopoleanu ne s’adjugea qu’une seule autre médaille : l’argent aux Championnats d’Europe d’Athènes en 1969. Elle remporta néanmoins la médaille d’or aux premiers Championnats d’Europe en salle, en 1970, devançant l’Allemande de l’Ouest Heide Rosendahl, qui allait bientôt… battre son record du monde puis, en 1972 à Munich, lui succéder au palmarès olympique.

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Ralph DOUBELL (1945- )

Athlète australien

DOUBELL (2)Ralph Doubell connut une carrière éclair, ce qui ne l’empêcha pas d’obtenir une médaille d’or olympique, en remportant le 800 mètres aux Jeux de Mexico, en 1968. Diplômé de l’université de Melbourne, Ralph Doubell remporta sa première grande compétition en 1967, en gagnant le 800 mètres de l’Universiade de Tokyo. Personne ne pensait à lui pour le titre aux Jeux de Mexico. Or Ralph Doubell, déjouant les pronostics et malgré les difficultés liées à l’altitude, parvint à remporter le 800 mètres en débordant sur le fil le Kenyan Wilson Kiprugut ; couvrant la distance en 1 min 44,3 s, il égalait le record du monde du Néo-Zélandais Peter Snell. L’année suivante, il remporta le 800 mètres des Pacific Conference Games. Il espérait prendre part aux Jeux de Munich, en 1972, mais renonça en raison de plusieurs blessures. Sa carrière éclair avait pris fin.

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Randy MATSON (1945- )

Athlète américain

MATSON (2)Randy Matson fut, en 1965, le premier lanceur de poids à dépasser les 21 mètres (21,52 m), améliorant le record du monde de près de 1 mètre. En 1967, il porta le record du monde à 21,78 mètres, une performance exceptionnelle (les meilleurs de ses rivaux dépassaient tout juste les 20 mètres) qui lui aurait permis de figurer sur les podiums olympiques dans les années 2000 !

Encore junior, Randy Matson obtint la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964, devancé par son compatriote Dallas Long. En 1968, aux Jeux Olympiques de Mexico, il s’adjugea la médaille d’or (20,54 m), devant son compatriote George Woods et le Soviétique Edouard Guchine. Cinq fois champion des États-Unis au lancer du poids, Randy Matson était aussi un bon lanceur de disque : en 1967, avec un jet de 65,16 mètres, il approcha le record du monde du Tchécoslovaque Ludvik Danek (65,22 m). Randy Matson tenta de se qualifier pour les Jeux de Munich, en 1972, sans réussite. Il prit alors sa retraite sportive.

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Lennox MILLER (1946-2004)

Athlète jamaïquain

MILLER-Lennox (2)Lennox Miller fut le premier grand sprinter jamaïquain. Ainsi, sur 100 mètres, il obtint la médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Mexico, puis la médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Munich. Lennox Miller, installé aux États-Unis, représentait l’Université de Californie du Sud, où il obtint un diplôme en psychologie. Diplômé de l’école de médecine dentaire, il exerça la profession de dentiste à Pasadena durant 30 ans.

Par la suite, il devint entraîneur à l’Université de Californie du Sud, où il préparait notamment sa fille, Inger Miller, qui, avec l’équipe des États-Unis, obtint la médaille d’or dans le relais 4 fois 100 mètres aux Jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996. Lennox et Inger Miller furent le premier couple père-fille à remporter des médailles olympiques en athlétisme.

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Charles GREENE (1945- )

Athlète américain

GREENE (3)Charles Greene fut un des meilleurs sprinters durant les années 1960 et un sympathisant du Black Power. Ainsi, le 20 juin 1968, à Sacramento (Californie), Charles Greene, tout comme ses compatriotes Jim Hines et Ronnie Ray Smith, courut le 100 mètres 9,9 s (chronométrage manuel, le chronométrage électronique indiquait 10,09 s), établissant un record du monde historique.

Aux Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, il ne put donner sa pleine mesure en finale du 100 mètres, en raison d’une légère blessure : il se classa néanmoins troisième de la course remportée par son compatriote Jim Hines. En descendant du podium, il se coiffa d’un béret noir, symbole du Black Power, pour protester contre la ségrégation raciale aux États-Unis. Durant ces Jeux de Mexico, il s’adjugea la médaille d’or dans le relais 4 fois 100 mètres, associé à Jim Hines, Ronnie Ray Smith et Mel Pender (38,24 s, record du monde).

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Jim HINES (1946- )

Athlète américain

HINESCertains champions marquent l’histoire de leur sport en « cassant » une barrière chronométrique. C’est le cas de Jim Hines, qui fut le premier homme à courir le 100 mètres en moins de 10 secondes.

Après s’être essayé au base-ball dans sa jeunesse, Jim Hines se consacra rapidement à l’athlétisme. En 1967, il voulait signer un contrat professionnel avec l’équipe de football américain des Miami Dolphins. Son entraîneur, l’ancien sprinter Bobby Morrow, le persuada de différer sa décision, car il pensait que Jim Hines pouvait devenir le premier homme à courir le 100 mètres en moins de 10 secondes et conquérir la médaille d’or aux Jeux de Mexico. Jim Hines l’écouta. Le 20 juin 1968, à Sacramento (Californie), au cours d’une folle soirée qui vit plusieurs athlètes, dont le Français Roger Bambuck, égaler le record du monde du 100 mètres (10 s), Jim Hines devint en effet le premier homme à courir la distance reine de l’athlétisme en moins de 10 secondes (9,9 s, chronométrage manuel). Ce jour-là, ses compatriotes Ronnie Ray Smith et Charles Greene réalisèrent la même performance. Néanmoins, le chronométrage électronique, qui était utilisé mais ne servait pas à donner le temps « officiel », indiquait 10,03 s pour Hines, 10,09 s pour Greene et 10,13 s pour Smith.

Jim Hines entra véritablement dans l’histoire de l’athlétisme le 14 octobre 1968, à Mexico, lors d’une finale olympique du 100 mètres où, pour la première fois, tous les participants étaient noirs. Jim Hines s’imposa en 9,95 s (chronométrage électrique), devant le Jamaïquain Lennox Miller (10,04 s) et Charles Greene (10,07 s). Ce record du monde ne sera amélioré qu’en 1983 par l’Américain Calvin Smith (9,93 s). À Mexico, Jim Hines fut également champion olympique du relais 4 fois 100 mètres, associé à Charles Greene, Ronnie Ray Smith et Mel Pender (38,24 s, record du monde). Notons que Jim Hines, qui n’épousait pas les thèses du Black Power, ne manifesta sur les podiums.

À l’issue des Jeux de Mexico, Jim Hines signa donc un contrat professionnel de football américain avec les Miami Dolphins et mit ainsi un terme prématuré à sa carrière d’athlète.

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