Burton DOWNING (1885-1929)

Cycliste américain

Burton Downing, venu de Californie, était un quasi-inconnu quand il se présenta aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, car tous les meilleurs cyclistes américains étaient issus de la côte Est, où se déroulaient de grandes épreuves sur piste. Burton Downing surprit donc tout le monde en remportant 6 médailles à Saint Louis, dont 2 en or (courses de 2 miles et des 25 miles), en se jouant du favori, Teddy Billington. Par la suite, il s’installa à New York, où il se lança dans les affaires. On note que son frère, Hardy Downing, également cycliste, deviendra un célèbre promoteur de boxe (il s’occupa notamment d’organiser les combats de Jack Dempsey, champion du monde des poids lourds).

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Emil RAUSCH (1883-1954)

Nageur allemand

Emil Rausch demeure considéré comme un des meilleurs nageurs allemands. Membre du Schwimmclub Poseidon-Berlin, il accumula les victoires de 1900 à 1910, en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Grèce, en Italie, en Autriche, en Hongrie et aux États-Unis. Il se distingua notamment aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, où il remporta la médaille d’or dans les épreuves du mile (27 min 18,2 s) et du 880 yards (13 min 11,4 s) ; il obtint également la médaille de bronze dans le 220 yards. On note que, aux Jeux de Saint Louis, les épreuves de natation comptaient aussi pour le Championnat des États-Unis : l’Allemand Emil Rausch fut donc champion des États-Unis ! Par ailleurs, Emil Rausch fut, de 1901 à 1907, sept fois de suite champion d’Allemagne sur 1 500 mètres.

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George SHELDON (1874-1907)

Plongeur américain

George Sheldon, ophtalmologiste à Saint Louis, remporta la médaille d’or dans la compétition à la plate-forme aux Jeux de… Saint Louis en 1904, à l’issue d’une controverse. En effet, il fut déclaré vainqueur, mais les Allemands, qui proposaient des figures beaucoup plus spectaculaires, déposèrent une protestation officielle. Celle-ci fut examinée. Une semaine après la compétition, elle fut finalement rejetée par James E. Sullivan, président du Comité d’organisation des Jeux. Il estima que la pénétration dans l’eau de George Sheldon était plus fluide que celle de ses rivaux allemands, considérés par le jury comme des « cascadeurs » ! Sheldon savait qu’il souffrait d’une insuffisance cardiaque, mais il pensait que celle-ci était bégnine et il ne voulut pas renoncer à sa carrière sportive. Or, en 1906, alors qu’il se préparait à New York pour défendre son titre aux « Jeux intercalaires » d’Athènes, il fut victime d’un malaise sérieux. Cette maladie cardiaque allait l’emporter un an plus tard, à 33 ans.

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Walter BRACK (1880-1919)

Nageur allemand

Aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, Walter Brack remporta le 100 yards dos et obtint la médaille d’argent dans le 440 yards brasse, derrière son coéquipier Georg Zacharias. Brack, pionnier, utilisait pour la nage sur le dos une technique très proche de celle d’aujourd’hui, la « récupération sous-marine » avec les bras et les jambes. Notons que, pour le 100 yards, il n’y avait pas de virage, car la piscine mesurait 100 yards de longueur, et que seuls des Américains et des Allemands prirent part à cette épreuve. Par ailleurs, Walter Brack fut deux fois champion d’Allemagne du 100 mètres (1903 et 1904), sous les couleurs de son club, le Charlottenbourg 87.

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Anton HEIDA (1878- ?)

Gymnaste américain

Certains sportifs ont obtenu des médailles aux Jeux Olympiques sous les couleurs de pays différents, au fil des naturalisations. Néanmoins, un seul a été médaillé lors de la même édition en changeant de nationalité durant les Jeux : il se nomme Anton Heida. Il est resté quasi inconnu, alors qu’il demeure un des sportifs les plus médaillés aux Jeux Olympiques. En effet, aux Jeux de Saint Louis, en 1904, il remporta 6 médailles, dont 5 en or (saut de cheval, barre fixe, cheval-d’arçons, concours complet individuel et concours général par équipes). En outre son histoire est peu banale : en effet, représentant le Philadelphia Turngemeinde, il était autrichien au début des Jeux et américain à la fin de ceux-ci ! Ainsi, en juillet, il remporta le « concours complet 4 épreuves », alors que sa demande de naturalisation était en cours d’examen : il demeurait donc autrichien. Le 17 octobre 1904, il était officiellement devenu citoyen américain : le 28 octobre, il était donc américain quand il remporta ses médailles aux exercices par appareils. Néanmoins, le C.I.O. attribue toutes ses médailles aux États-Unis. Par la suite, il se produisit dans des exhibitions théâtrales, au sein d’une troupe acrobatique, The Olympic Trio. Puis on perd sa trace.

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Leonard NITZ (1956- )

Cycliste américain

Aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984, Leonard Nitz obtint la médaille de bronze en poursuite individuelle et, associé à David Grylls, Steve Hegg et Patrick McDonough, la médaille d’argent en poursuite par équipes. Il fait partie des nombreux Américains qui ont profité du boycottage de ces Jeux par les pays communistes pour enrichir leur palmarès (en toute légalité). Néanmoins, il fut aussi un des sept cyclistes américains qui subirent des perfusions sanguines. Pourtant, il ne fut pas disqualifié car, à l’époque, cette pratique de dopage sanguin (qui consiste à injecter à l’athlète son propre sang ou celui d’une personne du même groupe sanguin, afin d’accroître le nombre de globules rouges) n’était pas interdite par le C.I.O. De ce fait, il conserva ses médailles. En revanche, l’encadrement de l’équipe olympique fut sanctionné pour « avoir enfreint les instructions de la Fédération américaine ».

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Karin RICHERT-BALZER (1938- )


Athlète est-allemande

La trajectoire de Karin Richert-Balzer, championne olympique en 1964 à Tokyo (80 mètres haies), illustre bien le rôle de la Stasi au sein du mouvement sportif de la R.D.A. Ainsi, la jeune Karin Richert, qui étouffait en R.D.A., passa à l’Ouest, avec son compagnon et entraîneur Karl-Heinz Balzer, en juillet 1958. Or, deux mois plus tard, le couple retourna en R.D.A. : la Stasi menaçait de s’en prendre à la famille de la jeune athlète si celle-ci ne revenait pas « au pays ». Elle s’exécuta, tout comme Karl-Heinz Balzer, pourtant très réticent. Dès lors, la Stasi va présenter Karin Richert-Balzer comme une « repentie », la contraindre à critiquer la vie à l’Ouest…

Malgré toute cette pression, Karin Richert-Balzer parvient à briller sur les pistes : en 1964, elle bat le record du monde du 80 mètres haies, puis devient championne olympique à Tokyo, sous les couleurs de « l’équipe unifiée d’Allemagne ». Devenue mère en 1965, elle reprend vite la compétition et remporte le 80 mètres haies aux Championnats d’Europe de Budapest. En 1968, année de la première participation de la R.D.A. en tant qu’État aux Jeux Olympiques, elle est désignée porte-drapeau de la délégation de la R.D.A. : il s’agit plus d’une « punition » que d’un honneur, cette décision se situant dans le droit fil de la propagande de la Stasi – qui mieux qu’une « repentie » pouvait symboliser l’arrivée de la R.D.A. aux Jeux ? À Mexico, Karin Richert-Balzer ne se classe que cinquième du 80 mètres haies remporté par l’Australienne Maureen Caird.En 1969, pour les femmes, le 80 mètres haies laisse la place au 100 mètres haies. Karin Richert-Balzer n’en continue pas moins de briller : elle bat quatre fois le record du monde, devient la première femme à casser la barrière des 13 secondes sur la distance (12,9 s, septembre 1969), remporte l’épreuve aux Championnats d’Europe d’Helsinki, en 1971.

Le 8 septembre 1972, elle se trouve au départ de la finale du 100 mètres haies aux Jeux Olympiques de Munich, car son mari lui a caché que leur fils s’est tué la veille dans un accident de la route : elle obtient la médaille de bronze. Sa carrière sportive prend fin.

Dès lors, avec son mari, elle entraîne de jeunes athlètes. La vie du couple est difficile, d’autant plus qu’ils refusent de donner des stéroïdes aux athlètes qu’ils préparent : la Stasi les surveille en permanence ; on les contraint à plusieurs déménagements forcés (« relogements », selon le vocabulaire de la Stasi). En novembre 1989, le Mur de Berlin tombe. Mais, selon son fils, Karin Richert-Balzer a toujours peur que ça revienne comme avant ».

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Rafael VIDAL (1964-2005)

Nageur vénézuelien

Troisième du 200 mètres papillon aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1984, Rafael Vidal devint le premier Vénézuélien médaillé olympique en natation. Cette médaille de bronze fit de lui une célébrité nationale et lui valut de faire la une de nombreux magazines. Dès 1985, il quitta le Venezuela, s’installant aux États-Unis où il obtint un baccalauréat en informatique et en sciences de l’information de l’université de Floride à Gainesville. Mais sa trajectoire se termina par un drame : il trouva la mort lors d’un accident de la route. En hommage fut organisé dès 2006 « Un Millón de metros por Rafael Vidal » (un million de mètres pour Vidal), une manifestation qui invite à nager pour célébrer la mémoire du champion : lors de la première édition, on calcula que, le 12 février, des nageurs du Venezuela et du monde entier ont parcouru 14 millions de mètres au total !

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Andrew « Boy » CHARLTON (1907-1975)

Nageur australien

« Boy » Charlton fut un des premiers nageurs australiens de renom. Il affichait dans l’eau un style peu commun, qui s’appuyait sur la force des bras. Connu pour ses fins de course rapides qui tenaient le public en haleine, il devint un sportif très populaire dans son pays. Il remporta cinq médailles aux Jeux Olympiques. Andrew « Boy » Charlton battit son premier record du monde en 1923, à l’âge de quinze ans : il nagea le 880 yards en 11 min 5,2 s. Alors qu’il se préparait pour les Jeux Olympiques de Paris en 1924, son père adoptif, qui était aussi son entraîneur, victime d’une dépression, tenta de se suicider. En dépit de ces circonstances difficiles, le jeune « Boy » Charlton fit preuve d’une grande détermination, et sa force de caractère lui permit de briller dans la piscine des Tourelles, porte des Lilas. Il remporta le 1 500 mètres nage libre en 20 min 6,6 s, battant le record du monde de plus d’une minute. Il obtint la médaille de bronze dans le 400 mètres nage libre et la médaille d’argent, avec ses compatriotes, dans le relais 4 fois 200 mètres nage libre. Par la suite, il négligea un moment sa carrière sportive, mais il participa de nouveau aux Jeux Olympiques, en 1928 à Amsterdam, obtenant deux médailles d’argent (1 500 mètres et 400 mètres). Quatre ans plus tard, il participa à ses troisièmes Jeux, à Los Angeles, mais ne décrocha aucune médaille.

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Hannes KOLEHMAINEN (1889-1966)

Athlète finlandais

Si, avec le temps, son nom est demeuré moins présent dans les esprits que celui de son compatriote Paavo Nurmi, il n’en reste pas moins que Hannes Kolehmainen présente un brillant palmarès, ponctué de quatre médailles d’or aux Jeux Olympiques, et qu’il fut l’un des pionniers de l’école finlandaise de courses de demi-fond long.

Cadet d’une famille de cinq enfants, Hannes Kolehmainen est attiré très jeune par les activités sportives, notamment par le ski de fond. Il optera pour la course à pied et se soumettra à un entraînement rigoureux. Il est un adepte à la fois du cross-country et du travail chronométré sur la piste, sur de courtes distances, pour améliorer sa vitesse terminale.

Ce travail porte ses fruits lors des Jeux Olympiques de Stockholm en 1912. Hannes Kolehmainen est en effet d’abord couronné champion olympique du 10 000 mètres. Il remporte également le 5 000 mètres, après une course de légende à l’issue de laquelle il devance le Français Jean Bouin et pulvérise le record du monde (14 min 36 s 3/5, contre 15 min 1s 1/2 par le Britannique Arthur Robertson en 1908). Enfin, il obtient la médaille d’or du cross-country et la médaille d’argent de la même épreuve par équipes, avec ses compatriotes Lauri Eskola et Albin Stenroos.

Il part en 1914 pour les États-Unis rejoindre son frère, qui l’incite à se préparer pour le marathon. Il dispute notamment, en 1917, le marathon de Boston, qui est déjà une épreuve célèbre, et prend la quatrième place de la course. L’indépendance du grand-duché de Finlande procure à Hannes Kolehmainen un supplément de motivation et il prépare soigneusement les Jeux d’Anvers. En 1920 donc, lors des Jeux Olympiques d’Anvers, Hannes Kolehmainen s’aligne sur le marathon. L’épreuve a lieu sur une route en terre battue rendue lourde par la pluie. Hannes Kolehmainen force l’allure peu après la mi-course et remporte la médaille d’or, en résistant au retour de l’Estonien Yüri Lossmann.

En 1952, à l’occasion des jeux Olympiques d’Helsinki, il connaîtra l’honneur d’allumer une des deux vasques olympiques (l’autre l’est par Paavo Nurmi).

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