Viktor MARKIN (1957- )

Athlète soviétique

MARKIN (2)Comme de nombreux champions soviétiques, Viktor Markin est soudainement apparu sur la scène sportive à l’occasion des Jeux de Moscou, en 1980, avant de retomber dans un quasi-anonymat. Viktor Markin avait débuté sa carrière d’athlète tardivement, à 19 ans. À quelques mois des Jeux de Moscou, il courait le 400 mètres en 46,96 s, un temps qui le situait au fin fond de la hiérarchie mondiale et ne lui autorisait aucune ambition. Juste avant ces Jeux, il pulvérisait de manière stupéfiante son record (45,34 s) ; en raison du large boycottage des Jeux par les États-Unis et leurs alliés, de nouvelles perspectives s’ouvraient à de nombreux athlètes, et Viktor Markin pouvait espérer entrer en finale, sans plus. Or, à la surprise générale, il s’adjugea la médaille d’or en battant le record d’Europe (44,60 s). En moins de 6 mois, il avait retranché 2 secondes à son record personnel ! À Moscou, il obtint également la médaille d’or dans le relais 4 fois 400 mètres. Par ailleurs étudiant en médecine, Viktor Markin ne réussira plus de performances notables, et, en 1984, il mit un terme à sa très brève carrière sportive.

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Lars HALL (1927-1991)

Pentathlonien suédois

Hall (2)Le pentathlon moderne, épreuve imaginée par Pierre de Coubertin et intégrée au programme olympique en 1912, couronna toujours, jusqu’en 1956, un Suédois. Lars Hall appartient à cette lignée de champions olympiques, mais il présente deux singularités : il fut le premier à remporter deux titres individuels (1952, 1956) ; charpentier à Göteborg, il fut le premier « civil » à s’imposer aux Jeux, tous ses prédécesseurs étant des militaires.

Champion du monde de pentathlon moderne en 1950 et en 1951, Lars Hall se présente en favori aux Jeux Olympiques d’Helsinki en 1952. Ce n’est pourtant pas sans une certaine dose de chance qu’il décroche la médaille d’or. Ainsi, la monture qu’il a reçue par tirage au sort se met à boiter avant le début de l’épreuve d’équitation, et la nouvelle jument qui lui est attribuée se révèle être la meilleure de la compétition. Ensuite, Hall se présente en retard à l’épreuve de tir, mais il évite la disqualification car une manifestation organisée par l’équipe soviétique oblige les organisateurs à décaler légèrement le début de l’épreuve. Ses performances exceptionnelles en natation et dans la course de cross-country lui assurent finalement la médaille d’or.

En 1956, aux Jeux de Melbourne, il connaît une défaillance dans l’épreuve de tir (il n’est que vingt-quatrième), mais il réussit une exceptionnelle performance en natation (dans le 300 m nage libre, il bat son record personnel de plus de 11 s), puis gère son avance dans la course de cross de 4 000 mètres, ce qui lui permet de remporter un second titre olympique consécutif.

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Adhémar FERREIRA DA SILVA (1927-2001)

Athlète brésilien

Ferreira (2)Adhémar Ferreira da Silva a remporté deux médailles d’or olympiques et a établi plusieurs records du monde au triple saut. Il fut le premier Brésilien à détenir un record du monde en athlétisme et demeure considéré comme un des plus grands sportifs sud-américains de l’histoire.

Le jeune Adhémar Ferreira da Silva réalise 13,05 mètres au triple saut lors de sa première compétition officielle, en 1947. Trois ans plus tard, il réussit déjà à 16 mètres, égalant le record du monde établi quatorze ans plus tôt par le Japonais Naoto Tajima. En 1951, à Rio de Janeiro, il bat ce record de 1 centimètre.

En 1952, lors de la finale des Jeux d’Helsinki, il bat deux fois le record du monde en moins de deux heures (16,12 m, puis 16,22 m) et obtient la médaille d’or, devant le Soviétique Leonid Tcherbakov (15,98 m). En 1954, il bat de nouveau le record du monde (16,56 m). Aux Jeux Olympiques de Melbourne en 1956, il conserve son titre avec une performance de 16,35 mètres. De 1950 à 1956, il aura ainsi gagné soixante concours de triple saut consécutivement.

Plus inattendu, en 1959, il est choisi par le cinéaste Marcel Camus pour incarner la Mort dans le film brésilien Orfeu Negro. Il poursuivra une petite carrière d’acteur.

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Ann PACKER (1942- )

Athlète britannique

Packer (2)Ann Packer fut championne olympique par hasard et par amour. En effet, spécialiste du sprint, elle était une des favorites du 400 mètres des Jeux Olympiques de Tokyo, en 1964. Elle réalisa une belle performance en obtenant la médaille d’argent, derrière l’Australienne Betty Cuthbert. Peu après, son fiancé, Robbie Brightwell, connut une déception : il ne se classa que quatrième du 400 mètres. Alors qu’elle avait prévu de consacrer la suite de son séjour au pays du Soleil levant à faire du tourisme et du shopping, elle décida de s’aligner sur 800 mètres, afin de consoler son fiancé. Bien qu’elle fût quasi novice sur cette distance, elle causa la surprise en remportant la médaille d’or et en battant le record du monde (2 min 1,1 s) ; elle devançait la Française Maryvonne Dupureur, qui l’avait pourtant battue en demi-finale. Après les Jeux de Tokyo, Ann Packer mit un terme à sa carrière, à 22 ans. Elle épousa Robbie Brightwell, et le couple eut trois fils.

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Maryvonne DUPUREUR (1937-2008)

Athlète française

DUPUREUR (2)Maryvonne Dupureur fut une des rares athlètes françaises de classe internationale dans les années 1960. Elle a établi neuf records de France et obtenu dix titres de championne de France, du 400 au 1 500 mètres, de 1959 à 1969. Modeste mais énergique, elle mena de front sa carrière sportive et son activité de professeur d’éducation physique, qu’elle exerça à Lille puis à Saint-Brieuc. Sa meilleure distance était le 800 mètres. Elle participa à cette épreuve, que les femmes ne disputaient plus depuis 1928, aux Jeux de Rome en 1960. Aux Jeux de Tokyo, en 1964, elle en était même la favorite, et constituait une des réelles chances de titre olympique pour la délégation tricolore. Partie sur un rythme trop élevé, elle fut débordée par la Britannique Ann Packer, qui établissait un nouveau record du monde (2 min 1,1 s), alors que Maryvonne Dupureur obtenait la médaille d’argent en 2 min 1,9 s (record de France). Maryvonne Dupureur participa encore au 800 mètres lors des Jeux de Mexico, mais, victime des effets de l’altitude, elle ne prit que la huitième place de la course remportée par l’Américaine Madeline Manning. Par la suite, elle fut la première femme à siéger au comité directeur de la Fédération française d’athlétisme et participa à la création du club de Saint-Brieuc Athlétisme puis de l’Union athlétique 22, dont elle resta la présidente bénévole jusqu’à la fin de sa vie.

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Charlotte COOPER (1870-1966)

Tenniswoman britannique

COOPER2 (2)Nous nous devions de mettre à l’honneur la première championne olympique de l’histoire. En effet, le 11 juillet 1900 est une date historique pour l’olympisme et le sport féminin. Ce jour-là, sur l’île de Puteaux, Charlotte Cooper, une élégante Britannique de 30 ans, devenait la première championne olympique de l’histoire des Jeux en battant en finale la Française Hélène Prévost (6-1, 6-4). Notons que, le 6 juillet, durant ces Jeux de Paris, Charlotte Cooper avait également remporté le double mixte, associée à Reginald Doherty : cette paire s’imposa face à la paire franco-britannique composée de Harold Mahony et Hélène Prévost. Charlotte Cooper, cinq fois lauréate du tournoi de Wimbledon (1895, 1896, 1898, 1901, 1908), fut sans nul doute une des premières joueuses de tennis de classe mondiale : elle remporta son dernier titre à Wimbledon à 37 ans ; elle demeure la joueuse la plus âgée victorieuse de ce tournoi. Ses duels avec sa compatriote Blanche Bingley marquèrent le tennis féminin à la fin du XIXe siècle.

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Eddie TOLAN (1929-1967)

Athlète américain

TOLAN (2)Eddie Tolan réalisa le doublé 100-200 mètres aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, à l’issue de scénarios improbables. En outre, il tient une belle place dans la communauté afro-américaine, car il fut le premier athlète noir à obtenir deux titres olympiques. De 1929 à 1931, cet athlète qui courait les lunettes scotchées au visage remporta trois fois consécutivement le Championnat de la National Collegiate Athletic Association (N.C.A.A.) sur 100 et 220 yards ainsi que le Championnat de l’Amateur Athletic Union (A.A.U.) sur 100 et 220 yards. Mais, lors des épreuves de qualification pour les Jeux Olympiques de Los Angeles de 1932, il termina deuxième derrière Ralph Metcalfe sur 100 mètres comme sur 200 mètres. Eddie Tolan ne se présentait donc pas en favori aux Jeux. Il remporta pourtant le 100 mètres, à l’issue de plusieurs heures de délibération : lui et Metcalfe étaient ex aequo (10,38 s) ; le jury accorda la victoire à Tolan (avec les moyens modernes d’examen des images, on sait que Metcalfe aurait dû être déclaré vainqueur). Puis il remporta le 200 mètres, alors que Metcalfe ne termina que troisième : l’examen des images prouva que le plot de départ de Ralph Metcalfe avait été mal positionné par les officiels et que celui-ci avait couru une distance supérieure à 200 mètres ; mais, faisant preuve d’un rare esprit sportif, Metcalfe refusa que la finale du 200 mètres fût recourue et admit le succès de Tolan. Eddie Tolan fera ensuite une brève carrière au music-hall au côté du danseur de claquettes Bill « Bojangles » Robinson. Au cours de sa carrière sportive, il remporta quelque trois cents courses, n’essuyant que sept défaites.

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Duke Paoa KAHANAMOKU (1890-1968)

Nageur américain d’origine hawaiienne

Kahanamoku (2)Duke Kahanamoku est passé doublement à la postérité : il a tout simplement maîtrisé le crawl moderne, puis il a contribué à faire connaître un nouveau sport, le surf.

En juin 1911, une dépêche apprend aux journalistes new-yorkais qu’un jeune garçon de vingt et un ans né à Hawaii serait devenu le premier homme à nager le 100 yards en moins de 1 minute. Le temps qui leur est communiqué (55,4 s) les rend incrédules. Duke Kahanamoku vient tout simplement de retrancher 4,6 s au précédent record. En fait, pour réaliser cette incroyable performance, il utilisait à la perfection une technique alors peu employée, connue sous le nom de crawl et qui deviendra la norme pour les épreuves de nage libre.

Duke Kahanamoku est champion olympique du 100 mètres (1 min 3,4 s) en 1912 à Stockholm, devant l’Australien Cecil Healy. Il obtient également, associé à Kenneth Huszagh, Harry Hebner et Perry McGillivray, la médaille d’argent dans le relais 4 fois 200 mètres. En 1920, à l’âge de trente ans, il conserve son titre aux Jeux d’Anvers : le 24 août, il remporte la finale du 100 mètres en battant le record du monde (1 min 0,4 s) ; mais, à la suite d’une réclamation, celle-ci est annulée ; Duke Kahanamoku se remet donc à l’eau et s’impose de nouveau (1 min 1,4 s), devant son compatriote Pua Kela Kealoha. Il remporte également le relais 4 fois 200 mètres, avec Perry McGillivray, Pua Kela Kealoha et Norman Ross.

Duke Kahanamoku est encore présent lors des Jeux Olympiques de Paris en 1924, mais il doit s’incliner, terminant deuxième du 100 mètres derrière Johnny Weissmuller. Duke Kahanamoku fera une carrière dans l’ombre au cinéma (il tournera néanmoins dans 28 films). Il s’adonnera avec un certain succès au surf, sport qu’il fera découvrir au monde entier avec ses amis du club de Hui Nalu, qu’ils avaient fondé dans les années 1910 à Hawaii.

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Kipchoge KEINO (1940- )

Athlète kenyan

Keino (2)Précurseur, Kipchoge Keino fut le premier spécialiste du demi-fond de valeur mondiale issu d’Afrique noire. Né dans une famille pauvre de six enfants, il connaît la douleur de perdre sa mère à l’âge de trois ans. Il ne fréquente l’école qu’à partir de treize ans, et la quitte à seize ans, faute de moyens financiers. Le jeune homme décide de se consacrer à la course à pied. À partir de 1958, il s’entraîne à Kijango, sous la houlette de Mickael Wade, qui lui prodigue de nombreux conseils. Puis il est soutenu par l’ancien champion olympique du 800 mètres, l’Américain Mel Whitfield. Il progresse et participe aux jeux Olympiques en 1964, se classant cinquième du 5 000 mètres.

Il devient recordman du monde du 5 000 mètres en 1965 (13 min 24,2 s). Médaillé d’argent sur 5 000 mètres lors des Jeux Olympiques de Mexico en 1968, derrière le Tunisien Mohamed Gammoudi, il réalise, le 20 octobre 1968, un authentique exploit : malgré l’altitude, il part au sprint dès le début du 1 500 mètres olympique et s’impose en 3 min 34,9 s devant Jim Ryun à 2,9 s ! En 1972, à Munich, néophyte de l’épreuve, il remporte le 3 000 mètres steeple devant son compatriote Ben Jipcho, puis obtient une médaille d’argent sur 1 500 mètres, derrière le Finlandais Pekka Vasala.

Après sa carrière sportive, Kipchoge Keino, qui avait accueilli dans sa famille trois orphelins en 1964, se consacre entièrement aux enfants de son pays. Il ouvre une « maison des enfants », qui recueille de nombreux orphelins, auxquels il permet de recevoir une éducation. La réussite sociale de ceux-ci est pour lui une plus grande fierté que tous les titres qu’il a glanés sur les pistes. Ainsi, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2016, le C.I.O. lui décerne les premiers Lauriers olympiques pour son action sociale et éducative au Kenya. Soupçonné de corruption, il est disculpé en 2018.

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András BALCZÓ (1938- )

Pentathlète hongrois

balczo-2-concentrateCinq fois champion du monde, champion olympique par équipes en 1960 et en 1968, András Balczó dut pourtant attendre 1972 et les Jeux de Munich pour obtenir enfin la médaille d’or olympique à titre individuel. András Balczó participe pour la première fois aux Jeux Olympiques en 1960 à Rome, dans une édition qui voit la fin de la mainmise de la Suède sur le pentathlon moderne (depuis 1912, année de l’inscription de cette discipline au programme, les Suédois ont remporté tous les titres) et l’émergence de l’école hongroise : alors que ses compatriotes Ferenc Nemeth et Imre Nagy s’adjugent les médailles d’or et d’argent, il échoue au pied du podium en raison d’une contre-performance dans l’épreuve de tir. Pourtant champion du monde en 1963, il n’est pas retenu pour les Jeux de Tokyo en 1964. Grand favori pour les Jeux de Mexico, en 1968, il est devancé pour l’or par le Suédois Björn Ferm, qui lui a résisté dans l’épreuve de cross-country. En 1972, aux Jeux de Munich, à 34 ans, il va enfin devenir champion olympique à titre individuel, alors que, en fin de carrière, il n’est plus le favori. Avant la dernière épreuve, le cross-country, les Soviétiques Boris Onischenko et Pavel Lednev le précèdent nettement au classement ; mais Balczó déploie des efforts considérables, boucle les 4 kilomètres en 12 min 42,6 s, et il s’impose devant les deux Soviétiques. András Balczó peut mettre un terme à sa carrière à l’issue de ce triomphe.

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