Ralph METCALFE (1910-1978)

Athlète américain

Metcalfe (2)Ralph Metcalfe remporta une médaille d’or, deux médailles d’argent et une médaille de bronze aux Jeux Olympiques, mais son palmarès devrait sans doute être plus fourni et différent. En outre, il effectua une belle et longue carrière politique. Ralph Metcalfe, sprinter à la foulée longue, réputé pour sa puissance, fut surnommé l’« Homme le plus rapide du monde » ou l’« Express du Michigan » à l’apogée de sa carrière, en 1933-1934. Lors des Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, il joua de malchance. Sur 100 mètres, il arriva ex aequo avec Eddie Tolan, les deux coureurs terminant en 10,38 secondes. Après plusieurs heures de délibération, le jury accorda la victoire à Tolan pour quelques millimètres (avec les moyens modernes d’analyse dont on dispose désormais, on est quasi certain que la victoire aurait dû revenir à Metcalfe). Sur 200 mètres, pourtant favori, il ne prit que la troisième place de l’épreuve remportée par Eddie Tolan. L’examen des images prouva que le plot de départ de Ralph Metcalfe avait été mal positionné par les officiels et que celui-ci avait couru une distance supérieure à 200 mètres ! Mais, faisant preuve d’un rare esprit sportif, Metcalfe refusa que la finale du 200 mètres fût recourue et admit le succès de Tolan. En 1936, aux Jeux de Berlin, il obtint une nouvelle médaille d’argent sur 100 mètres, devancé par son rival et ami Jesse Owens, qu’il avait pourtant battu dans divers meetings (Metcalfe est un des rares champions à avoir battu Owens). Il obtint enfin une médaille d’or olympique, dans une épreuve qu’il n’aurait pas dû courir, le relais 4 fois 100 mètres ! En effet, depuis 1924, les États-Unis alignaient traditionnellement leurs meilleurs représentants sur 100 mètres, les suivants disputant le relais 4 fois 100 mètres. Associés à Foy Draper et Frank Wykoff, Sam Stoller et Marty Glickman devaient disputer cette épreuve. Or ces deux derniers étaient juifs. Certains dirigeants américains, dont Avery Brundage, le futur président du Comité international olympique (C.I.O.), jugèrent bon, pour des raisons non avouables, de les exclure et de les remplacer par Jesse Owens et Ralph Metcalfe. Owens et Metcalfe demandèrent, en vain, que Glickman et Stoller fussent réintégrés. Mais les dirigeants américains demeurèrent inflexibles. Ralph Metcalfe s’adjugea donc sa première médaille d’or olympique contre son gré. Après les Jeux de Berlin, Ralph Metcalfe arrêta la compétition, afin de se consacrer à ses études à l’université de Californie du Sud, dont il fut diplômé en 1939. Il fit ensuite une longue carrière politique, occupant un poste de conseiller municipal à Chicago et devenant un membre influent du Parti démocrate. Son élection au Congrès couronna cette seconde carrière : il y représenta l’Illinois de 1971 jusqu’à sa mort, en 1978. Il fut aussi un des membres fondateurs du Caucus noir du Congrès.

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Alexandra MARINESCU (1982- )

Gymnaste roumaine

Alexandra Marinescu est à l’origine de la révélation de la pratique des « vrais faux passeports » en Roumanie. Douée, elle brille dès l’âge de 11 ans. Pour prendre part aux compétitions de gymnastique aux Jeux Olympiques, le règlement prévoyait, depuis 1986, qu’il fallait avoir 15 ans, afin d’éviter de de voir des gamines contraintes de se présenter. Or Alexandra Marinescu prit part aux Jeux Olympiques d’Atlanta, en 1996, où elle remporta la médaille de bronze dans la compétition par équipes. En fait, les autorités roumaines avaient modifié sa date de naissance sur son passeport, afin qu’elle soit « éligible » pour la compétition. Championne du monde par équipes en 1997, elle se blesse. Victime d’une fracture à la colonne vertébrale, elle sera opérée plusieurs fois. Dès 1998, elle met fin à sa carrière de gymnaste, devient mannequin.

En 2002, elle dénonce les fraudes des dirigeants de la Fédération roumaine de gymnastique dans le but de changer l’âge des athlètes. Les plus hautes autorités roumaines nient ce fait, mais plusieurs anciennes gymnastes confirment qu’elles ont été forcées par les entraîneurs et les officiels de mentir sur leur âge afin qu’elles puissent participer à des tournois majeurs. Quant à Alexandra Marinescu, elle embrasse une nouvelle carrière, liée à son autre passion : la musique électronique. Sous le pseudonyme de Miss Blue Jay, elle devient DJ, elle commence de mixer en 2003 et connaît un succès international.

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Bill DICKEY (1874-1944)

Plongeur américain

Nageur et plongeur, Bill Dickey remporta une médaille d’or aux Jeux de Saint Louis, en 1904, dans une discipline qui paraît aujourd’hui étrange mais qui était fort prisée par le public à l’époque : le « plongeon en longueur » (l’épreuve consistait, après un saut de l’ange, à rester longtemps sans mouvement sous l’eau ; après une minute, la distance était mesurée). Bill Dickey s’imposa (19,05 m), devant ses compatriotes Edgar Adams (17,52 m) et Leo Goodwin (17,37 m). Malgré la popularité du « plongeon en longueur », celui-ci, inscrit pour la première fois au programme en 1904, en disparut aussitôt. Bill Dickey demeure donc l’unique champion olympique de « plongeon en longueur ». Ingénieur, Bill Dickey servit dans la marine américaine durant la Première Guerre mondiale. À ce titre, il repose au cimetière national d’Arlington.

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Ioannis MITROPOULOS (1874-?)

Gymnaste grec

Vainqueur du concours individuel aux anneaux, Ioannis Mitropoulos fut le premier Grec couronné champion olympique en gymnastique. Sa victoire fut accueillie dans la liesse par le public, d’autant plus qu’il devançait le favori, l’Allemand Hermann Weingärtner, qui remporta trois épreuves de gymnastique durant ces Jeux. Ioannis Mitropoulos participa aussi concours individuel des barres parallèles, sans briller (son classement est inconnu), et au concours des barres parallèles par équipes, au sein de la formation de l’Ethnikos Gymnastikos Syllogos, qui se classa troisième et dernière (seulement trois équipes étaient engagées). Quant à la Grèce, il lui faudra attendre 100 ans pour conquérir un autre titre olympique en gymnastique, Ioannis Melissanidis s’imposant au sol en 1996 aux Jeux d’Atlanta.

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Nikolaos ANDRIAKOPOULOS

Gymnaste grec

On sait peu de chose concernant Nikolaos Andriakopoulos, si ce n’est qu’il était originaire de Patras, dans le Péloponnèse, qu’il intégra le club de gymnastique de Panakhaikos à l’âge de 15 ans et, surtout, qu’il fut le deuxième Grec couronné champion olympique dans une épreuve de gymnastique. C’était à Athènes, en 1896, et il s’imposa dans une discipline curieuse : le grimper à la corde lisse. Parmi les cinq concurrents, il fut le seul, avec son compatriote Thomas Xenakis, à parvenir à grimper jusqu’en haut de la corde (14 mètres) ; il le fit en 23,4 secondes, ce qui lui valut la victoire. Par ailleurs, durant ces Jeux, il prit la deuxième place dans le concours de barres parallèles par équipes, avec la formation de Panellinios Gymnastikos Syllogos.

De retour à Patras en train, sa victoire fut largement célébrée dans sa ville natale. Par la suite, il fut diplômé en droit et devint notaire. Quant à la Grèce, il lui faudra attendre 100 ans pour conquérir un autre titre olympique en gymnastique, Ioannis Melissanidis s’imposant au sol en 1996 aux Jeux d’Atlanta.

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Constant VAN LANGHENDONCK (1870-1944)

Cavalier belge

Constant Van Langhendonck est le seul champion olympique de saut en largeur équestre, une épreuve qui apparut au programme aux Jeux de Paris en 1900 pour disparaître aussitôt. Il s’agissait de franchir une rivière sans toucher le ruban rouge déposé de l’autre côté de l’obstacle ; puis la longueur du saut départageait les concurrents. Sur les 17 concurrents inscrits, tous étaient parvenus à franchir la rivière à 4,50 mètres, mais plusieurs furent éliminés dès 4,90 mètres. Constant Van Langhendonck, officier de guides, montant Extra-Dry, une jument de 8 ans, parvint à franchir 6,10 mètres. Comme tous les concurrents, il s’était acquitté d’une somme de 40 francs pour participer à l’épreuve – un bon investissement car le prix alloué au vainqueur se montait à 4 000 francs, en plus d’un objet d’art.

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Émile COSTE (1862-1927)

Escrimeur français

Fils de militaire et militaire, sergent maître d’armes à Toulon, puis officier d’ordonnance à Lyon, Émile Coste fut aussi champion olympique de fleuret en 1900 à Paris, en battant en finale son compatriote Henri Masson. L’année précédente, il avait publié un ouvrage consacré à l’escrime : Fleurets rompus.

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Albert AYAT (1875-1935)

Escrimeur français

Albert Ayat fut, en 1900 aux Jeux de Paris, deux fois champion olympique à l’épée. En effet, durant ces Jeux, des « professionnels » étaient autorisés à prendre part à certaines compétitions. Maître d’armes, Albert Ayat remporta le tournoi d’épée dans cette catégorie, devant Gilbert Bougnol, qui était… son cousin. Puis une poule finale réunissait les quatre meilleurs « amateurs » et les quatre meilleurs « maîtres d’armes ». Albert Ayat l’emporta de nouveau, cette fois en battant en finale Ramon Fonst, qui était… son élève. Pour cette victoire, il reçut la coquette somme de 3 000 francs. Battre son cousin et son élève, voici qui n’est pas banal ! Plus tard, Albert Ayat fut nommé secrétaire général de l’Académie d’épée de Paris. Chevalier de l’Ordre de Saint-Stanislas, chevalier de la Légion d’honneur, directeur de salle d’armes, il forma plusieurs futurs champions.

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Ludmila ENGQUIST (1964- )

Athlète suédoise d’origine russe

Ludmila Engquist présente plusieurs singularités : elle débuta l’athlétisme tardivement, alors qu’elle était déjà mère de famille, représenta deux pays sur la scène internationale, fut la première Suédoise couronnée championne olympique en athlétisme et fut prise dans des affaires de dopage mal éclaircies.

Alors dénommée Ludmila Narozhilenko, mère de famille depuis 1984, elle apparaît sur la scène sportive en 1986, sur le 100 mètres haies. Elle progresse, est sélectionnée dans l’équipe d’U.R.S.S. pour les Jeux Olympiques de Séoul, en 1988. Faisant partie des favorites, elle est éliminée sur chute en demi-finale. Aux Jeux de Barcelone, en 1992, grande favorite, elle se blesse en quart de finale. En 1993, elle est suspendue quatre ans pour usage de stéroïdes ; elle proteste, indiquant que ces produits étaient dus à une prise de médicaments administrés à son insu dans un hôpital, après qu’elle s’était évanouie à la suite du décès de sa mère. Fin 1995, les instances lèvent sa suspension pour « circonstances exceptionnelles ».

Peu de temps auparavant, elle avait épousé Johan Engquist, un homme d’affaires suédois. En juin 1996, elle obtient la nationalité suédoise, participe désormais aux compétitions internationales sous le maillot de la Suède et sous son nom d’épouse, Ludmila Engquist. Quelques semaines plus tard, elle remporte le 100 mètres haies aux Jeux Olympiques d’Atlanta, devenant la première « Suédoise » couronnée championne olympique en athlétisme. En 1997, elle devient championne du monde à Athènes. En 1999, on lui diagnostique un cancer du sein : courageuse, Ludmila Engquist reprend sa carrière sportive après sa chimiothérapie et, en 1999, elle obtient une magnifique médaille de bronze aux Championnats du monde de Séville. La belle histoire se termine en 2002 : alors qu’elle tente une reconversion dans le bobsleigh, elle est de nouveau contrôlée positive aux stéroïdes.

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Katerina NEUMANNOVA (1973- )

Skieuse de fond tchèque

NEUMANNOVA-2-boostKaterina Neumannova fut longtemps surnommée la « Poulidor du ski de fond ». En effet, durant des années, de 1992 à 2005, elle multiplia les médailles aux Championnats du monde comme aux Jeux Olympiques, sans jamais remporter l’or. Elle obtint enfin une médaille d’or aux Championnats du monde en 2005, puis aux Jeux Olympiques de Turin en 2006, où elle s’imposa dans le 30 kilomètres. En outre, en 1996, elle participa aussi aux Jeux Olympiques d’été : elle se classa dix-huitième de l’épreuve de cross-country en V.T.T. Cette excursion vers le cyclisme « colle » bien à son surnom !

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