1956-Jeux Olympiques d’hiver de Cortina d’Ampezzo

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30 avril 1949

  • Le Comité international olympique (C.I.O.), réuni à Rome pour sa quarante-troisième session, désigne Cortina d’Ampezzo ville d’accueil des Jeux d’hiver de 1956. La cité italienne est élue dès le premier tour de scrutin, avec 31 voix, contre 7 pour Montréal (Canada), 2 pour Colorado Springs (États-Unis) et 1 pour Lake Placid (États-Unis).

26 janvier 1956

Cérémonie d’ouverture

  • La cérémonie d’ouverture se déroule sous le soleil dans le Stadio del ghiaccio (stade de glace), en présence de Giovanni Gronchi, président de la République italienne. Le patineur de vitesse Guido Caroli arrive avec la torche olympique, et il tombe en se prenant les pieds dans un câble de télévision. Ouf! La flamme olympique ne s’est pas éteinte: il embrase la vasque. Pour la première fois, c’est une femme, Giuliana Chenal-Minuzzo, qui prononce le serment olympique.

27 janvier 1956

Ski alpin

  • Ossi Reichert (Allemagne), une skieuse quasi inconnue, remporte le slalom géant devant les Autrichiennes Putzi Frandl et Dorothea Hochleitner. La favorite, Madeleine Berthod (Suisse), n’est que cinquième.

Ski de fond

28 janvier 1956

Bobsleigh

  • L’Italie n’avait jamais remporté une médaille d’or en bobsleigh. À domicile, sur la piste de 1700 mètres de Ronco, les Italiens donnent un récital en bob à deux: Lamberto Dalla Costa et Giacomo Conti s’imposent devant Eugenio Monti et Renzo Alverà, à 1,31 s; les bobeurs suisses, troisièmes, sont relégués à près de 7,5 s.

Patinage de vitesse

  • L’arrivée de l’U.R.S.S. aux Jeux d’hiver bouleverse la hiérarchie. Les Soviétiques se sont en effet minutieusement préparés: la patinoire du lac de Misurina se situant à 1750 mètres d’altitude, ils se sont entraînés à Alma-Ata, qui présente des caractéristiques similaires. L’altitude ne les gêne donc pas, contrairement aux Scandinaves et aux Finlandais. Le 500 mètres voit la victoire du puissant Evgueni Grichine (40,2 s, record du monde), devant son compatriote Rafael Grach (40,8 s).

Ski de fond

  • Les skieuses de fond soviétiques célèbrent dignement leur entrée aux Jeux d’hiver: Lioubov Kozyreva remporte le 10 kilomètres devant sa compatriote Radja Eroshina, à 5 secondes.

29 janvier 1956

Patinage de vitesse

  • Boris Shilkov (U.R.S.S.) gagne le 5000 mètres (7 min 48,7 s) en ridiculisant ses concurrents: le Suédois Sigvard Ericsson, deuxième, est relégué à 8 secondes.

Ski alpin

  • Sur la piste piégeuse d’Ilio-Colli, le jeune Autrichien de Kitzbühel Toni Sailer (21 ans) remporte le slalom géant en dominant de toute sa classe ses compatriotes Anderl Molterer (deuxième à 6,2 s) et Walter Schuster (troisième à 7,1 s).

30 janvier 1956

Patinage de vitesse

  • La mainmise des Soviétiques sur les épreuves de patinage de vitesse se poursuit: Evgueni Grichine et Youri Mikhaïlov sont premiers ex aequo du 1500 mètres (2 min 8,6 s).

Ski alpin

  • Renée Colliard (Suisse), une jolie blonde âgée de 22 ans, étudiante en pharmacie à l’université de Genève, domine la première manche du slalom spécial et assure son succès dans la second: elle s’adjuge la médaille d’or avec plus de 3 secondes d’avance sur l’Autrichienne Regina Schöpf; la surprenante Soviétique Evguenia Sidorova, qui a pourtant failli chuter, est troisième.

Ski de fond

  • Le 18 kilomètres disparaît du programme pour laisser la place au 15 kilomètres: le Norvégien Hallgeir Brenden s’impose avec plus d’une demi-minute d’avance sur le Suédois Sixten Jernberg.

31 janvier 1956

Combiné nordique

  • Le combiné nordique comporte désormais sa propre course de fond. Après le saut, le 29, le Soviétique Youri Moshkin se trouve en tête (217,5 points), devant le Norvégien Sverre Stenersen (215 points) et le Suédois Bengt Eriksson (214 points). Mais, dans la course de fond, Stenersen se montre très fort: il couvre les 15 kilomètres en 56 min 18 s, ce qui lui vaut la médaille d’or; Eriksson, seulement quinzième en 1 h 0 min 36 s, préserve de très peu la médaille d’argent, que convoitait le Polonais Franciszek Gasienica-Gron, troisième; quant à Moshkin (trente et unième en 1 h 4 min 18 s), il s’est effondré et se trouve relégué à la treizième place du classement général.

Patinage de vitesse

  • Dans le 10000 mètres, le Suédois Sigvard Ericsson sauve l’honneur du patinage de vitesse scandinave: il s’impose (16 min 35,9 s) en battant le record olympique établi en 1952 par Hjallis Andersen (sixième aujourd’hui de l’épreuve). Il devance de peu le Norvégien Knut Johannesen (16 min 36,9 s), alors que le Soviétique Oleg Goncharenko obtient, tout comme dans le 5000 mètres, la médaille de bronze.

Ski alpin

  • Sur la piste du col Druscie, 108 concurrents participent au slalom spécial. À l’issue de la première manche, l’Autrichien Toni Sailer est en tête, devant le Français Adrien Duvillard. Commence alors une attente de 3 heures, sous un ciel assombri. Sailer est le seul des favoris à s’affranchir de la pression: il réalise une seconde manche d’une étonnante maîtrise et remporte la médaille d’or devant le surprenant Japonais Chiharu Igaya, rejeté à 4 secondes.

1er février 1956

Patinage artistique

  • Premier à l’issue des figures imposées, l’Américain Alan Jenkins, dont la prestation dans les figures libres est d’un grand classicisme et manque d’audace, succède à son brillant compatriote Dick Button au palmarès. Il précède deux autres Américains: Ronald Robertson, dont le programme acrobatique et spectaculaire est plébiscité par le public, et David Jenkins, le frère du vainqueur. Le Français Alain Giletti est quatrième.

Ski alpin

  • Madeleine Berthod (Suisse) se joue des pièges de la piste de descente et remporte la médaille d’or devant sa compatriote Frieda Dänzer, reléguée à près de 5 secondes.

Ski de fond

  • Le relais 3 fois 5 kilomètres féminin de ski de fond intègre le programme olympique. La Finlande s’impose grâce à l’excellent parcours de sa troisième relayeuse, Siiri Rantanen, plus rapide d’une demi-minute que la Soviétique Radja Eroshina, pourtant médaillée d’argent du 10 kilomètres.

2 février 1956

Patinage artistique

  • La jeune Américaine Carol Heiss (16 ans), entraînée par Pierre Brunet, vêtue de soie turquoise, éblouit le public par des figures libres qu’elle marque de sa grâce juvénile. Mais les huit juges lui préfèrent sa compatriote Tenley Albright (20 ans), plus athlétique mais dont les prestations manquent un peu d’émotion, et lui attribuent la médaille d’or.

Ski de fond

  • Comme toujours, le 50 kilomètres constitue l’épreuve reine du ski de fond. Le Finlandais Veikko Hakulinen, dossard numéro 33, tenant du titre, en très grande forme, est le grand favori. Mais le Suédois Sixten Jernberg, dossard numéro 37, part rapidement (il compte plus de 30 secondes d’avance sur Hakulinen à la mi-course) et ne faiblit pas: il remporte la médaille d’or, devant Hakulinen, à 1 min 18 s. Le ski de fond suédois, bredouille en 1952, redresse fièrement la tête.

3 février 1956

Patinage artistique

  • Le public ne se passionne guère pour la compétition par couple: les gradins sont à moitié vides. Pourtant, la lutte est serrée entre les Autrichiens Elisabeth Schwartz et Kurt Oppelt, champions d’Europe, et les Canadiens Frances Dafoe et Norris Bowden, champions du monde: quatre des huit juges placent les champions d’Europe en tête, les quatre autres préfèrent la prestation des champions du monde. Après analyse des règlements en pareil cas, la médaille d’or est attribuée à Elisabeth Schwartz et Kurt Oppelt.

Ski alpin

  • Le départ de la descente est donné par un froid quasi polaire (le thermomètre affiche moins 23 0C). Les chutes se multiplient sur cette redoutable piste de la Tofana. Toni Sailer, dossard numéro 14, qui a pourtant dû réparer en toute hâte une des lanières qui fixent la chaussure au ski, prend tous les risques et s’impose nettement, devant le Suisse Raymond Fellay. L’Autrichien réussit donc l’exploit de remporter les 3 épreuves olympiques de ski alpin de ces Jeux et devient un héros national.

4 février 1956

Bobsleigh

  • Le bob à quatre suisse, conduit par Franz Kapus, remporte la médaille d’or devant l’équipage italien, conduit par Eugenio Monti, médaillé d’argent pour la seconde fois.

Hockey sur glace

  • Fin du tournoi de hockey sur glace, qui a débuté le 26 janvier et était très attendu, notamment en raison de l’inédite présence de l’équipe d’U.R.S.S. En effet, si ce sport ne s’est réellement implanté en Russie que depuis une dizaine d’années, la formation nationale a déjà réussi quelques coups d’éclat: elle est devenue championne du monde en 1954 en écrasant le Canada (7 buts à 2), surpris. Néanmoins, en 1955, les Canadiens, prévenus, ont pris une nette revanche (5 buts à 0). Les Soviétiques se sont montrés cette fois supérieurs, restant invaincus durant la compétition. Ils ont notamment battu les Américains (4 buts à 0), puis les Canadiens (2 buts à 0); dans ce dernier match, assez violent, les Soviétiques sont parvenus à mettre à profit leur vitesse et leur précision collective alors que les Canadiens n’ont répliqué que par des charges individuelles désordonnées. La médaille d’argent va aux États-Unis, vainqueurs du Canada (4 buts à 1), médaillé de bronze et déconfit.

Ski de fond

  • Le relais 4 fois 10 kilomètres est surprenant: premier relayeur, le Soviétique Fedor Terentjev creuse l’écart sur ses rivaux finlandais (à plus d’1 minute) et suédois (à plus de 2 minutes). Ses camarades maintiennent une partie de cet avantage, malgré l’effort de Veikko Hakulinen et de Sixten Jernberg: pour son entrée aux Jeux d’hiver, l’U.R.S.S. s’adjuge le titre, devant la Finlande et la Suède.

5 février 1956

Saut à skis

  • Dans la fraîcheur du petit matin, des milliers de spectateurs se rassemblent aux abords du tremplin de Zuel pour assister à la compétition de saut spécial. Le Finlandais Antti Hyvärinen, troisième après le premier saut (81 m), force son destin dans la seconde manche: il se pose à 84 mètres et obtient des notes de style proches de la perfection. Il arrache la médaille d’or à son compatriote Aulis Kallakorpi (83,5 m dans la première manche, 80,5 m dans la seconde). Pour la première fois depuis la création des Jeux d’hiver en 1924, cette épreuve échappe à la Norvège, dont le meilleur représentant, Sverre Stallvik, ne prend que la neuvième place.

Cérémonie de clôture

  • La cérémonie de clôture est précédée par des exhibitions de patinage artistique données par les champions olympiques.

©Pierre LAGRUE

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