Paul MASSON (1876-1945)

Cycliste français

Aujourd’hui, Paul Masson serait célébré comme une star, car remporter 3 médailles d’or au cours de la même édition des Jeux Olympiques constitue une performance exceptionnelle. Mais Paul Masson réalisa cet exploit en 1896, aux Jeux d’Athènes, et seuls les férus de sport en eurent connaissance à l’époque. Mieux, sur la piste du vélodrome du Phalère, il remporta les trois épreuves le même jour ! Paul Masson gagna d’abord l’épreuve de vitesse (6 tours de piste), devant le Grec Stamatios Nikolopoulos et son compatriote Léon Flameng. Puis il s’imposa dans le 10 kilomètres (30 tours de piste), devant Léon Flameng, battu pour quelques centimètres (aujourd’hui, il faudrait la photo-finish pour les départager, mais ce procédé était bien sûr inconnu à l’époque), et l’Autrichien Adolf Schmal. Enfin, il remporta le tour de piste (333 m) contre la montre, s’imposant en 24 s, devant Stamatios Nikolopoulos (25,2 s) et Adolf Schmal (26 s). Bien qu’il eût battu plusieurs concurrents grecs, le public l’applaudit chaudement pour ses exploits.

Par la suite, il disputa quelques courses chez les professionnels, sous le pseudonyme de Nossam, sans doute afin de ne pas risquer de perdre ses médailles, car les Jeux étaient bien sûr ouverts aux seuls purs amateurs. Néanmoins, il n’a guère brillé, sa seule performance notable étant une troisième place aux Championnats du monde de vitesse en 1897.

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Aristidis KONSTANTINIDIS

Cycliste grec

Remporter la course cycliste sur route aux Jeux Olympiques constitue aujourd’hui un objectif majeur ; la médaille d’or apporte gloire et reconnaissance. Pourtant, on ne sait presque rien concernant le premier vainqueur de cette épreuve, en 1896 aux Jeux Olympiques d’Athènes, qui se nommait Aristidis Konstantinidis ou Aristidhis Constantinidhis selon les sources. La course se déroulait sur un parcours de 87 kilomètres, soit la distance aller-retour entre la cité d’Athènes et le site de Marathon ; il s’imposa dans le temps de 3 h 22 min 31 s (soit à 25,850 km/h de moyenne), devançant de près de 20 minutes l’Allemand August von Gödrich. Durant ces Jeux, Aristidis Konstantintdis a également participé aux courses sur piste des 100 kilomètres, abandonnant dès le 16e kilomètre, et des 10 kilomètres, se classant cinquième et dernier ou ayant abandonné, selon les différents comptes-rendus de l’époque. Après ces Jeux, il retomba dans l’anonymat.

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Benjamin JONES (1882-1963)

Cycliste britannique

Benjamin Jones participa à cinq épreuves aux Jeux Olympiques de Londres en 1908. Il y disputa onze courses, en comptant les séries qualificatives. Dans l’épreuve des 20 kilomètres sur piste, il obtint la médaille d’argent, devancé sur le fil par son compatriote Clarence Kingsbury. Puis, associé à Clarence Kingsbury, Leon Meredith et Ernest Payne, il remporta la médaille d’or dans la poursuite par équipes. Enfin et surtout, il fut médaillé d’or dans l’épreuve des 5 kilomètres, devant les Français Maurice Schilles et André Auffray. Il aurait aussi dû obtenir une médaille d’argent dans l’épreuve de sprint, devancé d’un boyau par Maurice Schilles, mais le jury décida d’annuler le résultat pour « dépassement du temps imparti ». Le jury britannique, qui ne tint compte ne de la tactique ni des conditions atmosphériques difficiles, aurait-il pris la même décision si Benjamin Jones l’avait emporté ?

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Charles BARTLETT (1885-1968)

Cycliste britannique

Charles Bartlett, qui commença le cyclisme en 1902, à l’âge de 16 ans, remporta quelques jolis succès. Mais il est surtout connu pour avoir obtenu la médaille d’or dans la course des 100 kilomètres sur piste aux Jeux de Londres, en 1908, dont la finale se déroula dans des conditions dantesques. En effet, après les demi-finales, 17 concurrents se qualifièrent pour la finale, le grand favori étant le Britannique Leon Meredith, champion du monde et qui avait battu Charles Bartlett en demi-finale. Charles Bartlett, âgé de 23 ans, était le plus jeune des participants. Le jour de la finale, la course se déroula sous de fortes pluies, sur une piste qui se dégradait. Chutes et crevaisons se multiplièrent. Leon Meredith fut contraint à l’abandon. Charles Bartlett fut lui aussi victime d’incidents, endommagea sa machine à 30 kilomètres de l’arrivée, fut relégué à un tour du peloton… Mais il parvint à faire son retard et s’imposa au sprint, devant son compatriote Charles Denny et le Français Octave Lapize, qui remportera le Tour de France en 1910. Seulement 8 concurrents parvinrent à couvrir les 100 kilomètres, les autres ayant abandonné. Après sa retraite sportive, Charles Bartlett développa une entreprise prospère.

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Chris BOARDMAN (1968- )

Cycliste britannique

BOARMAN (2)Chris Boardman fut champion olympique de poursuite avant de se distinguer sur la route et, surtout, de contraindre l’Union cycliste internationale (U.C.I.) à édicter un nouveau règlement.

En 1992, aux Jeux de Barcelone, Chris Boardman devient champion olympique de poursuite en battant très nettement l’Allemand Jens Lehmann en finale : déjà à la pointe de la recherche, il utilise un vélo spécial développé par Lotus. En 1993, il établit son premier record de l’heure (52,270 km). En 1996, il obtient la médaille de bronze dans l’épreuve contre la montre des Jeux d’Atlanta. Quelques jours plus tard, à Manchester, il porte le record de l’heure à 56,375 km. Pour réaliser sa performance, il a bénéficié d’un vélo spécialement conçu, équipé d’un guidon lui permettant une position allongée. L’U.C.I. décide d’interdire ce type de matériel et décrète en 2000 que le nouveau record de l’heure est celui qui a été établi par Eddy Merckx en 1972 (49,431 km) et que, pour s’y attaquer, il faudra désormais employer un matériel similaire à celui du Belge à l’époque. Le 27 octobre 2000 à Manchester, Chris Boardman se remet en piste avec un vélo traditionnel et redevient recordman de l’heure en couvrant 49,441 km. Il met alors un terme à sa carrière. Chris Boardman a remporté trois fois le prologue du Tour de France et demeure considéré comme l’un des meilleurs spécialistes du contre-la-montre.

Après sa carrière sportive, Chris Boardman devient responsable des équipes britanniques de cyclisme sur piste. À ce poste, il bénéficie de moyens considérables et de structures sans égales, à Manchester, pour préparer les Jeux de Londres en 2012. Il tient ce rôle à merveille, et les résultats viennent plus tôt que prévu : dans le sillage du puissant Chris Hoy (3 médailles d’or), les Britanniques dominent largement les compétitions de cyclisme sur piste en 2008 aux Jeux de Pékin.

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Hennie KUIPER (1949- )

Cycliste néerlandais

Kuiper (2)Hennie Kuiper fit une magnifique carrière chez les professionnels. Il devint champion du monde en 1975 sur le circuit d’Yvoir (Belgique), après avoir distancé le favori, Roger De Vlaeminck. Ce succès aiguisa ses ambitions. En 1977, il réalisa une belle performance lors du Tour de France : il s’imposa à L’Alpe-d’Huez et se posait en rival direct de Bernard Thévenet, qui ne sauva son maillot jaune que pour 8 secondes ; le Néerlandais ne parviendra pas à inverser la tendance lors de l’étape contre la montre à Dijon, et se classera deuxième de la Grande Boucle, à 48 secondes de Bernard Thévenet. Il fut de nouveau deuxième du Tour de France en 1980, derrière Joop Zoetemelk. Dès lors, il va étoffer son palmarès en remportant de nombreuses classiques : le Tour des Flandres et le Tour de Lombardie en 1981, Paris-Roubaix en 1983, Milan-San Remo en 1985.

Mais on oublie parfois qu’il fut champion olympique : il remporta la course sur route aux Jeux de Munich, en 1972. Au temps de l’amateurisme, Hennie Kuiper fut le seul champion olympique sur route à faire une brillante carrière professionnelle par la suite.

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Walter GODEFROOT (1943- )

Cycliste belge

GODEFROOT (2)Routier-sprinter, spécialiste des courses d’un jour (les classiques), Walter Godefroot fut l’un des rares champions à s’opposer à l’hégémonie d’Eddy Merckx en ce domaine. Il compte notamment des victoires dans Liège-Bastogne-Liège (1967), le Tour des Flandres (1968 et 1978), Paris-Roubaix (1969), Gand-Wevelgem (1968), le Championnat de Zurich (1970 et 1974), le Grand Prix de Francfort (1974). Il a également gagné les Quatre Jours de Dunkerque (1974) et Bordeaux-Paris (1969 et 1976). Sur le Tour de France, il a remporté 10 étapes et fut lauréat du classement par points en 1970. Il fut aussi champion de Belgique en 1965 et en 1972.

Mais on oublie souvent qu’il fut également médaillé olympique. En effet, en 1964 aux Jeux de Tokyo, il obtint la médaille de bronze dans la course en ligne, derrière l’Italien Mario Zanin et le Danois Kjell Rodian. On peut noter qu’Eddy Merckx, échappé, fut rejoint dans le final et ne se classa que douzième à Tokyo.

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Burton DOWNING (1885-1929)

Cycliste américain

Burton Downing, venu de Californie, était un quasi-inconnu quand il se présenta aux Jeux Olympiques de Saint Louis, en 1904, car tous les meilleurs cyclistes américains étaient issus de la côte Est, où se déroulaient de grandes épreuves sur piste. Burton Downing surprit donc tout le monde en remportant 6 médailles à Saint Louis, dont 2 en or (courses de 2 miles et des 25 miles), en se jouant du favori, Teddy Billington. Par la suite, il s’installa à New York, où il se lança dans les affaires. On note que son frère, Hardy Downing, également cycliste, deviendra un célèbre promoteur de boxe (il s’occupa notamment d’organiser les combats de Jack Dempsey, champion du monde des poids lourds).

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Leonard NITZ (1956- )

Cycliste américain

Aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984, Leonard Nitz obtint la médaille de bronze en poursuite individuelle et, associé à David Grylls, Steve Hegg et Patrick McDonough, la médaille d’argent en poursuite par équipes. Il fait partie des nombreux Américains qui ont profité du boycottage de ces Jeux par les pays communistes pour enrichir leur palmarès (en toute légalité). Néanmoins, il fut aussi un des sept cyclistes américains qui subirent des perfusions sanguines. Pourtant, il ne fut pas disqualifié car, à l’époque, cette pratique de dopage sanguin (qui consiste à injecter à l’athlète son propre sang ou celui d’une personne du même groupe sanguin, afin d’accroître le nombre de globules rouges) n’était pas interdite par le C.I.O. De ce fait, il conserva ses médailles. En revanche, l’encadrement de l’équipe olympique fut sanctionné pour « avoir enfreint les instructions de la Fédération américaine ».

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Bradley WIGGINS (1980- )

Cycliste britannique

2012WIGGINS-Bleu (3)Bradley Wiggins est essentiellement connu pour sa victoire dans le Tour de France en 2012. Ce succès a fait de lui une idole dans son pays. Pourtant, c’est aux Jeux Olympiques que celui qu’on surnomme le « Colonel Wiggo » a construit l’essentiel de son palmarès : il s’est adjugé cinq médailles d’or, une médaille d’argent et deux médailles de bronze.

Gamin, il se passionne pour le vélo. Il roule seul dans Hyde Park, puis sur la piste du vélodrome de Herne Hill. Il obtient ses premiers titres de champion de Grande-Bretagne sur piste à dix-sept ans. En 2000, il obtient la médaille de bronze dans la compétition de poursuite par équipes aux Jeux Olympiques de Sydney. Champion du monde de poursuite en 2003, il brille aux Jeux Olympiques d’Athènes, en 2004 : il gagne la poursuite individuelle ; il obtient également la médaille d’argent dans l’épreuve de poursuite par équipes et la médaille de bronze dans la course à l’américaine.

Bradley Wiggins décide alors de se consacrer à la route, mais il n’obtient aucun résultat probant. Les Jeux de Pékin approchant, il se remet sérieusement à la piste en 2007. Il est un des éléments moteurs de l’équipe de cyclisme britannique qui domine les compétitions sur piste des Jeux de Pékin en 2008. Il gagne de nouveau la poursuite individuelle et la poursuite par équipes. Rien ne laisse alors penser qu’il gagnera un jour le Tour de France…

Mais Bradley Wiggins, lui, sait qu’il en est capable. Il modifie entièrement sa préparation. Mais, dans le Tour de France 2011, tout est réduit à néant : victime d’une chute, le Britannique est contraint à l’abandon.

L’année 2012 est donc celle de la consécration pour Bradley Wiggins. Il remporte le Tour de France, puis s’adjuge le contre-la-montre aux Jeux Olympiques de Londres devant un million de personnes massées le long du parcours. Bradley Wiggins devient le premier cycliste couronné champion olympique sur la piste et sur la route, et le Britannique le plus médaillé aux Jeux, avec sept médailles.

Par la suite, Bradley Wiggins connaît trois années difficiles. Néanmoins, il remporte le Championnat du monde du contre-la-montre en 2014. Puis il goûte une dernière fois au triomphe olympique : en 2016, aux Jeux de Rio, il remporte la médaille d’or dans la poursuite par équipes.

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