Julius LENHART (1875-1962)

Gymnaste autrichien

1904-LENHARTLe décompte des médailles olympiques réserve parfois quelques surprises. Ainsi, Julius Lenhart remporta deux médailles d’or (concours général individuel et par équipes) et une médaille d’argent (combiné 3 épreuves) aux Jeux Olympiques de Saint Louis en 1904, ce qui devrait faire de lui l’Autrichien le plus médaillé aux Jeux d’été. Devrait, car son aventure est singulière. Lire la suite

George EYSER (1870-1919)

Gymnaste américain

1904-EYSER2George Eyser est une des figures les plus surprenantes de l’olympisme. En effet, George Eyser ne s’adjugea pas moins de 6 médailles (dont 3 en or) aux Jeux Olympiques de Saint Louis en 1904. La performance, remarquable en soi, devient exceptionnelle quand on sait que George Eyser était unijambiste. Né en Allemagne, George Eyser part pour les États-Unis avec ses parents à l’âge de 14 ans. Il pratique la gymnastique au Concordia Turnverein de Saint Louis. Lire la suite

Gustave SANDRAS (1872-1951)

Gymnaste français

1900-SANDRAS (2)Gustave Sandras mérite bien une mention spéciale, puisqu’il fut le premier champion olympique français de gymnastique. En effet, aux Jeux Olympiques de Paris en 1900, Gustave Sandras remporta le concours général. Ce concours général ressemblait peu au concours général moderne: baptisé Championnat international de gymnastique, il comportait 16 épreuves (dont le saut en hauteur combiné, le saut en longueur, le saut à la perche, le grimper à la corde lisse ou le lever de pierre) et se déroula à Vincennes les 29 et 30 juillet. Il était logique qu’un Français triomphât, puisque, sur les 135 engagés, 108 était français. Gustave Sandras s’imposa, avec un total de 302 points (sur un maximum de 320 points), devant dix-sept compatriotes, Noël Bas se classant deuxième (295 points), et Lucien Démanet (293 points) troisème.

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Bedrich SUPCIK (1898-1957)

Gymnaste tchécoslovaque

1924-SUPCIKBedrich Supcik mérite une double mention au titre de l’olympisme inattendu. En effet, il offrit à la Tchécoslovaquie la première médaille d’or de son histoire olympique, et ce en remportant une épreuve très particulière, le grimper à la corde lisse. La Tchécoslovaquie naquit en 1918, et participa pour la première fois aux Jeux Olympiques en tant que telle en 1920, à Anvers, sans obtenir de médaille d’or malgré l’importance de sa délégation (121 sportifs). En 1924, à Paris, 133 Tchécoslovaques prirent part aux Jeux, mais seul Bedrich Supcik remporta une médaille d’or. Lire la suite

Leon STUKELJ (1898-1999)

Gymnaste slovène

1924-STUKELJÊtre le premier champion olympique de son pays mérite bien une mention particulière, surtout quand ce pays n’est pas le sien. Rendons donc hommage à Leon Stukelj, qui fut, en 1924 aux Jeux de Paris, le premier Yougoslave couronné champion olympique. En fait, Leon Stukelj était slovène. Mais, à l’époque, la Slovénie était une composante du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, lequel deviendra la Yougoslavie. Dans le décompte des médailles olympiques, celles que Leon Stukelj a obtenues sont attribuées à la Yougoslavie (qui totalise 28 médailles d’or aux Jeux Olympiques d’été). Leon Stukelj fut donc le premier contributeur «yougoslave». Lire la suite

Carl SCHUHMANN (1869-1946)

Sportif allemand

1896-SCHUMANNÊtre le premier champion olympique de son pays mérite bien une mention particulière. Rendons donc hommage à Carl Schuhmann, qui fut, en 1896 aux Jeux d’Athènes, le premier Allemand couronné champion olympique. Pour faire bonne mesure, Carl Schuhmann, sportif éclectique, fut cette année-là quadruple champion olympique! Il remporta en effet la compétition de lutte gréco-romaine et trois épreuves de gymnastique (saut de cheval individuel, barres parallèles par équipes, barre fixe par équipes). Carl Schuhmann prit également part à deux épreuves d’athlétisme (il fut cinquième du triple saut) et à la compétition d’haltérophilie (il se classa quatrième de l’épreuve à deux bras). Notons néanmoins que Carl Schuhmann aurait pu ne jamais faire partie du panthéon olympique, car il faillit être disqualifié pour «professionnalisme» (le jury ne reconnut sa qualité d’«amateur» que peu avant la cérémonie de clôture de ces Jeux). On note enfin que Carl Schuhmann, alors âgé de 67 ans, participa à une exhibition de gymnastique donnée dans le cadre des sinistres Jeux Olympiques de Berlin, en 1936

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Louis ZUTTER (1865-1946)

Gymnaste suisse

1896-ZUTTER2Être le premier champion olympique de son pays mérite bien une mention particulière. Rendons donc hommage à Louis Zutter, et ce d’autant plus que sa trajectoire est singulière. En 1896, aux Jeux d’Athènes, Louis Zutter devint le premier Suisse couronné champion olympique en remportant l’épreuve au cheval-d’arçons. Louis Zutter s’imposa devant les Allemands Hermann Weingärtner et Conrad Böcker, et un Suisse représentant la Bulgarie, Charles Champaud. Durant ces Jeux d’Athènes, Louis Zutter se classa également deuxième aux barres parallèles et au saut de cheval. En fait, Louis Zutter était certes suisse, mais il vivait en Grèce, à Patras, depuis 1893, et représentait le Panachaïkós Gymnastikós Syllogos (Union sportive panachéenne). Le voyage ne fut donc pas long, et la cité de Patras l’honora à l’égal de tous les Grecs affiliés au Panachaïkós Gymnastikós Syllogos médaillés durant ces Jeux.

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Olga Korbut, ruinée, revend ses médailles olympiques

1972KORBUT (2)

Ce n’est pas une première

La gymnaste soviétique Olga Korbut, ruinée au début de 2017, a décidé de vendre aux enchères une partie de ses médailles olympiques. L’« Oiseau de Minsk », comme l’avait surnommée la presse, fut une des vedettes des Jeux Olympiques de Munich, en 1972, où elle récolta trois médailles d’or et émerveilla le monde par ses prouesses acrobatiques, inaugurant l’ère des «poupées-gymnastes». Vivant désormais aux États-Unis, quasi sans ressources, elle a vendu chez société Heritage Auctions trois de ses médailles, pour une somme de plus de 200 000 euros.

Cette revente de médailles ne constitue pas une première. On sait que le patineur de vitesse américain Irving Jaffee, qui remporta deux médailles d’or aux Jeux Olympiques de Lake Placid, en 1932, dut vendre ses médailles olympiques pour survivre alors que la Grande Dépression secouait l’Amérique.

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Une ovation pour Vera Cáslavská en 1968

La diva de Mexico

1968veraLe concours général féminin de gymnastique des Jeux Olympiques de Mexico, en 1968, se déroula dans un climat tendu. La Tchécoslovaque Vera Cáslavská se mesurait à plusieurs concurrentes soviétiques, sur fond de répression du Printemps de Prague par l’Armée rouge. Vera Cáslavská fut en permanence soutenue par des spectateurs d’autant plus séduits que, pour son passage au sol, elle avait choisi de se produire au son d’une musique mexicaine (la Cucaracha et Rancho Grande). Ses prestations se terminèrent sous les ovations, et elle obtint la médaille d’or, devant les Soviétiques Zinaida Voronina et Natalia Kuchinskaya.

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Vera Cáslavská et le Printemps de Prague en 1968

Mère courage

1968CaslavskaLa gymnaste tchécoslovaque Vera Cáslavská s’engagea dans le Printemps de Prague. En juin 1968, elle signa le Manifeste des deux mille mots, demandant une démocratisation immédiate du régime communiste dans son pays. Lorsque les chars soviétiques entrèrent dans Prague, en août, craignant d’être arrêtée, elle s’enfuit dans le village de Sumperk, perdu dans les Sudètes. Elle n’obtiendra l’autorisation de rejoindre la délégation olympique que quelques semaines avant l’inauguration des Jeux d’été de Mexico, où elle récoltera 4 médailles d’or et 2 médailles d’argent.

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