Harry STENQVIST (1893-1968)

Cycliste suédois

Harry Stenqvist remporta la course individuelle aux Jeux Olympiques d’Anvers, en 1920, à l’issue d’un curieux scénario. Déjà, son statut d’amateur fut contesté, et on lui retira sa licence en 1916 ; néanmoins, en appel, il fut disculpé. Il pouvait donc participer aux Jeux Olympiques. Aux Jeux d’Anvers, la course cycliste sur route consistait en un contre-la-montre de 175 kilomètres. Les coureurs partaient de Merksem, dans la banlieue d’Anvers, pour faire une boucle traversant Turnhout, Heist-op-den-Berg et Lierre, avec arrivée à Anvers. Sur une telle distance et avec un tel parcours, certains coureurs risquaient d’être bloqués par des passages à niveau fermés – la circulation ferroviaire étant privilégiée par rapport à la compétition olympique. Mais le jury avait anticipé le problème : si un des participants était retardé par le passage d’un train, son temps final serait diminué d’autant. En définitive, le Sud-Africain Henry Kaltenbrunn fut déclaré vainqueur, dans un temps de 4 heures 41 minutes et 26 secondes, devant le Français Fernand Canteloube. Mais cinq des quarante-deux arrivants avaient été retardés par un passage à niveau fermé : parmi ceux-ci figurait Harry Stenqvist, initialement troisième (4 h 44 min 2 s) ; ce dernier avait été retardé de 4 minutes et 1 seconde par le chemin de fer. Une fois le temps corrigé, Harry Stenqvist fut déclaré champion olympique (4 h 40 min 1 s).

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Maurice PEETERS (1882-1957)

Cycliste néerlandais

En sport, pour atteindre le sommet, il faut commencer jeune. Mais il existe quelques contre-exemples. Ainsi de Maurice Peeters, qui fit ses débuts de coureur cycliste à 34 ans ! Né à Anvers, naturalisé néerlandais en 1908, Maurice Peeters était un champion étonnant : spécialiste de la vitesse sur piste, il se dit qu’il avalait un verre de cognac avant chaque course. On ne sait pas s’il le fit avant la finale de la compétition de vitesse aux Jeux d’Anvers, en 1920, mais, à l’issue d’une course houleuse, il s’imposa devant les Britanniques Horace Johnson et Harry Ryan, relégués à 2 secondes. En outre, la veille, il avait, toujours à Anvers, remporté le titre de champion du monde amateur, devant Horace Johnson et l’Australien Gerald Halpin. Vice-champion du monde de vitesse en 1922, Maurice Peeters participa, associé à Gerard Bosch van Drakestein, à l’épreuve de tandem aux Jeux de Paris, en 1924. Durant la finale, les Néerlandais furent largement dominés par les Français et les Britanniques, et durent se contenter de la médaille de bronze : les sources indiquent que, ce jour-là, Maurice Peeters avait avalé une bouteille de cognac tout entière avant le départ, ce qui expliquerait la contre-performance des Néerlandais ! Il semble que l’anecdote soit exacte, car on connaît des clichés montrant Maurice Peeters souriant benoitement après cette course.

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Walter JAKOBSSON (1882-1957)

Patineur finlandais

Walter Jakobsson rencontra sa partenaire et sa future épouse, l’Allemande Ludowika Eilers, en 1907, alors qu’il étudiait l’ingénierie à Berlin. Ils obtinrent une médaille d’argent dans la compétition de patinage artistique par couples aux Championnats du monde en 1910, puis une médaille d’or en 1911. La Fédération internationale de patinage considère que ces médailles sont des demi-médailles, partagées entre la Finlande et l’Allemagne. Walter et Ludowika se marièrent en 1911, après ces Championnats. Dès lors, ils représentèrent la Finlande en compétition. Ils furent de nouveau champions du monde en 1914. Le couple, qui vivait à Berlin, s’installa en Finlande en 1916. En 1920, aux Jeux Olympiques d’Anvers, les Jakobsson remportèrent la médaille d’or. De nouveau champions du monde en 1923, les Jakobsson obtinrent une médaille d’argent aux Jeux Olympiques d’hiver de Chamonix en 1924. Ils participèrent une dernière fois aux Jeux, en 1928, se classant cinquièmes. Walter Jakobsson était photographe amateur et membre du Fotografiamatörklubben i Helsingfors. Sa spécialité était les photographies de villes sombres avec des effets de lumière spéciaux, comme la pluie ou le brouillard.

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Magda JULIN (1894-1990)

Patineuse suédoise

Fille d’un producteur de musique français, Magda Julin s’est installée en Suède avec sa famille à l’âge de sept ans. Championne de Suède en 1911, 1916 et 1918, elle remporta les Jeux nordiques en 1919. Néanmoins, elle demeurait méconnue et sa victoire dans l’épreuve de patinage artistique des Jeux Olympiques d’Anvers en 1920 constitua une réelle surprise. D’autant que les conditions de son succès furent étonnantes. Pour le libre, elle prévoyait de se produire au son du Beau Danube bleu de Johann Strauss. Or, juste après la fin de la guerre, les sentiments antiallemands étaient très forts, et elle ne fut pas autorisée à utiliser cette musique. En outre, elle était enceinte de quatre mois lors de la compétition olympique. Enfin, aucun des juges ne lui accorda la première place mais, à la moyenne, elle obtint la médaille d’or. Par la suite, elle dirigea un café puis un restaurant. Elle ne prit sa retraite qu’à 77 ans, et elle se produisit une dernière fois sur la glace, en 1990, pour l’inauguration de la patinoire d’Östersund… à 95 ans !

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Henry GEORGE (1891-1976)

Cycliste belge

Henry George remporta la course cycliste sur piste des 50 kilomètres aux Jeux d’Anvers en 1920, à l’issue d’un final houleux : en effet, le leader, le Britannique Thomas Harvey, fut percuté par Henry George à 200 mètres du but, et chuta. Henry George ne fut pas disqualifié, alors que Thomas Harvey ne fut pas en mesure de remonter sur sa machine. Henry George devança finalement un autre Britannique, Cyril Alden, de 15 centimètres. Auparavant, Henry George s’était distingué sur un autre terrain, bien plus tourmenté : durant la Première Guerre mondiale, il faisait partie du Corps expéditionnaire belge en Russie, combattant sur le front de l’Est aux côtés des forces impériales russes ; en outre, il fut grièvement blessé à la fin de la guerre, et qu’il puisse participer aux Jeux était déjà un exploit.

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Gustaf DYRSSEN (1891-1981)

Pentathlète et escrimeur suédois

Gustaf Dyrssen fut un champion aux talents multiples. Il se distingua surtout dans les compétitions olympiques de pentathlon moderne. Ainsi, il obtint la médaille d’or aux Jeux d’Anvers en 1920 et la médaille d’argent aux Jeux de Paris en 1924 dans cette discipline. Il participa aussi quatre fois aux épreuves d’épée aux Jeux, et il obtint la médaille d’argent dans la compétition d’épée par équipes aux Jeux de Berlin en 1936. Gustaf Dyrssen aura obtenu 7 médailles aux Championnats du monde d’escrime, fut plusieurs fois champion de Suède à l’épée (la dernière fois, à 60 ans). Par ailleurs, il remporta la compétition de patrouille militaire à skis aux Jeux nordiques en 1922.

Il fut aussi un dirigeant sportif important, occupant les postes de président de président de la Fédération suédoise d’escrime de 1936 à 1940 et, surtout, de président de l’Union internationale de pentathlon moderne de 1948 à 1960. Il fut membre du C.I.O. de 1952 à 1970. Enfin, il fut vice-président du comité d’organisation des Jeux Olympiques équestres de 1956 à Stockholm.

Issu d’une famille militaire, militaire lui-même, Gustaf Dyrssen servit dans l’armée de 1912 à 1957, terminant sa carrière avec le grade de brigadier-général.

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Dunc GRAY (1906-1996)

Cycliste australien

Edgar Laurence, dit « Dunc », Gray fut en 1928, le premier Australien médaillé en cyclisme : il se classa troisième de l’épreuve du kilomètre. Quatre ans plus tard, il entra encore plus dans l’histoire : vainqueur du kilomètre aux Jeux Olympiques de Los Angeles, en 1932, il devint le premier Australien champion olympique en cyclisme. Il eut de nombreux successeurs… « Dunc » Gray remporta également le kilomètres aux Jeux de l’Empire britannique en 1934 et en 1938. De 1924 à 1941, il s’adjugea 20 titres de champion d’Australie. Le vélodrome où eurent lieu les compétitions cyclistes des Jeux de Sydney, en 2000, fut baptisé en son honneur vélodrome Dunc-Gray.

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Henri ANSPACH (1882-1979)

Escrimeur belge

Henri Anspach fut avant tout un artiste de talent, mais aussi un escrimeur brillant. Élève de Léon Frédéric, il suivit les cours de l’académie des Beaux-Arts de Liège. En 1910, il participa à l’Exposition universelle de Bruxelles, puis il s’installa à Paris, où il exposa au Salon des artistes français (1913), puis au Salon d’automne (1920). Entre-temps, il avait participé aux Jeux Olympiques de Stockholm, en 1912, où il remporta la médaille d’or dans la compétition d’épée par équipes. Installé en Haute-Garonne à partir de 1918, il exposa plusieurs fois au Salon des indépendants à Paris, et au Salon d’automne en 1928.

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Pita Nikolas TAUFATOFUA (1983- )

Sportif tongien

TAUFA (2)Participer aux Jeux Olympiques peut être un objectif en lui-même. Pita Nikolas Taufatofua, licencié en ingénierie, mannequin parfois, le fit sien. Mieux, il participa à la fois aux Jeux d’été et aux Jeux d’hiver. Adepte de taekwondo, il parvint à se qualifier, après trois tentatives infructueuses et de multiples blessures, pour les Jeux Olympiques en 2016, à Rio. Porte-drapeau de la maigre délégation des Tonga (sept participants) lors de la cérémonie d’ouverture, il étonna le monde entier et fit le bonheur des médias en défilant vêtu simplement d’un taʻovala (natte traditionnelle tongienne autour de la taille), le torse nu et enduit d’huile de coco. En compétition, il brilla moins, puisque, combattant dans la catégorie des plus de 80 kg, il fut éliminé sèchement au premier tour par l’Iranien Sajjad Mardani. Pita Nikolas Taufatofua ne se découragea pas et décida de tenter de participer aux… Jeux d’hiver de PyeonChang en 2018. Il n’apprit à skier qu’en 2017, mais réussit à se qualifier en allant disputer une course en Islande au début de 2018, juste avant la clôture des inscriptions. Qualifié de manière improbable pour disputer le 15 kilomètres style libre en ski de fond, il fut bien évidemment le porte-drapeau de la délégation des Tonga réduite à lui-même durant la cérémonie d’ouverture des Jeux : une nouvelle fois, il défila torse nu et enduit d’huile de coco, mais la température était de moins 10 degrés ! Pita Nikolas Taufatofua termina avant-dernier de cette course, mais là n’est pas l’essentiel.

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Doris NEUNER (1971- )

Lugeuse autrichienne

Neuner (2)En 1992, aux Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville, Doris Neuner remporta l’épreuve de luge, devenant la première Autrichienne médaillée d’or dans cette discipline depuis son inscription au programme en 1964. Plus amusant, elle ne respecta pas le droit d’aînesse, puisque la médaillée d’argent fut sa sœur, Angelika Neuner, née en 1969. Curieusement, Doris Neuner, qui ne fut pas sélectionnée dans l’équipe d’Autriche pour les Jeux d’hiver de 1994, mit fin à sa carrière en 1995, contrairement à Angelika, qui fut médaillée de bronze aux Jeux d’hiver de Nagano en 1998.

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